14.06.2011
Oui au mariage pour tous !
Aujourd’hui, l’Assemblée devrait s’exprimer sur la proposition du Parti Socialiste de modifier le code civil, pour lequel le mariage est réservé aux couples hétérosexuels afin qu’il puisse être contracté par « deux personnes de sexe différent ou de même sexe ».
A droite, les lignes bougent
Il est loin le temps où la droite s’opposait très largement au PACS, laissant Roselyne Bachelot isolée au sein de sa famille, faire un discours émouvant applaudi par la gauche de l’hémicycle. Même si l’UMP conserve en soin sein des députés comme Christian Vanneste ou Brigitte Barèges, qui ne lui font pas honneur par leurs déclarations assez révoltantes, on constate que plusieurs députés de la majorité ont pris ouvertement position en faveur du texte socialiste.
Outre Roselyne Bachelot, Franck Riester a pris publiquement position pour le mariage homosexuel. Le Parti Radical de Jean-Louis Borloo s’est largement exprimé en faveur de cette loi, par la voix de son président, d’Yves Jego ou de Laurent Hénart. Mieux, Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, qui coordonne la rédaction du projet majoritaire pour 2012, s’il ne s’est pas exprimé en faveur du mariage, s’est prononcé pour une égalité de droits entre tous les couples.
Bref, la défection d’une partie non négligeable des rangs de la droite pourrait bien rendre le vote de cette loi assez serré. Les mentalités bougent et si le texte ne passe pas aujourd’hui, cela ne semble qu’une question de temps. Du côté de la blogosphère, on note qu’Authueil s’est également prononcé en faveur du mariage homo dans une note publié samedi et que l’Hérétique est favorable à une égalité des droits, même s’il évoque davantage un contrat d’union civile.
Un véritable progrès sociétal
Il y a encore 18 mois, je n’étais pas favorable au mariage homo. Mais à force d’en discuter, je suis arrivé à la conclusion qu’une telle évolution est absolument nécessaire. Par delà le côté volontiers homophobe des opposants les plus virulents, comme Christian Vanneste ou Brigitte Barèges, qui a fait un parallèle assez répugnant avec la zoophilie, il faut se poser, à mon avis la question du sens de l’autorisation (ou non) du mariage pour tous les couples.
En effet, quel message envoie notre société, notre République en refusant d’accorder aux couples homosexuels le droit de se marier comme les couples hétérosexuels ? Implicitement, cela revient à dire qu’il y a deux poids, deux mesures, qu’il y a des couples de première catégorie et des couples de seconde catégorie. La loi telle qu’elle est aujourd’hui porte un jugement de valeur sur la sexualité en accordant moins de droits aux couples homosexuels.
Et ce jugement de valeur contribue sans doute aux discriminations, moqueries, voir même aux violences portées contre les homosexuels. Il me semble impératif que la République affirme haut et fort qu’elle ne distingue pas ses enfants en fonction de leur sexualité, qu’ils sont égaux en droits et en devoirs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En refusant tout jugement de valeur entre hétérosexualité et homosexualité, l’Etat enverrait un bien beau message de tolérance et de respect.
Nul doute que le mariage homosexuel, ou plutôt, le mariage pour tous, finira par s’imposer, tant il semble gagner l’opinion et une partie grandissante de la classe politique. Et aujourd’hui, si j’étais en position de m’exprimer à l’Assemblée, je voterais en faveur du projet de loi.
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14.01.2010
Vrais et faux procès sur le vaccin contre la grippe H1N1
Depuis quelques semaines, la revente par le gouvernement des doses de vaccin contre la grippe H1N1 domine l’actualité. Cette décision provoque des réactions ironiques ou même très critiques à l’égard de la gestion de cette crise. Mais le gouvernement mérite-t-il le carton rouge que lui donnent certains ?
Les reproches à faire au gouvernement
Il faut dire que l’attitude du gouvernement n’est pas exempte de tout reproche. Comme je l’avais souligné en novembre, Roselyne Bachelot a eu tort de dramatiser à outrance les risques de la grippe H1N1, évoquant des morts foudroyantes de personnes parfaitement saines alors même que les médias soulignent que cette épidémie est sans doute moins dangereuse que la grippe saisonnière. Le décalage entre la réalité et le discours du gouvernement a contribué à attiser les fantasmes.
Résultat, certains évoquent les clauses très particulières des contrats signés par le gouvernement avec les laboratoires pharmaceutiques qui ont fourni le vaccin à la France. Le gouvernement a sans doute été également mal inspiré de ne pas laisser les médecins généralistes pratiquer la vaccination dans un premier temps. Du coup, beaucoup ironise sur l’écart entre les 94 millions de vaccins achetés et les 5 millions utilisés et sur les soldes consécutives à des pays tiers…
Le faux-procès fait au gouvernement
Bien sûr, le fait d’avoir commandé beaucoup trop de vaccins prête à la critique, d’autant plus que dépenser près d’un milliard d’euros en cette période de déficits porte le flanc à une critique de mauvaise gestion des deniers publics. Cependant, il faut aussi se replacer dans l’état d’esprit du gouvernement au printemps 2009, alors que les connaissances que nous avions sur la dangerosité de la grippe H1N1 étaient beaucoup moins grandes. Après tout, il y a des précédents de grippes très graves.
C’est dans ce contexte que le gouvernement Français a préféré jouer la prudence, commandant alors l’équivalent de deux doses par personne puisque c’était ce que les scientifiques estimaient nécessaires. On peut également imaginer que les laboratoires n’auraient pas été prêts à livrer des vaccins développés aussi rapidement sans se protéger juridiquement. Au global, le gouvernement semble avoir pêché par excès de prudence, à un moment où il y avait peu de certitudes.
Certes, le gouvernement n’a pas été parfait et une commission du Parlement permettra de tirer des leçons intéressantes pour l’avenir. Mais au global, mieux vaut appliquer le principe de précaution. Qu’aurait-on dit d’un gouvernement qui aurait vu un peu court si l’épidémie avait été plus dangereuse ?
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : roselyne bachelot, vaccins, grippe h1n1
17.11.2009
Grippe A : le grand doute
Alors que les vaccins sans adjuvant arrivent en fin de semaine, l’enthousiasme des Français pour la vaccination contre la grippe A reste très limité, pour de bonnes, comme des mauvaises raisons…
Les raisons du doute
Paradoxalement, le bruit fait sur cette épidémie, notamment à la rentrée, a sans doute joué contre la campagne de vaccination. Tout d’abord, l’abus de communication peut nuire à la communication. Se voir répéter jour et soir, à la télévision, à la radio et dans les journaux qu’il faut se laver les mains et autres conseils peut finir par lasser et provoquer une réaction d’hostilité, surtout quand il apparaît que cette épidémie ne serait finalement pas plus grave que la grippe habituelle.
Ensuite, d’innombrables rumeurs fleurissent, notamment sur Internet, défendant des théories le plus souvent complètement fumeuses, sur la dangerosité du vaccin et le grand complot dont nous serions les victimes. Même Europe 1, ce matin, se faisait écho des liens de la ministre de la santé avec les laboratoires pharmaceutiques (elle y a travaillé dans les années 70 et 80), insinuant un possible conflit d’intérêt ! Il est surprenant de voir à quel point on peut voir le mal partout.
Une bonne occasion, en partie ratée
Résultat, beaucoup de Français ne souhaitent pas se faire vacciner, malgré les efforts du gouvernement et notamment de Roselyne Bachelot, qui n’a pas hésité à donner de sa personne. Si la ministre a eu raison de mettre en scène sa vaccination, elle est allée un peu loin dans l’évocation des risques, mettant en avant des cas foudroyants et mortels qui restent pour l’instant rares, d’autant plus que l’immense majorité des victimes sont des personnes qui avaient une mauvaise condition physique.
Elle aurait sans doute été mieux inspirée de tenir un discours plus adulte, soulignant que si la grippe A n’est pas aussi virulente qu’on pouvait le craindre, elle présente un vrai danger pour les personnes faibles, et qu’il est donc nécessaire que les personnes en bonne santé se vaccinent pour limiter la propagation et protéger les personnes en moins bonne santé. Un tel discours, plus en phase avec la réalité et la perception qu’ont les Français de la pandémie, serait sans doute mieux compris.
Il est vrai que le travail du gouvernement dans ces circonstances est difficile. Il vaut sans doute mieux en faire un peu trop que pas assez, ce qui explique sans doute le discours très noir de la ministre. Personne ne pourra l’accuser d’avoir minimisé le risque, de ne pas avoir pris des mesures radicales et de ne pas avoir averti la population. Point positif, cet épisode aura eu le bienfait de représenter un test grandeur nature de lutte contre une pandémie pour le gouvernement, ce qui pourra être utile un jour.
Bien sûr, la grippe A ne se révèle pas aussi dangereuse qu’annoncée, ce qui créé un décalage entre ce que fait le gouvernement et la réalité de l’épidémie. Néanmoins, ne vaut-il pas mieux en faire un peu trop que pas assez, surtout quand il s’agit de notre santé ?
11:23 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, roselyne bachelot
30.10.2009
Sus aux acquis fiscaux des sportifs de haut niveau
Hier, l’Assemblée Nationale s’est accordée pour remettre en cause les avantages fiscaux des sportifs de haut niveau. Une véritable avancée républicaine, occasion d’une nouvelle cacophonie entre Roselyne Bachelot et sa secrétaire d’Etat, Rama Yade.
Une juste remise en cause
Il y a quelques années, avait été adoptée une mesure destinée à limiter la fuite des sportifs Français de haut niveau dans les autres pays. Des exonérations fiscales liées à un « Droit à l’Image Collectif » permettaient aux sportifs de payer moins d’impôts. Cela devait à la fois limiter l’évasion dans les pays à fiscalité agressive et favoriser les clubs Français, de football notamment, qui expliquaient que cela était le seul moyen pour eux de conserver des joueurs tentés par les revenus faramineux d’autres championnats.
Cette niche fiscale était particulièrement scandaleuse. Comment peut-on accepter des exonérations partielles d’impôt pour des sportifs qui peuvent gagner des sommes gigantesques ? Cela est d’autant plus choquant que leurs revenus ont explosé depuis 25 ans et que la fiscalité sur les hauts revenus a beaucoup baissé depuis 25 ans également. Il était particulièrement injuste que les sportifs profitent de telles exonérations alors que la grande majorité voit ses revenus stagner.
Roselyne Bachelot a raison, Rama Yade tort
Du coup, comment ne pas être d’accord avec la ministre des sports ainsi que les députés UMP qui ont décidé de supprimer cette exonération fiscale ? En revanche, Rama Yade a de nouveau décidé de faire bande à part en défendant les privilèges des sportifs, qualifiant la mesure de « dangereuse » et assurant qu’elle « nuirait à la compétitivité du sport Français ». Elle a soutenu que cela avait permis le retour de Yoann Gourcuff ou Sébastien Chabal.
La secrétaire d’Etat a principalement été soutenue par des anciens sportifs (David Douillet, Jean-François Lamour) qui semblent se comporter davantage comme des représentants de leur lobby que comme des élus de la République. L’UMP et le gouvernement, par la voix de la ministre, ont heureusement eu raison de remettre en cause cet acquis fiscal injuste. Rama Yade a de nouveau perdu une bonne occasion de se taire en se faisant la déléguée syndicale de cette profession dorée.
Pour une fois, merci donc au gouvernement de rendre l’impôt plus républicain en supprimant cette exonération. On pourrait leur suggérer également de se poser des questions sur le traitement des exilés fiscaux en Suisse ou à Monaco.
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : acquis fiscaux, sportifs, rama yade, roselyne bachelot, david douillet, jean-françois lamour
10.10.2009
Le Red Bull, problème sanitaire ou politique ?
Jeudi soir, Envoyé Spécial a diffusé un reportage engagé mais également édifiant sur la boisson énergisante qui déclenche la polémique depuis des années. Autant que les problèmes de santé, le cas Red Rull est aussi révélateur de problèmes plus politiques.
Le Red Bull pose-t-il un problème pour la santé ?
Le moins que l’on puisse dire est que le reportage n’était pas vraiment neutre. Si les journalistes reconnaissaient qu’il n’y a pas de preuves directes du danger du Red Bull, ils ont néanmoins évoqué plusieurs études indiquant un risque potentiel. Une étude sur les souris montrerait que la consommation de Red Bull pouvait provoquer une automutilation des rongeurs. Malheureusement, le reportage ne mentionnait pas les quantités impliquées, élément pourtant important...
Une autre étude conduite sur des hommes indiquerait que la prise de Red Bull tend à rapprocher le rythme cardiaque de patients sains de celui de personnes au cœur malade, notamment quand il est associé à la vodka. Enfin, les journalistes sont revenus sur une polémique passée dans les pays nordiques, où le Red Bull a été accusé d’avoir contribué à la mort subite et sans explication de jeunes en parfaite santé. Le reportage comprenait notamment l’interview de la famille d’une victime et d’un médecin.
Il est cependant dommage de ne pas avoir davantage cherché à expliquer pourquoi le Red Bull pourrait poser problème. En effet, on aurait aimé en savoir plus sur la taurine et ses effets, sur le niveau de caféine contenu dans cette boisson et les éventuels dangers d’une trop grande consommation. Enfin, il est dommage de ne pas avoir donné la parole à la défense, même s’il est vrai que Red Bull refuse tout commentaire, ce qui ne facilitait pas la tâche des journalistes.
Et si le Red Bull était un problème politique ?
Ce problème n’a été évoqué que très brièvement, à la fin du reportage. On y voit Roselyne Bachelot, ministre de la santé, expliquer qu’elle n’était pas favorable à la commercialisation du Red Bull en France, conformément au principe de précaution évoqué notamment par l’AFSSA. Elle révèle ensuite les raison pour lesquels le gouvernement Français, qui avait résisté pendant plus de dix ans à la boisson aux taureaux rouges, a fini par céder à la pression de l’entreprise autrichienne.
Les raisons sont simples : suite à une directive européenne, Red Bull, dont la commercialisation était autorisée dans de nombreux pays de l’Union, pouvait poursuivre la France pour interdiction abusive. La marque autrichienne demandait 300 millions d’euros et avait toutes les chances de les obtenir. Selon les dispositions légales en place, il revenait à la France de prouver la nocivité du produit interdit et non pas au producteur de prouver son innocuité.
Comment ne pas être choqué par le fonctionnement actuel du marché européen ? Les entreprises peuvent maintenant opposer le droit communautaire aux principes de précaution des Etats. Les multinationales utilisent aujourd’hui la législation européenne pour faire plier les Etats dans un surprenant renversement des pouvoirs. Pourtant, ne devrait-on pas considérer les Etats suffisamment légitimes pour choisir s’ils acceptent la commercialisation d’un produit ?
Ce reportage appelle deux conclusions. Il est urgent de conduire une étude pour établir, ou non, l’innocuité du Red Bull. Deuxièmement, on peut se demander si l’Europe ne marche pas sur la tête en permettant à des multinationales d’imposer leurs intérêts à la volonté souveraine d’Etats démocratiques.
11:04 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : red bull, envoyé spécial, afssa, roselyne bachelot
17.03.2009
Que faire contre les déserts médicaux ?
Comme dans la plupart des pays, la liberté d’installation des médecins aboutit à des déséquilibres dans l’offre médicale sur l’ensemble du territoire, certaines zones rurales se retrouvant avec un déficit chronique de praticiens. Comment assurer le service public de la santé dans de telles conditions ?
Un vrai problème pour les zones rurales
Les médias regorgent d’exemples de petites villes qui manquent cruellement de praticiens et qui doivent parfois avoir recours à des médecins étrangers pour assurer la succession du précédent, parti à la retraite. La réduction du numerus clausus au début des années 1980 a malheureusement créé une pénurie dont les zones rurales sont les premières victimes. Certaines municipalités et conseils généraux utilisent ainsi des méthodes originales pour attirer des jeunes médecins : bourse ou logement de fonction.
L’examen de la loi Bachelot a ravivé ce débat, au sein même de l’UMP comme du PS puisque certains élus proposent des solutions assez radicales pour assurer le service public de la santé. Certains proposent en effet que les médecins généralistes soient contraints d’exercer 2 à 3 ans dans une zone rurale alors que d’autres préfèrent utiliser des méthodes plus douces, d’encouragement à l’installation dans les zones rurales ou en poussant les médecins de zone dense à y faire des vacations.
Roselyne Bachelot sur la bonne ligne
Pour une fois, je me retrouve en accord avec la ligne du gouvernement. La position de la ministre de la santé me semble juste et pragmatique : juste parce qu’elle n’impose pas aux jeunes médecins d’exercer dans un site précis de manière arbitraire, mais pragmatique parce qu’elle cherche à mettre à place suffisamment de mesures pour combattre les déserts médicaux. Le projet actuel me semble atteindre le bon équilibre entre la liberté d’installation des médecins et le nécessaire service public.
Certains pourront soutenir que s’agissant d’un service public et d’un métier bien rémunéré, il pourrait revenir à l’Etat de décider de l’implantation géographique des jeunes médecins. Cependant, les hommes ne sont pas comme des scanners. Il n’est pas humainement acceptable d’imposer aux médecins un lieu de résidence contre leur volonté. Cela ne sera profitable à personne car un médecin coupé de ses racines contre sa volonté sera forcément moins bon pour ses patients.
Alors, bien sûr, c’est la façon dont l’éducation nationale fonctionne. Tous ceux qui ont des amis ou de la famille dans le corps enseignant connaissent des exemples de personnes envoyées à des centaines de kilomètres de leur ville d’origine ou d’étude. Certains peuvent trouver ce brassage géographique républicain. A titre personnel, je le retrouve irrespectueux des jeunes professeurs qui sont coupés de leurs racines, de leurs amis alors qu’ils débutent leur carrière et en auraient sans doute bien besoin.
Pour une fois, je vais plutôt me retrouver du côté de ceux qui défendent la liberté individuelle. Mais je crois que dans ce cas précis, l’intérêt général consiste à respecter les individus et leur donner les meilleures facilités pour s’installer plutôt que de leur imposer une implantation qu’ils ne souhaitent pas.
Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/03/03/04001-20090303...
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : déserts médicaux, roselyne bachelot



