30.11.2010
C’est parti pour 18 mois de campagne présidentielle
Bien sûr, tous les protagonistes ne sont pas encore connus et il y a même des incertitudes sur les principaux prétendants. Mais tout s’est accéléré avec le remaniement qui a transformé le gouvernement en équipe de campagne et l’accélération de la campagne des primaires au PS.
Un président très impopulaire
Nicolas Sarkozy ne va pas aborder ces élections en bonne position. Même si rien n’est joué et qu’il peut encore être réélu, je ne crois pas que ce scénario soit très probable. L’entrée dans la campagne sera terrible pour lui car elle sera l’occasion de faire un bilan, qui sera extrêmement mauvais. Les médias pourront mettre bout à bout tous ses reniements, ses contradictions, ses fanfaronnades. Bref, le résumé de sa présidence a toutes les chances d’être un passif trop lourd.
D’ailleurs, c’est ce que dessine en creux un sondage réalisé pour le Nouvel Observateur. Le président sortant n’obtiendrait plus que 24 à 26% des suffrages au premier tour. Pire, il est donné très largement perdant au second tour, par le score incroyable de 62/38 face à Dominique Strauss-Kahn, et encore 55/45 face à Martine Aubry et François Hollande et même 52/48 dans une nouvelle édition du second tour de 2007 face à Ségolène Royal. Bref, le rejet du président sortant est fort.
Pas d’envie des socialistes
Mais si les scores de second tour des leaders socialistes sont très forts, leur niveau l’est moins au premier. Si Dominique Strauss-Kahn réalise 27% et Martine Aubry 23%, François Hollande et Ségolène Royal atteignent à peine 16,5 et 17%, soit à peine quelques points de plus que Marine Le Pen. Bien sûr, il faut considérer que les chiffres d’un sondage réalisé 18 mois avant l’échéance sont à prendre avec précaution, d’autant plus que certaines candidatures (Borloo, Villepin) restent aléatoires.
Mais au global, on sent plus une volonté de tourner la page Sarkozy qu’une véritable adhésion à l’égard des socialistes. Le score de François Hollande est à ce titre particulièrement éclairant pour sa faiblesse au premier tour. Dans ce sondage, les Français disent qu’ils n’ont pas envie de lui mais qu’ils ont encore moins envie de rempiler avec Nicolas Sarkozy. C’est pour cela que les candidats alternatifs devraient créer la surprise en 2012. A ce titre, il est regrettable que NDA n’ait pas été testé.
L’annonce de la candidature de Ségolène Royal accélère encore le calendrier. Mais il est probable qu’une campagne aussi longue pour des partis aussi usés que le PS et l’UMP laisse une belle place en 2012 aux candidats qui auront montré qu’ils ont des idées et pas seulement un ego.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, 2012, nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, nouvel observateur, ségolène royal
02.07.2009
Nicolas Sarkozy, le caméléon de papier
Plus fort que le Beaujolais, nous avons droit à un nouveau Nicolas Sarkozy tous les six mois ou presque. Le nouveau Sarkozy nous est arrivé après les élections européennes et a donné une interview au Nouvel Observateur.
Les changements de 2007
Nicolas Sarkozy est quand même incroyable. Depuis deux ans et demi, il nous fait le coup du « j’ai changé » tous les six mois, avec la même force de conviction. Souvenez-vous. Le 14 janvier 2007, lors de son intronisation comme le candidat de l’UMP, il fait tout un discours sur ce thème, pour devenir plus présidentiel et essayer de couper l’herbe sous le pied à ceux qui le disent agité. Puis, après son élection, nous avons droit à une nouvelle transformation en président bling bling.
Cette transformation, partiellement avouée, n’était pas la moins radicale car le candidat Nicolas était assez sobre alors que le président Sarkozy, à ses débuts, s’est laissé aller de manière assez incroyable : fête au Fouquet’s, vacances sur un yacht, lunettes de soleil, textos passés lors d’une réception au Vatican où il était arrivé en retard, enfin, divorce express d’avec son ancienne femme pour se retrouver un mois et demi après photographié à Disneyland avec une chanteuse, ancienne top model…
Toujours plus de présidentialisation
Avec son effondrement dans les sondages et la cuisante défaite des municipales, Nicolas Sarkozy s’est retrouvé contraint de changer. Début 2008, il a cherché à adopter un ton plus mesuré et a renoncé aux outrances qui avaient tant fait parler. Puis, il nous a à nouveau vanté son changement après la présidence Française de l’Union Européenne, qui l’avait également « changé », comme il l’avait soutenu lors de ses vœux du 31 décembre.
Six mois après, on nous vante à nouveau un nouveau changement du président, qui serait plus patient, plus présidentiel. On se demande d’ailleurs comment Nicolas Sarkozy peut encore se présidentialiser puisque cela fait deux ans et demi que l’on nous explique qu’il prend davantage la mesure de la fonction, mais ce doit être comme les lessives qui lavent toujours plus blancs…
Le changement comme outil de l’ego
En fait, cette petite musique du changement, répétée jusqu’à l’absurde, est surtout destinée à valoriser le président de la République, même si elle suppose l’admission de quelques erreurs (comme la soirée au Fouquet’s). Nicolas Sarkozy profite toujours de l’occasion pour se mettre en valeur et souligner à quel point il fait un métier difficile, « inhumain » même comme il le soutient dans le Nouvel Observateur.
Mais cette communication autour du changement a quelque chose de ridicule par sa trop grande fréquence. Le manque de distance de la plupart des médias à ce sujet est sidérant. D’ailleurs, Le Monde note cruellement que le Nouvel Observateur ne bronche pas quand Nicolas Sarkozy affirme qu’il ne pourrait pas faire comme François Mitterrand et nommer son directeur de cabinet président d’EDF alors qu’il vient exactement de faire cela avec François Pérol…
Mieux qu’un shampooing ou une lessive, Nicolas Sarkozy nous gratifie d’une nouvelle formule tous les six mois. La nullité de l’opposition peut temporairement faire croire que cela marche, mais la ficelle est trop grosse pour que les Français soient vraiment dupes…
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/07/01/le-sar...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/01/01002-2009070...
10:59 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, nouvel observateur



