01.10.2009

L’espoir venu d’Allemagne

Bien sûr, la victoire d’Angela Merkel et son alliance avec les libéraux du FDP représentent un frein à la réforme du système économique à l’échelle européenne. Néanmoins, ces résultats peuvent ouvrir la voie, à moyen terme, à une nouvelle coalition porteuse d’une véritable alternance.

La révolution au SPD

Les socio-démocrates sont les grands vaincus du scrutin. L’ancien membre de la grande coalition a perdu plus de 10 points et ne pèse plus désormais que 23% de l’électorat, son plus mauvais score. En revanche, Die Linke, à près de 12% a fait une percée qui impose une révision des rapports entre les deux partis. Et c’est bien ce débat qui a été tranché de manière sans doute définitive lors de la réorganisation de la direction du parti cette semaine.

Exit l’aile la plus libérale, héritière du chancelier Schröder. Le patron du SPD, Franz Müntefering, a annoncé qu’il quitterait la direction. Et le candidat à la chancellerie, Franck-Walter Steinmeier, qui espérait prendre le parti malgré la défaite, a perdu. C’est une alliance de l’aile gauche et du centre qui a imposé une rénovation que les héritiers de Schröder voulaient éviter. Cela propulse Sigmar Gabriel à la tête du SPD et ouvre la voie à une alliance nationale avec Die Linke.

Enfin une alternative pour l’Allemagne

Le passage de Gerhard Schröder a en effet eu pour conséquence de limiter les choix de l’Allemagne. C’est lui qui a mené une politique radicale de soumission à la globalisation avec son agenda 2010 de modération salariale pour retrouver une plus grande compétitivité. Si cette politique a permis à l’Allemagne de gonfler son excédent commercial, elle a surtout signifié une stagnation, voir une baisse des salaires, et la plus faible croissance de toute la zone euro depuis 10 ans avec l’Italie.

Quand l’ancienne garde de Schröder était à la tête du SPD, les Allemands se retrouvaient sans véritable alternative à la politique de la CDU, finalement pas plus libérale. Aujourd’hui, avec un SPD qui se déporte sur la gauche et une alliance CDU-CSU-FDP qui devrait adopter un agenda plus libéral, il est probable que l’Allemagne retrouve un véritable choix entre deux politiques vraiment différentes. Et l’impasse que représente la politique de soumission à la globalisation pourra enfin être renversée.

Bien sûr, le vote de dimanche représente une victoire pour le camp du statut quo économique. Mais ce vote représente un espoir pour tous ceux qui souhaitent un changement car le contexte politique Allemand semble désormais permettre une véritable alternance, même s’il faudra attendre 2013…

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/09/30/01003-20090930ARTFIG00460-apres-la-defaite-les-tetes-tombent-au-spd-.php