24.08.2011
Affaire DSK : l’indécente réaction du PS
Hier, Dominique Strauss-Kahn a été libéré. Au bout d’un feuilleton judiciaire dont les rebondissements n’ont rien eu à envier aux séries hollywoodiennes, il ne sera même pas poursuivi au pénal. Mais le blanc-seing et le soulagement de certains socialistes ne sont pas sans poser de gros problèmes.
Un Dallas judiciaire qui n’épargne pas DSK
Même s’il n’est même pas jugé au pénal et même s’il ne l’était pas au civil, il serait bien abusif de le laver de tout soupçon. Certes, le procureur a préféré mettre fin à ce mauvais feuilleton judiciaire par manque de preuves et du fait de divergences dans les récits de Nafissatou Diallo. Mais, tout d’abord, le manque de preuves est fréquent dans les cas de viol et il est en revanche avéré que DSK a eu un rapport avec la femme de chambre en moins de dix minutes.
D’ailleurs, le procureur souligne que la brièveté de la relation ne plaide pas en faveur de DSK. Ensuite, si l’argument selon lequel la victime présumée aurait menti n’est pas irrecevable, il faut tout de même souligner qu’il ne faudrait pas non plus accorder un passe-droit aux violeurs de personnes qui ont déjà menti dans leur vie. En outre, on peut imaginer que le choc d’un viol puisse quelque peu perturber sa victime, jusqu’à provoquer quelques contradictions dans le discours…
Bref, Dominique Strauss-Kahn n’est pas innocenté. Il ne sera pas jugé parce que le procureur a jugé trop aléatoire une procédure en pénal où il faut l’unanimité des jurés pour établir la culpabilité d’un accusé. Son rapport ne conclut pas clairement. En outre, toute cette affaire a fait ressortir le côté obscur d’un homme marié, qui, après avoir passé une partie de la nuit avec une call girl, a sauté sur une femme de ménage le lendemain matin, sans parler de l’affaire Banon.
Quand certains socialistes dérapent
C’est pourquoi on peut s’interroger sur les réactions d’un certain nombre de socialistes. Bien sûr, une partie de ces réactions peut être mise sur le compte de la proximité avec DSK. Mais tout de même, étant donné que DSK n’est pas clairement innocenté et qu’un fort doute subsistera sur ce qui s’est passé dans la suite de l’hôtel Sofitel, n’auraient-ils pas du essayer de travailler des éléments de langage plus prudents et moins triomphateurs, qui semblent, à tort, exonérer DSK de toute faute.
Bien sûr, il ne s’agit pas d’accabler leur camarade. Mais entre la mise en cause et certaines déclarations, il y a une grande marge. Comment Martine Aubry peut-elle se déclarer « très heureuse » de cette annonce, qui ne tranche pas définitivement la culpabilité de l’ancien patron du FMI ? Même François Hollande est allé jusqu’à se réjouir de « ce dénouement qui vient après trois mois d'une épreuve insupportable et de rebondissements qui ont été extrêmement durs à vivre ».
Manuel Valls va un peu vite en besogne en affirmant que « l'accusation insupportable de viol ne tenait pas la route ». Sur Marianne 2, Jack Dion a fait un excellent papier qui soutient que « les socialistes n’ont rien compris à l’affaire DSK ». A gauche, une voix a fait entendre sa différence, Marie-Georges Buffet qui a qualifié la décision de « mauvaise nouvelle pour la justice » et « pour les femmes » affirmant que « la vérité n’est pas dite ». Merci à elle de relever le niveau !
Je n’aime pas trop mélanger politique et faits divers, d’où la place relativement faible accordée à l’affaire DSK sur le blog. Je persiste à croire que l’attitude française sur la question est bien plus souhaitable que les excès anglo-saxons, mais uniquement en absence de délits ou de crimes.
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18.07.2011
François Hollande, « socialiste » antisocial et irresponsable
L’ancien premier secrétaire du PS a trouvé son créneau : il sera le « socialiste responsable », qui s’aligne sur les objectifs les plus ambitieux de réduction du déficit, également favorable à une plus grande intégration européenne. Un condensé de pensée unique.
Le choix des marchés contre le peuple
A quel point de dégénérescence mentale peut arriver un responsable « socialiste » pour prendre de telles positions ? François Hollande ne cherche pourtant pas à être le candidat d’un parti libéral professant sa foi absolue dans le marché, mais bien d’un parti dit « socialiste ». Mais le député-maire de Corrèze veut tellement faire la course au centre qu’il finit par dépasser DSK sur sa droite. Ainsi il calque soigneusement ses positions sur la pensée dominante.
C’est ainsi qu’il contredit le programme socialiste pour lequel il faut décaler d’un an le retour à un déficit de 3% du PIB et s’aligne sur les objectifs du gouvernement (qui ne seront pas faciles à atteindre). Il prévoit une grande réforme fiscale, dont certains principes (inspirés par les propositions de Thomas Piketty et Camille Landais) sont intéressants. Mais il est assez incompréhensible qu’un dirigeant « socialiste » priorise ainsi la réduction des déficits sur la lutte contre le chômage.
En fait, tout cela n’est pas surprenant. Yann parlait de « grande purge libérale » au sujet du PS et dénonçait la prise de position de François Hollande sur la monétisation, qui refuse de faire ce que même les Etats-Unis et la Grande-Bretagne font ! Et le choix par Martine Aubry de Daniel Cohen comme conseiller sur l’économie démontre que l’actuelle première secrétaire ne sera pas plus ouverte que l’ancien aux idées alternatives, comme le rapporte Bertrand Rothé.
L’irresponsabilité européenne
En complément à ce discours d’une orthodoxie relativement stricte sur les questions budgétaires, François Hollande a également pris position pour « sauver la zone euro », dénonçant les atermoiements des dirigeants européens, et proposant d’aller plus loin dans l’intégration de l’Union Européenne, en fusionnant le poste de président du Conseil et de président de la Commission, et en mettant en place des euro obligations et un « fédéralisme budgétaire et fiscal ».
Pourtant, les euro obligations sont un mécanisme profondément irresponsable puisqu’il s’agit de permettre aux pays les moins bien évalués de bénéficier des mêmes conditions de crédit que les pays les mieux évalués : en clair, on pénalise les plus sérieux et on favorise les moins regardant vis-à-vis de l’argent public. C’est exactement ce que les marchés ont fait à la création de l’euro, aboutissant aux excès qui ont contribué à nous amener à la crise des dettes souveraines.
Car le système que François Hollande nous propose est extrêmement dangereux dans la mesure où il pénalise les comportements vertueux et favorise les comportements irresponsables. Du coup, il y aurait fort à parier qu’il faudrait alors mettre sous une tutelle stricte les budgets nationaux pour éviter tout dérapage : c’est sans doute ce qu’il appelle « fédéralisme budgétaire et fiscale ». Heureusement que l’Allemagne freine de toutes ses forces sur ces questions…
L’Europe et la conversion au « laisser-faire » ont fait du PS un parti antisocial et antidémocratique, que François Hollande représente bien. En ce sens, sa victoire aurait le mérite de clarifier la situation et de bien montrer aux Français qu’il n’y a rien à espérer de ce pari « socialiste ».
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28.05.2011
François Hollande, mi Royal 2006, mi Chirac 1994
Cette semaine, François Hollande était l’invité du Grand Journal et de nombreux plateaux. Celui qui est devenu le favori des sondages pour les primaires socialistes est l’attention de tous les médias. Mieux, l’opposition des hiérarques socialistes pourrait l’aider dans sa quête du pouvoir.
Favori malgré lui
Le parcours de François Hollande est une vraie surprise. Je n’étais pas le dernier à le traiter avec dédain avec son régime largement médiatisé. Mais l’élimination de Dominique Strauss-Kahn le met en position de favori. En effet, Martine Aubry, pour s’être trop effacé derrière l’ancien patron du FMI, n’a pas démontré la même envie que son prédécesseur rue de Solférino. Ségolène Royal semble démonétisée et les autres semblent compter pour du beurre pour l’instant.
Par une sacrée ironie de l’histoire, François Hollande se retrouver dans la même position que son ex compagne il y a cinq ans. En effet, il est en tête des sondages, mais suscite l’opposition de la majorité des hiérarques socialistes, qui multiplient les attaques contre lui, avec un mépris assez incroyable si on en croît les révélations publiées par la presse. Martine Aubry, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et les strauss-kahniens semblent le détester cordialement.
Mais François Hollande me fait penser à quelqu’un d’autre : le Jacques Chirac de la pré campagne présidentielle de 1995. En effet, on retrouve chez lui le corrézien sympathique qui n’attaque pas les concurrents. Alors que beaucoup de socialistes lui tirent dessus de manière bien peu élégante, François Hollande refuse de rentrer dans la polémique et dit qu’il estime tous ses camarades (même Martine Aubry) et qu’il aura besoin de tout le monde à l’avenir.
Peut-il aller jusqu’au bout ?
A priori, faire la course en tête est éprouvant, surtout en affrontant la majorité des éléphants et la première secrétaire. Mais, après tout, c’est ce qu’avait réussi Ségolène Royal en 2006, avec un grand succès puisqu’elle avait littéralement écrasé DSK et Fabius au premier tour de la primaire. En outre, la position de premier secrétaire n’avait pas aidé Henri Emmanuelli en 1994. Et même si Ségolène Royal soutient in fine Martine Aubry, cela pourrait paradoxalement l’aider.
En effet, cette opposition de hiérarques peu appréciés peut l’aider en lui donnant l’image d’un « outsider », lui, l’apparatchik socialiste. Ce serait le moyen pour les Français de faire la nique aux dirigeants du Parti Socialiste. Et il faut dire que certains auraient mieux fait de se taire en évoquant le besoin d’une candidature unitaire et en appelant François Hollande à se retirer devant Martine Aubry. A quoi serviraient des primaires si elles sont pipées par des arrangements ?
François Hollande a de vraies carences mais ses faiblesses (le côté trop sympathique, trop « normal ») pourraient être un gros avantage face à la présidence mercuriale, désordonnée et égotique de Nicolas Sarkozy. Face à la machine professionnelle, mais froide, cynique et malhonnête de l’Elysée que les Français ne croient plus, la France pourrait bien se donner à cet élu un peu provincial et sympathique qui a beaucoup enduré, le fils socialiste de Jacques Chirac.
Certes, le costume de président pourrait paraître un peu grand, mais c’est déjà largement le cas avec le Narcisse de l’Elysée. Le cap de la primaire socialiste ne sera pas une sinécure, mais l’alliance des éléphants contre lui pourrait finalement l’aider dans sa conquête du pouvoir.
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19.05.2011
Les conséquences politiques de l’affaire DSK
L’élimination désormais quasiment certaine du favori de l’élection présidentielle de 2012 bouleverse la donne. Quelles pourraient être les conséquences pour le paysage politique, au Parti Socialiste, comme pour l’élection qui aura lieu dans onze petits mois ?
François Hollande, nouveau favori au PS
Les évènements récents nous ont permis de clarifier ce qui se tramait réellement au PS. Les journalistes de Marianne, qui avaient vu Dominique Strauss-Kahn fin avril, ont confirmé qu’il était bien candidat, comme Manuel Valls lundi matin sur RTL. Le Figaro affirme même que Ségolène Royal avait prévu de le rallier, du fait de la persistance de ses mauvais sondages, ce qu’elle dément aujourd’hui (mais peut-elle faire autrement ?). Cette fois, j’avais bien anticipé les choses.
Les sondages le disent : l’ancien premier secrétaire est désormais en pôle position pour la nomination socialiste. Bien sûr, le camp qui soutenait DSK regorge de candidats potentiels : Martine Aubry, Laurent Fabius, voir même Bertrand Delanoë. Mais François Hollande dispose désormais de deux atouts majeurs. Tout d’abord, il est parti le premier et a démontré une volonté plus forte que nombre de ses rivaux, qui étaient prêts à s’effacer derrière le patron du FMI.
Mais surtout, l’association de ses rivaux avec ce dernier pourrait se révéler radioactive et faire de Hollande le nouveau sauveur des socialistes. En effet, Martine Aubry semblait prête à confier la France à DSK et si ce dernier n’est pas innocenté, il est difficile d’imaginer que cela n’ait pas de conséquence sur le jugement que les militants porteront sur les soutiens de Dominique Strauss-Kahn. Bref, François Hollande a sans doute pris un avantage encore plus décisif qu’on ne le pense.
Une présidentielle bouleversée ?
Cet événement pourrait contribuer à rendre la présidentielle plus ouverte. En effet, le PS pourrait en sortir affaibli, surtout si le parti se déchire entre de multiples candidatures et une campagne dure entre les différents protagonistes. L’affaiblissement des socialistes pourrait alors renforcer Nicolas Sarkozy, dont la réélection semble moins improbable. Mais elle pourrait également avoir des conséquences pour le centre politique, Bayrou, Borloo, Villepin et les Verts.
En effet, DSK était un candidat redoutable pour le centre dans la mesure où il était beaucoup plus fort auprès de cet électorat que dans l’électorat populaire. On pouvait penser qu’il allait totalement éclipser (voir rendre totalement inutile) les candidats centristes, dissuadant notamment Dominique de Villepin d’y aller. A priori, le paysage devient un petit peu plus favorable à ces candidats, même si une candidature de Martine Aubry leur serait encore plus favorable.
François Hollande ne semble pas autant à même d’attirer l’électorat centriste que DSK. Il est perçu comme un peu plus à gauche que le patron du FMI (ce qui n’est pas difficile), même si ses idées sont très proches. Il sera sans doute un peu moins crédible. En revanche, sa personnalité, plus modeste, et moins dépensière, le rapproche d’un François Bayrou et devrait renvoyer Nicolas Sarkozy à son image « bling bling » qu’il espérait pouvoir modérer face à DSK…
Pour les alternatifs, cela ne change pas forcément grand chose. Si le Parti Socialiste choisit François Hollande, il s’agira d’un candidat exactement sur la même ligne idéologique que DSK, un social libéralisme compassionnel complètement à côté de la plaque par rapport aux enjeux économiques actuels. Et si le centre s’en trouve enhardi, cela n’est pas forcément gênant. La multiplication des candidats de la pensée unique pourrait servir les vraies alternatives, comme NDA.
Bien sûr, il est assez aventureux de faire des pronostics aussi rapidement, mais je crois que François Hollande a désormais toutes les chances de s’imposer comme candidat du Parti Socialiste. Au global, la campagne présidentielle m’en semble un petit peu plus ouverte.
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14.05.2011
Terra Nova parachève le virage libéral du PS
La fondation Terra Nova est décidemment une source inépuisable, de comique involontaire (avec sa proposition ubuesque de réforme du mode d’élection du président de la République), comme de révélation du fond de la pensée d’une certaine gauche, qui n’a plus de gauche que le nom.
Le peuple quitte le PS
Cela fait maintenant dix ans que le peuple a quitté le PS, brutalement, lors des élections présidentielles de 2002, quand le vote ouvrier a permis à Jean-Marie Le Pen de battre Lionel Jospin pour atteindre le second tour. Selon les instituts à peine 10 à 15% auraient ainsi voté pour le candidat « socialiste », alors qu’il était largement dominant auparavant. Car c’est bien cette perte des classes populaires qui explique principalement l’échec de 2002.
A dire vrai, ce choix n’est pas vraiment étonnant. Après tout, ce gouvernement ne se préoccupait pas de leurs problèmes. Insécurité ? « On a été naïf »… Chômage, délocalisations ? « L’Etat ne peut pas tout faire ». Pourquoi donc les classes populaires devraient-elles voter pour un parti qui semble à peine se préoccuper de leurs attentes et qui théorise son incapacité à y répondre…
Dès lors, il n’est pas étonnant que le Front National rafle la mise auprès des ouvriers et des employés. Non seulement, sa dimension protestataire séduit des citoyens lessivés par l’anarchie néolibérale et son cortège de chômage de masse et de pouvoir d’achat en berne mais elle exprime aussi leur révolte contre les partis au pouvoir depuis trente ans, qui ont beaucoup promis et rien réglé. En plus, ils leur parlent des sujets qui les préoccupent : délocalisations, insécurité, immigration.
Le vote des catégories populaires ne vaut pas un blanc seing pour tout ce qu’est ou ce que dit le Front National, loin de là. Emmanuel Todd a eu cette belle phrase : « les Français ne sont pas racistes, ils sont malheureux ». Écœurés par les socialistes et l’UMP, ils se tournent vers Le Pen parce qu’ils ne voient pas encore d’autres issues, malgré ses innombrables scories, qui en freinent encore beaucoup. 2012 devrait être l’occasion à des alternatives républicaines d’émerger.
Le PS quitte le peuple
Face à ce phénomène, la fondation Terra Nova vient de publier une étude hallucinante, qui recommande mezzo voce de purement et simplement abandonner les ouvriers (dont le nombre diminue, de toutes les façons) : leurs valeurs sociétales (conservatrices) sont trop éloignées et leurs attentes de protection économique ne sont pas vraiment couvertes par le PS.
On se demande comment la fondation a pu publier une étude aussi froide, à mille lieues de tout ce que devrait être la politique, et qui découpe la France en cibles électorales catégorielles pour mesurer l’adéquation potentielle avec le projet « socialiste ». Naturellement, des militants de gauche sincères s’en sont émus, avec brio. Mais finalement, cette analyse est parfaitement cohérente avec ce qu’est le PS depuis si longtemps : un parti libéral libertaire mâtiné de social-démocratie.
L’internationalisme du PS, son refus des frontières, son mépris des nations font le lit de la loi de la jungle, qui permet aux multinationales de délocaliser les emplois et de pressurer toujours plus les salaires de ceux qui restent, d’une anarchie qui permet de placer son argent dans des « parasites fiscaux » qui peuvent remercier la directive Delors Lamy qui a libéré les mouvements de capitaux, cette anarchie qui créé une société où les plus forts écrasent les plus faibles.
Car ces « socialistes » ne les aiment pas ces plus faibles : ils seraient un peu rétrogrades avec leur envie d’autorité, leurs aspirations égalitaristes et fraternelles qui pourraient contrevenir à cette liberté qui devient leur valeur centrale, même quand elle permet les délocalisations, la compétition avec les esclaves chinois ou l’évasion fiscale. Olivier Ferrand nous révèle ainsi que le PS n’est plus un parti de gauche, mais bien un parti social libéral, pour reprendre le terme de Bertrand Delanoë.
C’est pourquoi je remercie Terra Nova. Au moins, vous avez l’honnêteté d’aller jusqu’au bout de vos idées, de ne pas les camoufler derrière une rhétorique gauchiste à laquelle vous ne croyez pas. Voici le vrai visage de ces « socialistes » que le Général disait ne pas aimer « parce qu’ils n’étaient pas socialistes ».
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10.05.2011
Il y a 30 ans, il changeait sa vie pour le meilleur, et la nôtre pour le pire
Aujourd’hui est la date anniversaire de l’accession de François Mitterrand à la présidence de la République. L’occasion de revenir sur le parcours d’un homme qui a beaucoup compté dans ma construction politique…
Un machiavel égotique
En politique, je crois que l’on se construit autant par adhésion que par rejet. Si quelques personnalités ont beaucoup compté dans ma formation, m’influençant par leurs idées ou leur manière d’être, d’autres l’ont fait par opposition résolue à ce qu’ils représentaient : cela a été le cas de François Mitterrand (outre Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy). Je me suis littéralement construit par réaction à ce qu’il était, tant d’un point de vue des idées que de la personne.
Pour moi, il restera cet homme politique capable de mentir avec gourmandise à un Jacques Chirac bien naïf lors du débat d’entre deux tours de l’élection présidentielle de 1988, un homme sans foi ni loi, pour qui seule l’histoire personnelle qu’il essayait de conter aux Français comptait. Il restera celui qui nomme un adversaire politique à Matignon pour le détruire, ne se souciant pas des conséquences pour le pays, prêt à donner un ministère à Bernard Tapie à l’occasion.
C’est un homme prêt à tout pour gagner, créant le Front National médiatiquement pour affaiblir ses adversaires. C’est un homme qui a sali la fonction présidentielle par des scandales (liens avec René Bousquet et d’autres affairistes, favoritisme, écoutes téléphoniques…) indignes mais qu’annonçait malheureusement l’incroyable faux attentat de l’Observatoire… François Mitterrand était un aventurier de la politique, et pas au sens noble.
Quand l’obscur domine
Bien sûr, ses doubles mandats ont été l’occasion de plusieurs réformes positives, la suppression de la peine de mort ou la libéralisation des médias. Mais au global, le bilan a été désastreux. Car c’est le bien le paradoxe que soulignent beaucoup de critiques de gauche (F Lordon, J Sapir, J-C Michéa) : il a été un des principaux promoteurs de cette libéralisation économique qui maintient ce chômage de masse dont nous ne parvenons pas à nous défaire.
En effet, nous devons au terrible duo Lamy-Delors la libéralisation des mouvements de capitaux. Le PS a également soutenu l’indépendance de la banque centrale avec pour seule mission de veiller sur l’inflation, et pas sur la croissance ou l’emploi comme même la Fed le fait aux Etats-Unis. Les socialistes ont également laissé aux investisseurs le soin fixer le cours des monnaies tout en lâchant la bride aux marchés financiers, avec les conséquences que l’on sait.
En outre, c’est également le PS de François Mitterrand qui a accompagné une libéralisation mortifère du commerce, au grand dam de la croissance, de l’emploi et de notre industrie, lessivée dans le processus. Bref, c’est son parti socialiste qui a mené un des agendas les plus antisociaux qui soient et donc on voit bien les conséquences aujourd’hui en matière de croissance des inégalités, de maintien d’un chômage de masse, le tout avec un endettement paralysant pour l’Etat.
En outre, pensant y gagner une dimension historique glorifiante pour lui, François Mitterrand a été un des principaux architectes de cette Europe supranationale et anti-démocratique qui fonctionne tellement mal aujourd’hui et qui porte une part de responsabilité majeure dans la langueur économique de ces dix dernières années. C’est lui qui a poussé ces traités qui ont tant d’influence sur le cours de notre vie : l’Acte Unique et le traité de Maastricht.
Bref, la présidence de François Mitterrand a grandement contribué à la dégradation de l’image de nos dirigeants, tant d’un point de vue du comportement personnel que de l’écart colossal entre les discours et les actes. En cela, il peut représenter un véritable contre-modèle de ce que devrait être la politique.
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28.03.2011
France recherche désespérément une autre alternative
Hier avait lieu le second tour des élections cantonales, qui a confirmé les résultats du premier : très forte abstention, sanction sévère de l’UMP, victoire en demi-teinte du Parti Socialiste, percée du FN. Mais au global, il semble surtout que les Français n’aient pas encore trouvé l’alternance qu’ils attendent.
Une sanction sans précédent pour l’UMP
Certes, en nombre de départements, le parti présidentiel semble bien résister, mais il faut noter que le scrutin de référence, en 2004, avait déjà été un gros échec. Au final, la gauche devrait contrôler au moins soixante départements. Mais surtout, les sondages pour le premier tour des élections présidentielles de 2012 indiquent l’immense faiblesse du président sortant, qui serait éliminé par Marine Le Pen face à la plupart des candidats du Parti Socialiste.
Mais malgré les sondages incroyables de Dominique Strauss-Kahn ou les bons résultats du second tour, il n’y a clairement aucun enthousiasme pour le Parti Socialiste. Non seulement le PS a perdu des voix par rapport aux élections cantonales de 2004 ou de 2008 mais, hormis DSK, ses candidats peinent à dépasser 20% au premier tour dans les sondages pour les présidentielles, malgré le rejet massif du président sortant, signe qu’il est un choix par défaut, et rien de plus.
Le Front National, une vraie percée et des limites
Il y a deux manières de regarder les résultats du FN. Objectivement, les scores du premier tour étaient très élevés, puisque le parti de Marine Le Pen a talonné le parti présidentiel, dans des élections qui ne lui étaient pas vraiment favorables puisqu’elles favorisent l’implantation locale des grands partis. En outre, son parti a gagné plus de trois cent mille voix entre les deux tours sur les cantons où il était présent, signe qu’il parvient à aller au-delà du cercle de ses électeurs du premier tour.
Néanmoins, ce scrutin montre aussi les limites du parti frontiste. Tout d’abord, il n’a que deux élus, ce qui augure mal de ses capacités pour les élections législatives. Ensuite, son score n’est peut-être pas si élevé dans un contexte aussi favorable (crise, effondrement de l’UMP, PS peu convaincant). Après tout, il n’a fait que 3 points de plus qu’en 2004 et les sondages pour les présidentielles ne le placent que marginalement au-dessus des 19% du duo Le Pen – Mégret de 2002.
Ni UMPS, ni FN
En effet, si Marine Le Pen fait à peine plus que le score de l’extrême-droite en 2002, on pourra se poser la question de la capacité du Front National à représenter une réelle alternative. En-dessous de 25%, le score de sa nouvelle présidente montrerait que le parti se heurte à un plafond de verre particulièrement solide, signe que si beaucoup de Français sont prêts à utiliser ce vote pour exprimer leur colère, une large majorité refuse absolument de lui confier les rênes du pouvoir.
En fait, les Français expriment clairement leur volonté de tourner la page de l’UMP et de Nicolas Sarkozy. Mais il n’y a aucune véritable envie du Parti Socialiste qui pourra, au mieux, gagner ces élections par défaut en suscitant moins de rejet que l’UMP et le FN. Bref, les Français ne veulent plus de l’UMPS, mais pas non plus du Front National. Ils veulent une véritable alternative à la globalisation néolibérale conduite par les grands partis au pouvoir mais sans les scories du FN.
A un an du premier tour des élections présidentielles, les Français ont exprimé leur rejet de Nicolas Sarkozy et un manque d’enthousiasme pour le Parti Socialiste. Mais ils sont loin de se jeter dans les bras du Front National malgré un contexte qui lui extrêmement favorable. Bref, ils attendent autre chose.
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22.03.2011
Cantonales : une répétition pour 2012 ?
Dimanche, une petite moitié des Français appelés aux urnes ont voté pour les élections cantonales. Un scrutin qui confirme les sondages : une déception générale de la politique illustrée par l’abstention, l’UMP au plus mal, un PS devant par défaut et une percée spectaculaire du FN.
Une confirmation des sondages
Finalement, le vote des Français démontre que les derniers sondages ont du sens. Je vous invite à vous rendre sur le blog de Laurent de Boissieu qui présente un historique des résultats aux élections cantonales, en analysant les résultats de 2004 et de 2008. La percée du FN n’en prend que plus de relief : 15%, soit trois fois plus que les 5% en 2008, dépassant le record de 2004 (12%). En outre, le score moyen monte à 19% dans les cantons où il est présent.
Parallèlement, le score de l’UMP est désastreux : 22% avec la majorité (17% stricto sensu), contre 25% en 2004 et 2008. Le total de la droite (qui inclut des partis d’opposition comme DLR, qui a signé quelques beaux résultats), ressort à 31% contre 37% en 2004 et 41% en 2008 ! Le score du PS est médiocre (25% ou 32% avec les divers gauche), soit moins qu’en 2004 (33.5%) et en 2008 (35%). La gauche de la gauche se maintient à 9%, les Verts doublent leur score à 8%.
Bref, le résultat est assez clair : un désastre absolu pour la majorité présidentielle qui perd dix points en seulement trois ans, au profit intégral du Front National. Le vote des Français est net : ce que perd l’UMP est directement récupéré par le Front National. Le Parti Socialiste ne profite qu’indirectement de la déconfiture des troupes de Nicolas Sarkozy, signe qu’il ne convainc pas du tout les Français puisque les écologistes lui grignotent même quelques électeurs.
L’UMP, entre déni et ubuesque
Il faudra un jour que quelqu’un dise à Nicolas Sarkozy à quel point les éléments de langage qu’il transmet à ses équipes sont totalement grotesques. Le ministre de l’intérieur n’a vraiment pas eu peur du ridicule en additionnant les voix de tous les divers droite à celles de l’UMP mais sans le faire pour le Parti Socialiste, permettant à Martine Aubry et Marine Le Pen d’attaquer cette présentation malhonnête des choses. En niant la réalité, ils perdurent dans l’erreur…
La position présentée par Jean-François Copé pour les seconds tours PS/FN a sans doute atteint le comble du ridicule. En refusant d’appeler à faire barrage au FN tout en indiquant qu’il appelait à ne pas voter pour eux, l’UMP parvient l’exploit de se fâcher avec tout le monde en boycottant le parti de Marine Le Pen, qui n’est pas véritablement moins ostracisé tout en ne rendant pas son pareil à la gauche qui a indiqué clairement qu’elle soutenait l’idée de Front Républicain.
Se faisant, si Copé est devenu le menuisier en chef de la langue de bois, au lieu de l’arrêter, sa position est contredite ou complétée de manière anarchique par ses troupes entre un Xavier Bertrand qui indique qu’il votera blanc et une Valérie Pécresse qui dit qu’elle fera barrage au Front National, tout comme François Fillon. Bref, beaucoup ne suivent pas la position ubuesque proposée par le Secrétaire Général de l’UMP qui semble décidemment jouer la défaite en 2012.
Bref, entre une majorité largement désavouée et perdue dans des discours inaudibles et un Front National qui récupère tous les déçus de Nicolas Sarkozy, le Parti Socialiste devrait gagner par défaut, sans le moindre enthousiasme des Français, faute de mieux.
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26.02.2011
PS / UMP : la sale campagne qui commence
Depuis quelques semaines, la campagne pour l’élection présidentielle a commencé. Même s’ils ne se sont pas encore déclarés officiellement, il est difficile de ne pas comprendre que Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn s’affronteront. La campagne promet d’être moche.
DSK, de la prise de guerre à l’ennemi
Il y a quelques mois, le président et l’UMP avaient souvent des mots très positifs à l’égard du patron du FMI, qu’ils distinguaient clairement des autres socialistes. Il représentait le sérieux, le réalisme sur la réforme des retraites (où Nicolas Sarkozy ne s’était pas privé de le prendre à témoin). Mais la perspective sa candidature a radicalement modifié le discours. L’Elysée semble avoir concocté un argumentaire repris par tous les soutiens du président (Copé, Raffarin, Baroin…).
Inconscience ? Bêtise ? Difficile de ne pas voir les immenses limites de cet argumentaire. La crédibilité des attaques du jour est nettement amoindrie par les compliments d’hier. Et l’agressivité semble mauvaise conseillère. Attaquer DSK sur le fait qu’il soit coupé des réalités de la France est assez risible de la part de personnes qui soutiennent Nicolas Sarkozy, l’ancien maire de Neuilly, le président du Fouquet’s parti sur un yacht après son élection, le président du paquet fiscal…
Si ces attaques collent à son statut de président du FMI, elles sembleraient plus adaptées à la campagne des primaires dans la bouche d’Arnaud Montebourg. Il n’est pas sûr que les arroseurs ne finissent pas arrosés. Et si le petit monde médiatique semble très impatient de sa candidature et souhaite qu’il aille plus vite, cela ne semble guère être la préoccupation des Français. Bref, une bonne partie de la campagne contre le probable candidat socialiste semble bien maladroite.
Quand les socialistes dérapent
Il faut dire qu’il est difficile de se battre sur les questions européennes, voir même de réglementation économique. Comme Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn parle beaucoup de moralisation du capitalisme et de justice sociale. Il suffit d’aller à Athènes, où les grèves se multiplient, le pouvoir d’achat s’effondre et le pays s’enfonce dans une crise à l’Argentine pour constater à quel point DSK promeut des politiques totalement antisociales.
Et le PS vient de commettre un gros dérapage avec la publication d’une affiche qui compare assez ouvertement Nicolas Sarkozy à Hitler ! Cette comparaison est ridicule et honteuse. Elle démontre soit une ignorance crasse de la réalité soit une mauvaise foi absolument révoltante. Au passage, voilà un nouvel exemple de l’hystérie coutumière d’une certaine gauche toujours prompt à qualifier ses adversaires de fasciste ou de nazi, à tort et à travers, banalisant l’emploi de ces mots.
Bref, Marine Le Pen et les alternatifs républicains peuvent se frotter les mains. Le PS et l’UMP semblent partis pour une campagne bête et dure. A défaut de pouvoir s’opposer sur certaines questions essentielles (globalisation, déréglementation), ils s’agressent.
11:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, nicolas sarkozy, dominique strauss-kahn, ump, parti socialiste
15.02.2011
Strauss-Kahn / Sarkozy : la guerre des caviars
Ce week-end, c’était la première grande offensive de l’UMP contre Dominique Strauss-Kahn. Fini les mots aimables prononcés par le président jusqu’à l’an dernier. C’est la guerre et ce sera même une guerre sale. Mais l’UMP aurait du réfléchir avant d’utiliser le mot « caviar ».
La guerre des tranchées
C’est peu de dire que l’offensive de l’UMP semblait coordonnée. Pierre Lellouche qui parle de « gauche ultra-caviar », Christian Jacob de « gauche bobo » et qui évoque la déconnection du probable candidat du PS aux présidentielles par rapport aux racines de la France, François Baroin qui dit qu’il devrait faire tout son mandat à la tête du FMI et donc faire l’impasse sur les élections à venir. Il est difficile de ne pas voir la main de l’Elysée dans ces attaques simultanées contre DSK.
Le timing de cette offensive semble indiquer que l’Elysée considère désormais que ce dernier devrait bien être le candidat socialiste. Les déclarations d’Anne Sinclair sont assez transparentes il est vrai. Certains pourront toujours penser que ces attaques sont destinées à le dissuader de se présenter, mais je crois plutôt que le changement de ton à l’égard de DSK indique plutôt que les personnes bien informées n’ont désormais plus beaucoup de doutes.
En effet, à quoi bon taper sur DSK s’il n’est pas candidat ? Si Martine Aubry était la candidate du PS, cela n’aurait strictement aucun intérêt. Bref, les cartes sont aujourd’hui sur la table, même si ce n’est pas encore officiel. Et cela est d’autant plus vrai que ces attaques devraient souder le Parti Socialiste autour de son probable candidat pour le défendre. Il ne faut plus se faire d’illusion : nous aurons bien Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy comme candidats.
Quand l’hôpital se moque de la charité
L’angle d’attaque choisi peut paraître totalement imbécile de la part des soutiens du président « bling bling » mais il n’est pas totalement dénué de sens. L’idée est sans doute d’essayer de couper plus encore DSK de l’électorat populaire et de l’éliminer au premier tour pour affronter Marine Le Pen au second. Après tout, c’est le scénario qui avait conduit à l’élimination de Lionel Jospin en 2002. Il faut dire que l’équation du second tour semble difficile pour le président sortant…
Bien sûr, l’attaque ne manque pas de pertinence à l’encontre du président du FMI, une incarnation physique de la caricature du gros patron fumant le cigare et dont les idées n’en sont guère éloignées. Mais ce raisonnement n’est pas sans limite. Tout d’abord, DSK n’est sans doute pas le candidat favori des classes populaires, mais davantage celui des classes moyennes, voir même supérieures. Du coup, le potentiel de perte est peut-être limité de ce côté.
Mais surtout, on peut quand même s’interroger sur la pertinence d’une telle attaque de la part des soutiens de Nicolas Sarkozy. Car dans le style caviar, s’il y a un candidat qui l’incarne, c’est bien lui : mairie de Neuilly sur Seine, soirée de victoire au Fouquets, retraite sur le yacht de Boloré, les montres (Rolex ou Philippe Patek), le paquet fiscal, Carla Bruni, le Cap Nègre, l’EPAD, Rachida Dati et ses robes Dior, Christine Lagarde et son vélo, le projet de baisse de l’ISF…
Si l’attaque menée contre Dominique Strauss-Kahn n’est pas totalement dénuée de sens, le problème est qu’elle pourrait agir comme un boomerang vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Car si le premier est « ultra-caviar », le président sortant est « ultra-ultra caviar ».
10:56 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dominique strauss-kahn, nicolas sarkozy, parti socialiste, anne sinclair, gauche caviar, pierre lellouche, christian jacob



