26.08.2011
Agriculture : passer de la compassion à l’action !
Il serait vraiment temps que le gouvernement passe à l’action en matière d’agriculture. Si Bruno Le Maire se révèle être un ministre plein de compassion depuis sa prise de fonction, il continue à être un pompier qui déverse des aides en cas d’incendie mais ne traite pas les causes des problèmes.
Le drame des agriculteurs
Quand on pense au sort des agriculteurs, un mot vient à l’esprit : la colère. Comment peut-on laisser les personnes qui nous nourrissent et qui font que la France est la France, être la variable d’ajustement de marchés mondiaux devenus fous du fait de l’arrivée des spéculateurs ? Comment accepter que ces personnes qui travaillent aussi durement, se retrouvent à vendre à perte le fruit de leurs efforts ? Il serait temps de passer des aides ponctuelles à des solutions durables.
Après les producteurs du lait, cette année, ce sont les éleveurs et les producteurs de fruits et légumes qui auront été particulièrement touchés. La forte chaleur et la sècheresse du printemps ont encore accentué les difficultés des agriculteurs. Cet article du Dauphiné explique que les tomates sont vendues entre 35 et 45 centimes le kilo quand le prix de revient tourne autour de 65 centimes. Les pêches rapportent 1 euro par kilo alors qu’elles coûtent entre 1,2 et 1,4 euros…
Il est totalement anormal de laisser faire une telle situation. Les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail. Il est révoltant que le revenu agricole ait baissé de 34% en 2009, pour tomber à 14 500 euros annuel, un chiffre inférieur à celui de 1990. Pire, il s’agit d’une moyenne, ce qui signifie qu’environ la moitié des agriculteurs gagne donc moins que le SMIC… Quelle autre profession subit de manière aussi brutale les conséquences délétères de la mondialisation ?
Des solutions existent
A ce titre, il faut noter le travail fait par la Coordination Rurale, qui, outre le fait de dénoncer la politique européenne, fait de nombreuses propositions, y compris très pragmatiques dans le traitement des excédents de production alors que les autorités en charge de la question démontrent tous les jours leur incapacité à traiter les problèmes auxquels sont confrontés les agriculteurs. Je vous signale également le blog de Michel Sorin, du MRC qui traite souvent du sujet avec une grande pertinence.
Comment ne pas être révolté par la Commission Européenne qui exige le remboursement de ces aides, comme elle l’avait fait en 2009 pour des aides touchées de 1992 à 2002. Plus globalement, l’UE fait aujourd’hui partie du problème et non de la solution. La libéralisation des échanges agricoles est un suicide programmé de notre agriculture étant donné le niveau de nos salaires et de notre protection sociale. Il est illusoire de vouloir concurrencer ne serait-ce que l’Espagne…
Pire, plus globalement, cette libéralisation est extrêmement dangereuse pour l’avenir de la planète. L’agriculture n’est pas une activité comme les autres. Outre le fait de nourrir les hommes, elle est très dépendante des aléas climatiques. Or, la concentration induite par la libéralisation accentue encore l’importance de ces aléas. Il est donc essentiel de défendre une exception agricole et de permettre aux pays qui le souhaitent de défendre leur indépendance alimentaire.
Aujourd’hui, le gouvernement fait la charité aux agriculteurs. Il leur donne de l’argent quand la situation devient intenable alors qu’il faudrait trouver les moyens de permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier. Monsieur Le Maire, il serait temps de passer de la compassion à l’action.
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04.12.2010
L’agriculture, victime de la déréglementation européenne
La principale réussite de la construction européenne a longtemps été la Politique Agricole Commune, qui a assuré l’indépendance alimentaire du continent. Mais le dogmatisme néolibéral des instances européennes est en train de détruire le principal bienfait de l’Europe…
Une profession abandonnée
Certes, Bruno Le Maire adopte volontiers un discours offensif à l’égard de la politique agricole de l’Europe, dénonçant les conséquences d’une politique qui a abouti à une baisse de 34% du revenu des agriculteurs l’an dernier, à 14 500 euros, soit moins qu’en 1990 ! Mais, dans la réalité, il ne s’attaque pas aux causes de cette crise inhumaine et désastreuse. Car c’est bien l’ouverture commerciale à des pays à bas coûts et la fin des prix de soutien qui est la raison de cette crise.
En effet, le prix du porc dépasse à peine un euro le kilo alors que le prix d’équilibre pour les éleveurs se situe autour de 1,3 euros le kilo. Idem sur le lait, dont le prix de revient est estimé autour de 325 euros l’hectolitre, alors que les industriels l’achètent à peine plus de 300 euros. Les pommes ne sont vendues qu’autour de 2à centimes le kilo. Bref, beaucoup trop souvent, les agriculteurs vendent leur production à perte, ce qui pose la question de la pérennité de notre agriculture.
Revenir aux prix de soutien
Bien sûr, le ministre de l’agriculture vient d’annoncer que 4 milliards d’aides européennes vont être débloquées. C’est mieux que rien, même si ces aides étaient de toutes les façons dues… Mais je crois que ce que les agriculteurs souhaitent, c’est tout simplement pouvoir vivre de leur métier et arrêter de vendre à perte. Et si cela impose de mettre des droits de douane pour certaines importations ou remettre des prix de soutien, il ne faudra pas hésiter à le faire.
Car un pays doit pouvoir choisir l’indépendance alimentaire. D’ailleurs, il faut noter que la protection du secteur agricole fait partie du modèle de développement asiatique. En outre, une trop grande concentration de la production agricole est dangereuse car elle rendrait le monde dépendant d’aléas climatiques pour se nourrir alors que la diversification de la production, si elle entraîne des coûts sans doute plus élevés, a le mérite d’assurer une plus grande stabilité de l’approvisionnement.
Comme l’avait fait le Général de Gaulle dans les années 60, il ne faut pas hésiter à mener un bras de fer avec nos partenaires pour imposer un retour à un modèle qui permettra à nos agriculteurs de vivre du fruit de leur travail et non de subventions, tout en assurant une certaine indépendance alimentaire.
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07.08.2010
Crise du lait : Europe, PS et UMP sont tous coupables !
Cette nouvelle flambée de protestation des producteurs de lait est l’occasion d’une nouvelle démonstration de la schizophrénie du gouvernement, qui dit comprendre la colère des agriculteurs alors qu’il est responsable des politiques qui ont menées à ce désastre.
Les raisons de la crise
Elles sont simples. Avec les réformes de la PAC, le prix minimum des produits agricoles a été supprimé. Du coup, il évolue en fonction des évolutions du marché. En 2009, avec la crise économique, les conséquences ont été dramatiques. Après une baisse de 20% en 2008, les revenus des agriculteurs ont reculé de 34% en 2009, soit une division par deux en seulement deux ans. Leur revenu moyen est passé de 28 500 à 14 500 euros en moyenne (ce qui signifie qu’environ la moitié des agriculteurs gagnent moins que cette moyenne, pourtant déjà guère élevée).
Les producteurs de lait avaient été parmi les principales victimes de cette évolution puisque leur revenu avait chuté de 50% pour la seule année 2009. La légère remontée des cours cette année avait fait espérer une remontée suffisante pour assurer l’équilibre économique de leur filière mais les négociations avec les industriels n’ont pas permis un accord sur un prix suffisant, du fait des prix inférieurs d’autres marchés européens, notamment Allemand. Dans le cadre de cette nouvelle PAC, les agriculteurs sont la cinquième roue du carrosse des marchés agricoles…
Des solutions existent pourtant
La position du gouvernement est particulièrement hypocrite puisque l’UMP (comme le PS) a accepté toutes les réformes qui ont mené à la situation actuelle, où les revenus des agriculteurs sont la variable d’ajustement de ce nouveau marché déréglementé. Depuis trois ans, tous les ministres de l’agriculture disent comprendre les agriculteurs, mais la France n’a pas profité de sa présidence de l’Union pour pousser une réforme de la PAC qui mettrait fin à ces situations intenables.
La solution, c’est de remettre en place un prix minimum (et des quotas s’il y a surproduction), mais aussi relocaliser la production. En effet, la libéralisation aboutit à une plus grande concentration de la production et comme l’agriculture est une activité fortement soumise aux aléas climatiques, il est évident qu’une plus grande concentration aboutit à une plus grande volatilité. Seule la relocalisation permettra de stabiliser des marchés que la libéralisation a rendus à la loi de la jungle.
La libéralisation, promue par Bruxelles et acceptée par l’UMP comme le PS est responsable de la situation intenable dans laquelle se trouvent les agriculteurs aujourd’hui. Sur ce sujet, je vous invite à lire un article très intéressant paru sur Rue89
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18.02.2010
Fin de la PAC, fin de l’autosuffisance alimentaire
La crise du lait a eu le mérite de poser le problème de la réforme de la PAC, qui a abouti au démantèlement du prix de soutien et autorisé une baisse du prix de certains produits agricoles en-dessous du prix de revient des agriculteurs. Retour sur un immense gâchis.
La fin d’une politique européenne
A la base, la Politique Agricole Commune est née de la volonté du Général de Gaulle, qui en a imposé la constitution dans les années 60, au grand bénéfice de l’agriculture Française. Le principe de départ était le suivant : assurer une plus grande autosuffisance alimentaire à l’Europe (des 6, alors). La stratégie suivie était d’assurer des prix de soutien aux produits agricoles pour permettre aux agriculteurs de gagner leur vie, et également de promouvoir les exportations.
Ce système s’est buté aux excédents des années 80, qui ont nécessité un rachat de certains produits, en surproduction. Depuis, sous une double pression, interne (Commission Européenne, alliée aux Etats dont l’agriculture est peu développée) et externe (OMC, Etats-Unis, pays émergents exportateurs), l’Europe démantèle doucement mais sûrement la PAC, supprimant notamment les prix de soutien qui garantissaient aux producteurs un prix suffisamment rémunérateur.
Une agriculture sacrifiée
Comme le souligne Jacques Berthelot dans une tribune publiée par le Monde, le démantèlement progressif de la PAC a provoqué un fort affaiblissement de la balance commerciale de l’Union Européenne puisque le déficit de nos échanges alimentaires est passé de 11 à 24 milliards d’euros de 2000 à 2008, malgré un excédent maintenu avec les Etats-Unis. Bref, l’autosuffisance, qui était le but des pères fondateurs de la PAC, est de plus en plus un lointain mirage…
Plutôt que des subventions, il faudrait à nouveau imposer un prix de soutien aux prix agricoles pour assurer que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. Certains objecteront que cela pénalise les pays émergents exportateurs, mais cela n’aurait pas forcément que des effets négatifs. En effet, cela leur permettrait de davantage se focaliser sur les cultures vivrières plutôt que de se concentrer sur des produits d’exportation dont la variation des cours peut se révéler désastreuse.
Une nécessaire régulation
En outre, l’image d’un protectionnisme scandaleux à l’égard des pays du Sud est complètement abusive puisque si l’on exclut le Brésil, l’Argentine, le Chili, la Thaïlande et la Malaisie, le déficit alimentaire des autres pays du Sud se monte à 79 milliards. Bref, la libéralisation ne profite qu’à un tout petit nombre et peut condamner les cultures vivrières de pays où la réforme agricole n’est pas suffisamment avancée. Le libre-échange peut handicaper le développement de certains pays.
Car n’oublions pas que le développement économique passe toujours par un développement de l’agriculture. L’humanité n’a pas forcément à gagner à laisser se développer une trop grande concentration de la production agricole. En effet, si la production est trop concentrée, alors une catastrophe climatique dans un ou deux pays pourrait provoquer un manque de nourriture qui produirait des famines. Une répartition moins concentrée de la production est plus sûre.
Bien sûr, le libre-échange porte en lui des bénéfices. Mais dans le cas de l’agriculture, les pays doivent pouvoir choisir d’être auto-suffisant pour se prémunir d’une dépendance vis-à-vis de l’étranger et des dangers que feraient porter une trop grande concentration de la production.
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22.12.2009
Quand Bruno Le Maire remet en cause la mondialisation
« Nous, en Europe, nous sommes les champions d’un libre échange sans règles, sans contrôles, qui, à mon sens, est allé trop loin et doit être revisité ». Cette critique de l’Europe ne vient pas de Nicolas Dupont-Aignan, mais bien de Bruno Le Maire. Simple posture ou vraie remise en question ?
Une crise sans précédent
Il faut dire que la crise de l’agriculture est aujourd’hui particulièrement sévère. Le revenu des agriculteurs a ainsi baissé de 34% cette année, le ramenant à un niveau inférieur au début des années 1990 ! Et comme parallèlement, le prix des produits agro-alimentaires n’évoluent pas dans le même sens, il est parfaitement légitime que le ministre de l’agriculture affirme « qu’il faut une meilleure répartition de la valeur ajoutée, ce n’est pas normale qu’en période de crise, les seuls à trinquer, ce soient les producteurs ».
Cette nouvelle déclaration semble donc indiquer que la France veut sérieusement remettre en cause les réformes de la PAC, comme l’annonçait la réunion de 22 ministres de l’agriculture à Paris il y a quelques jours. Bruno Le Maire semble de plus en plus sérieux dans sa volonté de revenir sur la libéralisation excessive des marchés agricoles en Europe, au contraire de son prédécesseur, le très complaisant Michel Barnier, qui semblait avoir oublié qu’il ne travaillait plus à la Commission Européenne.
Posture ou remise en question ?
La réunion qui s’est tenue à Paris semble donc être le signe d’une véritable volonté de retour à une Politique Agricole Commune moins libérale et qui prendrait des libertés avec « la concurrence libre et non faussée », le Graal de la Commission. Car ce que nous annonce le ministre de l’agriculture est assez clair. Il prône un retour à la préférence communautaire et une relocalisation de la production, soulignant l’absurdité d’importer des pommes du Chili quand nous en produisons localement.
D’une part, on peut se réjouir qu’un ministre UMP rejoigne les positions de ceux qui dénoncent les ravages du tout-marché depuis près de 20 ans. Au moins, cela contribuera à populariser nos idées. En revanche, on peut toujours rester interrogatif sur la volonté réelle du gouvernement de changer les choses. Nicolas Sarkozy a trop souvent dit tout et son contraire. Là, il semble que la détresse du monde paysan permette une prise de conscience des politiques mais le doute reste permis.
Il faut espérer que les déclarations du ministre soient plus qu’une posture. A priori, cela semble le cas. Heureusement, car il y a urgence à agir pour sauver le monde agricole. Mais, il faudra passer sur le corps de vingt-cinq années de libéralisation sous l’égide de l’Europe.
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15.12.2009
Les agriculteurs, victimes de la PAC
Hier, je revenais sur la réunion de 22 ministres de l’agriculture des 27 qui affirmaient leur souhait d’une PAC forte garantissant un meilleur revenu aux agriculteurs. Une étude de l’INSEE publiée le même jour démontre bien l’urgence absolue de la situation.
Une situation dramatique
Les chiffres publiés par l’INSEE sont proprement ahurissants. En effet, les revenus des agriculteurs Français ont baissé de 34% en 2009, selon des comptes prévisionnels, après une baisse de 20% en 2008, soit une division par deux en deux ans. En 2007, année qui avait marqué un pic historique, leur revenu moyen était de 28 500 euros. Cette année, il est tombé à 14 500 euros. Quand on pense qu’il s’agit d’une moyenne et donc que probablement une bonne moitié des agriculteurs gagne moins…
En fait, le niveau des revenus des agriculteurs est descendu à un niveau plus bas qu’au début des années 90. Et certains sont encore davantage touchés que d’autres : les producteurs de lait par exemple ont vu leurs revenus baisser de plus de 50% cette année ! En revanche, les producteurs de vins, les éleveurs de bœufs ou de moutons voient leurs revenus progresser, même si, pour certains, cela ne fait que rattraper en partie la baisse des années précédentes.
L’anarchie économique, contre les agriculteurs
L’agriculture offre une représentation extrême de ce que peut être la brutalité du marché. Et qui pourra soutenir qu’il faut laisser les agriculteurs s’adapter, changer de culture ou d’élevage en fonction des évolutions du marché quand on voit la violence de l’évolution des prix et à quel point cette violence a une traduction sur les maigres revenus de personnes qui travaillent le plus souvent beaucoup plus que la majorité de la population. Non, l’application des règles du marché n’est pas juste.
C’est pour cela que la PAC avait instauré à l’origine un prix minimum garanti qui assurait aux agriculteurs un revenu décent et un minimum stable. Certes, il fallait prendre des libertés avec la « concurrence libre et non faussée », mais est-il possible de penser que cette libéralisation extrême apporte un quelconque progrès à l’homme quand on voit ses conséquences ? Est-il vraiment souhaitable de créer un système où les revenus des travailleurs puissent être aussi volatiles ?
Chaque jour, nous avons davantage de preuves que l’anarchie économique mène à une horreur économique et sociale. Les ministres européens semblent en avoir pris conscience. Leurs prochaines décisions montreront s’il s’agissait d’une posture ou pas…
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14.12.2009
PAC : paroles, paroles, paroles ?
La semaine dernière, 22 ministres de l’agriculture des 27 pays de l’Union Européenne se sont réunis à Paris pour affirmer leur soutien à une PAC forte, protectrice de la diversité alimentaire, garantissant les revenus des agriculteurs et l’environnement. Quel crédit leur donner ?
Le démantèlement de la PAC
A l’origine, la PAC a permis à l’agriculture européenne de devenir auto-suffisante. C’est le Général de Gaulle qui avait imposé la PAC dans les années 60 après d’âpres négociations avec nos partenaires. Les pays européens avaient institué des prix minimums qui garantissaient aux agriculteurs un revenu. Et en cas de surproduction, on rachetait les surplus ou on instituait des quotas de manière à revenir à une situation où le prix naturel de marché n’était pas décalé avec le prix européen.
Mais, petit à petit, depuis plusieurs décennies, nous avons laissé ce formidable pilier de la construction européenne être démantelé, sous la pression conjointe de l’extérieur (OMC, Etats-Unis…) et des ayatollahs européens de la libéralisation qui ne veulent pas entendre parler de mécanismes qui remettent en question le fonctionnement de la « concurrence libre et non faussée ». Résultat, la plupart des marchés agricoles ont été soumis au simple jeu du marché, comme le montre l’évolution erratique des prix.
De belles intentions
Mais cette libéralisation aboutit à des résultats qui ne sont pas acceptables pour les agriculteurs de la majorité des pays de l’Union Européenne. En effet, sur plusieurs types de produit, les prix de vente peuvent tomber sous les prix de revient, cas unique dans l’ensemble des secteurs économiques. Comment ne pas compatir avec une profession agricole qui voit ses revenus s’effondrer, d’autant plus que les prix de vente ne suivent pas souvent la même courbe.
Dans ce contexte là, cet appel est intéressant dans la mesure où il montre que 22 pays sur les 27 semblent vouloir revenir sur la libéralisation anarchique des marchés agricoles et semblent vouloir remettre de l’ordre dans le secteur agricole, de manière à garantir la qualité de l’alimentation de l’Europe, les revenus des agriculteurs et un meilleur environnement. Cette forte majorité indique qu’un vent nouveau souffle sur l’Europe et que la France est loin d’être isolée sur la question.
Malheureusement, il s’agit pour l’instant seulement d’une déclaration de principes qui ne comprend pas de propositions très concrètes. Nous sommes sans doute encore loin d’une véritable remise en question de la politique suivie depuis plusieurs décennies.
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29.10.2009
« Agriculture : Nicolas Sarkozy écope un bateau qui coule »
Avant-hier, le président de la République a annoncé un plan de soutien de plus d’un milliard d’euros à direction des agriculteurs, victimes d’une baisse des prix qui a provoqué une réduction de leurs revenus de 20% cette année. Une réponse conjoncturelle à un problème structurel.
L’abandon de la PAC
Le titre est une reprise du communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan, qui résume parfaitement la situation de l’agriculture Française et européenne, avec le démantèlement de la PAC. Car la réponse du gouvernement aux problèmes du monde agricole, aussi bienvenue soit-elle, pose deux problèmes majeurs : elle vient bien tardivement pour une profession qui souffre depuis près de deux ans et elle n’est qu’une réponse momentanée à des problèmes durables.
Les agriculteurs le disent eux-mêmes : ils souhaitent seulement pouvoir gagner leur vie décemment avec leur travail et ne sont pas particulièrement heureux d’avoir à demander le soutien financier de l’Etat pour vivre. C’est malheureusement la conséquence logique du démantèlement progressif de la PAC, que nos gouvernements, de droite comme de gauche, ont accepté. Il y a quelques années, il y avait un prix minimum garanti, mais la volonté dérégulatrice de la Commission a emporté ce pilier de la PAC.
Une agriculture abandonnée à l’anarchie marchande
On pourrait dire que les agriculteurs vivent dans un marché, comme toutes les autres entreprises. Mais cela n’est pas le cas. En effet, les prix des autres marchés présentent une certaine inertie protectrice alors que le prix des produits agricoles, dont dépendent les revenus des agriculteurs, sont fixés par le marché, avec tous les aléas que cela représente. Comment aujourd’hui ne pas reconnaître que les prix du marché sont forcément très volatiles et représentent un facteur d’instabilité colossal ?
La logique marchande qu’affrontent les agriculteurs est beaucoup plus violente que celle qu’affrontent l’immense majorité des entreprises privées. Pourtant, leur métier est essentiel à la collectivité. Ce sont eux qui nous permettent de nous nourrir et qui entretiennent une bonne partie du territoire. Qui plus est, leur métier est difficile et extrêmement prenant. C’est pourquoi il est scandaleux de les abandonner aux variations de cours anarchiques des marchés.
Ce que serait une véritable solution
La solution du gouvernement revient à donner un ballon d’oxygène à une personne qui se noie sans chercher à la sortir de l’eau. Cette aide, temporaire, et conditionnée à l’accord de la Commission de Bruxelles, ne règle pas le problème. Que se passera-t-il demain si les prix baissent encore. Faudra-t-il un nouveau plan de soutien ? En outre, une partie de ce plan d’aide consiste en des prêts qu’il faudra bien rembourser un jour et dont on se demande comment cela sera possible.
La seule solution durable consisterait à revenir à un système de prix minimum garanti et de quotas en cas de tensions sur les prix. Malheureusement, ce mode de fonctionnement heurte une Commission dogmatiquement figée sur la « concurrence libre et non faussée ». En outre, si nous persistons dans l’anarchie néolibérale, nous finirons par aboutir à une concentration dangereuse de la production pour la sécurité alimentaire de la planète.
Bien sûr, le gouvernement a bien fait de faire un geste pour les agriculteurs. Malheureusement, ce geste est à la fois trop tardif et limité. Il ne traite pas les causes du problème mais simplement ses symptômes. Cette solution ne sera donc pas durable.
http://www.debout-la-republique.fr/Agriculture-des-prix-plutot-que.html
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19.09.2009
Les producteurs de lait victimes de la libéralisation européenne
Le démantèlement de la PAC voulu par la Commission, et acceptée par les dirigeants politiques européens, a rapproché du marché du lait du fonctionnement des autres marchés dérégulés : les prix montent et descendent de manière anarchique, au mépris de toute réalité économique.
La situation intenable des agriculteurs
A l’origine, la Politique Agricole Commune fixait des prix minimums qui assuraient aux agriculteurs qu’ils pourraient vivre de leur travail. Au pire, quand la surproduction menaçait sur un marché, une politique de quotas était mise en place pour s’assurer que la production n’excédait pas les besoins du marché européen. Malheureusement, depuis de trop nombreuses années, la France a accepté le démantèlement de la PAC, laissant la fixation des prix aux simples mécanismes du marché.
Résultat, les prix ne cessent de faire le yo-yo comme nous le constatons à nouveau aujourd’hui. Le prix des céréales s’est récemment envolé du fait du développement des biocarburants et de la spéculation d’institutions financières qui y voyaient l’opportunité de juteux paris spéculatifs. Cela avait alors entraîné une hausse des prix du lait. Mais depuis quelques mois, les prix se sont effondrés, passant de 378 euros les 1000 litres en janvier 2008 à seulement 265 euros aujourd’hui.
Pas besoin d’être devin pour deviner qu’une baisse d’un tiers du prix du lait risque de mettre en péril l’ensemble d’une filière agricole qui place son point mort autour de 320 euros les 1000 litres et estime qu’elle a besoin d’un prix de 400 euros pour vivre correctement. Mais surtout, comment ne pas penser au sort malheureux des paysans qui se voient acculer à la faillite du jour au lendemain du fait des mouvements erratiques des prix du lait sur le marché.
L’exception agricole
Bien sûr, on pourrait soutenir que cette variabilité du prix est la conséquence de la liberté de production donnée aux agriculteurs et qu’à ce titre la baisse des prix n’est que la conséquence de la hausse de leur production. Cependant, l’agriculture n’est pas une activité comme les autres. Car on ne peut pas laisser simplement fonctionner les phénomènes de marché, à moins d’aboutir à une concentration de la production dangereuse pour la planète. Car que se passerait-il si 90% du blé était produit dans une poignée de pays et si l’un ou deux d’entre eux subissaient un aléa climatique exceptionnel ?
C’est bien pour cela qu’il est important d’assurer une relative indépendance alimentaire, qui seule permettra d’éviter des catastrophes alimentaires majeures si on laisse faire les mécanismes de marché. En outre, le développement de l’agriculture est essentiel pour le démarrage économique d’un pays, comme le montrent les exemples asiatiques. Enfin, il est scandaleux de faire des agriculteurs les variables d’ajustement d’un système économique dogmatiquement néolibéral.
Bien sûr, il est choquant de jeter du lait. Mais ce geste est surtout le signe du désespoir d’une profession difficile que les dirigeants européens ont abandonnée aux mécanismes froids et implacables du marché, au mépris de toute considération humaine. En cela leur colère est parfaitement légitime.
Source : http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/l...
http://www.debout-la-republique.fr/Greve-du-lait-le-gouvernement-doit.html
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06.08.2009
Aide aux producteurs de fruits et légumes : l’horreur européenne
C’est la polémique de la semaine : la Commission Européenne demande aux producteurs de fruits et légumes Français de rembourser des aides étatiques perçues de 1992 à 2002. Après avoir accepté la demande de Bruxelles, le gouvernement tente de corriger le tir.
Le dogmatisme européen
Je vous conseille vivement de lire l’interview du porte-parole de la Commission Européenne dans le Monde, journal pourtant favorable à cette décision. On y discerne parfaitement la logique froide des Institutions européennes. Quand la journaliste rapporte l’argument d’un ministre de l’agriculture de l’époque, qui affirmait que « l’Etat (..) ne pouvait attendre que la production soit à l’agonie », le représentant de la Commission répond comme un robot administratif : « il y a toujours une flexibilité » et soutient une coopération étatique dont on comprend bien que la lenteur ne permet pas de répondre aux urgences…
La journaliste continue en évoquant la distorsion que représente la différence de coûts salariaux entre les Etats membres, et qui met à mal le principe de « concurrence libre et non faussée ». Il répond alors que « la question de la main d’œuvre n’est pas couverte par la politique agricole commune ». S’il a beau jeu de souligner que « nous sommes les arbitres des règles que les Européens se sont données », son raisonnement a au moins le mérite de souligner le côté ubuesque de règles européennes qui soumettent les hommes à des règles économiques mal conçues et abstraites.
Un gouvernement aux ordres de Bruxelles
Car s’il est important d’avoir des règles pour fonctionner ensemble, comment imaginer que les producteurs de fruits et légumes pourront rembourser des centaines de millions d’euros d’aides perçues de 1992 à 2002 ? La filière a une rentabilité plus qu’aléatoire depuis des années et ses revenus ont plongé en 2008. On note enfin que derrière les rodomontades habituelles du chef de l’Etat, la réalité est que le gouvernement Français cède aisément aux autorités européennes, comme sur de nombreux autres sujets (négociations avec la Turquie, Union pour la Méditerranée…).
Cette affaire a aussi le mérite de montrer à quel point certains médias orientent la présentation des faits. Ainsi, le Monde daté du 5 août sous-titre son article sur le sujet « la position du ministre, Bruno Le Maire, favorable à l’Europe, est incomprise ». Un concentré de pensée unique ! Le journal poursuit l’assimilation de toute décision des autorités européennes à l’Europe. Le ministre est ainsi « favorable à l’Europe » et pas à une décision de la Commission Européenne. Mieux, sa position est jugée « incomprise », ce qui sous-entend qu’elle est bonne, mais seulement mal expliquée…
Heureusement, beaucoup d’hommes politiques ont dénoncé la décision du gouvernement d’accepter l’oukase de la Commission Européenne. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi publié un communiqué de presse pour dénoncer le « défaitisme de Bruno Le Maire ».
Source : http://www.debout-la-republique.fr/Remboursement-d-aides-...
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/08/04/pour-la-c...
http://www.liberation.fr/politiques/0101583804-fruits-et-...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, agriculture, pac, bruno le maire, nicolas dupont-aignan



