24.01.2010
La démocratie étasunienne s’abîme au Massachussetts
Un an après son investiture, l’étoile de Barack Obama faiblit à grande vitesse dans l’opinion. La perte du siège jadis occupé par Ted Kennedy est un revers majeur pour le président mais elle démontre également toutes les limites des institutions des Etats-Unis.
Une défaite majeure pour les démocrates
La victoire d’un républicain au Massachussetts est plus qu’une défaite pour le président. Elle est un camouflet dans un Etat foncièrement démocrate qui n’avait pas eu de sénateur du Grand Old Party depuis des décennies, et où il y avait nettement plus d’inscrits démocrates que républicains. En effet, cela signifie aujourd’hui que la base républicaine se mobilise davantage que la base démocrate et que les indépendants ont rejoint en masse le parti de l’éléphant.
En outre, comme l’ont bien expliqué la plupart des journalistes, l’élection d’un 41ème sénateur républicain n’est pas anodine. En effet, le fonctionnement du Sénat des Etats-Unis permet à une minorité de bloquer un projet de loi, à moins que 60 sénateurs sur 100 ne s’y opposent. Auparavant, comme les deux sénateurs indépendants avaient tendance à voter avec les démocrates, Barack Obama disposait de cette majorité qualifiée. Désormais, les républicains peuvent tout bloquer.
Une démocratie faible
On peut tout de même se demander ce qui a pu se passer par la tête des concepteurs des institutions étasuniennes. En effet, ce dispositif, qui permet à une minorité d’imposer sa loi à une majorité, est d’autant plus choquant que le fait d’accorder deux sénateurs à tous les Etats produit une Assemblée où la minorité de blocage peut ne représenter qu’à peine plus de 10% de la population. En outre, cela accentue la pratique du « pork barrel » où les élus échangent leur soutien contre des financements…
Cet épisode illustre un autre travers de la démocratie étasunienne : le pouvoir de l’argent dans la politique. Des millions de dollars ont été dépensé en spots publicitaires, avec des outrances qui feraient passer Nicolas Sarkozy pour un modéré. Pire, la Cour Suprême étasunienne vient tout juste de lever les limites au financement des campagnes électorales nationales par les entreprises, ce qui va encore renforcer le pouvoir des lobbies, comme l’a justement dénoncé Barack Obama.
Bref, la démocratie étasunienne est malade de ses outrances, de l’influence de l’argent, du poids des lobbies, de l’avalanche des contre-pouvoirs qui font que chaque élu monnaye durement son vote, au détriment de l’intérêt général.
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, sénat, etats-unis, ted kennedy



