03.05.2009

Crise économique : stop ou encore ?

Le contraste ne pourrait pas être plus saisissant. D’une part, le rebond des bourses se poursuit (plus de 8200 points à Wall Street, plus de 3150 pour le CAC 40), de l’autre, la plupart des nouvelles économiques restent fondamentalement mauvaises. Que se passe-t-il ?

Le verre à moitié vide…

Il faut dire que la hausse de la bourse n’est pas forcément bon signe : entre 1929 et 1932, par cinq fois, Wall Street avait connu un épisode de hausse de plus de 20% avant de retomber encore plus bas. Et d’ailleurs, les Etats-Unis ont annoncé que le PIB Américain a baissé de 6,1% en rythme annuel au premier trimestre 2009, après une baisse de 6,3% au quatrième trimestre 2008. En à peine 6 mois, la première économie de la planète a vu sa taille fondre de 3%.

Encore pire, le scénario déflationniste semble se mettre en place puisqu’à fin mars, les prix baissaient de 0,4% sur un an outre-Atlantique, démultipliant la baisse de l’activité. Les chiffres de baisse de la production industrielle donnent le tournis : -13% aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne en mars, -15% en France, -20% en Allemagne et en Italie, -24% en Espagne et –34% au Japon ! Partout, le chômage explose. Bref, la hausse des bourses mondiales semble complètement incongrue et déconnectée de la réalité.

Le verre à moitié plein…

Mais les oiseaux de mauvais augures n’ont pas forcément raison. Ce qui explique le rebond des bourses malgré la publication de ces mauvais chiffres est la conviction que le pire de la crise est désormais derrière nous et qu’il aurait été atteint lors des trois premiers mois de cette année. Bien sûr, le nombre de chômeurs va continuer à augmenter, mais cela ne dérange pas forcément les marchés… En effet, certains indices de confiance remontent : celui des consommateurs aux Etats-Unis comme celui des entreprises en Allemagne.

Le scénario d’une reprise semble se préciser. Le risque déflationniste semble endigué : la baisse des prix devrait être limitée et de courte durée. L’activité pourrait reprendre dès le 4ème trimestre 2009, à la faveur d’un comparatif plus favorable avec l’année précédente. Bien sûr, cette reprise sera financée par une hausse vertigineuse de la dette, bien sûr, le chômage aura augmenté de manière dramatique, bien sûr, aucun déséquilibre de l’économie mondiale ne sera traité, mais le système s’est sans doute sauvé.

Même si on ne peut pas en être complètement sûr, la sortie (illusoire) de la crise se précise. Mais le débat sur la refondation en profondeur du capitalisme reste ouvert. Nous devons veiller à ne pas trop crier au loup sous peine de ne pas être écouté demain dans le cadre de ce débat.

Source : The Economist 2 mai