01.11.2009
Villepin : la clarification de NDA
Mardi, Nicolas Dupont-Aignan, qui avait déjà été interviewé par Villepin.com, a participé au premier meeting du Club Villepin à Paris. Une présence remarquée dont le sens a été clarifiée par le président de Debout la République sur son blog.
Le point de vue de Nicolas Dupont-Aignan
Forcément, cette présence pouvait être interprétée comme un ralliement du Président de Debout la République à l’ancien Premier Ministre, d’autant plus que ce dernier n’a pas fait grand mystère de sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. Mais Nicolas Dupont-Aignan a bien précisé sur son blog ce qu’il en était de sa participation à cette réunion. Pour lui, il s’agit « de réfléchir et d’échanger ensemble, bref de débattre » avec la « volonté d’une rupture gaulliste avec le pouvoir actuel ».
Le député-maire d’Yerres soutient que « s’il peut être fructueux d’y travailler à plusieurs », cela doit se faire « dans la limite de la fidélité à son intime conviction ». Il reconnaît d’ailleurs des « divergences sur l’Europe » et appelle à « rompre avec une construction européenne qui asphyxie notre pays ». Il écrit que « l’avenir dira si elles (les divergences), peuvent, ou non, être dépassées » et explique que c’est le dialogue qui permettra de le savoir, justifiant ainsi sa participation.
La conclusion est tout aussi claire : « ma présence mardi soir ne change rien à ma volonté de développer DLR qui doit être présent aux échéances électorales, car on ne construit jamais l’avenir en déviant de son idéal et de ses convictions. C’est parce que nous sommes libres et intransigeants sur l’essentiel que nous serons en mesure, le cas échéant, de prendre notre part, toute notre part, au débat pour la reconstruction d’une France libre ». En clair, il s’agit d’un appel au dialogue, pas d’une allégeance.
Ce que j’en pense
Non que cela ait beaucoup d’importance, mais étant donné que mon blog a été ouvert en janvier 2007 en soutien à Dominique de Villepin, puis que j’ai rejoint Debout la République et en suis devenu un des porte-paroles, je pense qu’il est nécessaire d’expliquer ma position sur ce sujet, position qui n’est pas celle du porte-parole, mais seulement la mienne. Certains lecteurs imaginent peut-être qu’il s’agit d’un rêve devenu réalité puisque les deux présidentiables que je respecte le plus se rapprochent.
Mais cela est plus compliqué. Pour moi, Dominique de Villepin est peut-être le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012, comme je pensais qu’il l’était en 2007. Outre une prestance naturelle, je partage son sens de l’Etat, sa vision de la République et des relations internationales et j’ai noté un rapprochement de son constat avec celui des penseurs alternatifs. Cependant, il reste des divergences significatives sur les solutions à apporter à la crise ainsi que sur l’Europe.
Pour moi, ces différences sont fondamentales car elles sont au cœur de mon engagement politique, qui remonte au débat sur l’autre politique et Maastricht (mon premier vote). Cela fait bientôt 20 ans que je crois à une politique économique et européenne alternative. C’est pourquoi, si Dominique de Villepin ne dépasse pas son évolution sur le constat, j’espère que Nicolas Dupont-Aignan sera candidat en 2012, pour être le représentant de mes idées et de celles de beaucoup de Français.
Bien sûr, une double candidature peut sembler improductive. Cependant, je ne veux pas mettre un mouchoir sur mes idées en 2012, surtout après une telle crise. La France a besoin d’une véritable alternative. Si Dominique de Villepin ne la porte pas réellement, NDA en sera le digne représentant.
11:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Villepin | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, nicolas dupont-aignan, debout la république, présidentielles 2012
16.12.2008
Le Parti Socialiste a-t-il déjà perdu la prochaine présidentielle ?
Malakine, du blog Horizons, a fait une très bonne analyse du texte d’orientation du Parti Socialiste présenté par Martine Aubry. En constatant à quel point le PS ne parvient pas à se renouveler idéologiquement en addition de sa guerre des chefs, on en vient à se demander si l’élection de 2012 n’est pas déjà perdue.
Un refus de vraiment penser une alternance
Comme le montre bien Malakine, le texte proposé par la nouvelle direction du Parti Socialiste est creux. Il prône un virage à gauche qui est immédiatement contredit par des professions de foi néolibérales sur la question du commerce par exemple. Il n’y aucune véritable proposition pour tirer les leçons de la crise financière. Le texte ne comporte guère de véritables orientations politiques, à part la volonté d’augmenter le SMIC… Bref, le Parti Socialiste se contente de gauchir son discours, pensant s’en tirer avec des postures mais en faisant l’économie de changer sa manière de penser.
Pourtant, comme le souligne Malakine, la motion Hamon, enrichie des réflexions de Jacques Généreux ou Liem Hoang Ngoc, comportait des propositions autrement plus intéressantes. Mais pas une ne figure dans le texte de synthèse, ce qui montre bien l’intérêt réel que Benoît Hamon leur portait. Devenir porte-parole était sans doute plus important que défendre ses convictions… Sur l’économie, le Parti Socialiste continue à accepter tous les dogmes néolibéraux, et camoufle cette abdication idéologique par un vernis verbal gauchisant qui risque d’être difficilement crédible…
Un parti plus désuni que jamais
Outre une incapacité à penser un nouveau projet, le Parti Socialiste n’a pas réussi à se trouver un véritable chef. Aux Etats-Unis, la victoire de Barack Obama n’a sans doute pas été aussi large qu’elle aurait pu l’être dans un contexte si favorable (crise économique, 8 années de présidence Bush) du fait des blessures de six mois de combat avec Hillary Clinton. Mais pour le PS, ce ne seront pas 6 mois de guerres intestines qu’il faudra oublier en 2012, mais bien cinq longues années. Car, jusqu’en 2011, la guerre des chefs va se poursuivre, jusqu’à la nomination du candidat pour l’élection présidentielle.
Ségolène Royal est suffisamment forte auprès des militants, et suffisamment critiquée par les éléphants pour continuer à se battre pendant trois ans. Les chefs rassemblés par le « Tout Sauf Ségolène » vont se déchirer pour éviter que la candidate de 2007 soit celle de 2012, mais le nombre de postulants ne va pas faciliter le travail (Fabius, DSK, Hollande, Aubry, Delanoë). Quant aux éléphanteaux (Valls, Montebourg, Hamon…), on peut imaginer qu’ils seront tentés par la politique du pire, qui leur permettrait d’enfin éliminer ces éléphants qui les gênent afin de préparer 2017.
Une défaite annoncée
Une absence de projet alternatif clair, un(e) candidat(e) qui parviendra tout juste à rassembler une moitié du parti et que l’autre moitié détestera cordialement depuis des années, des petits jeunes qui pourraient trouver leur intérêt dans une nouvelle défaite pour enfin renverser les éléphants : la recette pour une défaite cinglante semble rassemblée. Devant le spectacle des dernières semaines, qui devrait allégrement se prolonger jusqu’en 2011, année du choix du candidat, comment ne pas imaginer que les Français pourraient finalement se passer de l’option socialiste ?
Car le contexte de 2012 sera différent de celui de 2007. Il y a deux ans, François Bayrou pesait un petit 5%. Il partait de très loin et a réussi à devenir un troisième homme qui a espéré se qualifier en finale. En partant de trois fois plus haut en 2012, cela sera une autre histoire. Dès le début de la campagne, la question de l’adversaire de Nicolas Sarkozy se posera et beaucoup d’opposants au président sortant pourront se demander s’il ne vaut mieux pas voter Modem pour changer de président, quelles que soient ses limites.
Bien sûr, un tel exercice de politique-fiction est toujours un peu artificiel. D’autres (Villepin, Dupont-Aignan) peuvent émerger, mais je ne crois pas tellement m’avancer en disant que je ne vois pas comment le Parti Socialiste pourrait gagner l’élection présidentielle de 2012.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2008/12/au-ps-le-nivea...
http://www.liberation.fr/politiques/0101304773-dray-criti...
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, présidentielles 2012, françois bayrou, benoît hamon, martine aubry, ségolène royal, horizons



