20.05.2009
Israël en solo
Lundi, Barack Obama a rencontré Benyamin Nétanyahou pour parler du conflit israélo-palestinien. Une nouvelle occasion de souligner à quel point l’Etat hébreu semble désormais ne plus écouter quiconque dans la conduite de sa politique.
Une diplomatie américaine plus critique
La nouvelle administration Américaine adopte heureusement une position plus distanciée à l’égard de son allié de toujours, Israël. Barack Obama a ainsi mis les pieds dans le plat en évoquant la création d’un Etat palestinien, alors que le nouveau premier ministre israélien se refuse à en parler. Il a également souligné la nécessité pour l’Etat hébreu de cesser toute construction de colonies dans les territoires occupés, alors que le Premier ministre ne veut pas remettre en question leur développement.
Tout le paradoxe de ces deux dernières années est l’évolution diamétralement opposée des diplomaties Française et Américaine. D’une part, la France a abandonné sa politique originale en Occident pour s’aligner sur la plupart de ses partenaires occidentaux. De l’autre, les Etats-Unis ont mis une légère sourdine à leur soutien inconditionnel à Israël même si pour l’instant, les mots de la nouvelle administration ne restent que des mots et ne se sont pas traduits en acte.
Comment faire évoluer Israël ?
Et c’est là tout le problème. Depuis quelques années, il semble qu’Israël puisse faire tout ce qu’il souhaite sans la moindre conséquence concrète. Déclenchement de deux guerres, au Liban puis à Gaza, faisant un nombre très important de victimes, poursuite scandaleuse de la colonisation des territoires occupés. Israël peut faire n’importe quoi, la communauté internationale ne réagit pas. Et en ne faisant rien, nous apportons un soutien implicite à la politique de Tel Aviv et les encourageons à faire ce qu’ils veulent.
Et c’est pour cela que la communauté internationale devrait passer des mots aux actes. En dénonçant timidement les colonies depuis des années sans rien faire d’autre alors qu’Israël continue à en construire, on peut croire à un double langage. Le manque évident de bonne volonté de la nouvelle administration devrait être sanctionné beaucoup plus durement pour montrer que nous ne sommes pas d’accord avec la politique suivie. Si Israël continue dans la même voie, nous devrions rompre nos relations diplomatiques.
Même s’il est légitime que l’Etat hébreu se protège, la poursuite de la colonisation et les guerres du Liban et de Gaza sont inacceptables. En les condamnant mollement sans rien faire d’autres, nous nous montrons complices. Il est temps de reconsidérer nos relations avec Israël.
Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/16/ne...
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/05/18/fa...
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04.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 4 : un contexte politique troublé
Les soubresauts économiques de 2009 à 2016 ont provoqué des réactions très changeantes de la part des électorats. Tout d’abord, la sortie d’une crise aussi violente joue en faveur des sortants. Mais la persistance de graves déséquilibres finit par vite provoquer un rejet des politiques en place.
Des sortants réélus dans un premier temps
En 2009 et 2010, le sentiment d’urgence puis l’amélioration économique créent un climat plus positif qui profite aux gouvernements en place. La crise a également pour conséquence de brouiller plus encore les différences entre les partis socialistes ou socio démocrates et leurs adversaires de droite tant il y a accord unanime sur les nouveaux accords de Bretton Woods. Les quelques excentriques qui soutiennent une analyse différente de la crise et rejoignent le Cercle pour une Alternative Economique, ne sont pas écoutés.
En septembre 2009, Angela Merkel profite de l’union sacrée autour du plan de sauvetage de l’économie pour gagner largement les élections Allemandes. La CDU et son allié la CSU obtiennent près de 40% des voix et peuvent désormais gouverner avec le FDP, comme au bon vieux temps. Le SPD, incapable de se différencier clairement, tombe à seulement 25% des voix, près de 10 points de moins qu’en 2005. De son côté, Gordon Brown défie tous les pronostics et profite d’une embellie avec l’opinion britannique pour gagner son premier mandat populaire. Les Tories ne sont pas parvenus à proposer une alternative solide.
Enfin, Barack Obama gagne très largement les élections de mi-mandat en 2010. Les démocrates en profitent pour obtenir la super majorité au Sénat et accentuent encore leur avantage à la Chambre des Représentants. Mais passée la satisfaction de la sortie de la crise, une grogne sociale se fait jour dans la plupart des pays, face à une croissance molle qui ne profite pas du tout aux citoyens qui voient leur pouvoir d’achat stagner et qui souffrent de la rigueur dès 2011.
Le rejet des politiques en place
La France est le premier pays à essuyer une profonde rénovation de sa vie politique. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle sont sans appel : François Bayrou arrive largement en tête avec 26% des voix. Nicolas Sarkozy obtient un petit 21% après une campagne où tous les candidats ont attaqué son bilan désastreux. Dominique Strauss-Kahn, souffrant de l’opposition sourde des supporters de Ségolène Royal, avec 14% des voix, peine à devancer Olivier Besancenot, et Nicolas Dupont-Aignan, 13% tous les deux. Au second tour, le président sortant est défait par 59% des suffrages.
François Bayrou a mené une campagne d’opposition radicale, se voulant le candidat des petits contre les puissants. Une fois élu, il nomme pourtant Pierre Moscovici Premier Ministre. L’alliance Modem-PS remporte largement les élections législatives tandis que l’UMP rentre dans une crise de succession terrible où Jean-François Copé et Xavier Bertrand s’allient brièvement pour renverser Brice Hortefeux, l’ancien Premier Ministre, abjurer le sarkozysme, avant de se déchirer comme au PS.
Mais c’est aux Etats-Unis que la crise politique fait une victime surprenante. En effet, les difficultés des classes populaires et moyennes et la persistance d’un chômage significatif provoquent un débat difficile pour le président au pouvoir. Sarah Palin en profite pour dénoncer une administration démocrate qui a dépensé des milliers de milliards de dollars pour rien. Elle dépeint le président comme un représentant des élites qui se sont sauvées elles-mêmes mais ont oublié les citoyens ordinaires (« average Joe »). Elle propose de rendre le pouvoir au peuple et contre toute attente, gagne.
En Allemagne en 2013, malgré le net recul de la CDU et de la CSU, à 32%, une nouvelle Grande Coalition s’impose avec Angela Merkel à sa tête. Die Linke devient le deuxième parti du pays en obtenant 23%, 5 points de mieux que le SPD, qui s’effondre. En Angleterre, l’inoxydable Gordon Brown profite du rebond de la croissance en 2015 pour gagner un nouveau mandat, grâce au virage à droite des Tories. Enfin, en 2016, les Démocrates choisissent comme candidat Paul Krugman. Le prix Nobel d’économie 2008 a gagné en popularité avec son opposition au plan de Bretton Woods ainsi qu’à l’administration Palin, qui n’a fait qu’accentuer les difficultés des classes populaires, qui ont perdu 10% de leur pouvoir d’achat en 10 ans.
À l’automne 2016, avec une situation économique instable qui voit paradoxalement la hausse de la croissance mais également une forte grogne sociale, trois élections majeures se profilent puisque les Etats-Unis, la France et l’Allemagne doivent voter dans les douze prochains mois…
Demain : le Grand Choc économique
10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, obama, palin, brown, sarkozy, bayrou
02.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 2 : la sortie de la crise de 2007-2009
Cette courte phase de panique a souvent été oubliée car elle n’a duré que deux semaines et a été suivie d’une stabilisation de la situation économique. Cela fut rendu possible par une réunion au sommet des principaux dirigeants de la planète, à l’initiative du président Américain.
Le tournant du sommet de Bretton Woods de 2009
Le 27 février, les dirigeants du monde abattaient leurs dernières cartes pour restaurer la confiance. Barack Obama annonçait le doublement de son plan de soutien à l’économie et la nomination de Mitt Romney dans son équipe pour signifier « l’union nationale dans cette lutte contre la plus grave crise économique que traverse le pays depuis 1929 ». La Chine donnait plus de substance à son plan de relance et l’Europe, par la voix de ces cinq principaux dirigeants, annonçait enfin un plan d’investissement massif (600 milliards sur trois ans). Enfin, la BCE se décidait à baisser ses taux à 1% et Ben Bernanke comme Jean-Claude Trichet annonçaient que pour combattre la déflation, ils n’hésiteraient pas à recourir à la planche à billet.
Le rebond fut immédiat avec des gains de plus de 12% dans les bourses du monde entier. En trois jours, les indices regagnaient les niveaux de fin 2008. À situation exceptionnelle, conduite exceptionnelle : à l’initiative de Barack Obama, le G20 décidait de se réunir une fois par mois pour faire un point sur la lutte contre la crise et s’assurer de la stabilisation de l’économie et des marchés financiers. Les déficits budgétaires atteignaient des sommets inédits, près de 10% aux Etats-Unis, près de 8% au Royaume-Uni comme en France et même 5% dans l’Allemagne d’Angela Merkel. Cela ne parvenait pas à éviter un épisode déflationniste significatif puisque les prix baissaient de 2% en rythme annuel mi-2009.
Cet activisme gouvernemental permettait de traverser six mois de disette économique où le taux de chômage s’envolait le temps que les mesures gouvernementales fassent leur effet. En septembre 2009, le taux de chômage Américain frôlait les 10%, de même qu’en Europe. Mais l’automne 2009 était marqué par les premières bonnes nouvelles. En effet, l’activité retrouvait un semblant de croissance, tant par l’injection massive d’argent public que par un comparatif moins difficile. En février 2010, l’annonce d’une croissance du PIB Américain de 2,1% en rythme annuel au 4ème trimestre et d’une hausse de 0,3% du PIB de la zone euro après la quasi-stabilité du 3ème trimestre mettait un point final à la crise.
Le débat sur les raisons de la crise et la réforme du capitalisme
Le débat économique qui suivit la crise de 2007-2009 fut extraordinairement intense. D’un côté, la plupart des économistes libéraux attribuaient la responsabilité de la crise aux emprunts hypothécaires de type subprimes et à la lenteur de la réaction des autorités publiques pour soutenir l’économie productive. La politique de la Fed était également tenue pour trop laxiste après 2001, la baisse trop rapide et trop forte des taux ayant encouragé la formation d’une bulle immobilière. Finalement, plus que la déréglementation, c’était la mauvaise intervention des autorités publiques qui devenait le bouc émissaire de la crise !
Pourtant, une autre école de néo-keynésiens comme Joseph Stiglitz, avait une analyse radicalement différente. Pour eux, c’était la déréglementation du monde de la finance et de l’économie qui étaient responsables du désastre de 2007-2009. Ils critiquaient la déréglementation du commerce, qui pousse à la déflation salariale et dénonçaient l’utilisation de l’effet de levier qui provoquent des bulles financières par la création monétaire. Fin 2009, ils créèrent le « Cercle pour une Alternative Economique », dont les principales figures étaient Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Robert Reich aux Etats-Unis, Emmanuel Todd, Jacques Généreux, Jacques Sapir ou Jean-Luc Gréau en France.
Malheureusement, ce fut le premier groupe qui l’emporta dans l’analyse de la crise. Les circonstances économiques favorables à une remise en question ne trouvèrent pas les bons dirigeants. Ni Angela Merkel, ni Nicolas Sarkozy, ni Gordon Brown ne voulaient véritablement changer un système auquel ils croyaient. Ils préféraient s’en tenir à une lecture finalement très libérale des raisons de la crise et se limitaient à sanctionner quelques comportements individuels. Seul Barack Obama aurait pu faire pencher la balance dans une autre direction mais son entourage économique, beaucoup trop uniforme, ne comprenait aucun économiste hétérodoxe appartenant au Cercle…
Le 27 février 2010, Barack Obama prononçait un nouveau discours à Bretton Woods où il tirait les leçons d’une crise qui, « si elle est désormais derrière nous, nous a montré qu’il ne faut pas oublier l’économie réelle, que les autorités avaient trop tardé à secourir ». Sa côte de popularité atteignait alors 85%.
Demain : une sortie de crise illusoire10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, crise financière, obama
08.11.2008
Un autre regard sur la victoire de Barack Obama
La victoire de Barack Obama a souvent été réduite au rejet de l’administration Bush, à l’impact de la crise économique, à ses talents d’orateur et à sa couleur de peau. Il y a pourtant d’autres aspects de l’élection du sénateur de l’Illinois à la présidence des Etats-Unis qui méritent d’être soulignés.
Premier point qui n’a sans doute pas été suffisamment mis en avant : Barack Obama a mené sa campagne d’une main de fer dans un gant de velours, démontrant un leadership peu commun. Alors qu’il affrontait des machines électorales expérimentées et qui avaient démontré leur efficacité, il a réussi à constituer de zéro une organisation qui s’est révélée être la meilleure de la campagne. Non seulement Barack Obama avait le plus grand nombre de donateurs ou de militants sur le terrain, mais il a su également constituer une équipe redoutablement efficace, extrêmement cohérente et professionnelle, qui n’a jamais tremblé, même lors des moments difficiles (retour d’Hillary, déclaration du pasteur ou rebond de John McCain). Alors que la campagne a démontré les carences des équipes d’Hillary Clinton et John McCain, qui ont été sévèrement remaniées en cours de route, celle de Barack Obama a mené campagne de manière extrêmement fluide et organisée. En outre, il a su réunir un grand nombre d’experts de qualité.
Mais Barack Obama s’est également démarqué de ses concurrents à travers la tonalité moins négative de sa campagne. Même s’il a critiqué très fortement l’administration Bush et n’a pas hésité à lancer des attaques parfois abusives contre son concurrent John McCain, il est constamment resté moins négatif que ses adversaires, alors que les campagnes Américaines ont souvent tendance à devenir des combats de boue. Tant Hillary Clinton que John McCain sont allés beaucoup plus loin dans les attaques contre le futur vainqueur. Barack Obama a diffusé une moins grande proportion de spots publicitaires négatifs que ses rivaux et est allé moins loin dans les attaques abusives. En cela, il faut espérer que cette campagne marque une inflexion des pratiques détestables des campagnes Américaines.
En revanche, vu d’Europe, la victoire de Barack Obama n’est pas une victoire de la gauche. Bien sûr, les démocrates se situent à gauche du parti républicain, et Barack Obama a tenu des discours très fermes contre les banquiers et les financiers. Mais ces propos ne sont pas plus durs que ceux de Nicolas Sarkozy. En outre, sur un certain nombre de sujets de société, il ne faut pas oublier que le futur président a des positions qui le mettraient très à droite de l’échiquier politique Français, que ce soit pour le port d’armes ou pour la peine de mort. Un écrivain avait dit que « les Américains viennent de Mars et les Européens de Vénus » : il ne faut pas l’oublier quand on juge Barack Obama. De même, sur l’économie, il faudra attendre les premières mesures pour le juger. Si certaines parties de son programme sont encourageantes (couverture maladie, impôts), d’autres, notamment sur la régulation de la finance, le sont moins.
Beaucoup de politiques et de journalistes ont souligné que l’élection d’un métis à la tête des Etats-Unis représentait un exemple pour notre pays, soulignant notre retard dans la représentation des minorités au sein de la classe politique. Il est vrai que l’Assemblée Nationale et le Sénat ne présentent pas une grande diversité, à part pour les départements d’outre-mer… Cependant, n’oublions pas qu’au début de la Cinquième République, le second personnage de l’Etat, le président du Sénat, Gaston Monnerville, était noir, à une époque où la ségrégation était encore de mise aux Etats-Unis… Il faut donc relativiser le retard Français, même si l’uniformité actuelle de notre représentation nationale ne peut pas être considérée comme satisfaisante. En même si depuis 2007, notre gouvernement est plus divers, on peut s’interroger sur les limites d’un casting où la couleur de peau ou l’origine semblent passer avant la compétence.
Barack Obama est un homme politique très professionnel qui a mené une très bonne campagne et démontré des qualités qui semblent le qualifier pour le bureau ovale de la Maison Blanche. Espérons qu’il soit à la hauteur des espérances qu’il a soulevées, pour les Etats-Unis, comme pour le monde.
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, obama
05.11.2008
Barack Obama, le nouvel espoir
Les sondages avaient donc raison. Nous n’avons pas eu de mauvaise surprise de dernière minute comme en 2000. Barack Obama sera donc le 44ème Président des Etats-Unis. Qui plus est, il pourra compter sur une Chambre des Députés et un Sénat désormais à large majorité démocrate.
Et à dire vrai, cette conclusion est sans doute la meilleure pour cette campagne. S’il n’a pas fortement marqué les esprits au Sénat, Barack Obama a démontré de très grandes qualités dans cette dure campagne où il a réussi à défaire les deux plus formidables machines électorales du pays : les Clinton lors des primaires et les Républicains, qui avaient démontré leur force en 2000 et 2004. Outre ses dons d’orateur et son charisme, remarqués lors de la convention démocrate il y a quatre ans, le sénateur de l’Illinois a démontré des qualités de grand leader, à la fois ferme et calme, capable de débattre contre de rudes adversaires. Sa campagne a été la plus professionnelle, la mieux organisée, ne cédant jamais à la panique, même dans les moments les plus difficiles. Il a également su s’entourer, qualité essentielle pour un chef d’Etat. En un an et demi, cette campagne a démontré ses grandes capacités de chef.
Mais outre cette capacité à diriger, c’est aussi le programme du candidat démocrate qui correspondait le mieux aux questions que se posent les Etats-Unis aujourd’hui. Par son opposition à la guerre en Irak et une volonté affichée de renouer le dialogue avec le reste du monde, Barack Obama pourrait radicalement changer la perception des Etats-Unis et contribuer à un apaisement bienvenu des relations internationales, même s’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il oublie les intérêts Américains… Et c’est surtout sur le plan intérieur qu’il devrait faire la différence, en revenant sur les baisses d’impôt de Georges Bush et en permettant à la majorité des 47 millions d’Américains sans couverture maladie d’être enfin couverts. On peut également s’attendre à un activisme plus important dans la lutte contre la crise et un encadrement plus fort des mécanismes du marché.
Malgré tout, cette élection a également été l’occasion de constater les disfonctionnements de la démocratie Américaine. Cette élection a coûté la bagatelle de 1,5 milliards de dollars. En octobre, Barack Obama a davantage dépensé en publicité que Mac Donald’s ou General Motors ! Pire, la majorité de ces dépenses ont été faites sur des publicités négatives souvent très abusives, notamment de la part des républicains. Les images d’hier ont également montré la complexité du système électoral Américain (bulletins, temps d’attente…). Il n’est pas sûr non plus que la personnalisation à outrance soit un élément positif. Enfin, on peut se poser des questions sur le rapport compliqué des Américains à la question raciale. Si l’élection d’un métis représente un immense espoir pour la majorité, comment ne pas souligner que l’électorat noir a voté avec un biais racial beaucoup plus important que l’électorat blanc ? Et comment ne pas se demander si sans cette couleur de peau, le même candidat aurait pu aller aussi loin ?
Cependant, le moins que l’on puisse dire est que cette élection a déclenché un enthousiasme inédit. En cela elle est porteuse d’un immense espoir mais potentiellement de déceptions aussi importantes. Heureusement, dans le contexte actuel de crise économique, l’élection de Barack Obama peut contribuer à rétablir une plus grande confiance, élément essentiel pour, si ce n’est sortir de la crise, au moins la traverser de manière moins douloureuse. Cette élection projette également une image très positive des Etats-Unis, et renouvelle le « rêve Américain » en profondeur, à un moment où ses ressorts en sont pourtant en partie bloqués. Mais le dernier atout de la nouvelle administration sera également de passer après une équipe Bush complètement discréditée, tant sur les questions internationales qu’intérieur.
L’élection de Barack Obama marque un tournant radical pour les Etats-Unis et le monde. Par son charisme et son professionnalisme, il a soulevé un immense espoir qui pourra contribuer à résoudre les problèmes du monde. Espérons qu’il soit à la hauteur de la tâche et de ces immenses espérances.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/...
09:43 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, obama
31.10.2008
Le facteur racial peut-il faire perdre Obama ?
Depuis quelques semaines, les médias parlent du cas du candidat noir Tom Bradley, en tête de tous les sondages pour l’élection du gouverneur de Californie en 1982, mais qui fut battu d’extrême justesse, pour montrer que rien n’est joué pour Barack Obama.
Une université Américaine a chiffré cet effet à 6% de l’électorat, ce qui pourrait changer l’issue de l’élection de la semaine prochaine. Depuis, les médias fourmillent de reportage montrant des Américains qui assument leur racisme et affirment qu’ils ne voteront jamais pour Barack Obama du fait de sa couleur de peau. Cette triste réalité doit cependant être nuancée. Tout d’abord, il est difficile de ne pas imaginer que les cohortes de racistes blancs se trouvent essentiellement dans les rangs du parti républicain. Ils auraient donc sans doute voter pour John McCain quel que soit le candidat démocrate en face, qu’il soit un homme ou une femme, un blanc ou un noir. En fait, un candidat républicain aurait sans doute beaucoup plus à perdre qu’un candidat démocrate, dont la base est sans doute très peu perméable au racisme. En outre, Barack Obama semble avoir conquis les femmes blanches, dont plus de la moitié déclarent vouloir voter pour lui.
En fait, on peut se demander si le facteur racial n’est finalement pas à l’avantage du démocrate. En effet, si l’électorat blanc semble se repartir de manière proche des grandes tendances nationales, il n’en va pas de même pour l’électorat noir, dont 90% des voix devraient aller au sénateur de l’Illinois. En un sens, on pourrait presque dire que Barack Obama va davantage être le bénéficiaire du vote « raciste » de l’électorat noir que la victime du vote « raciste » d’une partie de l’électorat blanc. C’est d’ailleurs un des paradoxes de cette élection de voir les médias attaquer le racisme des derniers alors que ce sont bien les premiers dont le vote semble beaucoup plus fonction de la couleur de peau des candidats. Certes, la communauté noire a tendance à voter démocrate, mais pas dans ces proportions. Bien sûr, la voie tracée par Barack Obama soulève un grand espoir pour eux, mais elle renvoie leur vote à la seule question raciale.
Finalement, on a l’impression dans cette campagne que le « racisme » des noirs à l’égard de leur candidat n’est pas considéré comme choquant alors que celui de quelques blancs l’est. Cela montre aussi que les rapports raciaux ne sont pas apaisés aux Etats-Unis puisque certaines communautés votent surtout en fonction des origines des candidats et qu’il ne semble pas possible de leur reprocher. Si l’élection de Barack Obama fera sans doute avancer les choses, il faut également espérer que demain, la communauté noire Américaine, par-delà tous les traumatismes qu’elle a subis, parviendra à se déterminer au-delà de la couleur des candidats, ce qui sera un signe de meilleure intégration. En fait, cette élection illustre à nouveau les dérives d’un système où les citoyens semblent davantage membres d’une communauté que citoyens Américains. Il y a encore un bon bout de chemin à faire.
Barack Obama a démontré dans cette campagne de grandes qualités en menant une campagne plus cohérente et plus apaisée que son rival. Son programme correspond bien mieux aux questions qu’affrontent les Etats-Unis. En cela, il mérite de gagner. Paradoxalement, le facteur racial devrait l’y aider.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/...
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19.10.2008
Barack Obama en route vers la victoire
Le dernier débat télévisé de la campagne présidentielle Américaine a eu lieu cette semaine et s’est conclu par une troisième victoire du candidat démocrate. Rien ne semble désormais pouvoir l’arrêter dans sa course vers la Maison Blanche.
Beaucoup de commentateurs ont souligné la qualité de la prestation d’un John McCain très incisif qui a trouvé une formule choc pour se différencier de l’administration en place en disant « Je ne suis pas Georges Bush » et en répliquant au sénateur de l’Illinois que s’il avait voulu débattre avec le président sortant, il lui aurait fallu se présenter il y a quatre ans. Malgré tout, c’est bien Barack Obama qui a été sacré vainqueur, par les sondages comme par les journalistes. Le Washington Post rapporte que "ce que ces débats ont montré à l'Amérique, c'est que Barack Obama, ce gars maigre au drôle de nom, est calme et rassurant avec son propos cohérent et sa voix posée lorsqu'il faut traverser des moments difficiles. Il a été respectueux envers son adversaire mais ferme dans ses choix (…) dans les trois débats, il s'est forgé une stature de président."
Et ce point est sans doute une des deux principales raisons de la réussite du candidat démocrate. Face à un candidat républicain qui n’a pas résisté à utiliser les pires pratiques pour salir son adversaire, Barack Obama a su rester calme, responsable, compensant sa jeunesse et son inexpérience par une attitude digne d’un Chef d’Etat. Mais s’il a su garder son calme dans toutes les occasions, il a su également être ferme dans les débats face à son adversaire, montrant une force de caractère importante pour postuler au bureau ovale. Alors, bien sûr, la conjoncture économique, qui montre les immenses limites du néolibéralisme et de la déréglementation disqualifient des républicains déjà mal en point après huit années de présidence Bush. Mais la façon dont le candidat démocrate a géré les débats avec son adversaire lui a définitivement fait gagner une stature que les primaires avaient déjà laissé entrevoir.
En plus, ces élections montrent la faillite de la stratégie républicaine. Les électeurs n’ont pas apprécié le caractère très négatif de la campagne de John McCain, alors que les démocrates ont été plus responsables. Mieux, alors que sur le terrain les républicains avaient démontré une organisation largement supérieure en 2000 et 2004, arrivant à mobiliser beaucoup plus de militants, cet avantage est du côté des démocrates cette année, avec un réseau de soutiens nettement plus développé et qui devrait jouer un rôle majeur le jour de l’élection. En outre, malgré l’avance colossale dont Barack Obama jouit dans les sondages, l’incertitude qui plane encore sur l’issue de la campagne, du fait du facteur racial et du précédent de 2000, assure une très forte mobilisation d’ici le jour J.
Bref, même si on ne peut jamais être certain du résultat final d’une élection avant que tous les votes aient été exprimés et comptabilisés, il semble désormais impossible que le candidat préféré des européens ne devienne pas le 44ème président des Etats-Unis dans quelques jours.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/10/16/debat-presidentiel-barack-obama-vainqueur-d-un-cheveu_1107495_829254_1.html
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12.10.2008
Barack Obama, vainqueur d’une sale campagne
Alors que la grave crise économique que traversent les Etats-Unis a permis à Barack Obama de prendre un avantage sans doute définitif pour la victoire, les Républicains tentent le tout pour le tout, cédant à tous les excès pour essayer de disqualifier le sénateur de l’Illinois.
Le moins que l’on puisse dire est que John McCain et son équipe ne reculent devant rien pour attaquer le candidat démocrate. Cette semaine, lors de deux réunions publiques, deux personnalités du parti républicain ont attaqué « Barack Hussein Obama », façon peu subtile et élégante de renforcer la rumeur selon laquelle il serait en fait musulman. Bien sûr, le candidat républicain et sa colistière ont dénoncé cette façon de faire après coup… Mais ces attaques personnelles ne semblent pas émouvoir plus que ça les supporteurs du candidat démocrate. En revanche, elles poussent les militants du parti de l’éléphant à tous les excès, certains le comparant à Satan ou Oussama Ben Laden… Cette agressivité a toutes les chances de se révéler contre-productive vis à vis des électeurs indépendants qui feront l’élection.
Sur le fond, la campagne des républicains est aussi particulièrement malhonnête puisqu’elle affirme que Barack Obama propose de monter les impôts sur les classes moyennes, alors que son programme ne comporte que la fin des réductions fiscales pour les ménages gagnant plus de 250 000 dollars. On peut se demander pourquoi John McCain poursuit ces attaques sur le sujet, tant les réponses de son concurrent démontrent la vacuité de cette critique, d’autant plus que cette hausse ciblée des impôts permet au démocrate de proposer une baisse des impôts pour les autres ménages... En comparaison, le programme économique du candidat républicain, qui comporte notamment une baisse des impôts sur les entreprises, est en complet décalage avec la crise… C’est pourquoi lors du dernier débat, John McCain a proposé 300 milliards pour reprendre les crédits hypothécaires des ménages.
Mais ce dernier geste compromet la crédibilité du républicain sur la question cruciale de l’économie, tant le financement de son programme est rendu incertain par les hausses de dépenses et les baisses des impôts. Cette campagne présidentielle ne présente pas John McCain sous un beau jour. Celui qui s’était fait un nom sur son franc-parler, sa capacité à travailler avec les démocrates et à ne pas hésiter à critiquer les excès de son propre parti (il avait qualifié son aile religieuse « d’agents de l’intolérance »), a finalement repris toutes les mauvaises manières de l’équipe Bush, avec une partie de l’équipe. Si cela lui a permis de re-souder les républicains derrière lui, cela lui a sans doute fait perdre une partie importante des électeurs indépendants qui auraient pu lui faire gagner l’élection.
Même s’il a très peu d’expérience, Barack Obama a démontré dans cette campagne une capacité à diriger son équipe de manière extrêmement solide mais aussi plus responsable et il a élaboré un programme qui, s’il n’est pas très original, semble mieux répondre aux questions du jour.
Source : http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/10/11/01017-20081011ARTFIG00200-mccain-tente-de-doser-ses-critiques-contre-obama-.php
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29.09.2008
Un autre regard sur le débat McCain - Obama
Un partout : c’est ainsi que Libération a résumé le débat entre John McCain et Barack Obama. Mais le biais des médias Français pouvait faire penser que le candidat républicain s’en était mieux sorti. Pourtant, les premiers sondages indiquent une victoire nette du jeune sénateur de l’Illinois.
À dire vrai, le visionnage complet du débat de vendredi soir m’avait fait conclure (un peu hâtivement), que c’était le sénateur de l’Arizona qui avait remporté cette première confrontation, il est vrai sur le sujet de prédilection du républicain, la sécurité nationale. Si Barack Obama est largement plus à l’aise dans l’exercice du discours, John McCain est un redoutable débatteur. Il garde tout le temps un grand calme, a un débit posé, un phrasé simple utilisant des exemples concrets, et un sens de la réparti certain. À côté, le candidat démocrate a parfois buté sur les mots et son phrasé beaucoup plus complexe et théorique le rendait sans doute un peu moins intelligible. En outre, cela montre que son expérience est beaucoup plus limitée par rapport à un John McCain qui a cité de multiples anecdotes pour supporter son raisonnement.
Barack Obama a également fait quelques erreurs de fond. Il s’est imprudemment avancé sur le terrain de la pertinence de jugement à l’égard de la guerre en Irak, soulignant qu’il avait été un des seuls à s’opposer à l’invasion de 2003, contrairement à John McCain. Mais cet angle d’attaque est risqué puisque le sénateur républicain a très rapidement critiqué la gestion de la guerre par l’équipe Bush et a longtemps plaidé pour un renforcement des moyens militaires. Cette opération, lancée début 2008 et à laquelle Barack Obama s’est opposée, a pourtant permis de stabiliser la situation et de grandement réduire le nombre de victimes des deux côtés. Depuis cette opération, il est devenu présomptueux de la part du démocrate de revendiquer une supériorité de jugement sur son rival.
En outre, cela a permis à John McCain de se distancier de l’administration Bush en citant extensivement tous les sujets (conduite de la guerre, accords de Kyoto, torture, immigration, financement des campagnes) sur lesquels il s’est opposé à l’équipe sortante. En outre, il a attaqué la naïveté du sénateur de l’Illinois sur l’Iran et sa volonté de discuter avec son président sans conditions et a déploré sa position trop conciliante avec la Russie de Poutine. Barack Obama a aussi assez maladroitement conclu en évoquant le sort des vétérans de guerre, ce qui a permis à John McCain de souligner que ce combat avait été un des premiers qu’il avait menés dans les années 80 et que les vétérans pouvaient lui faire confiance.
Mais alors, pourquoi Barack Obama semble avoir trouvé les faveurs des citoyens Américains ? On peut y voir deux raisons principales. Tout d’abord, l’emphase de John McCain sur son expérience montre sans doute que c’est bien son rival qui représente le changement. Ensuite, sur l’économie, le candidat démocrate a été beaucoup plus convaincant. Quand ce dernier propose de baisser les impôts pour 95% des Américains et de monter ceux des ménages gagnant plus de 250 000 dollars, le candidat républicain soutient qu’il faut baisser les impôts des entreprises ! En outre, les démocrates sont plus crédibles pour dénoncer les excès du monde de la finance, que les républicains ont largement dérégulé.
Barack Obama a définitivement été sauvé par l’économie lors de ce débat tant la réponse à la crise des républicains semble à côté de la plaque. Mais malgré un contexte économique qui lui est largement favorable, il devra se méfier d’un John McCain qui n’a pas dit son dernier mot.
Source : http://www.liberation.fr/actualite/monde/electionam...
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article...
http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-829254,54-1099250@5...
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27.09.2008
L’économie au secours d’Obama
Début septembre, entre les tensions internationales en Géorgie et la nomination de Sarah Palin, la campagne Américaine avait basculé et l’impensable semblait devenir possible : une nouvelle victoire des républicains. Mais la crise économique rebat les cartes en faveur des démocrates.
Comme l’explique très bien The Economist, les Républicains continuent d’aborder les élections en utilisant la stratégie qu’avait initiée Richard Nixon. Elle consiste à dépeindre les démocrates comme les représentants des élites bourgeoises et libérales (au sens Américain, c’est à dire sur les questions de société et non économiques) des grandes villes, coupées de la réalité, méprisantes à l’égard du petit peuple. Cette forme de populisme permet de créer une véritable « guerre culturelle » où s’affrontent à front renversé des républicains défenseurs des valeurs morales des ménages modestes et des démocrates bien éduqués volontiers opposés à l’IVG ou à la peine de mort. Cette présentation de l’offre politique ne manque pas de piquant quand on connaît le parcours des deux candidats, mais elle repose également sur ce qu’ils véhiculent.
À une récente interview sur la crise, John McCain a su répondre avec des mots simples, dénonçant vigoureusement les excès du monde la finance. De son côté, Barack Obama disait la même chose mais d’une manière beaucoup plus littéraire et policée, tendant à renforcer les caricatures que cherchent à véhiculer les républicains. Heureusement pour le candidat démocrate, la campagne de John McCain souffre de deux faiblesses majeures. Les campagnes négatives qu’il fait diffuser sont sans doute beaucoup trop excessives pour un électorat indépendant qui ne peut pas se reconnaître dans les caricatures absurdes et malhonnêtes qui sont faites du candidat démocrate, accusé de tout et n’importe quoi.
Mais surtout, la crise économique est devenue la première préoccupation de la population, ce qui est doublement avantageux pour Barack Obama. Tout d’abord, en période de crise, les électeurs ont tendance à sanctionner l’équipe au pouvoir, comme cela s’était passé en 1992 avec Georges Bush Senior. Ensuite, les démocrates sont plus crédibles que les républicains pour la gestion de l’économie, notamment face à un John McCain qui a fait l’erreur capitale de dire qu’il n’y connaissait pas grand chose… Résultat, en ces temps incertains où les excès du libéralisme plongent l’économie Américaine dans la récession, font monter le chômage et font perdre à des millions d’Américains leur maison, il est peu probable que les Etats-Unis se tournent vers les partisans de la déréglementation.
La crise économique actuelle est le seul moyen pour sortir la campagne Américains de la campagne détestable lancée par le parti républicain, en replaçant l’élection sur de véritables sujets. Barack Obama y a tout gagné, les Etats-Unis et le monde aussi.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/18/01003-200...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/18/premier...
The Economist 20 septembre
11:16 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, mccain, obama, crise financière



