05.01.2010

Contre un « No Sarkozy day »

Suite au succès du No Berlusconi day en Italie, mouvement déclenché sur les blogs et qui a débouché sur une grande manifestation le 9 décembre, certains souhaitent déclencher un No Sarkozy day en France. Bonne ou mauvaise idée ?

Nicolas Sarkozy n’est pas Silvio Berlusconi

Bien sûr, il y a une certaine proximité entre les deux. Ils viennent du même courant néoconservateur, sont proches des Etats-Unis et des dérives de la société étasunienne (communautarisme, augmentation des inégalités…).  Ils sont tous les deux des pros de la communication qui savent utiliser une rhétorique habile pour séduire les électeurs et disqualifier l’opposition.

Mais ces points communs ne doivent pas cacher leurs profondes différences de nature. Tout d’abord, Nicolas Sarkozy ne passe pas des lois pour s’exonérer d’innombrables poursuites judiciaires, contrairement au chef du gouvernement italien, qui traîne des casseroles plus incroyables les unes que les autres. Ensuite, si Nicolas Sarkozy est proche de certains dirigeants de grands médias, il est loin de la situation de « Sua Emittenza », qui contrôle directement 90% de l’audience télévisée italienne.

Enfin, si Nicolas Sarkozy manque parfois de tenue, nous restons très loin des innombrables dérapages misogynes ou racistes d’un Silvio Berlusconi qui ferait passer notre président pour un énarque propre sur lui. Bref, il y a des différences de nature fondamentales entre les deux, et notamment le fait que Nicolas Sarkozy n’instrumentalise pas son pouvoir législatif pour échapper à des poursuites judiciaires, ce qui légitime, à titre seul, les demandes de démission émises par certains Italiens.

Une demande de démission illégitime

Une trentaine de blogueurs, dont des opposants radicaux au président de la République, ont donc pris la peine de refuser le No Sarkozy day en en soulignant toutes les carences. Ils soulignent que « Nicolas Sarkozy a la légitimité des urnes » et qu’il « doit rester cinq ans au pouvoir, assumer ses erreurs jusqu’au bout. Le No Sarkozy day doit avoir lieu le 7 mai 2012 et pas avant ». Ils pensent également que cette opération risque de se révéler contre-productive.

Je suis complètement d’accord avec ce groupe, dont le texte reflète assez bien ma pensée. Même si je désapprouve très largement la politique suivie par le gouvernement, rien ne me semble justifier un quelconque appel à la démission. Seules des circonstances exceptionnelles pourraient motiver une telle demande et ce n’est clairement pas le cas. En outre, cette démarche est beaucoup trop centrée sur l’opposition à une personne et pas assez sur les actes du gouvernement.

Soyons clair, Nicolas Sarkozy est un mauvais président. Mais rien dans son action ne justifie une telle demande de démission. Pire, par ses excès, elle risque de servir le président en caricaturant ses opposants. C’est pour cela que je m’y oppose.