02.10.2009
Le gloubi-boulga budgétaire du gouvernement
Le gouvernement a annoncé cette semaine son budget pour 2010. Si Le Figaro et le Monde rapportent consciencieusement le message du gouvernement « laisser filer les déficits pour soutenir la croissance », la réalité diffère de ce que les médias veulent bien dire…
L’anarchie fiscale
Le gouvernement a beau jeu de dire que c’est la crise qui explique l’envolée du déficit budgétaire (140 milliards d’euros en 2009 et encore 115 prévus en 2010). Pourtant, si les recettes baissent depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, c’est aussi à cause des nombreuses baisses d’impôt qu’il a décidées. Le paquet fiscal (baisse droits de succession, exonération d’impôt pour l’immobilier, exonération de charges sociales des heures supplémentaires, bouclier fiscal) a coûté 15 milliards.
Se sont également ajoutées la baisse de la TVA pour la restauration et la suppression de la taxe professionnelle, soit un total d’environ 25 milliards, plus de 20% du déficit prévu l’an prochain ! Du coup, le gouvernement invente de nouveaux impôts et taxes pour compenser en partie les baisses… Cette politique fiscale sans claire direction est malheureusement la conséquence logique de la façon de faire du président de la République, qui multiplie les annonces sans se soucier du sens global.
Un gloubi-boulga indigeste
La première conséquence est clairement de renforcer les inégalités. Le paquet fiscal a très largement bénéficié aux ménages aisés (baisse de l’impôt sur les grosses successions, bouclier fiscal). Et c’est bien toute l’injustice de la politique fiscale du gouvernement Sarkozy de privilégier des ménages aisés qui avaient déjà disproportionnellement profité de la croissance des dernières années. La multiplication des mesurettes (réduction de l’impôt sur le revenu, chèques divers) n’y change rien.
Pour beaucoup, la seconde conséquence est un endettement très dangereux, même s’il faut bien constater que les pourfendeurs de la dette sont souvent moins bien inspirés pour expliquer ce qu’ils feraient à la place. Les déficits sont sans doute la seule solution pour éviter une nouvelle Grande Dépression. Qui plus est, malgré le montant historique des déficits, la France sera un des pays les moins endettés à la fin de la crise… Mieux, le poids de la dette, par rapport aux recettes fiscales, reste largement inférieur à 1945.
Bien sûr, les déficits publics pourraient être plus bas, mais plus que leur niveau, c’est surtout l’incohérence et l’injustice de la politique fiscale qui est choquante. Ce n’est que l’accumulation de baisses d’impôt mal ciblées et de nouveaux impôts souvent injustes.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique fiscale, paquet fiscal, nicolas sarkozy, déficits publics, dette



