14.07.2010
La libération de la femme du voile intégral
C’est un beau symbole : la veille de la fête nationale, symbole de libération vis-à-vis de l’ordre royal, l’Assemblée Nationale a voté l’interdiction du port du voile intégral. Même si la conduite du débat reste très contestable, sur le fond, c’est une bonne nouvelle.
Le respect de l’idéal républicain
Le port du voile intégral est totalement inacceptable en France. Outre le fait que son port ne serait pas mentionné dans le Coran et représente une dérive souvent extrémiste de l’Islam, il contrevient à tous les principes de notre République. Bien évidemment, il s’agit d’un signe religieux extrêmement ostentatoire et à ce titre contraire à la vision laïque de notre société. Ensuite, plus fondamentalement, le voile intégral est en contradiction totale avec la devise de notre République.
Le voile intégral est une restriction à la liberté, à la fois parce que certaines femmes qui le portent ne le font pas librement, mais également dans un sens où il pénalise la liberté de ceux qui le portent. C’est une véritable insulte à la notion d’égalité puisqu’il discrimine les femmes par rapport aux hommes, qui ne sont pas affublés d’une telle prison portable. Enfin, c’est évidemment un frein à l’idéal de fraternité tant le voile intégral complique l’intégration dans la société.
Le mauvais travail du gouvernement
Le voile intégral n’est pas soluble dans la République Française et il est inconcevable d’accepter que des citoyens l’utilisent, tant il est contraire à nos valeurs. Son utilisation devrait pouvoir être un cas de déchéance de la nationalité Française et de refus de nationalisation ou même de visa. En ce sens, s’arrêter uniquement à la « dissimulation du visage » n’est pas suffisant. Le voile intégral reste un outil de discrimination contre les femmes inacceptable.
Globalement, le gouvernement a très mal mené ce débat, qui a beaucoup trop duré. On se demande bien pourquoi il faut plus d’un an pour faire une loi sur la burqa et seulement six mois pour réformer les retraites. Les arrière-pensées électoralistes ont trop pesé sur ce débat pourtant nécessaire, sans aucun profit pour Nicolas Sarkozy. Comme d’habitude, le gouvernement a fait beaucoup de bruit par rapport au fond du dossier, privilégiant la communication à l’action.
Cette loi est cependant mieux que rien. Après tout, il est juste que la République marque son opposition à cette prison portable qu’est le voile intégral. Certaines parties des textes restent néanmoins malheureux et le débat aura été très mal mené.
11:22 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : burqa, république
12.07.2008
Le refus de nationalité républicain du Conseil d’Etat
Après l’épisode du mariage annulé sur le principe bien peu républicain de défaut de virginité de la mariée, le Conseil d’Etat remet les pendules de la France à l’heure républicaine en refusant d’accorder la nationalité française à une Marocaine, à cause de ses pratiques religieuses.
Pour la première fois cette pratique religieuse est prise en compte pour l’attribution de la nationalité Française. Le Conseil d’Etat a ainsi statué qu’elle « a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes ». « D'après ses propres déclarations, a souligné la commissaire du gouvernement, elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n'a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille. » Elle estime que ces déclarations sont « révélatrices de l'absence d'adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française ».
Ce jugement pourra paraître dur à l’égard d’une personne mariée à un Français, qui a trois enfants, Français eux aussi. En outre, l’enquête a montré qu’elle parle bien notre langue, une qualité importante pour se voir attribuer la nationalité habituellement. Elle avait invoqué le principe de liberté religieuse et le fait qu’elle n’avait « jamais cherché à remettre en cause les valeurs fondamentales de la République ». Cependant, son comportement montre au contraire qu’elle n’a pas fait sienne les valeurs de notre République et qu’elle n’est absolument pas assimilée à la société, marquant donc un « défaut d’assimilation » qui justifie le refus de lui accorder la nationalité Française.
Le fait de devenir Français doit représenter une adhésion aux valeurs de notre pays, notamment la laïcité et le principe d’égalité des citoyens. Et si la laïcité de l’Etat doit garantir la liberté de pratique religieuse, cette pratique doit également être compatible avec les valeurs de la République. Or ce n’était clairement pas le cas ici puisque la personne concernée ignore tout de la démocratie et du droit de vote, vit recluse et dans une soumission totale aux hommes de sa famille, ce qui est complètement contraire au principe républicain d’égalité entre les citoyens.
Il est extrêmement positif que le Conseil d’Etat rappelle que le fait d’accorder la nationalité française suppose l’adhésion aux valeurs de notre République et que la non adhésion à ses valeurs ne permette pas d’y accéder.
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/11/une-marocaine-en-burqa-se-voit-refuser-la-nationalite-francaise_1072401_3224.html#ens_id=1072404
10:53 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : conseil d'etat, nationalité, le monde, république
12.03.2008
Ce que les critiques contre l’appel de Marianne révèlent
L’appel de Marianne à la « vigilance républicaine » a eu le don de mobiliser le clan sarkozyste pour défendre son chef. Mais, en répondant par la caricature et la victimisation sans jamais répondre sur le fond, ils montrent bien les limites du président.
Après une séquence de deux mois qui a vu le président à la une de tous les journaux people, de l’annonce de sa relation avec Carla Bruni, à leurs nombreux voyages accompagnés de journalistes en passant par le débat sur les bagues de fiançailles et pour finir avec leur mariage, Marianne avait souhaité replacer le débat public sur des questions de fond. C’est avec un ton très modéré que le 14 février, l’hebdomadaire lançait son appel à la « vigilance républicaine ». Cet appel réaffirmait de grands principes partagés par des personnalités de gauche, du centre et de droite : « le refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective », l’indépendance de la presse, la laïcité et une politique étrangère indépendante des Etats-Unis.
Résultat, l’UMP et la presse favorable au président se sont déchaînés contre cet appel et ses signataires. Appel anti-démocratique, comparaison peu flatteuse avec les persécutions contre les juifs, des excès absolument incroyables ont été commis contre un appel pourtant modéré et focalisé sur des éléments de fond dont le débat public avait bien manqué auparavant. Cette semaine, Joseph Macé-Scaron revient dans Marianne sur la tribune de Max Gallo du Point du 28 février pour à nouveau dénoncer cette hystérie qui s’est emparée du clan sarkozyste.
Pourtant, cet appel était le support d’un vrai débat de fond. Débat de fond sur la pratique des institutions par le président. S’il a toujours eu un rôle central dans la Cinquième République, Nicolas Sarkozy a considérablement renforcé la centralisation du pouvoir autour de sa personne par son intervention dans les dossiers ou le rôle étendu qu’il donne à ses conseillers (qui s’expriment dans les média, cas unique depuis cinquante ans). Débat de fond sur la laïcité puisque le président déclare vouloir faire jouer un rôle plus important aux religions dans notre société. Débat de fond sur l’indépendance des médias puisque le président annonce aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron, intervient au Monde, à Libération, à Paris-Match… Débat de fond sur la politique étrangère quand le président veut rapprocher notre politique de celle des Etats-Unis.
Sur toutes ces questions, le président a lancé des débats en marquant la « rupture » qui lui est chère. Marianne souhaitait seulement poursuivre ces débats. Pas une seule des réponses à cet appel n’a porté sur ces quatre sujets importants et pourtant légitimes. Les seules réponses apportées ont consisté à caricaturer cet appel pour en faire un appel pour sauver la république en danger et en se focalisant uniquement sur la mention de la « monarchie élective ». Ces réponses sont profondément malhonnêtes et révèlent surtout un refus de débattre qui est sans doute le signe d’une incapacité à défendre les prises de position d’un président plus prompt aux déclarations cinglantes qu’à la construction de véritables solutions aux problèmes des Français.
En se comportant comme si toute critique du sarkozysme était illégitime par nature, ses partisans se comportent de manière totalitaire et ne font qu’illustrer le premier point de cet appel. Mais ce refus systématique du débat montre surtout la limite des positions du président, qui semblent difficiles à défendre…
Pour signer l’appel : http://www.mesopinions.com/Pour-une-vigilance-republicaine-petition-petitions-c27aaf12a9782a846667a8ca95fd33ae.html
13:51 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, marianne, république



