13.04.2009
Les progrès du protectionnisme environnemental
Le sommet du G20 a démontré une nouvelle fois que le protectionnisme reste une idée taboue pour les dirigeants de la planète. Pourtant, comme le montre cet article du Monde, l’idée de protectionnisme progresse fortement pour la protection de l’environnement.
Le protectionnisme comme outil pour la défense de l’environnement
C’est Steven Chu, le secrétaire d’Etat Américain à l’énergie qui vient de relancer le débat en affirmant ne pas exclure d’y recourir « contre ceux qui ne prennent pas d’engagements pour réduire leurs émissions ». En outre, un membre du Congrès a déposé une proposition de loi allant dans ce sens. Jean-Louis Borloo s’est également exprimé en faveur de cette hypothèse. Les pays émergents sont en général moins favorables à une telle démarche et la Chine a ainsi menacé de saisir l’OMC.
La problématique est assez simple. En l’absence de protection, le moins-disant environnemental risque d’être gagnant dans la compétition internationale contre les pays qui auront établi les règles les plus strictes pour limiter les émissions de gaz polluants. En effet, quand l’Union Européenne met en place des quotas d’émission et des droits à polluer, cela renchérit les coûts de production. La solution des industriels peut consister à délocaliser leur activité dans des pays moins contraignants.
L’environnement comme instrument de remise en cause du néolibéralisme
Un protectionnisme sous la forme de droits de douane environnementaux compensatoires permettrait aux pays qui souhaitent agir pour l’environnement de le faire sans pénaliser leur compétitivité et protéger leurs emplois. Mais il faut noter la formidable proximité de ce raisonnement avec le raisonnement des défenseurs d’un protectionnisme plus global. C’est bien parce que le laissez faire et le laissez passer provoquent une harmonisation par le bas des salaires et de la protection sociale qu’il faut l’appliquer de manière plus large !
Mieux, les néolibéraux pensaient avoir trouvé la pierre philosophale dans le marché des droits à polluer, moyen de concilier environnement et liberté économique. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’experts prennent position contre ce mécanisme. La fondation Nicolas Hulot, le climatologue James Hansen, les prix Nobel d’économie Paul Krugman et Joseph Stiglitz plaident plutôt pour une taxe carbone.
Même The Economist reconnaît depuis quelques mois les disfonctionnements du système de marché de droits à polluer. En effet, la variabilité des cours freine les investissements, dont la rentabilité est incertaine. Au contraire, une taxe carbone bien conçue assure un environnement plus propice aux entreprises dans la mesure où le prix du carbone est stable et connu à l’avance.
Si le débat sur le protectionnisme demeure tabou pour les dirigeants de la planète, l’urgence des mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ouvre un débat bienvenu sur le protectionnisme environnemental qui pourra servir de préparation à un débat plus global.
Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/08/la-taxe-...
11:20 Publié dans Actualités, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : taxe carbone, protectionnisme, paul krugman, joseph stiglitz, james hansen, nicolas hulot, the economist, droits à polluer, steven chu



