25.09.2009

Les indécences présidentielles du procès Clearstream

Cette première semaine du procès Clearstream a fait beaucoup de bruits : de déclarations fracassantes en procédures judiciaires, ce feuilleton politico-médiatique continue à occuper la une de l’actualité. Mais à travers le fracas, Dominique de Villepin apparaît comme le gagnant médiatique…

Les dérapages de l’Elysée

En effet, Nicolas Sarkozy et son équipe ont dérapé deux fois. Tout d’abord, Pierre Charon a déclaré sur RTL mardi matin être « quand même consterné de voir Dominique Galouzeau de Villepin "flangardé" de sa femme et de ses trois enfants insulter le président de la République et confondre le Club Méditerranée, dont il est un adepte, avec la 11e chambre correctionnelle. Il ne manquait plus que les palmes et la planche à voile » avant de comparer l’ancien Premier Ministre à un « chippendale ». N’était-il pas pourtant normal qu’il soit soutenu par sa famille ? Quant à l’allusion au Club Med…

Puis, c’est au tour de Nicolas Sarkozy mercredi soir de déraper en parlant de « coupables » alors que les prévenus sont présumés innocents tant qu’il n’y a pas eu de décision de la justice. Une telle déclaration est naturellement extrêmement choquante de la part du premier personnage de l’Etat, censé être garant de l’indépendance de la justice, et qui semble confondre sa volonté et son rôle public. Bref, l’Elysée a raté deux belles occasions de se taire, et se retrouve sur la défensive…

Villepin 1, Sarkozy 0

Bref, cette première semaine se termine sur un clair avantage pour Dominique de Villepin. Outre les aspects purement judiciaires (les déclarations d’Imad Lahoud le mettent dans une bonne posture selon Le Monde), la dynamique médiatique est en sa faveur. Sa déclaration de lundi « je suis ici par la volonté d’un homme, je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J’en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français » a marqué les esprits.

Car personne ne doute réellement de la personnalisation de ce procès. L’affaire Clearstream est bien l’histoire d’un duel politique qui finit devant la justice. Nicolas Sarkozy accrédite plus que jamais cette thèse par sa déclaration sur les « coupables ». Et Dominique de Villepin a raison d’assigner le président en référé pour « atteinte à la présomption d’innocence ». Cela montrera bien qu’il n’y a pas égalité entre les deux parties puisque Nicolas Sarkozy est protégé par son immunité.

L’acharnement du président pour essayer de tuer politiquement un rival apparaît de plus en plus clairement chaque jour. Mais ses maladresses l’ont poussé sur la défensive. Les conséquences seront d’autant plus grandes si le procès se conclut par un non lieu.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/24/01016-20090924ARTFIG00366-colere-au-proces-clearstream-apres-un-lapsus-de-sarkozy-.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/24/01002-20090924ARTFIG00598-le-lapsus-de-sarkozy-provoque-des-remous-.php

http://www.liberation.fr/societe/0101592586-clearstream-hollande-demande-a-sarkozy-de-se-retirer-des-parties-civiles