02.10.2011

Nouveau départ

Après plus de 1650 notes en quatre ans et demi, j’ai décidé de prendre un nouveau départ avec un nouveau blog http://www.gaullistelibre.com. Dorénavant, je publierai uniquement sur ce blog mais les archives de mon premier blog resteront actives.

Une page se tourne

En fait, cela faisait près de trois ans que ce changement me trottait dans la tête, à cause de l’adresse URL de mon premier blog. Si elle correspondait bien à mon état d’esprit quand je l’avais ouvert, elle donnait une idée par trop inexacte de mes idées et de mon engagement. Bien sûr, c’est en espérant soutenir Dominique de Villepin à l’élection présidentielle de 2007 que j’avais ouvert ce blog et finalement, c’est lui qui m’a motivé à reprendre le militantisme politique à la fin de l’année 2006.

Mais aussi important qu’ait été cet épisode dans ma vie politique, il ne s’agit que d’un épisode. En outre, il ne représente que très imparfaitement mes convictions, déjà anciennes. Si j’ai commencé à m’intéresser à la politique très jeune et si j’ai pris ma carte au RPR en 1991 à l’âge de 17 ans, deux débats m’ont construit idéologiquement il y a vingt ans : celui sur le traité de Maastricht (la première fois que j’ai voté, « non », bien sûr) et le débat sur l’autre politique.

Et en ces deux occasions, ce sont deux hommes qui m’ont particulièrement influencé : Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement (pour qui j’ai fait campagne en 2002). Ils m’ont fait découvrir le gaullisme et le Général de Gaulle, qui est devenu ma boussole politique. Et paradoxalement, je n’ai véritablement découvert Nicolas Dupont-Aignan qu’en mars 2007 grâce à Alain Kerhervé et j’ai donc décidé d’adhérer à Debout la République, qui est devenu ma famille politique.

Entre clarification et progrès technique

Dès lors, avec les élections présidentielles qui approchent, il était beaucoup trop ambigu de poursuivre avec l’adresse URL de mon premier blog. Ce changement permettra de clarifier la situation. En outre, il m’a permis d’améliorer l’offre visuelle et interactive puisque vous trouverez désormais le fil de mon compte Twitter ainsi que des boutons de partage Facebook et Twitter, la moindre des choses quand on veut faire de la politique 2.0, même quand on est pas très doué…

Et puis j’ai mis ma bobine pour éviter d’entendre «  je pensais que vous aviez 35 ans de plus ! » (F.Lordon) ou «  je croyais que vous étiez un vieux gaulliste ! » (E.Todd) lors du colloque du M’PEP.

J’en profite pour remercier tous les lecteurs, commentateurs et bloggeurs qui m’ont accompagné depuis plus de quatre ans et demi. J’ai rencontré beaucoup de personnes passionnées et passionnantes. Et la croissance régulière de l’audience (plus de 40 000 visites et 130 000 pages lues par mois cet été) représente aussi un formidable encouragement pour continuer à publier un papier tous les jours, outre l’excellent exercice politique que cela représente.

Mais comme le changement de blog représente un risque de perte d’audience dans la période de transition, je vais donc vous demander de l’aide pour remettre à jour l’ensemble des liens existants avec la bonne adresse et faire un peu de publicité à ce nouveau blog gaulliste libre. J’ai besoin de vous !

En tout cas, deux choses sont sûres : je garderai ma liberté de parole sur ce blog, qui m’est totalement personnel. Rien ne changera sur ce point. Mais, pour être clair, je soutiendrai Nicolas Dupont-Aignan pour les élections présidentielles de 2012.

18.09.2011

Le grand virage protectionniste des européens

Après la conférence de presse du 16 juin, où avait été révélé un sondage sur l’état de l’opinion sur le libre-échange, l’association « Manifeste pour un débat sur le libre-échange », a organisé de nouveaux sondages dans toute l’Europe et organisé un colloque mercredi dernier.

Des européens ouverts à la démondialisation

Un des arguments des partisans du libre-échange est de dire que les Français sont un peu atypiques, que notre opinion est minoritaire et que nous ne pourrions pas changer seuls, nous promettant abusivement un destin comparable à celui de l’Albanie si nous suivions ce chemin. Mais le sondage révélé par l’association de Philippe Murer démontre que les opinions publiques allemandes, italiennes et espagnoles sont étonnamment proches de celle des Français sur ce sujet…

Dans le détail, pas moins de 65% des Allemands se déclarent opposés à la faible taxation des produits importés de Chine et d’Inde, à peine moins que les 70% de Français. A noter que les Italiens sont 71% à s’exprimer dans ce sens et les Espagnols 76%. Assez logiquement, les Britanniques sont les moins favorables, avec tout de même 50% de personnes se déclarant opposées à cette situation. De 60 à 67% de l’Europe continentale est favorable à un relèvement des droits de douane !

De manière intéressante, alors que 80% des Français déclarent que le cadre européen est préférable pour une telle politique, ce chiffre tombe à 73% en Italie, 68% en Espagne, 67% en Allemagne et 42% au Royaume Uni. 64% des citoyens britanniques sont prêts à y aller seuls si les autres pays européens n’y vont pas, contre 63% des Italiens, 60% des Espagnols, 57% des Français et 56% des Allemands. Bref, nos concitoyens semblent les plus attachés à l’idée européenne.

L’exception Française

A dire vrai, il s’agit d’une vraie surprise. Je ne croyais pas que les citoyens européens seraient à ce point ouverts aux idées protectionnistes, y compris les britanniques, dans la patrie du libre-échange. Il aurait été intéressant d’avoir fait ce sondage quatre ou cinq ans auparavant pour voir l’évolution. Il est probable que les opinions publiques ont beaucoup évolué récemment. Malgré tout, ce sondage révèle également de vraies divergences entre les peuples européens.

Les Français ont un jugement beaucoup plus sévère sur les conséquences de la mondialisation, qui tranche avec l’opinion des autres pays. Quand 75% des Français pensent que la mondialisation aura des conséquences négatives et 11% seulement positives, les autres opinions publiques sont moins tranchées : 62/29 en Italie, 56/30 en Grande-Bretagne, 56/32 en Espagne et 52/34 en Allemagne. Malgré tout, la victoire est claire pour le camp alternatif qui a gagné la bataille de l’opinion.

La présentation de ces résultats a été accompagnée d’un véritable colloque réunissant économistes (Jean-Luc Gréau, Hervé Juvin, et Jean-Claude Werrebrouck) et politiques (Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg). Je vous invite à consulter le papier et les vidéos de Seb Musset et les articles de Coralie Delaume et Bertrand Rothé qui étaient présents ou celui de Yann, n’ayant malheureusement pas eu la possibilité d’assister à cette réunion.

Petit à petit, nous gagnons du terrain. Nous sommes en train de gagner la bataille des idées grâce à des initiatives comme celles-là. Et la crise qui dure depuis trois ans est en train de créer les circonstances qui permettront à une véritable alternative d’arriver au pouvoir.

12.09.2011

Nicolas Dupont-Aignan en route vers 2012

Ce week-end se tenaient les universités de rentrée de Debout la République. L’occasion pour Nicolas Dupont-Aignan de faire un point sur les parrainages et la campagne des présidentielles qui s’annonce.

Un candidat sur tous les fronts

Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre candidat multiplie les initiatives. Il était invité la semaine dernière par Nigel Farage de UKIP : vous pouvez consulter un reportage exclusif sur le site d’Enquête et Débat. Et quelques jours auparavant, il commémorait la bataille de la Marne. Mais l’activité principale du mouvement est depuis le printemps concentrée sur la recherche des parrainages, le pré requis indispensable pour être présent le 22 avril 2012.

Grâce à une organisation très professionnelle, Nicolas a pu annoncé son 352ème parrainage. S’il reste encore beaucoup de travail, le travail de tous nous permet d’être largement en avance sur la position dans laquelle nous étions en 2006 à la même époque. Bref, en poursuivant nos efforts, cette étape sera franchie et nous permettra d’effacer le souvenir douloureux de 2007. Mieux, l’actualité économique est tellement en ligne avec nos analyses que NDA sera la surprise de l’élection.

De la chaleur militante

Si avoir le bon candidat est primordial pour une telle élection, il faut également avoir les bons militants et chaque université de rentrée de Debout la République est l’occasion pour moi de constater à quel point je me sens bien avec ceux qui sont devenus ma famille politique. C’est toujours un plaisir de discuter jusque tard dans la soirée, même s’il faudrait davantage de temps pour pouvoir en profiter davantage. Et cette édition n’a pas dérogé à la règle tant elle était réussie.

Tout d’abord, il est impressionnant de constater à quel point le mouvement se rajeunit. Chaque année, il y a davantage de jeunes, démontrant la vitalité du gaullisme et à quel point nos idées vont peser à l’avenir. Bref, tous les éléments semblent aujourd’hui réunis pour réussir l’élection présidentielle de 2012, qui nous permettra de faire renaître un grand courant gaulliste dans l’opinion, faisant oublier tous ces pseudo héritiers qui sont tellement néo qu’ils n’ont plus rien de gaullistes.

Je tiens donc à remercier tous les participants à ces universités et plus encore les organisateurs. Mais une campagne présidentielle coûte cher et pour la mener nous avons besoin de soutien. Votre aide nous donnera les moyens de défendre les idéaux gaullistes pour l’avenir.

01.09.2011

Avis de tempête sur le plan Grec

Hier, la forte hausse du CAC 40 illustrait mon papier sur « la crise économique (qui) suspend son vol ». Mais entre temps, les choses se sont considérablement compliquées à Athènes entre les revendications de la Finlande et le rapport du parlement grec jugeant « la dette hors de contrôle ».

Menace sur le plan européen

Décidément, les négociations pour finaliser le plan de soutien aux créanciers de la Grèce traînent en longueur. Depuis le 21 juillet, la Finlande, qui doit contribuer à hauteur de 2% des montants, refuse de donner sa garantie sans contrepartie de la Grèce. Elle souhaite en effet recevoir des cautions en cas de non remboursement. Par exemple, la Grèce pourrait donner une entreprise en garantie qu’Helsinki récupèrerait si Athènes ne pouvait pas honorer sa dette.

En effet, ces plans doivent passer dans les parlements nationaux et les parlementaires finlandais ne sont pas très favorables à une telle aide, ce qui explique les exigences du gouvernement. Malheureusement, il est bien évident que si la Finlande obtenait quoi que ce soit, d’autres pays pourraient faire des demandes équivalentes. L’Autriche, les Pays Bas, la Slovaquie ont déjà indiqué vouloir des garanties similaires, ce qui a fait hurler Jean-Claude Trichet, l’Allemagne et la France.

Il est bien évident qu’il n’est pas possible pour la Grèce de donner des garanties équivalentes au montant du plan. Et il est bien évident également qu’il serait difficile de donner des garanties spécifiques à un pays mais pas aux autres. Si la Finlande obtient quelque chose, la boîte de Pandore sera ouverte. Bref, les difficultés rencontrées dans la négociation du plan semblent indiquer qu’il n’est pas totalement impossible que le plan échoue, même si ce n’est pas l’issue la plus probable.

Athènes sur la voie de l’Argentine

Parallèlement, la situation se tend à Athènes. Le ministre des finances fait tout son possible pour suivre les exigences de la troïka bureaucratique FMI, BCE et Commission, mais la situation commence à inquiéter le Parlement grec. En effet, il vient de publier un rapport jugeant la dette « hors de contrôle » et affirmant que les différents plans « ne peuvent pas restaurer l’état des finances ». Une partie des autorités du pays commence donc à contester la ligne suivie depuis le printemps 2010.

Il faut dire que les résultats sont totalement désastreux. Après une chute du PIB de plus de 4% l’an dernier, la récession devrait s’aggraver cette année (le PIB a baissé de 6.9% au second trimestre) alors qu’il était prévu que la situation s’améliore (la troïka avait même prévu une légère croissance en 2012 !). Idem sur le déficit budgétaire, qui devait être de 8% en 2010, mais qui a dépassé 10% et qui progresse en 2011, alors qu’il était prévu qu’il descende à 7.6% cette année.

Malheureusement, cette issue était prévisible : l’austérité sauvage qui est imposée à Athènes pour rembourser ses créanciers plombe tellement la croissance que ce qui est gagné en réduction de dépenses et en hausses d’impôts est compensé par l’effondrement de l’activité. Dès le printemps 2010, beaucoup d’économistes l’avaient écrit, ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, ou votre serviteur. La situation semble sans issue dans le cadre actuel et il est évident qu’il y aura un troisième plan.

Toute la question est de savoir si Athènes arrivera à obtenir une véritable restructuration de sa dette, acceptée par les autorités européens ou si les dirigeants, lassés de saigner leur pays, ne vont pas finir par regarder l’exemple du défaut argentin comme une bien meilleure solution.

30.08.2011

Le scandale du rachat des dettes souveraines

Depuis le printemps 2010, les Etats européens rachètent les dettes souveraines des pays qui n’arrivent plus à se financer sur le marché. Ces programmes sont abusivement appelés des aides aux pays concernés. Il s’agit surtout d’une nouvelle aide scandaleuse aux créanciers de ces pays.

Le précédent de 2008-2009

A l’automne 2008, l’administration Bush avait essayé de faire passer un premier plan de soutien aux banques, qui comportait une large part de rachats d’actifs pourris des institutions financières par l’Etat. C’est la solution la plus simple et la plus indolore pour les banques qui peuvent alors se défaire à bons comptes de créances invendables sur les marchés : on collectivise les pertes. Mieux, ces programmes de rachat ne provoquent en général pas de mise sous tutelle des Etats.

Mais la pression de la population avait provoqué un refus du Congrès qui avait imposé un second plan où les aides étaient davantage composées de recapitalisation des institutions financières en difficulté. La recapitalisation est une solution beaucoup plus radicale puisqu’elle a tendance à liquider les actionnaires des institutions aidées, qui paient alors le plein coût des erreurs passées. Mais surtout, l’Etat obtient contre son aide un mot dans la direction des entreprises.

Curieusement (et c’est à mettre à leur crédit), c’est la voie qui a été plutôt choisie dans les pays anglo-saxons. Elle est sans doute plus juste car elle supprime en partie l’aléa moral qui consiste à aider des entreprises privées à éviter une faillite sans conséquences majeures pour leurs dirigeants ou leurs actionnaires, qui n’avaient donc pas bien fait leur travail. C’est d’ailleurs une critique qui vient souvent des milieux libéraux et qui est parfaitement justifiée.

Nicolas Dupont-Aignan s’était distingué en 2009 en critiquant vivement le plan d’aide de la France aux banques Françaises. Nicolas Sarkozy avait décidé de prêter de l’argent pour les sortir de leur impasse de trésorerie. Mais si cette aide leur coûtait de l’argent, elle n’occasionnait aucune sanction, ni ne permettait au gouvernement d’avoir le moindre mot à dire sur leur gestion. Bref, ce mode d’aide représente une nouvelle forme d’aléa moral pour les institutions financières.

Une aide gratuite pour les banques

Nous sommes dans un cas similaire aujourd’hui avec la crise des dettes souveraines en Europe. En effet, cette crise est au moins autant une crise des banques que des pays en difficulté. La Grèce aurait pu suivre la voie de l’Argentine et faire défaut sur sa dette pour ne pas avoir à se soumettre aux potions absurdes du FMI. Les banques européennes auraient souffert, bien sûr, mais les plans de recapitalisation n’auraient pas été plus coûteux que le FESF.

Et surtout, ils auraient permis aux gouvernements de prendre pied dans le système financier pour le réformer (nouveau Glass Steagall Act, séparant a minima banques de dépôt et banques d’affaires, nouvelles normes prudentielles, réorientation des banques vers l’économie réelle, définanciarisation, réforme des pratiques salariales et des bonus…etc). Aujourd’hui, la voie choisie par l’Europe est outrageusement favorable au secteur bancaire qui est aidé sans en payer le coût.

Ainsi, les Etats européens et le FMI vont ainsi récupérer 220 milliards de créances publiques de la Grèce des créanciers privés, au prix d’une légère contribution (bien inférieure à la décote d’au moins 50% que les marchés indiquent aujourd’hui) et sans la moindre interférence des Etats ou la moindre sanction des dirigeants ou des actionnaires. Il s’agit en fait d’une aide colossale mais totalement gratuite et sans la moindre contrepartie au secteur bancaire.

Car, et il faut le répéter, ces plans d’aide européens sont tout sauf des plans d’aide aux pays concernés. La Grèce est mise sous tutelle et saignée pour lui faire rembourser les engagements que les banques lui ont bien imprudemment accordés. Pire, ces plans sont totalement absurdes car on voit aujourd’hui qu’ils étouffent la croissance (le PIB est en chute libre : -6.9% au dernier trimestre) ce qui compromet tout remboursement. Pire, le risque est transféré aux Etats…

Non seulement cette grande crise n’a pas occasionné de réforme sérieuse du secteur financier. Mais, pire encore, elle renforce encore tous les mécanismes pervers qui y ont abouti, le « too big to fail », l’opacité des marchés (les dark pools) et plus encore l’aléa moral de la finance. Il est temps de se réveiller !

29.08.2011

Rendez-vous les 10 et 11 septembre pour les universités d’été DLR

Dans un peu moins de deux semaines auront lieu les universités d’été de Debout la République. L’occasion de réunir les militants mais aussi pour tous les sympathisants de venir pour nous rencontrer et découvrir le parti présidé par Nicolas Dupont-Aignan à la veille de la campagne présidentielle.

Un moment essentiel dans la vie d’un parti

Depuis 2007, j’ai pu constater le changement de Debout la République. Chaque année, nous accueillons davantage de militants, notamment des jeunes. Les universités d’été sont donc toujours un moment fort car elles permettent de discuter avec les forces vives du mouvement, de prendre le pouls du terrain, de refaire le monde jusque tard dans la soirée du samedi. Des moments qui conjuguent politique et convivialité, sans l’aspect politicien que peut avoir la politique.

Mais ces universités ne s’adressent pas uniquement aux membres du parti. A quelques mois du rendez-vous crucial des élections présidentielles, où je suis convaincu que Nicolas Dupont-Aignan sera la révélation de la campagne, elles peuvent être le moyen pour vous de découvrir le parti en chair et en os. Et même si vous n’êtes pas adhérent, n’hésitez pas à passer, au moins dimanche pour le discours de NDA. Cela vous permettra de nous découvrir. Vous trouverez le programme ici.

Ce rendez-vous est important pour nous. Un immense travail a été réalisé depuis six mois pour récolter les signatures des maires. Une équipe aussi professionnelle qu’engagée nous a permis de tirer les leçons de 2007  et, même s’il reste du travail à faire, cela se présente bien comme l’a confié NDA au Figaro. Mais la présidentielle est une campagne où nous aurons besoin de l’aide de tous pour porter les idées que nous défendons et dont l’actualité montre chaque jour la pertinence.

L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle

Après avoir fait pas mal de publicité pour de nombreux livres pendant tout l’été, j’en profite pour rappeler que le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan, « L’euro, les banques, la mondialisation, l’arnaque du siècle » est un gros succès puisqu’il en est au 4ème tirage et s’est déjà vendu à près de 10 000 exemplaires, un score considérable dans le milieu politique, d’autant plus qu’il n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique extraordinaire, malgré un sujet d’actualité.

Avec cinq mois de recul, ce livre apparaît comme extrêmement actuel. Le plan de soutien aux créanciers du Portugal, le nouveau plan de soutien aux créanciers de la Grèce, le débat actuel sur la dette n’ont fait que le rendre plus encore d’actualité. En effet, outre le fait de démontrer les méfaits de la monnaie unique, que Jean-Jacques Rosa ou Alain Cotta dénoncent depuis longtemps, ce livre propose une réflexion plus globale sur l’économie et la mondialisation.

NDA y dénonce ce système financier qui vit comme une sangsue sur l’économie réelle et il fait le lien entre les excès de la financiarisation et l’affaiblissement du tissu productif de notre pays. La mondialisation est un processus global, où le monde financier, qui ne tourne qu’à son unique profit, pousse les délocalisations. Et parce que cette globalisation ne défend pas l’intérêt général, ce sont bien les nations qui seront les outils des peuples de briser cette grande régression sociale qu’on leur impose.

Je vous dis donc rendez-vous à Dourdan les 10 et 11 septembre, en espérant vous y voir très nombreux pour échanger en toute liberté. Et d’ici là, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, n’oubliez pas de vous procurer le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan.

25.08.2011

La double imposture budgétaire du gouvernement

Hier soir François Fillon a annoncé un plan d’économie pour atteindre les objectifs de réduction des déficits publics. Au passage, il en a profité pour à nouveau appeler au soutien des socialistes pour inscrire la camisole budgétaire dans la constitution. Une proposition doublement malhonnête.

L’imposture d’un gouvernement

La posture du président de la République et de son gouvernement est relativement habile. En affirmant être prêts à constitutionnaliser l’interdiction des déficits publics, ils veulent à la fois se racheter une bonne conduite mais aussi mettre en difficulté le PS, qui cherche à donner des gages de bonne gestion aux marchés mais qui ne veut pas voter le texte du gouvernement à quelques mois de l’élection présidentielle. Mais cette posture est une imposture.

En effet, Nicolas Sarkozy a un lourd passif sur les finances publiques. En 1995, Alain Juppé avait affirmé que le ministre du budget d’Edouard Balladur avait laissé les finances publiques dans un état « calamiteux », qui avait abouti à de fortes hausses d’impôts pour tenir les objectifs de Maastricht. En 2007, Philippe Séguin avait dénoncé le « paquet fiscal » et un rapport de la Cour des Comptes de 2010 affirmait que plus de la moitié de la hausse des déficits ne venait pas de la crise.

En outre, le plan présenté hier reste un assemblage de petites rustines à mille lieues de la nécessaire réforme de notre fiscalité. Le premier ministre déshabille encore un peu plus la loi TEPA, mais sans aller jusqu’au bout. Et comme le souligne justement Hervé Nathan, la contribution des riches est plus symbolique qu’autre chose : elle est temporaire, et il faut surtout la comparer à la réduction de l’ISF, qui sera sans doute supérieure à 2 milliards (alors que le bouclier fiscal coûtait 900 millions).

Un contresens économique

Dans un remarquable dossier de vingt pages sur le sujet (tout aussi bon que celui sur la monnaie, sur lequel je reviendrai plus tard), Joël Halpern dénonce cette « règle de plomb », reprenant, sans le savoir, quelques heures plus tard le terme employé par Nicolas Dupont-Aignan. Il défend la politique contra cyclique budgétaire, qui s’est imposée après la Grande Dépression des années 1930, qui consiste à amortir une crise en jouant sur les déficits (ce qui a été fait depuis 2008).

Comme André-Jacques Holbecq, il dénonce le rôle des intérêts de la dette et des baisses d’impôt qui sont bien plus responsables de l’état de nos finances publiques que l’augmentation des dépenses. Il critique la redistribution des contribuables vers les rentiers engendrée par notre gestion de la dette publique. Enfin, il prend position en faveur d’une monétisation des dettes publiques. Bref, il démontre que le débat les dettes publiques mérite mieux que la voie sur laquelle il est engagée.

Bref, il est pour le moins paradoxal qu’un gouvernement incontinent financièrement veuille imposer à ses successeurs des règles qu’il ne s’est pas appliquées à lui-même, d’autant plus que la crise de les auraient rendues inapplicables. Bref, il s’agit d’une mauvaise règle qui n’est qu’une posture médiatique. Pire, alors que le gouvernement renforce l’austérité pour les Français, il dilapide encore plus pour sauver les créanciers des pays européens en difficulté.

Bref, toute cette histoire de camisole budgétaire, ou règle de plomb, est une double imposture. Imposture pour camoufler la mauvaise gestion des derniers publics depuis plus de quatre ans. Imposture car cette règle est un parapluie pour beau temps, inapplicable en cas de crise. 

19.08.2011

Le bien mauvais débat sur la dette publique

C’est la nouvelle pierre philosophale de la pensée unique qui domine la vie politique française. La France a trop dépensé pendant des années et doit maintenant mener une politique d’austérité pour assainir la situation. Même les candidats du PS y cèdent, les uns après les autres.

Une autre vision de la dette

Bien sûr, je n’ai pas l’intention de glorifier la dépense publique pour la dépense publique, de dire qu’il n’y a pas de problème, ou même de prôner un comportement démagogique. Cependant, avant d’analyser ce qu’il faut faire, il faut questionner cette pensée qui s’impose à gauche, à droite et au centre. En effet, Nicolas Sarkozy veut faire de ce sujet un moyen de disqualifier les socialistes. Jean-Louis Borloo surenchérit et les socialistes montrent patte blanche aux agences de notation.

Tout d’abord, il faut relativiser la position de la France. Bien sûr, notre endettement a beaucoup augmenté depuis trois ans. Cependant, la France reste un des rares pays à conserver son AAA, du fait d’une dette relativement mieux maîtrisée que la moyenne des grands Etats. En outre, nous ne raisonnons qu’en dette brute, alors qu’en dette nette (diminuée des actifs financiers de l’Etat), la position de la France s’améliore nettement, comme souligné par Alternatives Economiques ou André-Jacques Holbecq. Mieux l’ensemble du patrimoine de l’Etat Français reste positif.

Les causes de notre endettement

Il faut ensuite analyser les causes de notre endettement. Il est tout de même assez incroyable que les médias ne soulignent pas davantage le rôle majeur joué par la crise financière de 2008 dans le dérapage des finances publiques. En effet, en 2007, notre endettement était légèrement supérieur à 60% du PIB et en légère baisse par rapport à notre richesse nationale. C’est la crise causée par les excès du monde financier et son sauvetage qui a déséquilibré une situation stabilisée auparavant.

En effet, notre dette tournait autour de 60% du PIB depuis le milieu des années 1990. En outre, comme le souligne justement André-Jacques Holbecq, il ne faut pas oublier que la France a payé 1340 milliards d’euros d’intérêts de 1979 à 2009 alors que la dette a augmenté de 1250 milliards… Et s’il est normal de payer des intérêts à un prêteur qui nous confie son épargne, le débat change quand on constate que l’Etat a renoncé à la création de la monnaie, confiée aux banques privées…

Du coup, outre l’augmentation conjoncturelle de 20 points de notre dette consécutive à la crise financière, l’analyse des raisons plus structurelles de la dette pose également problème. Par-delà l’abandon de la création monétaire en 1973, on peut également attribuer le déficit structurel de l’Etat à une mondialisation qui assèche le tissus productif français et explique la persistance d’un chômage de masse et d’une stagnation du pouvoir d’achat, qui pèsent tous deux sur les déficits…

Que faut-il faire ?

Aujourd’hui, on culpabilise les Français et si certains gouvernements ne sont pas tout blancs (« l’état calamiteux » des finances publiques laissé par Balladur et Sarkozy en 1995, la « cagnotte » dilapidée par Lionel Jospin ou les baisses d’impôt de Nicolas Sarkozy), le concours d’austérité auquel participent Hollande, Aubry, Borloo et Pécresse est inquiétant. Car trop d’austérité risque de tuer la croissance sans même réduire les déficits, comme cela se passe en Grèce…

Comme le souligne NDA, l’urgence aujourd’hui dans toute l’Europe est de relancer la croissance en relocalisant la production industrielle, qui porte une lourde part de responsabilité dans le niveau actuel des dettes publiques. Par-delà la monétisation partielle des dettes publiques, une réforme en profondeur du système monétaire et financier est absolument nécessaire. Vous trouverez une excellente analyse sur le blog de Joël Halpern sur la base du 100% money.

Sous la pression des marchés et des agences de notation, le thème de la dette publique risque de prendre une place importante dans les débats pour la présidentielle. Nous y serons bien armés pour dénoncer un système qui saigne les peuples au profit du système financier.

15.08.2011

Cette Europe qui saigne la Grèce pour rien

La nouvelle est tombée discrètement la semaine dernière : le PIB de la Grèce a baissé de 6.9% au second trimestre 2011. Encore une information qui démontre que les plans européens ne résolvent rien et ne font qu’aggraver une situation au lieu de s’améliorer.

Athènes dans une impasse

Il y a trois mois, les statistiques indiquaient pourtant que le PIB de la Grèce avait progressé au premier trimestre. En réalité, les chiffres ont été révisé et sur un an, le PIB de la Grèce reculait de 8.1%. Au second trimestre, la première estimation fait état d’une baisse de 6.9%. Bref, la récession est sauvage et met à mal les prévisions beaucoup trop optimistes de la troïka bureaucratique qui comptait sur une progression du PIB en 2012 dans les plans arrêtés ces derniers mois…

The Economist est revenu sur la situation de la Grèce et dresse un constat extrêmement négatif puisque, chose dont personne ne parle en France, le déficit budgétaire a dérapé de 30% au premier semestre par rapport à l’année passée. Sans les plans d’austérité, le dérapage aurait été de 60% ! En clair, l’effet de la récession économique est deux fois plus important que ceux des plans d’austérité. Du coup, le déficit de la Grèce devrait au mieux rester autour de 10% du PIB en 2011, comme en 2010.

En clair, les politiques suivies sont totalement absurdes, car, comme on pouvait le prévoir, l’austérité est tellement brutale que les économies réalisées sont plus que contrebalancées par la récession sauvage qu’elle provoque. La situation de la Grèce empire avec le temps, le fardeau de sa dette augmentant alors que l’économie se contracte. Il y aura bien un défaut sévère du pays dans les années à venir, quoiqu’en disent les technocrates européens.

Honte sur l’Europe !

Les politiques imposées à la Grèce sont vraiment révoltantes car elles provoquent une immense régression sociale : officiellement, le chômage a atteint 15.9% en avril, les salaires baissent, tout comme les prestations sociales. Et tout cela pour rien. Car même avec le plan décidé le 21 juillet dernier, il est bien évident que la situation d’Athènes est intenable. Dans deux ou trois ans, la dette pourrait bien approcher 200% du PIB et le pays sera alors contraint de faire défaut, comme l’Argentine.

Cette saignée est d’autant plus choquante qu’entre temps, les créanciers privés auront réussi à faire récupérer plus de 200 milliards d’euros de créances sur ce pays aux pays européens et au FMI (et donc, in fine, aux contribuables européens), qui devront alors assumer le futur défaut. S’il est normal de gérer rigoureusement l’argent public, il est totalement absurde d’imposer une telle austérité qui empire la situation au lieu de résoudre les problèmes.

A ce titre, je suis particulièrement fier de défendre Nicolas Dupont-Aignan, l’un des seuls parlementaires qui a eu l’intelligence d’alerter l’opinion publique Française sur l’absurdité de ces plans, dès le printemps 2010. Que la France aide la Grèce, c’est souhaitable. Mais là, nous ne faisons qu’aider les créanciers du pays et participons à une saignée inutile de la population. Combien faudra-t-il de temps à nos dirigeants pour enfin admettre que la politique qu’ils suivent est absurde ?

Il n’y a pas trente-six solutions. Comme on pouvait l’anticiper dès décembre 2009, la Grèce finira tôt ou tard par sortir de l’euro et faire défaut. La population ne pourra pas accepter indéfiniment ces politiques absurdes et le bradage du pays. La question aujourd’hui est seulement de savoir quand.

30.07.2011

Jean-Jacques Rosa enterre l’euro

L’économiste libéral fait partie de ceux qui avaient combattu la création de l’euro dans les années 1990. L’histoire lui ayant donné raison, il propose une analyse des dysfonctionnements de l’euro et de sa sortie.

Une Zone Monétaire non Optimale

Il dénonce d’emblée cette « monnaie unique appliquée à des économies dissemblables », qui a privé « les économies nationales d’un amortisseur de crise essentiel dans les remous de la grande récession ». Il dénonce la logique soviétique qui consiste à « préconiser une fois de plus un renforcement de la politique de centralisation continentale qui est à l’origine même du désastre qui s’annonce » ainsi que le décalage entre les citoyens ordinaires et des élites cosmopolites et globalisées.

Dès 1998, l’auteur écrivait que « la création de la monnaie unique est la plus grave erreur économique commise par les gouvernements européens depuis les politiques déflationnistes » des années 1930. Il souligne qu’une « politique monétaire centralisée ne peut convenir à aucun des pays membres dont les conjonctures divergent habituellement, et ont continué à le faire depuis la création de l’euro ». Il envisage même « de belles années de prospérité de rattrapage après sa disparition ».

Il réaffirme que « les pays européens qui ont adhéré à l’euro ne font pas partie d’une zone monétaire optimale », du fait de l’absence de convergence macro-économique, de mobilité des travailleurs et de budget commun. Et il réfute une éventuelle convergence en s’appuyant sur les travaux de Paul Krugman, « qui a montré que l’intensification des échanges ne conduit pas à l’homogénéisation des activités économique sur un territoire donné, mais au contraire à la spécialisation ».

Ensuite, il conteste le fait qu’un Etat (européen) de très grande dimension serait plus efficace que des Etats plus petits, citant l’exemple de la Suède et de la Suisse pour montrer qu’une taille plus petite n’est pas un handicap. Pour lui « la politique monétaire unique freine ainsi les économies en récession et stimule les économies en surchauffe », provoquant des bulles comme en Irlande et en Espagne, pays qui étaient désarmés pour contenir les excès de leurs économies.

Pourquoi a-t-on fait l’euro ?

Jean-Jacques Rosa voit trois types de motivation à l’action politique : la poursuite de l’intérêt général, la simple volonté de puissance et la poursuite d’intérêts particuliers. Les deux derniers sont ceux qui ont présidé à la création de cet euro qui a permis aux principaux emprunteurs (Etats et système financier) de se financer à bon compte, avec des taux d’intérêt faibles. Et c’est pour cela que les Etats ont veillé à limiter l’inflation et les déficits tout en interdisant la monétisation.

Malheureusement, la baisse des taux a fini par permettre à quelques pays et à la plupart des banques d’emprunter plus que de raison, aboutissant à la crise de 2008. On note que les banques ne se sont pas forcément mieux comportées que les Etats… Au final, l’euro a favorisé les mauvais comportements et « les freins du Pacte de Stabilité n’ont pas tenu longtemps sous la pression de la crise, dans des économies privées de politiques monétaires adéquates ».

Il dénonce les prédictions apocalyptiques en cas de sortie de l’euro en soulignant que Londres avait fortement profité de sa sortie du SME en 1992. Pour lui, il s’agit « d’une ultime ligne de défense, destinée à interdire toute remise en cause de l’euro, alors que ses défenseurs ont épuisé tous leurs arguments précédents, qui ont été, tour à tour, radicalement démentis par l’expérience ». Il souligne que le gonflement de la dette serait limité et qu’au pire, l’option du défaut reste possible.

Pour lui, « la dévaluation du franc pourrait être faible ou nulle », notamment si notre sortie fait baisser le cours de l’euro monnaie commune. Il conclut par un éloge de la décentralisation et souligne les inconvénients de la centralisation européenne, qui favorise les lobbys et dégrade la démocratie. Jean-Jacques Rosa se montre optimiste sur les conséquences d’une fin de la monnaie unique, qui revitalisera la vie démocratique et l’économie, appelant à un nouveau 1958.

Ce petit livre, à moins de 60 anciens francs (en attendant le nouveau nouveau franc), est sans doute la meilleure synthèse des arguments économiques en faveur de la sortie de l’euro. Un complément parfait au livre plus politique de Nicolas Dupont-Aignan sur « L’arnaque du siècle ».

Source : Jean-Jacques Rosa, « L’euro, comment s’en débarrasser », Grasset

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