27.12.2010
Hortefeux, Dati,: les tristes séquelles du sarkozysme
Le problème avec Nicolas Sarkozy, ce n’est pas seulement lui, c’est aussi toutes les personnes qu’il a amenées au pouvoir. Et malheureusement, le mois de décembre a été riche en polémiques inutiles autour des membres du gouvernement.
Brice Hortefeux, le pire de tous
Déjà, avoir un ministre de l’intérieur condamné pour injure raciale est bien triste pour notre République. Mais ce mois-ci, ce multirécidiviste a été condamné pour atteinte à la présomption d’innocence d’un ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie. Tout ceci est d’autant plus déplorable que ce proche de Nicolas Sarkozy occupe des fonctions qui supposent de faire respecter un ordre dont la justice a estimé par deux fois qu’il l’a enfreint dans l’exercice de sa fonction. Pauvre République !
Et ce mois-ci, il s’est également distingué en contestant une condamnation à de la prison ferme à l’encontre de policiers qui avaient fait un faux-témoignage accusant un automobiliste d’homicide involontaire. Il est proprement détestable qu’un membre du gouvernement se désolidarise de la sorte d’une décision de justice, qui plus est pour un fait aussi grave. Le pire est qu’il a persisté et signé, suivant les malheureux exemples de Nicolas Sarkozy quand celui-ci officiait également place Beauvau.
Une chienlit généralisée
S’ils n’atteignent pas le niveau de Brice Hortefeux, les bébés Sarkozy se sont particulièrement illustrés ce mois-ci. Sans doute vexée de ne pas être nommée Secrétaire Générale Adjointe de l’UMP, Rama Yade s’est à nouveau fait remarquer en passant au Parti Radical. Et il est effrayant de voir le comportement des anciens ministres qui critiquent aujourd’hui l’équipe à laquelle ils appartenaient il y a quelques semaines, notamment l’insignifiant Hervé Morin.
Enfin, il n’y a pas eu de trêve des confiseurs à l’UMP. Chantal Jouanno a ainsi suggéré à François Fillon un ticket pour les élections municipales à Paris en… 2014 ! Il est incroyable qu’elle ne se rende pas compte de l’indécence d’une telle proposition, surtout de la part d’un membre du gouvernement. Mais Rachida Dati est venue en rajouter en dénonçant une « agression » et en affirmant que sa rivale n’a « ni bilan, ni idées ». Bonjour l’ambiance dans la fédération UMP de Paris !
Polémiques inutiles, dérapages verbaux bien peu républicains, agressions contre des membres de son propre parti, les bébés Sarkozy reprennent malheureusement tous les travers du président de la République. C’était tristement prévisible mais cela n’en est pas moins triste…
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : brice hortefeux, rachida dati, michèle alliot-marie
08.04.2010
Rumeurs et inconséquence
J’avais décidé de ne pas en parler car ce qui relève de la vie privée doit rester privé et de toutes les façons, il ne s’agit que de rumeurs dont il est probable qu’elles sont infondées. Mais encore une fois, l’entourage de Nicolas Sarkozy a maladroitement mis le sujet sur la table.
La théorie du complot
En effet, ce début de semaine a été l’occasion d’un scénario tellement incroyable qu’un réalisateur de cinéma n’en voudrait pas pour faire un film. Tout s’est accéléré avec le bruit selon lequel Rachida Dati serait responsable de la rumeur sur les déboires conjugaux du couple présidentiel, ce qui aurait provoqué la dérisoire suppression de sa voiture de fonction. Ensuite, tout s’est accéléré mardi avec deux proches du président de la République qui ont publiquement évoqué un complot contre Nicolas Sarkozy et annoncé des suites judiciaires pour « que la peur change de camp ».
Après cette sortie de Pierre Charon, c’est son avocat, Thierry Herzog, interviewé sur RTL qui a affirmé « je ne peux pas exclure une machination ». Rachida Dati est également venue s’expliquer à la radio, ajoutant à la confusion. Puis, devant les réactions peu favorables, finalement, il semble que l’Elysée ait décidé de revenir en arrière, avec l’intervention de Carla Bruni-Sarkozy sur Europe 1 pour dire que les rumeurs sont infondées, qu’il n’y a pas de complot ni d’enquête (ce qui semble contredit par les services secrets) et que Rachida Dati n’est pas en disgrâce.
Amour, gloire et beauté à l’Elysée
Bref, encore une fois, l’Elysée en a trop dit, ne résistant pas à la tentation d’utiliser sa vie privée. Le mandat de Nicolas Sarkozy est décidemment encombré de polémiques indignes de la fonction présidentielle. Entre l’escapade à Disneyland en plein conflit social, le « Carla et moi, c’est du sérieux » de la conférence de presse de début 2008, le dérapage ridicule de Bernard Laporte sur la grossesse de Rachida Dati ou les innombrables blagues du président sur la proximité de la France et de l’Italie (la semaine dernière encore devant les étudiants de Columbia), cette présidence est chaque jour plus ridicule.
Car finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à la « people attitude ». S’il se tient un peu mieux que durant les premiers mois de sa présidence, il continue à exploiter le filon quand cela lui chante. Finalement, les médias Français sont bien généreux de le traiter de la sorte quand on écoute ses digressions et ses mauvaises blagues sur l’Italie, qui n’ont rien à faire dans la bouche d’un président de la République et qui rappellent les blagues qu’Arthur faisait au sujet de sa femme Estelle, ancienne top model elle aussi. Quel spectacle navrant l’Elysée nous offre depuis trois ans !
Il est vraiment navrant que le gouvernement en soit réduit à de telles trivialités à un moment où les conséquences de la crise se font durement sentir pour les Français, à travers le chômage ou la baisse du pouvoir d’achat. Nul doute que cela pèsera lourd en 2012.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, carla bruni-sarkozy, rachida dati, rumeur
17.01.2009
Rachida Dati a-t-elle eu tort de reprendre le travail si rapidement ?
Il y a dix jours, la ministre de la justice faisait son retour au gouvernement et participait au Conseil des Ministres, seulement cinq jours après la naissance de sa fille par césarienne, créant une polémique qui a occupé les devants de la scène médiatique et de la blogosphère.
La parole à l’accusation
Beaucoup de commentateurs ont critiqué le comportement de la garde des sceaux, qui est aujourd’hui une des personnalités politiques les plus médiatisées, autant pour sa vie privée que pour son ministère. Il faut dire que Rachida Dati porte une part de responsabilité non négligeable dans l’attrait des médias à son égard, que ce soit par les unes de la presse people où elle a joué les mannequins en robe de grands couturiers ou par les commentaires qu’elle a laissé filtrer sur « sa vie personnelle compliquée ». On pourrait dire qu’il s’agit d’un simple retour à l’envoyeur.
Les accusations pleuvent. Les uns lui accordent le choix de faire ce qu’elle veut mais se placent du côté de la petite Zohra pour dénoncer entre les lignes une mère indigne. Les autres dénoncent l’exemplarité de son comportement, qui remet en cause l’acquis social du congé maternité. On peut se demander s’il n’est pas important que les ministres soient les premiers promoteurs des lois et dans le cas présent, elle ne respecte pas le minimum de congé maternité légal. Enfin, certaines personnes n’ont pas hésité à dire que cela était le prélude à une véritable remise en cause des congés parentaux.
La parole à la défense
Néanmoins, peut-on considérer qu’une ministre est une personne comme les autres ? Ne s’agit-il pas d’une fonction quelque peu exceptionnelle ? Pour le coup, la ligne de défense de Ségolène Royal est intéressante, même s’il ne faut pas oublier que la candidate socialiste de 2007 se défend également elle-même puisqu’elle avait largement abrégé son propre congé maternité en 1992, n’hésitant pas à poser avec ses dossiers à la maternité.
En outre, même si le cas de Rachida Dati est assez extrême, où dresser la ligne ? Si l’on considère qu’il y a une durée minimum de congés maternité, ne faudrait-il pas une durée maximum de travail pour les parents avec enfants ? Car comment imaginer que deux cadres travaillant 60 heures par semaine peuvent éduquer leurs enfants de la même manière que deux personnes aux 35 heures ? Peut-on imaginer qu’une mère qui est à la tête de son entreprise va prendre les mêmes congés qu’une femme salariée ? La vie est diverse et il est impossible, ni forcément souhaitable, que tout le monde suive la même règle.
En outre, du moment que les droits au congé maternité ne sont pas remis en cause, pourquoi accorder autant d’importance à un comportement individuel ? Si Rachida Dati préfère mener sa vie de la sorte, c’est sa liberté. Du moment que la liberté des autres femmes à utiliser l’ensemble de leur congé maternité n’est pas remise en cause, j’ai du mal à voir le problème. Or, il est évident que ce comportement individuel et exceptionnel ne changera rien au mode de fonctionnement de la société, quoi qu’il soit dit. C’est pourquoi, malgré les polémiques, je crois que cette décision doit uniquement rester la sienne.
Je n’ai aucune sympathie pour Rachida Dati, qui ne me semble pas vraiment être à la hauteur de la fonction qu’elle exerce et est sans doute là où elle est, plus pour ce qu’elle est, que ce qu’elle fait ou a fait. Mais, concernant sa vie privée, je crois qu’il s’agit d’un choix personnel et qu’il doit être respecté.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/01/la-maternit-de...
http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2009/01/13/ra...
http://www.authueil.org/?2009/01/12/1166-ministre-ce-n-es...
11:12 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rachida dati, ségolène royal, congés maternité, zohra



