20.01.2010
Une baisse de la délinquance en trompe-l’œil
La semaine dernière, le gouvernement a pu une nouvelle fois s’auto-satisfaire des statistiques de la délinquance. Pourtant, comme depuis 2002, la réalité est beaucoup moins rose qu’il ne l’annonce…
Le précédent de 2002-2007
Lors de la campagne présidentielle de 2007, j’avais déjà mis en évidence (comme beaucoup d’autres) que le bilan du ministre de l’intérieur n’était pas si bon que cela. En effet, l’analyse des statistiques du ministère de l’intérieur relativisait sérieusement la baisse continue du nombre de crimes et délits, en chute de 9% de 2001 à 2006. En effet, cette évolution s’expliquait essentiellement par la diminution importante des vols de voitures et des cambriolages, du fait du meilleur équipement des ménages.
En réalité, les violences aux personnes avaient alors largement progressé, puisque « les autres coups et blessures (non liés à un homicide) » étaient passés de 116 à 164 mille, soit une progression de 41% ! Nicolas Sarkozy n’avait pas vraiment réussi à terroriser les dealers puisque les délits liés aux stupéfiants avaient progressé de 65% en cinq ans ! Bref, le bilan de Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur était mauvais, ses coups de menton et son agitation législative n’ayant rien arrangé.
Mêmes causes, même effets
Rien n’a changé depuis 2007. Certes, la délinquance globale continue à diminuer, mais cette baisse ne concerne que les atteintes aux biens, comme le montre cet article. Les violences aux personnes, les plus dures, les plus pesantes pour la société, continuent de progresser fortement (+2.8% en 2009, après +2.4%). Bref, depuis 2002, les Français sont presque chaque année moins en sécurité que l’année passée, signe certain de l’échec de la politique de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité.
Et cet échec n’est pas vraiment surprenant. Le président ne fait que surfer sur l’actualité, dégainant un projet de loi à chaque fois qu’un fait divers émeut un peu trop l’opinion. En revanche, on serait bien à la peine pour définir la politique globale du président de la République pour réduire la délinquance, si ce n’est la rhétorique martiale. Par exemple, le gouvernement ne fait pas grand-chose pour restaurer l’autorité à l’école, lieu où il est pourtant essentiel que les élèves apprennent qu’il y a des limites.
Nous pourrions également nous inspirer des pratiques anglo-saxonnes qui ont fonctionné, comme la tolérance zéro. Partant du principe que la tolérance à l’égard des délits mineurs est un encouragement aux délits plus graves, la municipalité de New York avait décidé de sanctionner la moindre incivilité. Cela ne signifie pas une peine de prison pour des motifs bénins, mais l’attribution de petits travaux d’intérêt général pourraient mettre un peu de plomb dans la cervelle aux délinquants.
Depuis presque huit ans, Nicolas Sarkozy pratique une politique de grandes annonces qui ne mène à rien. Presque tous les ans, la sécurité des personnes se dégrade en France mais le gouvernement ne fait pas grand-chose. Une réalité que les Français perçoivent de plus en plus.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : une baisse de la délinquance en trompe-l’œil



