20.03.2011
Libye : la France à la tête du combat pour la liberté
Hier, Nicolas Sarkozy a réuni à l’Elysée un sommet pour mettre au point l’intervention militaire en Libye. Après le coup de bluff du cessez-le-feu de Kadhafi, l’aviation Française est intervenue la première pour bombarder des positions des troupes à proximité de Benghazi.
Merci à nouveau à Nicolas Sarkozy
Oui, merci à Nicolas Sarkozy pour avoir pris la direction effective des opérations, que personne ne semblait capable de prendre. Si l’opération aboutit et que la Libye se libère du joug du colonel Kadhafi, nous serons liés d’une bien belle manière au peuple libyen et cela sera grâce à l’action résolue du chef de l’Etat. En outre, notre diplomatie a su avancer de manière intelligente en obtenant l’accord des Nations Unies et de la Ligue Arabe et en refusant d’impliquer l’OTAN.
La réunion d’hier était un modèle du genre car nous avons impliqué les pays arabes, point essentiel pour ne pas donner une couleur colonialiste à l’intervention. Bref, non seulement la France dicte le tempo mais en outre, elle arrive à le faire en impliquant la communauté internationale au sens large. En outre, nous n’avons pas hésité à envoyer nos troupes en premier. Bref, même si nous ne pouvons pas être sûrs des résultats, l’intervention en Libye est remarquablement gérée.
La Libye n’est pas l’Irak
Certains s’inquiètent à juste titre de la possibilité d’enlisement. Mais tout d’abord, le fait qu’Hubert Védrine Alain Juppé et Nicolas Dupont-Aignan soient des partisans de l’intervention est a priori très rassurant. Ensuite, cette intervention n’a rien à voir avec celles d’Irak ou d’Afghanistan. Tout d’abord, il n’y a pas d’envoi de troupes terrestres, mais seulement des interventions aériennes. Ensuite, elle se fait avec l’agrément des Nations Unies et même de la ligue arabe, en impliquant ses membres.
Mais surtout, il ne s’agit pas d’envahir un pays pour faire tomber un dictateur et ensuite imposer notre modèle sans tenir réellement en compte la volonté du pays. Ici, il s’agit d’aider un peuple qui s’est soulevé contre son tyran et qui, après avoir failli le renverser, finit par ployer sous la répression armée de son autocrate. Ici, nous venons à l’aide des rebelles, à leur demande, en concertation avec la communauté internationale et sans arrière-pensées pétrolières.
Malgré tout, je comprends les limites d’une telle intervention, comme je l’ai souligné ces derniers jours. J’avais dénoncé la répression au Bahrein et je ne vois malheureusement pas ce qui pourrait être fait, à part des protestations verbales. Ce cas montre bien que si nous intervenons, c’est parce que le pouvoir Libyen n’est pas très fort. Cela souligne bien à quel point l’ingérence présente de grandes limites. Mais je persiste à croire qu’elle vaut le coup d’être risquées. L’alternative était-elle acceptable ?
Un merci qui n’absout pas tout
Bien évidemment, certains soupçonnent Nicolas Sarkozy d’arrière-pensées. Mais aurait-il été possible d’avancer aussi vite et fort uniquement avec cela ? Je ne veux pas croire que ce ne soit pas le souci humaniste de protéger le peuple libyen de son despote sanguinaire qui ait pu provoquer une telle réaction et convaincre la communauté internationale. S’il n’y avait pas eu cela, je ne peux pas croire que les dirigeants de tant de pays se seraient mis d’accord.
Et Nicolas Sarkozy est le chef incontestable de cette coalition. C’est pour cela que je l’ai remercié dans un papier il y a deux jours, qui a provoqué un gros débat sur le blog comme sur Marianne 2. Bien naturellement, un satisfecit sur le dossier Libyen ne remet nullement en cause un jugement global extrêmement négatif sur l’ensemble de cette présidence, sans direction, faite de postures et dont les résultats demeurent très mauvais dans bien des domaines.
Néanmoins, je crois que ce n’est pas parce que l’on est un opposant résolu à un gouvernement qu’il faut sombrer à la facilité de critiquer tous ces faits et gestes. Parfois, j’ai eu l’impression que ses critiques du jour l’auraient également critiqué s’il avait laisser-faire. Si ce comportement peut plaire à des activistes, je crois qu’il oublie les Français moins engagés et qui ont moins de préjugés. En outre, les critiques perdent de leur valeur quand elles sont systématiques.
Bien sûr, la situation est loin d’être résolue. Kadhafi est encore là. Les rebelles affrontent le feu de ses troupes à Benghazi. Malgré tout, l’essentiel me semble être qu’à date, nous avons sauvé Benghazi.
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24.02.2011
Nicolas Sarkozy, rantanplan de la diplomatie
Le Monde vient juste de publier une tribune de diplomates anonymes critiquant sévèrement la politique étrangère de la France. Il faut dire que les polémiques s’enchaînent avec une rapidité assez incroyable, révélant toutes les failles de notre diplomatie depuis 2007.
Fiascos diplomatiques
Le soulèvement démocratique des pays arabes expose cruellement les erreurs de notre diplomatie. Notre premier ministre et notre ministre des affaires étrangères ont ainsi passé leurs vacances de fin d’année en Tunisie et en Egypte, les deux premiers pays qui se sont révoltés contre leurs autocrates, tout en profitant de certaines largesses sur place. Même s’il n’y avait rien de techniquement illégal, cela n’est guère flatteur pour le pays que le monde arabe aimerait voir jouer un plus grand rôle.
Mais la série noire continue avec les déclarations cavalières de Nicolas Sarkozy pour le Mexique, comme l’a bien souligné David Desgouilles. Puis, c’est au tour du nouvel ambassadeur de Tunisie, Boris Boillon, de déclencher une polémique pour des propos un peu durs à l’égard des journalistes tunisiens. Enfin, la révolte de la Libye expose Paris à la critique après la réception du dictateur fin 2007 (dont les photos auraient disparu du site de l’Elysée depuis quelques jours).
Chérie, j’ai rétréci notre diplomatie !
Alors que Jacques Chirac avait redoré notre tradition diplomatique en s’opposant fermement à la seconde guerre d’Irak, Nicolas Sarkozy a mis notre diplomatie en lambeaux. Alain Juppé, pourtant devenu ministre depuis, et Hubert Védrine, avaient alerté le président sur le manque de moyens du Quai d’Orsay. Mais les moyens ne font pas tout. En diplomatie, il faut également avoir une direction, une vision à partager, une capacité à défendre ses positions pour exister.
Et sur ces trois points, Nicolas Sarkozy pèche. La seule direction qu’on lui connaisse est un atlantisme qui l’a poussé à rejoindre le commandement intégré de l’OTAN plus de quarante ans après le départ décidé par le général de Gaulle. Mais ce suivisme ne saurait donner une ligne directrice à notre action. Et sur la scène européenne, la France, faute de vision, suit la plupart du temps l’Allemagne, qui nous a imposé Lisbonne et une Union pour la Méditerranée croupion.
Non, il ne restera pas grand chose de la présidence de Nicolas Sarkozy, entre autres d’un point de vue diplomatique. Même si on peut ne pas goûter le procédé utilisé par les diplomates qui ont signé la tribune du Monde, l’ensemble de leur constat est tristement juste.
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31.07.2010
Le fiasco Afghan
Cela fera neuf ans cet automne que l’OTAN a décidé d’intervenir en Afghanistan, sans qu’une issue semble se dessiner ni même une stratégie de victoire ou de sortie. Les récentes fuites du site Wikileaks exposent à nouveau à quel point cette guerre est une grave erreur à laquelle il est temps de mettre fin.
Une guerre injustifiable
Il n’est malheureusement pas difficile de comprendre pourquoi les Etats-Unis sont intervenus en Afghanistan, à peine 23 jours après les attentats du 11 septembre 2001. L’administration Bush n’avait pas particulièrement brillé sur le moment et déclencher une opération militaire plus ou moins justifiée était le moyen de ressouder la population derrière son gouvernement. Avec du recul, même si les Talibans dirigeaient le pays, une telle opération semble difficilement justifiable.
En effet, en pratique, il a suffi aux Talibans de déplacer leurs bases arrière au Pakistan pour se mettre largement à l’abri de la coalition occidentale. En outre, l’histoire montrait que l’Afghanistan est un pays particulièrement difficile à contrôler, du fait de sa géographie. Et renverser un régime autoritaire n’est pas un motif valable dans la mesure où l’occident s’accommode bien souvent de tels régimes quand on peut faire des affaires avec ou qu’il est suffisamment puissant.
Bref, il est impossible de véritablement justifier pourquoi nous sommes partis en guerre. Et aujourd’hui, personne ne comprend les objectifs ou la stratégie des Etats-Unis dans cette intervention, à moins que les révélations sur la richesse du sous-sol afghan ne révèle finalement des motivations bassement matérielles. Barack Obama se retrouve à gérer le bazar hérité de l’administration Bush mais cet opposant de la première heure à la guerre en Irak n’ose pas sortir de son rôle de faucon…
Une France à contretemps
Si l’on peut comprendre (en partie seulement) pourquoi la France a suivi les Etats-Unis dans cette expédition punitive quelques jours seulement après le 11 septembre 2001, il faut constater que notre pays s’était ressaisi en 2003 en s’opposant fortement à la guerre en Irak, dont l’histoire a bien montré qu’elle n’était pas justifié et qu’elle était en outre mal préparée. Malheureusement, depuis l’accession de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la ligne atlantiste et suiviste a des avocats à l’Elysée et au Quai d’Orsay.
Du coup, la France continue à perdre des soldats inutilement dans une mission qui n’a pas de sens. Pire, notre pays a accepté de renforcer son contingent en dépit de l’absence d’une stratégie claire de l’OTAN. Et cette décision a été prise en contradiction avec les discours de campagne du candidat Sarkozy qui jugeait sévèrement cette opération et annonçait alors le départ de la France. 9 ans après, nous attendons toujours une stratégie de sortie de ce bourbier aussi désastreux pour l’OTAN que pour l’Afghanistan.
Heureusement, Nicolas Dupont-Aignan continue à plaider pour une autre politique et souligne l’enlisement de la coalition à laquelle la France participe. Malheureusement, ce ne sera sans doute qu’un témoignage de l’entêtement des Etats-Unis et de notre président.
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09.11.2009
Sarkozy à mi-mandat : la faillite internationale
C’est un des aspects que les défenseurs de Nicolas Sarkozy portent le plus facilement à son crédit. Le président de la République serait le sauveur de l’Europe et il porterait haut les couleurs de la France à l’international. Une présentation des faits qui ne résiste pas à l’analyse.
Le président grossier
Même s’il s’est amélioré depuis, le début de mandat de Nicolas Sarkozy a été proprement catastrophique. Reçu au Vatican, il envoyait des SMS pendant le discours du Pape. Lors de la remise du prix Charlemagne à Angela Merkel, il semblait avoir troqué Henri Guaino par Jean-Marie Bigard comme rédacteur de son discours, multipliant les allusions mal placées sur sa proximité avec la chancelière et appelant son mari monsieur Merkel alors qu’il s’appelle monsieur Sauer.
En Inde, Nicolas Sarkozy a également enfreint toutes les règles protocolaires en écourtant son voyage, alors que la durée est un signe de politesse dans ce pays. Bref, Nicolas Sarkozy ne s’embarrassait guère du protocole, ce qui lui a valu une bien mauvaise réputation en dehors de notre pays, d’autant plus que les journaux étrangers ne manquent pas de souligner l’extraordinaire écart entre ses annonces et ses réalisations, dans tous les domaines.
Le président fanfaron
En effet, celui qui annonçait vouloir privilégier les droits de l’homme au commerce s’est décrédibilisé en invitant Muhammad Kadhafi une semaine à Paris, et en annonçant un montant farfelu de contrats. La presse internationale se gausse également d’un président qui se présente toujours abusivement comme l’acteur principal des accords alors qu’il cède beaucoup plus qu’il ne veut bien l’admettre.
En effet, alors qu’il était candidat, il annonçait vouloir un « mini-traité », limité aux questions institutionnelles, et tenant réellement compte du vote des Français. Force est de constater qu’il a accepté un TCE bis bien éloigné de ses promesses de campagne. Idem, pour avoir son Union Pour la Méditerranée, il a accepté que tous les membres de l’Union Européenne y participent, y compris des pays ne la bordant pas. Loin d’être un bon négociateur, Nicolas Sarkozy a tendance à tout céder pour un accord.
Le président suiviste
Et vis-à-vis des Etats-Unis, il a fait une pause dans la politique d’indépendance de la France. En effet, alors qu’il avait annoncé pendant la campagne présidentielle qu’il allait retirer les troupes Françaises d’Afghanistan, il a renforcé notre contingent malgré l’absence d’une stratégie alternative à celle qui échoue depuis huit ans. Cette absence de nouvelle stratégie aurait du le pousser à se retirer…
Pire, alors que l’évolution du monde rend tous les jours plus datée une OTAN issue de la guerre froide, Nicolas Sarkozy a rejoint le commandement militaire intégré de l’Organisation, que le Général de Gaulle lui avait fait quitter en 1966. Bref, la parole de la France, indépendante et libre sous les mandats de Jacques Chirac, a perdu singulièrement de son originalité depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Bien loin des portraits qui en font le sauveteur de l’Europe, à l’international, Nicolas Sarkozy s’est surtout illustré comme un président grossier, fanfaron et suiviste dont la tendance naturelle à l’abdication tranche avec une présentation de son action souvent cavalière.
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06.04.2009
Un Nicolas Sarkozy toujours camelot mais moins fanfaron
Au sortir d’une semaine marquée par trois réunions internationales majeures (G20, OTAN, sommet Union Européenne / Etats-Unis), Nicolas Sarkozy a ressenti le besoin d’intervenir une nouvelle fois dans les médias, dans le journal de 13H de Claire Chazal. Analyse de sa prestation.
Le frein sur le côté fanfaron
Sans doute influencé par un Barack Obama finalement assez modeste, comme il l’a reconnu lui même, c’est un Nicolas Sarkozy beaucoup moins fanfaron qu’il y a quelques jours que l’on a retrouvé hier sur TF1. Le président de la République a même réussi à limiter l’emploi du « je », à distribuer quelques compliments à Barack Obama, « simple, ouvert, modeste » et à moins se présenter comme le sauveur du monde, associant plusieurs fois Angela Merkel au fait d’avoir réussi à faire passer certaines décisions.
Mais son naturel fanfaron a réussi à percer. Il a ainsi affirmé vouloir des sommets internationaux où l’on prenne des décisions, quitte à y passer plus de temps. Avant lui, même les sommets internationaux ne fonctionnaient donc pas puisque les dirigeants de la planète se réunissaient « pour rien »… Et après avoir grillé la politesse au Premier ministre anglais pour la conférence de presse du G20, il l’a égratigné de manière bien peu élégante en soulignant qu’il y avait eu un mort à Londres, et pas à Strasbourg.
L’accélérateur sur le côté camelot
Mais là où le président a été incroyable, c’est bien sur son côté camelot. Il a ainsi réussi à parler de l’accueil extraordinaire de Strasbourg alors que la ville a été le théâtre de manifestations violemment hostiles. Il a réaffirmé solennellement son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne alors qu’il a donné à Bruxelles son accord pour l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation. Mais c’est surtout sur les conclusions du G20 que Nicolas Sarkozy est allé beaucoup plus loin que la réalité.
Il a commencé son intervention par une prise de conscience bien vue du décalage entre l’autocélébration des dirigeants et la plupart des médias et la perception par la population. Il a ensuite argumenté en expliquant que la crise économique (« que personne n’a pu prévoir » – sic) était la conséquence d’une crise financière et que cette crise financière était la conséquence d’un manque de réglementation. Ainsi, la réglementation mise en place devrait régler la crise économique en rétablissant la croissance.
Ce sophisme peut paraître convaincant mais il repose sur une analyse trop partielle de la crise. En outre, les annonces faites jeudi sont trop limitées pour véritablement remettre de l’ordre dans les pratiques financières. Non, un « nouveau monde » ne s’est pas mis en place. Il n’y a pas de « changement considérable ». Non, les pays qui ont des réserves n’ont pas décidé d’injecter davantage d’argent. Et les bonus pour les traders ne sont pas interdits contrairement à ce que le président a indiqué.
Si le président a réussi à apparaître plus grave et posé et si sa présentation de la crise était assez habile, il n’a pas hésité à considérablement exagérer les conclusions du G20 pour vendre son action. Mais à force de jouer le camelot, sa crédibilité n’en finit plus de baisser, se heurtant sur le mur des réalités.
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02.04.2009
Dominique de Villepin sonne la charge contre Nicolas Sarkozy
L’ancien Premier Ministre participait à une réunion à l’Assemblée Nationale sur l’OTAN hier après un passage par l’émission Ripostes dimanche. Depuis maintenant 18 mois, il continue d’être un des premiers opposants de Nicolas Sarkozy, plus encore qu’un PS trop occupé à se regarder le nombril.
Une critique du fond
La critique de l’action du président est sévère et multiple. Depuis des mois, Dominique de Villepin réitère sa critique de l’éparpillement de l’action présidentielle. Il dénonce les débats inutiles que provoque le président, sur la laïcité ou la réforme des Institutions. Mais la critique de l’ancien Premier Ministre ne s’arrête pas à des problèmes de priorité. Il dénonce notamment le retour au sein du commandement militaire intégré de l’OTAN et exprime sa crainte de voir « banaliser notre diplomatie, rétrécir notre pays ».
Hier, il a longuement développé sa vision des relations internationales et de la place de la diplomatie Française. Il a attaqué « le risque d’un amoindrissement de la voix de la France » passée « d’un camp qui était celui du monde au camp de l’Occident ». Il s’est justement demandé « en quoi un monde multipolaire justifie-t-il que la France revienne d’où elle est partie » et a dénoncé une triple rupture, de « l’héritage gaulliste », « d’un consensus national » et « d’un consensus de la communauté internationale ».
Celui qui a mis en place le bouclier fiscal recommande de le « ramener à ce qu’il était précédemment », à savoir 60% au lieu de 39% aujourd’hui, quand on y inclut la CSG et le CRDS. Il faut dire que comme Marianne le soulignait la semaine dernière, plus de 400 millions d’euros sur les 458 de coût total du bouclier fiscal (soit près de 90%) vont à seulement 2 175 redevables (pour près de 200 000 euros de remboursement chacun), qui ont tous un patrimoine supérieur à 7 millions d’euros…
Une critique de la forme
Dominique de Villepin critique également la forme de la présidence de Nicolas Sarkozy. Dimanche, répliquant à la nouvelle et navrante saillie présidentielle devant les parlementaires UMP, il a répliqué que « le chef de l’Etat doit faire preuve non de banane, mais de sagesse. On n’attend pas de lui qu’il soit sur vitaminé, mais qu’il soit sage ». Et hier, il a ironisé sur le fait que Nicolas Sarkozy insiste pour être à la table de discussion sur l’OTAN tout en menaçant de quitter celle du G20.
Il a également dénoncé le déséquilibre de sa pratique institutionnelle : « on perçoit un grand désarroi des ministres, qui ont le sentiment de ne plus savoir dans quel sens ils doivent aller. (…) On a le sentiment que le président et le gouvernement passent plus de temps à se parler et à se disputer qu’à répondre aux besoins des Français. Le discours de Saint Quentin, c’était l’UMP parle à l’UMP. Quand c’est le président qui parle à l’UMP, il y a un problème de démocratie, de crédibilité de la parole publique ».
Alors que Pierre Moscovici cette semaine dans Marianne parle du PS et oublie les Français, il faut curieusement chercher auprès de François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan (présent hier) ou auprès de l’ancien Premier Ministre UMP pour entendre une critique bien construite de l’action du président.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/30/domini...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/02/01002-2009040...
Marianne 21 mars10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy, Villepin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas sarkozy, otan, marianne, ripostes
18.03.2009
L’inutile et dangereux plein retour dans l’OTAN
Alors qu’hier, le gouvernement a engagé sa responsabilité plutôt que de demander un vote incertain sur la question, le débat fait rage sur le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, dans l’ensemble de la classe politique comme dans la blogosphère.
Un débat important, mais tronqué
Avant-hier, Toréador et Malakine ont relancé le débat en remettant en question l’opposition à ce plein retour de la France dans une organisation militaire dirigée par un autre pays. Ils estiment tout deux que la France a plus d’intérêt à rejoindre pleinement l’OTAN de manière à pouvoir peser sur son orientation et voient une sorte de dogmatisme un peu passéiste à s’accrocher à la position du Général de Gaulle, qui avait quitté avec fracas le commandement militaire en 1966, pourtant installé à Paris, tout en en restant membre.
De l’autre côté, de nombreux hommes politiques ont pris position contre le gouvernement. Dominique de Villepin y voit « un rétrécissement de notre ambition. » Jean-Pierre Chevènement affirme que « nous perdons la distance qui permet de dire non ». Enfin, Nicolas Dupont-Aignan, qui a lancé une pétition sur le sujet, est intervenu à l’Assemblée Nationale pour souligner le marché de dupes de cette réintégration et son aspect idéologique, démontré par l’évocation d’un « camp occidental » par le président.
L’OTAN pourquoi ?
L’OTAN avait un sens au sortir de la Seconde Guerre Mondiale car elle protégeait les pays d’Europe occidentale de la menace militaire soviétique, qui ne pouvait alors qu’être contrecarré par la puissance Américaine. La participation à une organisation militaire où un Etat étranger pouvait décider de tout était contrebalancée par la protection réelle qu’offrait les Etats-Unis. En 1966, après avoir acquis l’arme nucléaire, le Général de Gaulle a estimé que l’assujettissement de la France n’avait alors plus de sens.
La mission initiale de l’OTAN n’est plus. L’Europe n’a plus besoin de protection militaire. L’organisation, telle qu’elle a été conçue, n’a plus le moindre sens. Et de fait, l’OTAN est devenu le bras armé international des Etats-Unis sans avoir à passer par les contraintes des Nations Unies. Toréador parle justement d’une « OTAN que les Etats-Unis voudraient peut-être voir supplanter l’ONU dans son rôle d’outil de sécurité collective, vu que les Russes et les Chinois n’ont pas de droit de regard sur ses décisions. »
En outre, il est complètement illusoire de croire que la France pourra influencer d’une quelconque manière l’action de l’OTAN puisque les Etats-Unis sont le seul décisionnaire final. Pourquoi les Etats-Unis céderaient-ils une once de pouvoir après 60 années de règne sans partage ? Pourquoi les pays européens ont-ils besoin de participer à une organisation militaire où le dernier mot revient toujours à un autre pays ? Beaucoup de pays dans le monde se passent d’un tuteur aussi encombrant…
Une erreur géopolitique majeure
Pire, ce retour signe une nouvelle erreur diplomatique majeure. L’aspect idéologique de la décision apparaît quand Nicolas Sarkozy continue de parler de la « famille occidentale ». Alors que le monde multipolaire prophétisé par le Général de Gaulle est apparu, Nicolas Sarkozy reste figé dans la logique de la Guerre Froide. Finalement, c’est bien le gouvernement qui en retard sur son temps et qui devrait voir que rien ne justifie que la France n’abandonne aujourd’hui sa position originale.
Et cela est d’autant plus vrai depuis 2003 et notre opposition à la guerre arrogante, injustifiée et mal préparée de Georges Bush contre l’Irak. La position de notre pays a permis de démontrer au monde que cette guerre était une guerre personnelle et non pas la guerre de l’Occident contre l’Orient, épargnant sans doute à la planète des soubresauts plus durs encore. Mais le retour complet dans l’OTAN remet profondément en cause cette position et marque un terrible retour en arrière.
Rien ne peut justifier ce plein retour dans l’OTAN : ni la supposée influence que nous gagnerions, ni le contexte géopolitique qui valide la position plus indépendante de notre pays. En fait, on retrouve le débat éternel entre la construction d’une Europe européenne et d’une Europe Américaine.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/16/domini...
http://www.lefigaro.fr/le-talk/2009/03/16/01021-20090316A...
http://www.debout-la-republique.fr/NDA-a-la-pointe-du-deb...
La pétition : http://www.mesopinions.com/Contre-le-retour-de-la-France-...
09:30 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Europe, International, Villepin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : otan, nicolas dupont-aignan, dominique de villepin, jean-pierre chevènement
12.03.2009
Mobilisation contre le retour dans le commandement militaire de l’OTAN
Hier, Nicolas Sarkozy est intervenu en amont du débat prévu la semaine prochaine sur l’OTAN. Il a exprimé sa volonté d’en rejoindre le commandement militaire intégré, revenant ainsi sur la décision du Général de Gaulle de 1966. Heureusement, les voix montent pour s’opposer à cette décision.
Une décision dont on sous-estime l’importance
Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN n’est pas une décision qui doit être prise à la légère. Comme le souligne bien maladroitement le président de la République, elle signifie que la France souscrit à l’idée qu’il n’y a qu’un camp occidental, dont les Etats-Unis sont le chef naturel et qu’il n’est pas illégitime que les autres nations occidentales s’en remettent à leur puissant allié pour les questions de défense. Or cette vision est dangereuse.
Car heureusement qu’en 2003, la France a exprimé son opposition à la guerre d’Irak, injustifiée et mal préparée. Cette prise de position, à laquelle Nicolas Sarkozy aurait été opposé, a permis de montrer au monde que l’Occident, ce n’était pas uniquement les Etats-Unis de Georges Bush. Et ce qui était une opposition à ce pays ne s’est alors pas transformé en guerre de civilisation entre l’Occident et l’Orient. La voix de la France a sous doute permis d’éviter que le conflit ne dégénère.
Le problème est que la régularisation voulue par Nicolas Sarkozy remet non seulement en cause 50 ans de politique étrangère Française, à laquelle tous les gouvernements avaient souscrit, mais elle change les équilibres planétaires. Elle ne donne plus à l’Occident qu’un seul visage, à un moment où le multilatéralisme annoncé par le Général de Gaulle se réalise, rendant plus que jamais nécessaire une voix indépendante pour l’Europe. Pire, elle remet en cause l’indépendance nationale, fondement de tout Etat.
Nicolas contre Nicolas
Nicolas Sarkozy peut utiliser tous les sophismes du monde, son argumentation ne tient pas. Le contexte actuel plaide plus encore que celui de la Guerre Froide pour garder l’indépendance de la France. Son argument selon lequel la France pourra avoir une plus grande influence en étant pleinement intégrée à l’OTAN et préparer une défense européenne est illusoire. Les Etats-Unis ne sont pas prêts à céder une once de pouvoir. Et l’OTAN est un concurrent redoutable de toute organisation purement européenne.
Heureusement, beaucoup (Hubert Védrine, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement, même Lionel Jospin ce matin sur RTL…) se mobilisent pour s’opposer à cette décision. Mais c’est Nicolas Dupont-Aignan qui va le plus loin en lançant une campagne d’affichage ainsi qu’une pétition nationale pour s’opposer à cette capitulation qui ne correspond pas à la France. C’est pourquoi je vous invite à signer la pétition et rejoindre le groupe Facebook, dont vous trouverez les liens ci-dessous.
Cette décision n’est pas anodine. Elle participe à une vision du monde d’un Occident uniforme et soumis à la tutelle Américaine, dangereuse pour la planète comme nous avons pu le voir lors de la guerre en Irak. Il est important de se mobiliser pour la dénoncer.
La pétition : http://www.mesopinions.com/Contre-le-retour-de-la-France-...
Le groupe Facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=129144555031
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/11/nicola...11:19 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Gaullisme, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : otan, nicolas dupont-aignan, nicolas sarzkoy, pétition, charles de gaulle
08.03.2009
Chronique du dimanche : OTAN, Danone et Cisjordanie
Tribune d’Hubert Védrine dans le Monde contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, tribune de Franck Riboud, patron de Danone, sur le rôle des entreprises, annonce de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie : retour sur une semaine mouvementée.
Le front anti-OTAN se renforce
La très belle tribune d’Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères de 1997 à 2002 est un véritable camouflet à Michèle Alliot-Marie. Comment ne pas voir la différence de dimension entre l’ancien locataire socialiste du quai d’Orsay et l’actuel ministre de l’intérieur ? Hubert Védrine se permet même de commencer son papier par une évocation du Général de Gaulle qui ridiculise les arguments de la présidente du Chêne. Mais surtout, il démontre bien que ce n’est pas après avoir rejoint le commandement militaire de l’OTAN et donc renoncé à son indépendance, que la France pourra faire émerger une défense européenne.
Franck Riboud, un patron citoyen
Alors que Laurence Parisot se complaît dans un rôle de porte-parole du patronat le plus obtus en refusant toute réflexion sur le partage de la création de valeur dans les entreprises, le patron de Danone a montré un autre visage des chefs d’entreprise. Dans une très belle tribune au Monde, s’il a souligné « qu’une entreprise doit créer de la valeur pour ses actionnaires », il soutient qu’elle doit aussi « créer de la valeur et de la richesse pour ses autres parties prenantes » (salariés, fournisseurs…) dénonçant la « conception étroite du rôle de l’entreprise qui nous a conduit dans une impasse ». Bel exemple pour le monde patronal.
La colonisation de Cisjordanie continue
Le Figaro cite le rapport d’un groupe anti-colonisation, Peace Now, qui affirme que le gouvernement israélien prévoit de construire plus de 73 000 nouveaux logements en Cisjordanie dans les années à venir, ce qui devrait faire passer la population de colons de 300 000 à 580 000. Le dirigeant de l’association, Yariv Oppenheimer, déplore que « la réalisation de ces projets rendrait totalement irréalisable la constitution d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël ». Il est évident que la colonisation de la Cisjordanie représente un frein majeur à la paix au Proche-Orient. Malheureusement, la communauté internationale laisse faire.
Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/05/pourquo...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/02/la-cris...
http://www.lefigaro.fr/international/2009/03/02/01003-200...
11:17 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : otan, hubert védrine, michèle alliot-marie, franck riboud, danone, cisjordanie, colonies
24.02.2009
Michèle Alliot-Marie, le Chêne, le roseau et les lentilles
Aujourd’hui, presque tout le personnel politique se réclame du gaullisme. Nicolas Sarkozy le fait occasionnellement, François Bayrou de plus en plus et même Ségolène Royal a cité le rapport du Général à la religion. Le débat sur l’OTAN divise pourtant la classe politique d’une manière surprenante.
Ce que révèle le débat sur l’OTAN
En effet, ce débat se fait à front renversé avec de prétendus héritiers du gaullisme qui proposent de revenir sur la décision du Général de quitter le commandement militaire de l’OTAN, et les centristes et les socialistes qui s’y opposent, n’hésitant pas à prendre le plus illustre des Français à témoin ! Quelle ironie de voir François Bayrou demander un référendum (quoi de plus gaulliste) sur le sujet ! À l’opposé, le très lointain descendant des partis gaullistes, l’UMP, soutient majoritairement ce retour.
Heureusement, tous les héritiers du gaullisme n’ont pas rompu avec les idéaux d’indépendance nationale, de refus des impérialismes, fût-il Américain, et de multilatéralisme. Nicolas Dupont-Aignan et Dominique de Villepin se sont ainsi exprimés fermement contre le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN. Le président de Debout la République a signé une belle tribune dans Le Monde la semaine dernière et l’ancien Premier Ministre a qualifié cette décision de « faute » dans Dimanche Plus ce week-end.
Ce roseau qui se prend pour un chêne
Mais quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert la tribune de Michèle Alliot-Marie dans le Figaro, faisant du retour de la France « le choix de la responsabilité ». En effet, la ministre de l’intérieur se veut l’incarnation d’un courant gaulliste au sein de l’UMP, « Le Chêne », baptisé en mémoire du livre d’André Malraux sur le Général (chroniqué sur le blog). Elle justifie ce retour par l’absence de remise en cause de notre indépendance nucléaire, notre participation à l’OTAN et les prises de décisions à l’unanimité.
C’est relativement habile mais les deux derniers points étaient déjà vrais en 1966 et la question nucléaire n’était pas la seule pour laquelle le Général avait voulu quitter l’organisation. Le principal motif était simple : le refus de toute « sujétion » à un autre pays, fût-il un allié. En outre dire que « le monde de 2009 n’est pas celui de 1949 ou 1966 » est à double tranchant. En effet, le Pacte de Varsovie, et l’URSS, contre lesquels l’OTAN était dirigée, n’existent plus. Quel peut bien être l’utilité d’une telle organisation aujourd’hui ?
Certes, comme le montre le cas de l’Allemagne lors de la guerre d’Irak, il est possible de ne pas participer à une guerre que l’on ne souhaite pas mener. Mais du coup, cela ne justifie pas de participer à une organisation dont on ne peut pas réellement influencer la ligne, que seule les Etats-Unis décident formellement. En outre, il faut une bonne dose d’hypocrisie pour ne pas voir que l’OTAN freine la constitution d’une Europe de la défense puisqu’il s’agit quasiment des mêmes pays.
Les sophismes malhabiles de Michèle Alliot-Marie n’y feront rien. Avec ce soutien bruyant à l’OTAN, elle montre que ce qu’elle appelle le chêne n’est qu’un pâle roseau prêt à toutes les contorsions pour un plat de lentilles ministérielles.
Source : http://www.lefigaro.fr/debats/2009/02/18/01005-20090218AR...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Gaullisme, International | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : otan, michèle alliot-marie, nicolas dupont-aignan, françois bayrou, dominique de villepin, le chêne, charles de gaulle



