23.07.2010

Les gesticulations sécuritaires de Nicolas Sarkozy

Un nouveau préfet en Isère, une réunion à l’Elysée à venir sur « les problèmes que posent les comportements de certains des gens du voyage et les Roms » : le président de la République reprend l’offensive sécuritaire pour répondre aux violences des derniers jours.

La posture sécuritaire, un fond de commerce usé

Ce n’est pas sans une certaine ironie que la majorité des médias a traité ce retour de la sécurité dans l’agenda gouvernemental. Le Monde y a consacré deux papiers qui ne cachent guère leur point de vue, que ce soit en soulignant que la délinquance est un des fondamentaux de Nicolas Sarkozy ou en recensant ses différentes « déclarations de guerre » depuis huit ans

Il faut dire que celui qui fut ministre de l’intérieur de Jacques Chirac a géré directement ou indirectement la sécurité des Français sur sept de ces huit dernières années, et a multiplié les déclarations plus fracassantes les unes que les autres, ainsi que les lois. Du coup, un scepticisme généralisé s’est emparé de la plupart des médias qui remettent en cause à demi-mot son bilan.

En fait, il est difficile de juger les annonces du gouvernement avec sérénité. L’éviction du préfet de l’Isère et la réunion sur les gens du voyage sont-elles des décisions justes et courageuses ou simplement des annonces destinées à donner le change face aux inquiétudes des Français ? Il faut dire que les maigres résultats de Nicolas Sarkozy sur le sujet ne poussent guère à la tolérance…

Insécurité : un bilan désastreux

Comme l’a souligné récemment le Chafouin dans un bon billet, « dans le bilan de sarkozy, il faudra retenir le fiasco sécuritaire ». Tous les jours, on peut constater que l’insécurité n’a pas baissé depuis huit ans, malgré les innombrables déclarations du président. Cet échec patent de la politique qui l’a lancé risque de peser lourd dans la balance en 2012, quand les Français se demanderont s’il faut lui accorder un nouveau mandat. Une impression d’échec sur la sécurité serait redoutable.

Et pour l’instant, il s’agit bien d’un échec. Derrière la posture sécuritaire, le bilan est extrêmement mauvais. Si les chiffres globaux de la délinquance ont tendance à baisser, cela s’explique par la chute des atteintes aux biens, notamment les vols de voitures, du fait du bien meilleur équipement des véhicules et pas vraiment de l’action du gouvernement. En revanche, les violences aux personnes, bien plus marquantes, ne cessent de progresser depuis huit ans malgré les lois et les annonces.

Même le Parti Socialiste commence à se risquer sur le sujet en attaquant les réductions d’effectif, mais il a du mal à sortir de son angélique critique de la répression. A l’inverse, Nicolas Dupont-Aignan a osé faire des propositions concrètes. Personnellement, je crois que pour casser le cycle de la violence, il faut mettre en œuvre une véritable tolérance zéro, quitte à ce que de nombreuses peines (pour les délits mineurs) soient des travaux d’intérêt général.

Aujourd’hui, trop de délits mineurs ne sont pas sanctionnés, appelant sans doute des gestes plus graves. Il est donc essentiel qu’au-delà des grands discours et des nouvelles lois, l’Etat casse le cycle de la violence pour restaurer son autorité et le respect des règles de vie en société.

02.02.2009

Le caprice de l’enfant-roi

Libération a titré samedi « Le caprice d’Etat » pour dénoncer la mutation du préfet de la Manche et du chef de la police  décidée par l’Elysée suite aux manifestations de Saint-Lô. Une nouvelle dérive du pouvoir.

Rappel des faits

Le 12 janvier, Nicolas Sarkozy se déplace à Saint-Lô. Comme toujours, ce déplacement est l’occasion d’un déploiement de force impressionnant pour encadrer la visite. Mais comme souvent également, des manifestants en profitent pour siffler le président, qui refuse toujours la moindre critique et le fait savoir le jour même, comme le rappelle le député UMP de la Manche, Philippe Gosselin.

Quinze jours après cet incident, Nicolas Sarkozy a donc décidé de muter le préfet de la Manche, qui avait travaillé au cabinet de Dominique de Villepin, ainsi que le chef de la police. Pourtant, les deux hommes bénéficiaient tous les deux de bonnes évaluations. Pire, le chef de la police semblait particulièrement performant puisque Saint-Lô était en tête du palmarès du Figaro pour l’efficacité de la police.

Un abus de pouvoir inacceptable

Ce dérapage du président a provoqué une avalanche de commentaires : François Bayrou dénonce « le fait du prince », Nicolas Dupont-Aignan dénonce sur son blog « le caprice présidentiel » ou le « mépris » du président et le député local UMP « une sanction très regrettable, injuste ». Comme d’habitude, les défenseurs du président essaient de détourner le débat en soutenant que les mouvements préfectoraux sont fréquents et que les gens doivent rendre des comptes, comme le dit Frédéric Lefebvre.

Mais de quoi devaient-ils rendre compte ? Des sifflets des manifestants ? S’il est de la responsabilité d’un préfet et d’un chef de la police d’assurer la sécurité du président (ce qui a été fait), est-il de leur responsabilité qu’aucun citoyen ne puisse exprimer son mécontentement à son égard ? Vivons-nous dans une démocratie ou dans un régime autocratique ? Les citoyens ont tout de même le droit de s’exprimer. Ce refus enfantin de la critique et ces sanctions ridicules discréditent à nouveau le président.

Merci à Libération d’attirer l’attention sur ce nouveau dérapage de Nicolas Sarkozy. En sanctionnant un préfet et un chef de police méritants, il dépasse à nouveau les limites de l’indécence.

Source : http://www.liberation.fr/politiques/0101315845-polemique-...

http://www.liberation.fr/politiques/0101315773-sarkozy-si...

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/01...