15.07.2011

Des présidentielles entre clarifications et complications

Avec l’élimination définitive de DSK et l’élection d’Eva Joly comme candidate pour les Verts, la situation semble se simplifier. Cependant, les incertitudes des primaires socialistes et de sondages très contradictoires compliquent encore l’analyse de la situation.

Sondages et complications

Coup sur coup, deux sondages ont été publiés et si certaines données sont cohérentes, ce n’est pas le cas d’autres points où les différences peuvent même sembler totalement aberrantes. En effet, les deux sondages (LH2 pour Yahoo et Ipsos pour France Télévisions) indiquent une remontée de Nicolas Sarkozy entre 21 et 24% selon les scénarios. De même, ils confirment l’avance des candidats socialistes sur le président sortant au premier comme au second tour.

Pourtant, pour Ipsos, les deux favoris des primaires socialistes font le même score (29%) alors que LH2 accorde 3 points de moins à la première secrétaire. Mais les deux s’accordent pour un second tour entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en cas de candidature de Ségolène Royal, ce qui devrait définitivement plomber sa seconde tentative. Bizarrement, Ipsos voit Marine Le Pen stable entre 17 et 18% quand LH2 la voit en baisse de 2 à 5 points, entre 15 et 13%.

Pire, les deux sondages présentent des configurations contradictoires pour le centre. Pour LH2, François Bayrou prend les devants avec 10 à 11% (et même 13% avec Ségolène Royal) en gagnant 3 à 4 points, dépassant Jean-Louis Borloo alors qu’Ipsos affirme l’exact inverse, à savoir un essoufflement du président du Modem, à seulement 5% contre 7% pour Eva Joly et 8% pour l’ancien ministre de l’environnement. Les deux s’accordent sur la baisse de Villepin.

D’incertaines conclusions provisoires

Même si Nicolas Sarkozy remonte, ses scores demeurent extrêmement faibles car il est littéralement écrabouillé au second tour par les candidats socialistes et c’est bien lui qui reste menacé pour la présence au second tour. En outre, on ne voit pas bien comment il pourrait renverser la vapeur. Il n’est pas inintéressant de constater le plafonnement ou la baisse de Marine Le Pen, qui ne parvient clairement pas à dépasser l’étiage haut du Front National.

Toute la question réside dans la capacité d’émergence d’un quatrième homme, qui pourrait devenir le troisième, voir même le second. Si l’on croît LH2, François Bayrou pourrait espérer. En effet, il ne faut pas oublier qu’il était parti à 3/4 % en 2007 avant d’atteindre plus de 18% au premier tour. En outre, avec plus de 20% dispersé sur quatre candidats au centre, cet électorat pourrait se cristalliser sur un seul de manière à jouer la qualification pour le second tour.

A moins que la surprise ne vienne d’ailleurs. NDA et Jean-Pierre Chevènement restent faibles, mais c’est totalement logique étant donnée leur faible présence médiatique. Pourtant, leurs idées sont aujourd’hui de plus en plus populaires, comme l’a montré le sondage sur le protectionnisme ou le référendum sur le TCE. Du coup, ils pourraient bien être les surprises de cette élection. Et la jeunesse du président de Debout la République pourrait bien en faire la révélation de 2012.

Si le rejet de Nicolas Sarkozy est confirmé, le maintien du Front National à la périphérie de notre vie politique semble bien confirmé malgré tous les efforts de Marine Le Pen. La surprise viendra-t-elle alors du centre et de son unification ou d’un candidat alternatif ? Le contexte exige théoriquement le second…

25.05.2011

Nicolas Sarkozy peut-il être réélu ?

L’élimination surprise de Dominique Strauss-Kahn de la course à la présidentielle pouvait sembler avantager la réélection de Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que de nouveaux sondages indiquent à nouveau des chiffres inquiétants pour lui. Peut-il vraiment être réélu ?

Une démonétisation profonde

Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, onze mois avant l’élection, et après un événement totalement exceptionnel qui peut biaiser les résultats. Néanmoins, que l’ectoplasmique François Hollande soit donné gagnant avec 62% des voix au second tour est extrêmement inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un adversaire, qui, s’il est assez sympathique et cherche à être « l’anti-bling-bling », manque singulièrement de profondeur et ne fait pas spécialement président.

En fait, les dernières semaines démontrent que le président de la République est profondément démonétisé. Après avoir beaucoup trop parlé, promis, fait puis défait, les Français ne croient plus Nicolas Sarkozy. Ils commencent à tout interpréter en sa défaveur, comme on a pu le voir sur la Lybie ou DSK. Quelque chose semble cassé, profondément. Définitivement ? Et ce ne sera pas le bilan de son quinquennat qui lui sera d’un quelconque secours début 2012…

L’espoir à l’Elysée

Cependant, beaucoup craignent les talents du candidat Nicolas Sarkozy. Après tout, il a été un très bon candidat de 2002 à 2007, sachant même faire un virage important et stratégique à un an de l’élection en intégrant Henri Guaino pour se recentrer politiquement. En outre, on peut toujours craindre que la campagne pour les primaires socialistes finisse mal et que l’affrontement des ambitions finisse par abîmer le candidat, surtout si c’est un François Hollande peu apprécié qui l’emporte.

Bien évidemment, on peut craindre le pire au PS : les camarades socialistes ne sont guère plus tendre avec l’ancien premier secrétaire qu’avec son ancienne compagne. En outre, Nicolas Sarkozy peut chercher à instrumentaliser certaines questions (immigration, insécurité) où les socialistes ne sont pas à l’aise. Et ce n’est pas François Hollande qui pourra réconcilier les classes populaires avec un parti de plus en plus tenté par les abandonner définitivement.

Le nouveau Giscard ?

Certes, il existe aujourd’hui de vraies raisons pour croire que Nicolas Sarkozy peut être réélu. Pourtant, en prenant du recul, je me dis que cela est très hautement improbable. Les sondages de cette semaine expriment pour moi un très puissant rejet du président en place. Il est tout de même incroyable que 62% des Français expriment leur préférence pour François Hollande ! Et la droitisation du président lui fait perdre à la fois des voix à sa droite et au centre.

Bref, en 2012, Nicolas Sarkozy sera un président avec un mauvais bilan (rien de très concret à vendre), qui aura trop parlé, trop promis, se sera trop agité, aura fait et défait dans un tourbillon sans queue ni tête. En outre, tout le monde pourra lui rappeler ses nombreux dérapages. Enfin, du fait de sa victoire dès sa première candidature en 2007, il semble avancer vers la campagne dans une bulle, sans se remettre en question, comme Valéry Giscard d’Estaing il y a trente ans.

Bien sûr, il est possible que je me trompe, mais aujourd’hui, comme il y a quinze jours, je pense que Nicolas Sarkozy devrait être largement battu en 2012. Il est totalement démonétisé et je crois que la campagne abîmera celui qui sera lui aussi devenu le nouveau candidat du passif.

26.02.2011

PS / UMP : la sale campagne qui commence

Depuis quelques semaines, la campagne pour l’élection présidentielle a commencé. Même s’ils ne se sont pas encore déclarés officiellement, il est difficile de ne pas comprendre que Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn s’affronteront. La campagne promet d’être moche.

DSK, de la prise de guerre à l’ennemi

Il y a quelques mois, le président et l’UMP avaient souvent des mots très positifs à l’égard du patron du FMI, qu’ils distinguaient clairement des autres socialistes. Il représentait le sérieux, le réalisme sur la réforme des retraites (où Nicolas Sarkozy ne s’était pas privé de le prendre à témoin). Mais la perspective sa candidature a radicalement modifié le discours. L’Elysée semble avoir concocté un argumentaire repris par tous les soutiens du président (Copé, Raffarin, Baroin…).

Inconscience ? Bêtise ? Difficile de ne pas voir les immenses limites de cet argumentaire. La crédibilité des attaques du jour est nettement amoindrie par les compliments d’hier. Et l’agressivité semble mauvaise conseillère. Attaquer DSK sur le fait qu’il soit coupé des réalités de la France est assez risible de la part de personnes qui soutiennent Nicolas Sarkozy, l’ancien maire de Neuilly, le président du Fouquet’s parti sur un yacht après son élection, le président du paquet fiscal…

Si ces attaques collent à son statut de président du FMI, elles sembleraient plus adaptées à la campagne des primaires dans la bouche d’Arnaud Montebourg. Il n’est pas sûr que les arroseurs ne finissent pas arrosés. Et si le petit monde médiatique semble très impatient de sa candidature et souhaite qu’il aille plus vite, cela ne semble guère être la préoccupation des Français. Bref, une bonne partie de la campagne contre le probable candidat socialiste semble bien maladroite.

Quand les socialistes dérapent

Il faut dire qu’il est difficile de se battre sur les questions européennes, voir même de réglementation économique. Comme Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn parle beaucoup de moralisation du capitalisme et de justice sociale. Il suffit d’aller à Athènes, où les grèves se multiplient, le pouvoir d’achat s’effondre et le pays s’enfonce dans une crise à l’Argentine pour constater à quel point DSK promeut des politiques totalement antisociales.

Et le PS vient de commettre un gros dérapage avec la publication d’une affiche qui compare assez ouvertement Nicolas Sarkozy à Hitler ! Cette comparaison est ridicule et honteuse. Elle démontre soit une ignorance crasse de la réalité soit une mauvaise foi absolument révoltante. Au  passage, voilà un nouvel exemple de l’hystérie coutumière d’une certaine gauche toujours prompt à qualifier ses adversaires de fasciste ou de nazi, à tort et à travers, banalisant l’emploi de ces mots.

Bref, Marine Le Pen et les alternatifs républicains peuvent se frotter les mains. Le PS et l’UMP semblent partis pour une campagne bête et dure. A défaut de pouvoir s’opposer sur certaines questions essentielles (globalisation, déréglementation), ils s’agressent. 

21.02.2011

DSK officieusement candidat

Certes, ce n’est pas encore totalement officiel, mais comme l’a souligné le Nouvel Observateur, la séquence qui s’est achevée hier soir est d’une clarté de plus en plus limpide. Dominique Strauss-Kahn sera bel et bien candidat aux primaires du Parti Socialiste.

Un candidat en précampagne

Hier soir, ce n’était pas le patron du FMI qui était interviewé sur France 2 mais déjà le candidat. Il n’y a que que le Figaro pour dire qu’il n’y avait aucun indice alors que chaque phrase sous-entendait sa candidature. Quand Laurent Delahousse l’a interrogé sur le souhait de sa femme qu’il ne fasse pas un second mandat au FMI, il a bien indiqué qu’il prenait ses décisions en la consultant. Et il a regretté que Jacques Delors n’ait pas été candidat en 1995.

Il a aussi dénoncé les polémiques stériles de l’UMP à son égard, affirmant que le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur la recherche de solutions aux problèmes actuels. Il a également minoré l’importance de ces attaques en soulignant qu’il en a déjà subi de bien plus dures, manière de souligner qu’il est prêt au combat et qu’il ne sera pas aisément impressionnable. Il a également cherché à répondre aux critiques de l’UMP en soulignant qu’il s’intéresse au sort des plus faibles.

C’est ce qu’il a fait en citant Marianne et Jacques Julliard au sujet des six millions de Français qui gagnent moins de 750 euros par mois. Se faisant, on peut déceler un prémices d’angle d’attaque contre Nicolas Sarkozy, à savoir qu’il a oublié les classes populaires et qu’il a trop favorisé les plus riches. Il a insisté sur le besoin d’éviter un déclassement de l’Europe face à l’Asie, moyen sans doute d’indiquer que la France a besoin d’un bon économiste pour assurer son avenir.

Le meilleur ennemi

Reste à savoir comment va réagir le Parti Socialiste. Sera-t-il accueilli comme le fils prodigue, rassemblant largement le parti derrière lui dans des primaires sereines ? Ou devra-t-il affronter une guerre des tranchées qui pourraient laisser le parti divisé et affaibli ? Ségolène Royal rendra-t-elle la monnaie de sa pièce à un de ses opposants de 2006 ou choisira-t-elle de jouer placée et donc collectif plutôt que de subir l’humiliation d’une défaite qui semble aujourd’hui très probable ?

Je crois que le Parti Socialiste a trop faim de pouvoir aujourd’hui pour se diviser. Les éléphants (Fabius, Aubry, DSK, potentiellement Hollande et Royal) ont compris qu’une nouvelle défaite les balaierait, ce qui devrait les pousser à s’entendre. Et les quadras (Montebourg, Valls, Hamon) doivent bien imaginer qu’il ne serait pas un mal d’arriver un jour à être ministre avant de pouvoir envisager autre chose. Bref, il existe des forces puissantes pouvant agir en faveur de l’unité du PS.

Et puis, tant mieux. Car la candidature de Dominique Strauss-Kahn serait une bénédiction pour les alternatifs. En effet, DSK est le candidat de la globalisation néolibérale, le candidat qui va défendre une gouvernance européenne et mondiale renforcée, qui va parler du besoin de compétitivité, le nom poli de la stagnation des salaires. Bref, avec lui, il ne sera pas possible de croire que le Parti Socialiste propose une alternative réelle sur les questions économiques.

Du coup, le débat ne sera pas biaisé. Bien sûr, DSK prendra quelques accents gauchistes pour donner le change, mais personne ne sera dupe. Les Français verront bien que sur les questions économiques ou européennes, PS, Modem, Verts et UMP sont très proches. Tant mieux pour nous.

30.11.2010

C’est parti pour 18 mois de campagne présidentielle

Bien sûr, tous les protagonistes ne sont pas encore connus et il y a même des incertitudes sur les principaux prétendants. Mais tout s’est accéléré avec le remaniement qui a transformé le gouvernement en équipe de campagne  et l’accélération de la campagne des primaires au PS.

Un président très impopulaire

Nicolas Sarkozy ne va pas aborder ces élections en bonne position. Même si rien n’est joué et qu’il peut encore être réélu, je ne crois pas que ce scénario soit très probable. L’entrée dans la campagne sera terrible pour lui car elle sera l’occasion de faire un bilan, qui sera extrêmement mauvais. Les médias pourront mettre bout à bout tous ses reniements, ses contradictions, ses fanfaronnades. Bref, le résumé de sa présidence a toutes les chances d’être un passif trop lourd.

D’ailleurs, c’est ce que dessine en creux un sondage réalisé pour le Nouvel Observateur. Le président sortant n’obtiendrait plus que 24 à 26% des suffrages au premier tour. Pire, il est donné très largement perdant au second tour, par le score incroyable de 62/38 face à Dominique Strauss-Kahn, et encore 55/45 face à Martine Aubry et François Hollande et même 52/48 dans une nouvelle édition du second tour de 2007 face à Ségolène Royal. Bref, le rejet du président sortant est fort.

Pas d’envie des socialistes

Mais si les scores de second tour des leaders socialistes sont très forts, leur niveau l’est moins au premier. Si Dominique Strauss-Kahn réalise 27% et Martine Aubry 23%, François Hollande et Ségolène Royal atteignent à peine 16,5 et 17%, soit à peine quelques points de plus que Marine Le Pen. Bien sûr, il faut considérer que les chiffres d’un sondage réalisé 18 mois avant l’échéance sont à prendre avec précaution, d’autant plus que certaines candidatures (Borloo, Villepin) restent aléatoires.

Mais au global, on sent plus une volonté de tourner la page Sarkozy qu’une véritable adhésion à l’égard des socialistes. Le score de François Hollande est à ce titre particulièrement éclairant pour sa faiblesse au premier tour. Dans ce sondage, les Français disent qu’ils n’ont pas envie de lui mais qu’ils ont encore moins envie de rempiler avec Nicolas Sarkozy. C’est pour cela que les candidats alternatifs devraient créer la surprise en 2012. A ce titre, il est regrettable que NDA n’ait pas été testé.

L’annonce de la candidature de Ségolène Royal accélère encore le calendrier. Mais il est probable qu’une campagne aussi longue pour des partis aussi usés que le PS et l’UMP laisse une belle place en 2012 aux candidats qui auront montré qu’ils ont des idées et pas seulement un ego.

22.11.2010

Vers une renaissance gaulliste

Discours prononcé hier lors du Congrès de Debout la République

Mes chers compagnons,

Il y a deux ans, nous étions réunis pour notre premier Congrès. Ensemble, et derrière Nicolas, nous avons parcouru un chemin remarquable. Nous n’en avons pas assez conscience.

Il y a deux ans, nous étions un club. Un club qui avait présenté des candidats dans un peu plus de 10% des circonscriptions aux élections législatives. Un gros quart de ces candidats avaient dépassé 1% des suffrages. Aujourd’hui, nous sommes un parti national, qui a présenté des listes dans toute la métropole aux élections européennes, réunissant 2% des voix dans des circonstances difficiles. Et cette année, nous avons dépassé le Modem et le NPA aux élections régionales en Ile de France. Ce que nous avons accompli en deux ans est une immense réussite.

En seulement deux ans, nous nous sommes installés dans le paysage politique, avec très peu de moyens grâce au courage et à la motivation de tous. Bien sûr, nous pouvons encore avoir des frustrations, mais que sont-elles par rapport à ce magnifique parcours ? Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Si nous continuons à grandir, nous serons définitivement installés dans le paysage politique Français.

Et nous pourrons le faire lors de l’élection présidentielle qui se profile en soutenant Nicolas Dupont Aignan. La crise économique majeure que nous traversons depuis 2008 a bouleversé le paysage politique. Car cette crise est celle de la globalisation néolibérale que nous dénonçons depuis longtemps et qui est défendue par l’UMP comme le PS. Aujourd’hui, les Français ont compris que notre système économique est aussi inefficace, qu’injuste et instable.

En effet, cette crise est bien une crise de la globalisation. Car c’est la suppression des frontières qui explique que la crise du marché immobilier étasunien ait déclenché un tel chaos. En globalisant les économies, on a globalisé les crises. Pour reprendre l’image de Jacques Sapir, supprimer les frontières revient à supprimer les compartiments étanches de la cale du bateau économique mondial. La moindre voie d’eau menace alors de faire couler le navire.

Cette crise est aussi une crise du « laissez-faire » et du « laissez-passer » que le Général de Gaulle avait si souvent dénoncés. La déréglementation économique a abouti à une loi de la jungle, une triple anarchie néolibérale.

La première, c’est, depuis 1971, l’anarchie monétaire, un système où on laisse à ces marchés cupides et irrationnels le soin de fixer la valeur de ce bien collectif si précieux qu’est la monnaie. Un système où, depuis 1973 en France, ce sont les banques privées qui créent cette monnaie pour leur seul profit.

La deuxième, c’est l’anarchie financière, un système où les banques sont trop grosses pour qu’on les laisse tomber. Résultat, on collectivise les pertes alors qu’on a privatisé les profits. Un système où la finance s’est transformée en une sangsue qui extrait toujours plus d’argent de l’économie productive.

La troisième, enfin, c’est l’anarchie commerciale, un système où l’on met en concurrence les salariés des pays dits développés avec ceux des pays en voie de développement. Maurice Allais nous avait pourtant prévenu : dans de telles conditions, le libre-échange encourage les délocalisations, détruit nos emplois, et comprime les salaires.

Et parce que tout est lié, l’anarchie néolibérale et la globalisation sont les deux faces d’une même réalité, l’une soutenant l’autre. Elles ont un ennemi commun : les nations, qui sont encore les seuls moyens pour l’homme de construire une alternative. Comme le dit Frédéric Lordon, « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ».

En supprimant les frontières financières, commerciales et humaines, on a privé les États nations des moyens de choisir leur voie. Et cela représente un terrible recul démocratique. Car la nation, en plus d’être une communauté de destin culturelle et solidaire, est également le moyen pour les hommes d’agir sur leur destin. Affaiblir les nations, c’est retirer aux hommes la capacité d’influencer leur avenir. La globalisation telle qu’elle est conçue aujourd’hui entraîne une aliénation de l’homme et un affaiblissement de la démocratie.

Bien sûr, certains affirment qu’une mystérieuse main invisible protègerait l’intérêt général. Mais il suffit d’examiner l’évolution du partage de la valeur depuis trente ans pour réfuter cette thèse.  Toute la création de richesse est partie dans les profits des multinationales et les revenus des plus riches.  Le système actuel ne sert les intérêts que d’une minorité.

La France, l’Europe, le Monde ont besoin de construire un nouveau système, où la croissance profite à tous. Nous devons remettre le développement économique au service de l’homme et non pas asservir les hommes à des multinationales sans scrupules et assoiffées de profits. Et ce combat, nous devrons le mener en 2012 car il ne faut rien attendre des autres partis.

Les partis anticapitalistes semblent avoir oublié l’échec de l’URSS et les réussites du capitalisme colbertiste et keynésien des Trente Glorieuses. Le Front National s’est construit dans la haine des autres. Leurs extrémismes en font les idiots utiles du système.  En stérilisant l’opposition sans espoir d’arriver au pouvoir, ils prolongent le duopole PS-UMP.

La solution, ce n’est clairement pas l’UMP de Nicolas Sarkozy.  La France aura encore perdu cinq ans avec ce président au gant d’acier mais dont la main est faible.

Rien n’a été réglé. Les violences aux personnes, baromètre le plus fiable de l’insécurité, augmentent depuis huit ans. Le pouvoir d’achat recule. Près de cinq millions de Français sont privés d’emplois. Le financement de notre régime de retraites par répartition n’est pas assuré. Et en 2011, notre pays affichera le déficit le plus élevé de la zone euro, devant la Grèce ou le Portugal. Non, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien réglé.

C’est sans doute pour cela qu’il a essayé de nous distraire pendant cinq mois avec le feuilleton interminable et ridicule du remaniement. Comme toujours, il parle beaucoup, mais ne fait pas grand chose. C’est la présidence crocodile que dénonçait Nicolas il y a deux mois. Ne prenons pas la brutalité de ses méthodes pour une capacité d’action. Presque tous les dossiers traités par le gouvernement l’ont été de manière superficielle.

La solution, ce n’est pas le Parti Socialiste non plus. C’est le parti qui préfère depuis vingt ans les sans-papiers aux chômeurs, un choix qui en dit long sur sa mentalité. Les derniers textes du PS montrent bien qu’ils n’ont toujours rien compris. Celui sur l’égalité réelle est absolument sidérant. Il propose de distribuer de nouveaux milliards comme s’il y avait une cagnotte fiscale, cachée on ne sait où…

En revanche, rien de crédible pour remettre en cause cette globalisation néolibérale qu’ils ont autant soutenu que l’UMP. Aucune remise en cause sérieuse du libre-échange, de la liberté de circulation des capitaux ou de la privatisation de la monnaie.

Le PS ne semble pas comprendre que cette mondialisation affaiblit dramatiquement notre économie. Pire, il feint d’ignorer qu’elle est responsable des délocalisations, du chômage de masse et de la paupérisation des classes populaires comme des classes moyennes. Ce n’est pas pour rien que le Parti Socialiste a perdu les classes populaires. Il est littéralement devenu un parti social-traître !

Le Général de Gaulle disait « je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent ». Comment mieux décrire aujourd’hui le Parti Socialiste de Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy ou l’UMP de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ?

Mais le Général n’était pas seulement un commentateur lucide de la vie politique Française. Il avait également compris toutes les limites de la déréglementation quand il soutenait que « le laissez-faire, le laissez-passer appliqués à l’économie (…) a souvent donné (…) au développement  une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ».  Pire, aujourd’hui cette déréglementation ne contribue même plus à notre développement économique.

Enfin, il était le défenseur acharné de la souveraineté nationale, seule garante de l’intérêt général. Et c’est pourquoi les solutions à cette crise (le retour des souverainetés et le rejet du laissez faire et du laissez passer) sont profondément gaullistes.

Bien sûr, certains nous diront que le gaullisme, c’est dépassé. Mais que dire alors du socialisme, né au 19ème siècle, ou des théories libérales, qui ont plus de deux cent ans ? Non, le gaullisme est sans doute la pensée politique cohérente et globale la plus moderne. Et il nous offre deux moyens pour remettre l’économie au service de tous.

Le premier moyen, c’est rétablir des frontières pour restaurer la souveraineté des Etats sur le marché et stabiliser le système économique.

Nous devons dé-globaliser, conserver nos activités agricoles et industrielles sur notre territoire, comme les pays asiatiques l’ont bien compris.  Toute économie a besoin de ces fondamentaux. Il ne s’agit pas d’autarcie, mais comme le font le Japon, la Chine ou la Corée du Sud, s’assurer que nous conservons une économie diversifiée et indépendante. Ce rétablissement des frontières économiques nous permettra de reprendre notre destin en main tout en stabilisant notre économie.

Le second moyen consiste à remettre le développement économique au service de l’homme et non pas à y asservir l’humanité.

En premier lieu, nous devons quitter la monnaie unique, revenir sur la loi de 1973, et supprimer l’indépendance de la Banque Centrale. Puis, nous pourrons participer à la construction d’un nouveau système monétaire européen et international qui retirerait à la corbeille sa prééminence.

En second lieu, nous devons remettre la finance au service de l’économie productive. Cela passe par une limitation drastique de la spéculation, une forte contribution à la collectivité avec une taxe Tobin qui ne soit pas symbolique, et par la constitution d’un pôle public bancaire plus important.

En troisième lieu, nous devons mettre fin à cette anarchie commerciale mortifère qui instaure une loi de la jungle où le moins-disant salarial, social et environnemental est toujours gagnant. Nous devons encadrer le commerce mondial pour en supprimer les effets pervers, à savoir un appauvrissement général des classes populaires et moyennes des pays dits développés.

Plus globalement, nous devons reconnaître le rôle majeur de l’Etat pour diriger l’économie dans le sens de l’intérêt général car le laissez faire et le laissez passer n’aboutissent qu’à l’anarchie et à la loi du plus fort.

Bref, l’alternative que nous devons porter, dirigiste et souverainiste, est profondément gaulliste. Comme en 1940, comme en 1958, la solution ne sera pas de droite ou de gauche. Justement, il faudra casser cette globalisation néolibérale que droite et gauche ont construite conjointement. Il faudra abattre cette construction européenne anti-démocratique, anti-nations et dogmatiquement néolibérale pour construire une nouvelle Europe des coopérations entre Etats-nations.

2012 sera une étape cruciale pour le retour en force des idées gaullistes. Elle va transformer le petit parti que nous sommes en un parti établi. Ainsi, le moment venu, nous pourrons porter l’alternance dont la France a tellement besoin.

On aurait pu croire que cette crise allait provoquer un véritable changement, une prise de conscience. Mais aucun dirigeant de la planète n’a voulu remettre en cause ce système inefficace, injuste et instable. Cette crise n’aura été que l’équivalent de la guerre d’Indochine pour la 4ème République. Mais il y a fort à parier que la prochaine sera sa guerre d’Algérie, qui imposera un nouveau New Deal.

Et parce que nous, gaullistes, sommes les héritiers de la pensée politique qui détient les clés de la crise (souveraineté et refus du laissez-faire), nous sommes amenés à jouer un rôle majeur dans sa résolution. Nous sommes les dépositaires d’idées et de principes qui peuvent remettre la France et l’Europe dans la bonne direction. Et en 2012, rassemblés derrière Nicolas Dupont-Aignan, nous allons contribuer à une nouvelle renaissance gaulliste.

Car comme le disait le Général de Gaulle, « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu ». Cette crise démontre toute l’actualité de cette pensée qui peut encore être la boussole de notre pays.

Chers compagnons, à nous de nous rassembler pour proposer un autre avenir à notre patrie. Pour que vive la République et vive la France.

21.11.2010

Le duel DSK- Sarkozy à venir

Pour ceux qui en doutaient encore, la séquence récente a sans doute dissipé les doutes concernant les candidatures de Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn à l’élection présidentielle. La poignée de main échangée mercredi préfigure sans doute le duel de 2012.

Deux candidatures à peine voilées

A dire vrai, pouvait-on véritablement douter de la volonté de ces deux hommes d’être candidat à l’élection présidentielle ? Y-a-t-il seulement un cas dans le monde d’un dirigeant qui s’arrêterait à un seul mandat alors qu’il n’est pas contraint de le faire. Et ce n’est pas Nicolas Sarkozy, animé par une solide ambition depuis bien longtemps qui risquait de faire exception à la règle. Tout dans ces dernières décisions (réforme des retraites, remaniement) porte la marque de l’élection à venir.

Mais Dominique Strauss-Kahn ne lui fait pas grand mal. Bien sûr, il est contraint à beaucoup plus de discrétion, du fait de sa position. Néanmoins, il faut quand même reconnaître qu’il revient à intervalle trop régulier pour ne pas y voir sa volonté d’être candidat. Même sa compagne vient assurer son service après-vente au Grand Journal de Canal Plus. Et ses déclarations sur les sondages, qui « le touchent » indiquent très clairement qu’il ne compte pas faire l’impasse sur 2012.

Les conséquences de ce duel

Ce ne sont les socialistes qui souhaiteraient avancer le calendrier des primaires qui vont y changer quoique ce soit. Il est extrêmement probable que les sympathisants socialistes se jetteront dans les bras de DSK, le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy, face à des opposants (Aubry, Royal, Hollande) bien peu convaincants. Au pire, le patron du FMI abandonnera son mandat un peu plus tôt…Mais un tel candidat pour le PS aura des conséquences profondes pour le débat à venir.

Il est probable que la candidature de DSK signe la fin des aventures de François Bayrou et Dominique de Villepin. Comment ces candidats pourraient-ils exister avec un candidat socialiste aussi modéré et proche de leurs positions ? En revanche, la gauche de la gauche (Mélenchon) pourra se réjouir du boulevard laissé par le Parti Socialiste. Bien sûr, il faudra que DSK arrive au second tour, mais la présence de Sarkozy devrait mobiliser suffisamment d’électeurs modérés qui lui sont hostiles.

Il ne faut pas se faire d’illusions sur la volonté de Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn d’être candidats. Heureusement, aussi désolante soit la perspective d’un tel second tour, elle pourrait clarifier le débat à plus long terme.

03.09.2010

Et si Villepin se préparait pour… l’après 2012 ?

Mais que veut l’ancien Premier Ministre ? Un jour, il reprend sa cotisation à l’UMP en versant la somme de cent euros. L’autre, on évoque la création possible d’un groupe parlementaire autonome et il fait une rentrée médiatique extrêmement dure à l’égard du président.

L’opposant peut-il devenir candidat en 2012 ?

Il faut dire que Dominique de Villepin a été un des premiers à attaquer son ancien ministre de l’intérieur, dès la rentrée 2007, alors que le président était encore populaire. Et les critiques portées à l’époque se sont révélées juste. Et s’il n’a pas été le seul (Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou ou certains socialistes ont également exprimé très tôt leur réserve à l’égard du locataire de l’Elysée), son statut de rival du président de la République, conjugué au procès Clearstream donnent une dimension toute autre à ses critiques, les replaçant dans le contexte d’une forte rivalité personnelle.

Mais cette critique fréquente du président ne signifie pas forcément que Dominique de Villepin sera candidat en 2012. Certes, il a fait ce qu’il faut pour pouvoir l’être le moment venu avec la création de République Solidaire. Cependant, je ne l’imagine pas un moment se présenter pour prendre quelques pourcents et juste gêner la réélection de Nicolas Sarkozy. Il ne se présentera que s’il a un espoir légitime d’être élu. Or, le contexte n’évolue pas à sa faveur. Le président conservera un socle solide et le centre est encombré avec Eva Joly, François Bayrou et surtout Dominique Strauss-Kahn.

La deuxième utilité de République Solidaire ?

En effet, le président du FMI hypothèque grandement les chances de l’ancien Premier Ministre. Face à Martine Aubry ou Ségolène Aubry, il aurait un espace politique conséquent, surtout s’il arrivait à marginaliser François Bayrou (ce qui n’est pas fait), mais Dominique Strauss-Kahn occupe un espace pas si éloigné du sien, limitant grandement son potentiel électoral. S’il est le candidat socialiste, je crois qu’il est très peu probable que Dominique de Villepin se présente, son potentiel électoral devenant de fait trop limité. L’aventure République Solidaire n’aura-t-elle servi à rien ?

Il est clair que si l’ancien Premier Ministre ne se présente pas à nouveau en 2012, son avenir politique pourrait bien être définitivement derrière lui. On imagine l’immense déception de ses supporters dans cette situation (après la déception de 2007). L’autre solution (qui pourrait expliquer son maintien dans l’UMP) serait de tenter une OPA sur le parti majoritaire après la présidentielle à partir de son mouvement. Certes, il trouverait sur sa route Jean-François Copé, Xavier Bertrand, François Fillon ou Brice Hortefeux, mais cela ne devrait pas l’arrêter. Après tout, il n’aura que 64 ans en 2017.

Maintenant que le Parti Socialiste est en ordre de marche et semble devoir se rassembler autour de Dominique Strauss-Kahn, l’avenir de Dominique de Villepin semble se compliquer extraordinairement. Pourra-t-il faire autre chose que ce qu’il a fait en 2007 ?

30.08.2010

Le week-end où Nicolas Sarkozy a perdu la présidentielle de 2012

Bien sûr, rien n’est jamais acquis en politique et il faudra attendre le second (ou le premier) tour pour en être sûr, mais ses universités d’été m’ont sérieusement donné l’impression que le PS a pris la direction qu’il fallait pour reprendre le pouvoir en 2012, à défaut d’être l’alternative dont la France a besoin.

Des egos disciplinés

J’ai longtemps cru que le Parti Socialiste se déchirerait lors des primaires de 2011 et que la conséquence en serait une opportunité pour François Bayrou d’accéder au second tour. En effet, des primaires comparables à celles de 2006 auraient pu laisser les différents camps tellement amers qu’ils auraient pu être tentés de ne pas soutenir le vainqueur interne. Mais depuis quelques mois une petite musique unitaire domine de plus en plus les différents solos.

Cela avait commencé ce printemps au sujet du pacte présidentiel qui existerait entre Martine Aubry, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Les universités de rentrée ont confirmé cette nouvelle direction du Parti Socialiste qui a fait une démonstration d’unité rare, la première secrétaire et la candidate de 2007 arrivant ensemble à La Rochelle. Le week-end n’a été émaillé d’aucun incident majeur. Bref, à vingt mois de la présidentielle, les forces unitaires semblent l’emporter sur les forces de la désunion.

Les raisons de la concorde

Deux évènements expliquent sans doute l’unité retrouvée des socialistes. Tout d’abord, la présidence Sarkozy s’enlise de plus en plus et, comme dans les sables mouvants, les réactions brutales et désordonnées du président semble l’entraîner toujours plus bas. Bref, le pouvoir semble à la portée de la main d’un parti qui en a été sevré depuis huit ans. Et dans un parti où le goût de ce pouvoir prime sur tout, cela peut pousser à plus de pragmatisme. Une génération se dit que c’est sa dernière chance. Une autre se dit que pour l’avenir, il vaut mieux avoir été ministre.

Mais ce n’est pas tout. Car la perspective de reprendre le pouvoir pourrait aussi provoquer une querelle des egos encore plus violente. Sauf que le précédent de 2007 montre que cela peut compromettre la victoire. Ensuite, le champ des présidentiels sérieux se réduit singulièrement. Bertrand Delanoë a abandonné. François Hollande n’y arrive pas. Et Ségolène Royal est victime des mêmes sondages qui l’avaient faite reine en 2006. Comment espérer être désigné candidat du Parti Socialiste avec de mauvais sondages quand d’autres en ont de bons ?

Ne restent plus que Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Les soutiens du président (Le Figaro, TF1..) soutiennent désespérément la première hypothèse, s’accrochant à la moindre broutille pouvant soutenir cette option, car ils comprennent bien que le second serait terriblement difficile à battre. Mais outre que je ne vois pas ce qui pourrait empêcher le patron du FMI d’y aller, Martine Aubry a indiqué plusieurs fois qu’elle pourrait ne pas y aller. D’ici un an, il n’y aucune raison que la vague sondagière qui le porte ne cesse. DSK a donc de bonnes chances de faire le vide autour de lui.

Nicolas Sarkozy échec et mat

Les conditions pour des primaires socialistes sereines semblent se réunir. Du coup, le roi est nu. Contrairement à Slovar, je crois qu’il n’y a aucune chance que Nicolas Sarkozy n’y aille pas. Ne pas être candidat serait un aveu d’échec inédit. Aucun leader politique n’a renoncé à se représenter et Nicolas Sarkozy ne me semble pas le plus capable de renoncer au pouvoir ou de comprendre la réalité de sa position. En outre, sa mentalité souvent enfantine le poussera à tenter sa chance en prenant pour précédent les présidents qui ont réussi à être réélu. Si Chirac l’a fait…

Il ne comprendra pas que quelque chose de profond est cassé avec les Français. Il n’y a pas plus de confiance. Certes, il pourra compter sur une partie de l’électorat de droite légitimiste et traditionnel, allergique à la gauche, mais cela est totalement insuffisant pour un second tour face à DSK et ne sera pas forcément assez pour l’atteindre face à Marine Le Pen. Le candidat socialiste n’a vraiment pas grand chose à faire pour gagner. Quelques mesures pour lutter contre l’insécurité pour donner le change suffiront pour ne pas se faire accuser d’angélisme. Le bilan du président parlera contre lui.

La discipline retrouvée des socialistes est une mauvaise nouvelle pour François Bayrou, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, au contraire des alternatifs. La route à suivre pour l’Elysée est désormais toute tracée pour eux. Même s’il y aura des embuches, la victoire est entre leurs mains.

11.06.2010

La stratégie incompréhensible de François Bayrou

Il y a quelques mois, je croyais encore que le président du Modem avait de sérieuses chances pour les élections présidentielles de 2012. Mais faute est de constater que sa stratégie hasardeuse l’en éloigne tous les jours un peu plus. Nouvel exemple.

La descente du centre en godille

A l’origine était la campagne présidentielle de 2007. Contre toute attente, François Bayrou réunit 18% des suffrages exprimés, après avoir  approché la 2ème place dans les sondages. Il parvient même à prolonger sa réussite en entretenant le suspens sur un rapprochement potentiel avec Ségolène Royal. A l’époque déjà, le centre penchait légèrement à gauche même s’il disait qu’il fallait réunir les meilleures compétences de la gauche et de la droite au gouvernement.

L’après présidentielle marque le début de la descente aux enfers, même si on ne s’en rendra compte que deux ans plus tard. Nicolas Sarkozy, qui avait raillé cette proposition de rassemblement dans un même gouvernement, débauche largement des personnalités de gauche, et vole donc la proposition phare du candidat centriste. Sans grand-chose de différent de l’UMP et du PS à dire lors des élections européennes et régionales, le Modem voit son score divisé par quatre en trois ans.

Retour à droite ?

A l’origine, la stratégie de François Bayrou pouvait avoir du sens. Se rapprocher du Parti Socialiste lui permettait d’afficher une majorité présidentielle potentielle en cas de victoire. En outre, son positionnement électoral lui donnant théoriquement une meilleure chance de battre Nicolas Sarkozy au second tour, il aurait pu attirer des électeurs de gauche désireux d’alternatives. Il ne lui manquait qu’une primaire un peu sanglante, hypothèse qui n’était pas la plus improbable.

Mais voilà, ce beau scénario s’éloigne tous les jours un peu plus. Il n’est pas passé d’une posture d’opposant à celle d’une force de propositions alternatives. Il ne parvient pas à maintenir l’ordre au sein de son parti, qui apparaît comme aussi indiscipliné que le Parti Socialiste, alors que ce dernier s’apaise. Et puis, le récent réchauffement de ses relations avec le président de la République, même s’il est sans doute exagéré par les médias, semble totalement venir à contretemps.

Même s’il ne faut jamais dire jamais, l’ascension de Dominique Strauss-Kahn a toutes les chances de rayer l’hypothèse Bayrou pour 2012. Le beau score de 2007 apparaîtra alors pour ce qu’il était : le produit du choix par le PS et l’UMP de candidats trop clivants.