15.07.2011
Des présidentielles entre clarifications et complications
Avec l’élimination définitive de DSK et l’élection d’Eva Joly comme candidate pour les Verts, la situation semble se simplifier. Cependant, les incertitudes des primaires socialistes et de sondages très contradictoires compliquent encore l’analyse de la situation.
Sondages et complications
Coup sur coup, deux sondages ont été publiés et si certaines données sont cohérentes, ce n’est pas le cas d’autres points où les différences peuvent même sembler totalement aberrantes. En effet, les deux sondages (LH2 pour Yahoo et Ipsos pour France Télévisions) indiquent une remontée de Nicolas Sarkozy entre 21 et 24% selon les scénarios. De même, ils confirment l’avance des candidats socialistes sur le président sortant au premier comme au second tour.
Pourtant, pour Ipsos, les deux favoris des primaires socialistes font le même score (29%) alors que LH2 accorde 3 points de moins à la première secrétaire. Mais les deux s’accordent pour un second tour entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen en cas de candidature de Ségolène Royal, ce qui devrait définitivement plomber sa seconde tentative. Bizarrement, Ipsos voit Marine Le Pen stable entre 17 et 18% quand LH2 la voit en baisse de 2 à 5 points, entre 15 et 13%.
Pire, les deux sondages présentent des configurations contradictoires pour le centre. Pour LH2, François Bayrou prend les devants avec 10 à 11% (et même 13% avec Ségolène Royal) en gagnant 3 à 4 points, dépassant Jean-Louis Borloo alors qu’Ipsos affirme l’exact inverse, à savoir un essoufflement du président du Modem, à seulement 5% contre 7% pour Eva Joly et 8% pour l’ancien ministre de l’environnement. Les deux s’accordent sur la baisse de Villepin.
D’incertaines conclusions provisoires
Même si Nicolas Sarkozy remonte, ses scores demeurent extrêmement faibles car il est littéralement écrabouillé au second tour par les candidats socialistes et c’est bien lui qui reste menacé pour la présence au second tour. En outre, on ne voit pas bien comment il pourrait renverser la vapeur. Il n’est pas inintéressant de constater le plafonnement ou la baisse de Marine Le Pen, qui ne parvient clairement pas à dépasser l’étiage haut du Front National.
Toute la question réside dans la capacité d’émergence d’un quatrième homme, qui pourrait devenir le troisième, voir même le second. Si l’on croît LH2, François Bayrou pourrait espérer. En effet, il ne faut pas oublier qu’il était parti à 3/4 % en 2007 avant d’atteindre plus de 18% au premier tour. En outre, avec plus de 20% dispersé sur quatre candidats au centre, cet électorat pourrait se cristalliser sur un seul de manière à jouer la qualification pour le second tour.
A moins que la surprise ne vienne d’ailleurs. NDA et Jean-Pierre Chevènement restent faibles, mais c’est totalement logique étant donnée leur faible présence médiatique. Pourtant, leurs idées sont aujourd’hui de plus en plus populaires, comme l’a montré le sondage sur le protectionnisme ou le référendum sur le TCE. Du coup, ils pourraient bien être les surprises de cette élection. Et la jeunesse du président de Debout la République pourrait bien en faire la révélation de 2012.
Si le rejet de Nicolas Sarkozy est confirmé, le maintien du Front National à la périphérie de notre vie politique semble bien confirmé malgré tous les efforts de Marine Le Pen. La surprise viendra-t-elle alors du centre et de son unification ou d’un candidat alternatif ? Le contexte exige théoriquement le second…
11:00 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, dsk, eva joly, sondages, lh2, ipsos, nicolas sarkozy, martine aubry, françois hollande, marine le pen, nicolas dupont-aignan, françois bayrou, jean-louis borloo, jean-pierre chevènement
25.05.2011
Nicolas Sarkozy peut-il être réélu ?
L’élimination surprise de Dominique Strauss-Kahn de la course à la présidentielle pouvait sembler avantager la réélection de Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que de nouveaux sondages indiquent à nouveau des chiffres inquiétants pour lui. Peut-il vraiment être réélu ?
Une démonétisation profonde
Bien sûr, il ne s’agit que d’un sondage, onze mois avant l’élection, et après un événement totalement exceptionnel qui peut biaiser les résultats. Néanmoins, que l’ectoplasmique François Hollande soit donné gagnant avec 62% des voix au second tour est extrêmement inquiétant pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’un adversaire, qui, s’il est assez sympathique et cherche à être « l’anti-bling-bling », manque singulièrement de profondeur et ne fait pas spécialement président.
En fait, les dernières semaines démontrent que le président de la République est profondément démonétisé. Après avoir beaucoup trop parlé, promis, fait puis défait, les Français ne croient plus Nicolas Sarkozy. Ils commencent à tout interpréter en sa défaveur, comme on a pu le voir sur la Lybie ou DSK. Quelque chose semble cassé, profondément. Définitivement ? Et ce ne sera pas le bilan de son quinquennat qui lui sera d’un quelconque secours début 2012…
L’espoir à l’Elysée
Cependant, beaucoup craignent les talents du candidat Nicolas Sarkozy. Après tout, il a été un très bon candidat de 2002 à 2007, sachant même faire un virage important et stratégique à un an de l’élection en intégrant Henri Guaino pour se recentrer politiquement. En outre, on peut toujours craindre que la campagne pour les primaires socialistes finisse mal et que l’affrontement des ambitions finisse par abîmer le candidat, surtout si c’est un François Hollande peu apprécié qui l’emporte.
Bien évidemment, on peut craindre le pire au PS : les camarades socialistes ne sont guère plus tendre avec l’ancien premier secrétaire qu’avec son ancienne compagne. En outre, Nicolas Sarkozy peut chercher à instrumentaliser certaines questions (immigration, insécurité) où les socialistes ne sont pas à l’aise. Et ce n’est pas François Hollande qui pourra réconcilier les classes populaires avec un parti de plus en plus tenté par les abandonner définitivement.
Le nouveau Giscard ?
Certes, il existe aujourd’hui de vraies raisons pour croire que Nicolas Sarkozy peut être réélu. Pourtant, en prenant du recul, je me dis que cela est très hautement improbable. Les sondages de cette semaine expriment pour moi un très puissant rejet du président en place. Il est tout de même incroyable que 62% des Français expriment leur préférence pour François Hollande ! Et la droitisation du président lui fait perdre à la fois des voix à sa droite et au centre.
Bref, en 2012, Nicolas Sarkozy sera un président avec un mauvais bilan (rien de très concret à vendre), qui aura trop parlé, trop promis, se sera trop agité, aura fait et défait dans un tourbillon sans queue ni tête. En outre, tout le monde pourra lui rappeler ses nombreux dérapages. Enfin, du fait de sa victoire dès sa première candidature en 2007, il semble avancer vers la campagne dans une bulle, sans se remettre en question, comme Valéry Giscard d’Estaing il y a trente ans.
Bien sûr, il est possible que je me trompe, mais aujourd’hui, comme il y a quinze jours, je pense que Nicolas Sarkozy devrait être largement battu en 2012. Il est totalement démonétisé et je crois que la campagne abîmera celui qui sera lui aussi devenu le nouveau candidat du passif.
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06.03.2011
Marine Le Pen, fille de Nicolas Sarkozy et du PS
Aujourd’hui, un sondage du Parisien donne Marine Le Pen en tête du premier tour, avec 23% des voix, contre 21% à Nicolas Sarkozy et Martine Aubry. Quelles peuvent être les conséquences de l’ascension du Front National ?
Recomposition au sein des grands partis
Tout d’abord, il faut dénoncer l’indécence de Martine Aubry qui attribue la montée du FN au seul Nicolas Sarkozy. Bien sûr, le président est en partie responsable (débat sur l’identité nationale, sur l’immigration, réforme de l'ISF, bilan de son quinquennat…), mais le PS aussi, par-delà le rôle de François Mitterrand qui dans les années 1980. Le fait que le FN devance le PS démontre les immenses carences des socialistes, leur absence de crédibilité et la vacuité de leur discours.
L’ascension de Marine Le Pen va simplifier la donne au sein des grands partis. Le PS va forcément choisir le candidat qui semble offrir la meilleure chance d’être au second tour, DSK. Tout autre choix reviendrait à prendre le risque d’être éliminé dès le premier tour. Certes, il perdra à gauche, mais il mordra sur l’électorat du centre. Martine Aubry risquerait, elle, de perdre des deux côtés. Mieux, il semble probable que les Verts renonceront à une candidature dans un tel contexte.
A droite, cela pourrait renforcer Nicolas Sarkozy, qui dispose d’un socle de fidèles plus solide pour passer le premier tour, contrairement à ses rivaux. En outre, qui voudrait aujourd’hui y aller à la place du président sortant, qui de toutes les façons, a sans doute déjà fait son choix, comme il transparaît depuis l’automne ? Du coup, il sera aussi plus difficile pour Dominique de Villepin d’y aller, coincé entre DSK et Bayrou, et qui pourrait être accusé de faire le jeu du PS et du FN…
Le FN, l’assurance-vie du PS et de l’UMP
Certes, il serait très humiliant pour les partis qui se partagent le pouvoir d’être éliminés par le Front National du second tour de la présidentielle. Cependant, le Parti Socialiste y a survécu, sans la moindre remise en question. Après tout, l’irruption du FN dans la vie politique de notre pays il y a trente ans n’a rien changé à la bipolarisation du pouvoir. Certes, il y a trois pôles électoraux, mais le pouvoir ne peut être pris que par les socialistes ou l’UMP quelques soient les circonstances.
Mieux, le Front National est le moyen de teinter de manière suspecte toute idée un peu alternative qu’il reprend à son compte : la critique de l’europe ou de l’euro, le protectionnisme, l’idée de frontières… Et son poids rend plus difficile l’émergence d’une alternative républicaine. Que serait devenue la candidature Chevènement sans la présence de Jean-Marie Le Pen en 2002 ? Nul ne le sait… Ce parti protestataire est paradoxalement devenu l’assurance-vie du système.
Une opportunité pour les alternatifs ?
Certains pourront se décourager devant la percée de Marine Le Pen et estimer que NDA, Chevènement ou Mélenchon sont condamnés à des seconds rôles en 2012. Et si c’était le contraire ? Après tout, sa percée dans les sondages reflète deux choses : le ras-le-bol des Français à l’égard des socialistes et de l’UMP mais aussi sa présence médiatique beaucoup plus importante que celle des alternatifs républicains. Or ce second point changera en 2012.
La campagne présidentielle leur permettra d’émerger car le temps de parole des petits candidats est important. Du coup, les Français découvriront qu’il existe des alternatives républicaines à l’UMPS et qu’ils ne sont pas obligés de voter pour un parti extrémiste. Mieux, tout le système médiatique, effrayé par la montée en puissance du FN, pourrait finir par se demander s’il ne serait pas mieux de nous donner un peu plus la parole pour que le FN ne représente pas seul l’alternance.
Marine Le Pen est peut-être le Chavez (de droite) de notre pays. A tous les Lula de se battre pour montrer aux Français qu’il y a d’autres réelles alternatives possibles à l’UMP et au PS car à court terme, elle ne peut pas accéder au pouvoir. Et à moyen terme, qui le souhaite vraiment ?
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15.08.2010
Le boomerang des sondages sur la sécurité
Avant de partir en vacances, le gouvernement a lancé une grande offensive médiatique sur la sécurité visant à faire oublier les affaires et à préparer la campagne de 2012. Un sondage orienté du Figaro semblait indiquer que la stratégie avait fonctionné, jusqu’à un autre sondage, de Marianne.
A malin, malin et demi…
Il n’y avait pourtant pas besoin d’être un grand spécialiste de la vie politique pour deviner l’issue de la séquence « sécurité » du gouvernement. Dès les annonces du gouvernement, j’avais souligné qu’il était probable que les mesures annoncées avaient été testées avant d’être rendues publiques. Prise séparément, il n’était pas vraiment étonnant qu’elles soient populaires. N’oublions pas que les réponses sont données sans un véritable temps de réflexion.
Il y a une semaine, je concluais un autre papier sur le sujet de la manière suivante : « je rêve qu’un contre-sondage soit organisé pour bien montrer à quel point il faut relativiser les résultats de celui du Figaro. Le bilan serait sans doute beaucoup moins glorieux pour le gouvernement… ». J’en avais rêvé, Marianne l’a fait. Les résultats sont spectaculaires : à peine 27% des Français pensent que la politique de sécurité menée depuis 2002 est plutôt efficace contre 69% d’un avis opposé.
Même les sympathisants de droite sont une majorité à condamner les résultats de Nicolas Sarkozy : 53% contre 45%.... 73% des Français attribuent une part de responsabilité aux inégalités sociales contre 47% qui citent l’immigration. Bref, derrière l’agitation verbale et législative du gouvernement, et malgré des annonces calibrées pour plaire à l’opinion, le discours du gouvernement ne prend pas et les Français condamnent largement le bilan des huit dernières années.
Des conséquences imprévisibles
Nicolas Sarkozy semblait vouloir jouer en grande partie sa réélection sur les questions de sécurité intérieure. Ce sondage montre qu’il s’agit d’un pari hautement incertain puisqu’à peine un quart des Français jugent sa politique efficace dans le domaine. Après, il est dommage de ne pas avoir testé la crédibilité du Parti Socialiste par rapport à celle de l’UMP dans la lutte contre l’insécurité. Si l’écart est encore important, la carte n’est peut-être pas perdue, mais cela serait très difficile.
Bref, Nicolas Sarkozy jouerait avec le feu en enfourchant le cheval de la lutte contre l’insécurité en 2012. Sa perte de crédibilité dans ce domaine a toutes les chances de le disqualifier définitivement (à moins qu’il reste nettement préféré au Parti Socialiste, ce qui n’est pas totalement impossible). Du coup, en agitant ce débat, il pourrait favoriser une poussée du Front National et alors subir le même sort que celui de Lionel Jospin en 2002 : être éliminé dès le premier tour.
Merci à Marianne pour ce sondage qui montre l’intelligence des Français, qui ne confondent pas l’agitation gouvernementale avec de l’efficacité. Le « No-Sarkozy day » d’avril 2012 pourrait bien être radical…
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, insécurité, sondages, marianne
08.08.2010
Sondages et insécurité
Circulez, il n’y a plus rien à voir : comme le titre le Figaro, « sécurité : les annonces de la majorité plébiscitées ». Même le Monde se laisse complètement piéger par la communication du gouvernement en envisageant « la fin d’un clivage ». Essayons de prendre un peu de recul…
Un bel exercice de communication ?
Nicolas Sarkozy doit être bien content. Au premier regard, les annonces sécuritaires d’il y a quelques jours ont parfaitement rempli leur mission. Elles ont permis de faire oublier quelques temps l’affaire Woerth-Bettencourt et elles sont largement approuvées par les Français puisqu’un sondage du Figaro montre que 55 à 89% de la population est d’accord avec les mesures proposées par le gouvernement. La gauche est inaudible et la presse de gauche évoque sans réfléchir une montée du racisme et convoque la presse de gauche de l’étranger pour attaquer le chef de l’Etat.
Il est assez incroyable que Le Monde tombe à ce point dans le piège du président de la République. Evoquer le racisme quand 70% des Français sont favorables à la déchéance de la nationalité Français pour les ressortissants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme est ridicule. Est-ce que près de trois-quarts des Français seraient racistes ? Est-ce que déclarer être favorable à une telle mesure dans un sondage (c’est-à-dire avec un temps réduit de réflexion) revient à être raciste ? Décidemment, une certaine gauche monte trop vite sur ses grands chevaux.
Et c’est d’autant plus dommage qu’il y a tant d’angles d’attaque contre les annonces démagogiques de la majorité. Tout d’abord, on peut souligner qu’il s’agit d’une mesurette (combien y-a-t-il de tels meurtres par an ?). Ensuite, que la sanction n’aura sans doute aucun impact sur le comportement des agresseurs qui doivent être bien au-delà de ces considérations pour en arriver à tirer sur des forces de l’ordre. Autrement, il est aussi possible de souligner le mauvais bilan en matière de sécurité de Nicolas Sarkozy, comme je l’ai fait, ou comme Juan l’a fait de manière plus détaillée sur son blog.
Sondages et relativité
Que le Figaro utilise ce sondage de manière triomphante pour prouver la pertinence de la stratégie élyséenne n’est pas vraiment une surprise. Mais que le Monde y réagisse avec un tel premier degré est hallucinant. Heureusement que le papier se termine sur un commentaire affirmant que « cela ne signifie pas que l’opinion soit convaincue que ces mesures seront efficaces ». Car un peu de recul devrait faire prendre ce sondage avec des pincettes. Il est probable que les mesures avaient déjà été testées avant d’être annoncées, comme je l’avais souligné.
Ensuite, un fort degré d’accord avec des mesures prises séparément et qui ne semblent pas trop poser débat (à part les deux ans de prison pour les parents de jeunes délinquants) à une oreille peu attentive ne signifie rien. Il n’est pas difficile d’imaginer un sondage dont les résultats seraient désastreux pour le gouvernement. A la question « Pensez-vous que l’augmentation des violences aux personnes, passées de 390 à 460 mille de 2004 à 2010 est la conséquence de la crise ou de la politique inadaptée du gouvernement ? », plus de 80% des Français incrimineraient sans doute la seconde…
Sans être aussi biaisé, je serais curieux de savoir si les Français pensent que la politique du gouvernement en matière de sécurité est efficace ou s’il a une stratégie claire par opposition au fait de n’être qu’une collection d’annonces médiatiques. On pourrait glisser également la baisse des effectifs pour influencer les résultats. Attention à ne pas prendre les résultats du sondage du Figaro pour un blanc-seing, qu’il n’est pas. Après, pour être honnête, outre le pourcentage de Français qui font confiance à Nicolas Sarkozy sur l’insécurité, il serait aussi intéressant d’avoir le chiffre pour le Parti Socialiste…
Bref, je rêve qu’un contre-sondage soit organisé pour bien montrer à quel point il faut relativiser les résultats de celui du Figaro. Le bilan serait sans doute beaucoup moins glorieux pour le gouvernement…
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10.12.2009
Nicolas Sarkozy tourne à vide
C’est le Figaro qui l’annonçait hier : dans un sondage à paraître dans Paris-Match, la côte de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon est au plus bas depuis mai 2007. La méthode du président semble ne plus du tout fonctionner depuis la rentrée.
Une impopularité redoutable
Pourtant, le contexte devrait être relativement favorable. L’opposition est déchirée par des querelles de personnes qui rendent l’alternance guère désirable, comme le montre aussi ce sondage. Et le contexte économique, s’il n’est guère radieux avec la forte montée du chômage, est moins noir qu’il y a quelques mois puisque nous sommes sortis de la récession, que la France va un peu mieux que la moyenne des pays européens et que les perspectives économiques s’améliorent.
C’est pour cela que la défiance grandissante des Français à l’égard de Nicolas Sarkozy est redoutable. 61% des Français désapprouvent son action. Ce taux dépasse 70% chez les jeunes ou dans les classes populaires, dont le divorce avec le candidat de la rupture semble désormais définitif. La relative tenue du président dans les sondages ne doit qu’à la fidélité de l’UMP et des séniors, qui ne voient aucune alternative crédible ou désirable. Bref, à mi-mandat, la déception est forte.
Une méthode à bout de souffle
Nicolas Sarkozy s’était inspiré des « spin doctors » de Tony Blair pour sa communication en suivant le principe d’une annonce par jour pour garder le contrôle de l’agenda médiatique, occuper tout le terrain et avoir en permanence un coup d’avance sur les journalistes et l’opposition. Cette méthode a été relativement efficace pendant quelques mois, mais elle révèle aujourd’hui ses limites. En fait, elle démonétise la parole du président, dont la rareté faisait la valeur.
Comme le souligne Yann Barthès, Nicolas Sarkozy a déjà prononcé 519 discours depuis son accession au pouvoir. Résultat, ses prises de parole n’ont plus forcément le même impact et il est désormais facile de pointer les innombrables contradictions ou répétitions entre ses différents discours, ce qui dévalorise plus encore sa parole. En outre, à force de vouloir faire l’évènement, le président lance des débats mal ficelés, comme celui sur l’identité nationale, qui lui revient dessus comme un boomerang.
La première partie de la présidence Sarkozy est bien terminée. L’essoufflement de sa méthode est telle que cela imposera un nouveau départ. Mais il sera très difficile de parvenir à construire une histoire un tant soit peu crédible et cohérente après cette première partie…
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06.06.2009
Pourquoi voter Debout la République le 7 juin
Certes, je suis à la fois juge et parti, mais à la veille de cette élection cruciale pour notre mouvement, je dois expliquer pourquoi il est important d’aller voter demain et plus encore de choisir un bulletin de Debout la République afin de soutenir notre combat.
Un potentiel électoral sous-évalué
Légitimement, certaines personnes qui partagent notre combat se posent la question de l’utilité de voter pour une liste qui ne rassemble qu’1% des suffrages, comme l’annoncent les sondages aujourd’hui. Même si les attaques contre les sondages n’apportent pas grand-chose au débat, il faut préciser que la méthodologie employée par les principaux instituts sous estime grandement notre score. Ils testent en général les noms des partis avec les noms des têtes de liste régionale.
La méthodologie est légitime mais elle revient à sous-estimer considérablement notre potentiel puisque ni le nom de notre parti, ni le nom de nos têtes de liste ne sont connus. En revanche, le nom de Nicolas Dupont-Aignan est beaucoup plus connu. C’est pourquoi le nom des listes comporte le nom de notre président, ce qui nous permet de mettre son nom sur les bulletins dimanche. Or, en mentionnant son nom, notre potentiel électoral tournerait plutôt autour de 4%, nous permettant d’envisager d’avoir un élu en Ile de France.
Un vote utile aujourd’hui
Atteindre 3% nationalement serait une immense réussite pour un parti qui avait à peine présenté une soixantaine de candidats aux législatives en 2007, dont seulement une quinzaine avaient dépassé la barre du 1%. Même si Debout la République reste un petit parti, c’est un petit parti qui monte, rapidement même. Et puis, il est important d’atteindre le cap des 3% pour le financement de la campagne. En outre, un tel score, parfaitement atteignable, ferait de DLR une force politique qui compte.
Debout la République représente aussi une véritable alternative à la politique européenne suivie depuis un quart de siècle. Nous nous opposons à l’Europe technocratique et irrespectueuse des peuples et voulons construire une Europe des Etats démocratique. Nous souhaitons que le projet européen remette l’économie au service de l’homme au lieu de l’asservir aux excès de la finance. Enfin, nous souhaitons construire une Europe à la carte et riche de sa diversité au lieu du monstre bureaucratique uniformisateur.
Demain, il sera important d’aller voter. Voter Debout la République permet non seulement d’exprimer la volonté de construire une Europe radicalement différente, mais également de soutenir un parti qui pourra, après demain, représenter une bien nécessaire force d’alternance.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes, debout la république, nicolas dupont-aignan, sondages
31.05.2009
Européennes : manipulations sondagières, suite
Décidément, certains journalistes n’apprennent rien. Alors qu’ils pourraient parler du débat d’idées (PAC, frontières de l’Europe, institutions, protectionnisme, leçons de la crise…), certains préfèrent toujours commenter les variations non significatives des sondages.
L’oubli de la marge d’erreur
Pour un sondage réalisé sur un millier de personnes, la marge d’erreur est de 2 à 3%. Pourtant, certains articles continuent de commenter des mouvements d’un point comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique digne d’un prix Nobel. La palme revient sans doute à ce sondage du Monde , qui mesure l’impact de la réunion rassemblant Martine Aubry et Ségolène Royal. L’article parle d’un « léger rebond (…) au détriment du Modem » alors que les mouvements enregistrés (1 point) ne sont pas significatifs.
Bref, le journaliste commente des chiffres qui n’ont aucun sens. Mais l’autre problème est également le biais de certaines questions. En effet, dans le cas de Debout la République (très peu connu), sont testés les noms des têtes de liste avec le nom du parti, sans mention de Nicolas Dupont-Aignan alors que les sondages mentionnant son nom nous place plutôt à 4%. Résultat, ces mauvais sondages sont brandis pour éviter de nous inviter, dans un cercle vicieux machiavélique. Prélude à une bonne surprise le 7 juin ?
Un biais terrifiant
Comme en 2005 lors de la campagne référendaire sur le Traité Constitutionnel Européen, la majorité des médias ont un biais important. À l’époque, 90% des journaux appelaient à voter « oui », dont une grande partie de manière unilatérale et sans nuance, avec le succès que l’on sait. Il n’est donc sans doute pas surprenant que beaucoup de « oui-ouistes » préfèrent ignorer les véritables débats de fond pour se concentrer sur des commentaires inutiles sur des variations sondagières non significatives.
Et ce traitement indigent de la campagne doit également beaucoup aux trois premiers partis de France. Nicolas Sarkozy multiplie les contre-feux entre insécurité et Claude Allègre. Le Parti Socialiste, lui, essaie de capitaliser sur l’impopularité de Nicolas Sarkozy et avance des arguments plus incohérents les uns que les autres. Quant à François Bayrou, il préfère également se projeter en 2012 et s’opposer au président puisqu’il a voté comme lui tous les traités qui sont passés depuis 25 ans…
Oui, cette campagne électorale est très décevante. Elle a commencée trop tard pour éviter de donner du temps aux petites listes de monter et reste souvent cantonnée à des polémiques stériles sur les sondages ou des questions annexes. Le camp du « oui » en 2005 veut en tirer une forme de revanche.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, sondages, le monde
25.05.2009
Européennes et manipulations sondagières
La plupart des sondages politiques ont des marges d’erreur de 2 à 3 points. Pourtant, la plupart des médias continuent de faire des gros titres sur des mouvements d’un seul point, non significatifs. Un nouvel exemple des limites des sondages préélectoraux et des commentaires qu’ils engendrent.
Des commentaires complètement abusifs
Il y a une dizaine de jours, la plupart des médias titraient sur la percée de l’UMP et la baisse du Parti Socialiste. Pourtant, quand on regardait les détails, les mouvements de sondages étaient généralement d’un petit point. Or la marge d’erreur de sondages portant sur un millier de personnes est de 2 à 3 points, ce qui rend donc les variations commentées non significatives. Pire, quel intérêt accorder aux variations sur les moins de 30 ans, sachant que l’échantillon ne devait pas dépasser les 200 individus ?
Les leçons de l’élection présidentielle de 2002 n’ont donc pas été retenues. Pourtant, la surprise du 21 avril 2002 devrait inciter les journalistes à plus de distance vis-à-vis des chiffres donnés par les sondages politiques. Et surtout, les marges d’erreur devraient être davantage mises en avant pour donner du recul à ces chiffres bruts. Malheureusement, les leçons de l’histoire politiques ne sont pas retenues et on continue à commenter des chiffres qui ne devraient pas l’être.
Des biais partisans un peu trop visibles
Mais outre ces interprétations abusives de mouvements sondagiers non significatifs, il y a également des biais partisans choquants. Comment ne pas voir un biais pro gouvernemental dans la présentation des sondages des derniers jours qui donnaient pourtant un seul point de plus à l’UMP ? De même, alors que le Modem s’est imposé comme la troisième formation politique du pays, la tonalité des commentaires et le temps de parole accordé au parti de François Bayrou ne sont pas en rapport avec son poids.
Mais le cas de Debout la République est également choquant. L’astuce des instituts de sondages pour sous-estimer notre parti ? Très simple : il suffit de tester uniquement le nom du parti sans lui accoler le nom de Nicolas Dupont-Aignan, beaucoup plus connu dans l’opinion. Résultat, alors que les sondages mentionnant son nom pointe nos listes à 4%, ceux qui ne le mentionnent pas évoquent seulement 1 à 2%. Et comme nous ne sommes qu’à 1 ou 2%, nous ne sommes pas invités dans les médias…
Cette campagne des élections européennes est une des plus mauvaises campagnes des dernières décennies : à la fois beaucoup trop limitée dans le temps et cantonnée à des commentaires sur le fait que les Français ne s’y intéressent pas ou sur les sondages…
Source : http://www.lefigaro.fr/elections-europeennes-2009/2009/05...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, sondages, debout la république
16.04.2009
Ce que dit la popularité de Jacques Chirac
Dans la nouvelle livraison du baromètre politique de Paris-Match, Jacques Chirac est désormais l’homme politique français le plus populaire, avec 74% de bonnes opinions. Un regain de popularité qui en révèle beaucoup sur l’état d’esprit des Français.
Jacques Chirac ou l’anti-Nicolas Sarkozy
Au premier abord, on pourrait se dire que ce regain de popularité n’a pas de grande signification. Après tout, l’ancien président de la République est à la retraite, sans avenir politique possible et il refuse toute déclaration publique. Jacques Chirac aurait dit « moins j’en fais, plus je monte ». Cependant, avec un peu plus de recul, il est difficile de ne pas voir dans cet hommage à notre précédent président de la République une forme de critique à l’égard de l’actuel résidant de l’Elysée.
En effet, comment ne pas voir dans la popularité de Jacques Chirac un désaveu contre la « rupture » promue par Nicolas Sarkozy ? Tout les oppose désormais. Quand l’un parlait peu, n’hésitait pas à braver des foules hostiles, tout en restant courtois en toute occasion, se faisait discret sur sa vie privée et appelait en toute circonstance au rassemblement, l’autre est omniprésent, s’entoure de militants UMP, cède parfois à la vulgarité, étale sa vie et manie en permanence la confrontation.
Mais cette opposition de style se retrouve également sur le fond. Le président qui laissait une place à son gouvernement a été remplacé par un « omni président ». Celui qui savait s’opposer aux Etats-Unis lors de la guerre en Irak a fait place à un homme qui trouvait que la position de la France en 2003 était arrogante et qui a rejoint le commandement militaire intégré de l’OTAN. Et à celui qui s’effaçait modestement derrière des Français qu’il servait a succédé un super héros qui ne parle que de lui.
Ce que cela révèle sur notre vie politique
Et le fait que trois quarts des Français ait une bonne opinion de l’ancien président de la République est d’autant plus intéressant que Nicolas Sarkozy distille depuis deux ans des flèches bien peu républicaines et indignes de son rang à l’égard de son prédécesseur. Il ne manque jamais de dire que rien de bien n’aurait été fait depuis le Général de Gaulle. Il a même évoqué les « rois fainéants » lors des vœux du début de l’année pour justifier son « omni présidence », dans une allusion transparente.
Et le fait que celui que l’actuel locataire de l’Elysée persiste à critiquer soit de plus en plus populaire est une forme de désaveu cinglant à son égard. Plus Nicolas Sarkozy s’agite, plus Jacques Chirac est populaire, ce qui montre bien les limites de l’agitation permanente du président actuel. Comment ne pas y voir une forme de regret à l’égard de la façon dont l’ancien maire de Paris présidait le pays, de manière rassembleuse, respectueuse, grave, solennelle, posée, bref l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui.
Mais cette popularité de l’ancien président de la République dit également quelque chose de l’état de l’opposition. En effet, il est singulier que ce soit l’ancien mentor de l’actuel résidant de l’Elysée qui soit l’homme politique le plus populaire. Cela signifie sans doute que les Français n’arrivent pas à se fixer sur des personnalités socialistes qui n’arrivent pas à incarner une véritable alternance au régime actuel. Cela montre peut-être que l’alternance ne passera pas forcément par le PS.
Quelles que soient ses limites, la popularité actuelle de Jacques Chirac est sans doute sa meilleure revanche à l’égard des déclarations vachardes et infantiles de son successeur, une forme d’hommage à sa façon de faire de la politique par rapport à l’agitation égotique et parfois vulgaire qui règne aujourd’hui.
Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Popularite-Jacqu...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : jacques chirac, nicolas sarkozy, sondages



