29.05.2008

La guerre des chefs accélère au parti socialiste

La semaine dernière, Bertrand Delanoë a fait un nouveau pas vers la candidature au poste de premier secrétaire du parti socialiste. Mais la contre-attaque de Ségolène Royal a été bien organisée. Malheureusement, la forme l’emporte largement sur le fond.

Le maire de Paris se retrouve un peu dans la position de Ségolène Royal il y a deux ans : favori des sondages mais officiellement candidat à rien. Pourtant, son offensive médiatique ressemble furieusement à celle d’un candidat à la reprise du parti socialiste. La sortie d’un livre par un homme politique est toujours un événement majeur. Dans le cas présent, le choix de se présenter comme « socialiste et libéral » est un véritable positionnement, qui semble bien destiné à créer de la substance pour une candidature, substance à même de rassembler l’aile droite du parti. Mais ce positionnement osé de héraut des libertés sociales, s’il plaira sans doute aux bobos parisiens, est très loin des préoccupations de l’électorat populaire. Reste à savoir s’il est à même de l’aider à capturer le PS.

Le moins que l’on puisse dire est que Ségolène Royal a bien organisé sa contre-attaque. Visite à Gandrange, aide aux marins pêcheurs, multiples déclarations contre le positionnement de son adversaire (« je ne pense pas qu’on puisse être socialiste et libéral au 21ème siècle ») : la contre-attaque de la candidate à la présidentielle lui a permis de contrecarrer l’offensive médiatique de son rival. On pourra en revanche difficilement ignorer le cynisme de ses interventions, notamment sur le libéralisme de Bertrand Delanoë dont elle sous-entend qu’il porte sur l’économie. Comme Alain Duhamel l’a bien souligné lundi sur RTL, la définition qu’elle donnait de « libéralisme » dans son livre « Maintenant » était bien proche de celle de son rival… Alors qu’elle aurait pu entamer un débat intéressant entre autorité et liberté, elle préfère les accusations tendancieuses et malhonnêtes.

En fait, ce combat des chefs est très révélateur de la réalité du parti socialiste aujourd’hui. Entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, tout n’est que question de positionnement politique pour prendre le pouvoir. Plutôt que de proposer des solutions aux questions que se posent les Français, le maire de Paris prend une posture osée et marquante pour faire parler de lui et prendre le PS par la droite, tout en prenant des précautions en parlant de régulation de l’économie et d’autorité. Résultat, Ségolène Royal fait semblant de mal comprendre, attaque cette acceptation supposée du libéralisme économique et vire à gauche. Ce simulacre de débat d’idées est absolument navrant car il n’y a en réalité aucun débat de fond entre les deux principaux prétendants au poste de premier secrétaire.

Le Parti Socialiste entre dans une phase de décomposition où un pseudo débat idéologique sert de voile pudique pour camoufler ce qui n’est qu’une guerre des ambitions. Cela promet jusqu’au congrès !

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/328187.FR.php