29.03.2009
Stocks-options de diversions
Que je sois clair, les pratiques de quelques patrons lors de cette crise sont réellement détestables. Mais l’attention qui est accordée à ces dérives individuelles ne finit-elle pas par servir un système en détournant l’attention de ses carences et de sa réforme ?
Des pratiques choquantes qu’il faut bien sûr sanctionner
Bien sûr, quand on apprend que les dirigeants d’AIG prévoyaient de distribuer plus de 100 millions de dollars de bonus à ses dirigeants alors que leur action a contraint les autorités américaines à injecter plus de 170 milliards d’argent public, on ne peut qu’être choqué. Cela rappelle les pratiques des dirigeants de certaines banques d’affaire qui se sont empressés fin 2008 de distribuer des bonus qui n’avaient pas lieu d’être vu l’énormité de leurs pertes qui a contraint l’Etat à les aider.
En France, le débat est relancé presque tous les jours depuis deux semaines par de nouvelles révélations sur les rémunérations, bonus et stock-options de nombreuses entreprises. Après la Société Générale, cette semaine a vu une polémique éclater au sujet des rémunérations des dirigeants de Gaz de France, après des hausses de tarif douloureuses pour les Français. Enfin, le Crédit Agricole, qui a reçu 3 milliards de prêts de l’Etat, a lui aussi été contraint de revoir le « package » de ses dirigeants.
Une diversion habile de questions plus importantes
Ces innombrables polémiques ont malheureusement remplacé les débats sur la réforme du système économique. Nicolas Sarkozy ne s’y est pas trompé et a d’ailleurs enfourché le cheval de bataille de la « moralisation du capitalisme » pour prendre une posture populaire. Il va mettre en place un décret pour encadrer les rémunérations des patrons des entreprises qui sont aidées par l’Etat, reprenant une idée de Barack Obama qu’il avait pourtant moquée quand le président américain l’avait évoquée.
En fait, cette focalisation sur les pratiques détestables de quelques individus peut révéler une différence d’analyse fondamentale de la crise. En effet, en agissant de la sorte, les tenants du système font implicitement porter le chapeau à quelques comportements individuels, évitant toute remise en cause d’un système économique auquel ils croient toujours. Résultat, ils jettent un voile habile sur les débats portant sur la nécessaire remise en ordre commerciale, financière et monétaire.
Bien sûr, il est parfaitement normal de s’indigner et d’être en colère face à ces dérapages. Mais attention de ne pas tomber dans le panneau de ceux qui veulent exonérer le système économique actuel de ses faillites et ainsi le protéger de toute réforme qui pourrait le remettre en cause.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/03/la-rglementer-...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : stock options



