07.02.2009
Barack Obama vire à gauche
C’est Paul Krugman qui doit être content ! Alors que l’équipe économique du nouveau président était jugée centriste aux Etats-Unis, son coup de gueule contre les bonus des banquiers et sa proposition de limiter les salaires des dirigeants des entreprises aidées par l’Etat marquent un vrai tournant à gauche.
Le virage dirigiste de l’administration Américaine
Barack Obama avait déçu certains de ses soutiens en choisissant une équipe économique très libérale, comprenant notamment Paul Volcker, ancien président de la Fed ou Laurence Summers, ancien membre de l’équipe de Bill Clinton. L’hebdomadaire ultralibéral The Economist avait alors soupiré d’aise en soulignant qu’il avait écarté des « gauchistes » comme Robert Reich ou Paul Krugman. Bref, la remise en cause du système économique actuel ne semblait pas devoir être à l’agenda du nouveau président des Etats-Unis, malgré tous les espoirs qu’il avait pu soulever.
Mais depuis quelques jours, le président Obama tient des propos très durs qui pourraient indiquer un véritable virage dirigiste. Il a dénoncé le caractère « honteux » des 18 milliards de dollars de bonus distribués par les banques Américaines en 2008 malgré la crise et le soutien massif des autorités publiques. Encore plus fort, il vient d’annoncer qu’il souhaitait limiter le salaire des employés des entreprises secourues par l’Etat à 500 000 dollars annuels, alors que certains dirigeants touchaient plus de 10 millions auparavant, doit une réduction de plus de 95% !!!
Une France plus libérale que les Etats-Unis !
Quand on ajoute à ces annonces le fait que le président a annoncé le plus grand plan de relance des pays occidentaux avec 800 milliards de dollars (soit près de 6% du PIB) et que l’administration Américaine s’est retrouvée contrainte de nationaliser plusieurs institutions financières, on constate que les Etats-Unis ont adopté une réponse beaucoup plus dirigiste à la crise qu’une France dont le plan de relance reste limité, où le gouvernement prête aux banques au lieu de rentrer dans leur capital et où les postures de Nicolas Sarkozy ne trouvent pas de traduction en mesures concrètes.
C’est ainsi que Laurence Parisot a dénoncé la proposition de Barack Obama de limiter les salaires des dirigeants des entreprises aidées car elle juge « qu’il faut laisser à l’entreprise la liberté de fonctionner » ! Il n’est pourtant pas compliqué de constater que si les Etats avaient laissé leur liberté aux marchés, l’ensemble du secteur financier aurait fait faillite. En outre, comment ne pas constater l’indécence de dirigeants qui touchent des milliards de l’Etat pour sauver leurs entreprises de la faillite et qui refusent de remettre en question des rémunérations aussi élevées ?
Ce virage à gauche du président Américain ne préjuge pas de la réponse qu’il apportera à la crise mais elle représente néanmoins un véritable espoir que le sommet du G20 ne servira pas seulement à sauver le système mais également à le refonder. Rendez-vous en avril.
Source : http://www.lefigaro.fr/marches/2009/02/04/04003-20090204A...
http://fr.news.yahoo.com/75/20090205/ten-laurence-parisot...
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, salaires, 500 000 dollars, laurence parisot, paul krugman



