04.06.2011
La énième fausse solution à Athènes
La situation continue à se compliquer en Grèce. Bien sûr, un accord a été trouvé avec la troïka FMI, la BCE et la Commission Européenne, ce qui va libérer une tranche de financement de 12 milliards du plan initial de 110 milliards, qui sera complété par une soixantaine de milliards. Mais rien n’est réglé.
Un énième plan d’austérité
C’est un nouveau plan d’austérité de 6,4 milliards d’euros (environ 2,5% du PIB, l’équivalent de 50 milliards d’euros pour la France), qui a été décidé. Cela devrait permettre d’atteindre l’objectif d’un déficit public de 7.5% du PIB cette année, après l’échec de 2010, où l’objectif de 8.1% du PIB avait été largement dépassé (10.5% en réalité). Du coup, la nouvelle tranche de financement du FMI et de l’Union Européenne va bien être accordée à la Grèce.
La troïka a également mis en place un financement complémentaire de 60 à 65 milliards, dont 20 milliards seront pris en charge par l’Union Européenne, 10 par le FMI, 15 par la Grèce. Fait nouveau, les banques devront contribuer à hauteur de 15 à 20 milliards à savoir qu’elles devront prolonger d’ici à 2014 pour 15 à 20 milliards d’euros de prêts accordés à la Grèce quand ils arriveront à échéance. A priori, les besoins de financement de la Grèce sont couverts pour 3 ans.
Pour l’instant, nous restons donc sur les mêmes solutions que depuis un an. L’Allemagne, qui poussait à une restructuration de la dette qui ferait porter une partie du poids sur les institutions financières, a perdu devant l’opposition conjointe de la France, de la BCE et de la Commission Européenne. L’Europe continue d’acheter du temps, sans rien résoudre, et continuant à transférer le risque des institutions financières privées sur les contribuables européens…
Une situation qui reste intenable
Car si ce nouveau plan achète à nouveau du temps, il ne résout rien à la situation du pays. Tout d’abord, rien dans ce qui a été décidé ne va permettre à la Grèce de sortir de la violente récession dans laquelle le pays est plongé depuis trois ans. Et ce n’est pas en serrant plus encore la vis budgétaire que la situation va s’améliorer. Nous devrions donc avoir bientôt un deuxième pays européen, après l’Espagne avec un taux de chômage supérieur à 20%.
Et puis, il est évident que ces plans ne font qu’acheter du temps. Il est probable que dans un ou deux ans, quand une bonne partie des nouveaux crédits auront été utilisés, que le pays sera toujours en récession, que le poids de sa dette aura alors dépassé les 160% du PIB, il sera toujours impossible à la Grèce de se financer sur les marchés. Que fera-t-on alors ? L’Europe demande aux Etats de jeter de l’argent dans un puits sans fond alors même qu’elle leur demande plus de rigueur…
D’ailleurs, il y a un fait très inquiétant pour la suite : les Grecs retirent de l’argent de leurs banques pour se protéger d’une éventuelle faillite ou d’une dévaluation. Les dépôts, continuent à baisser : les Grecs ont retiré pour 1,5 milliard d’euros en une seule journée. Cette fuite des capitaux pourrait provoquer l’effondrement du système bancaire dans un mouvement auto réalisateur des marchés. Il y a fort à parier que le gouvernement va être contraint d’agir pour sauver ses banques…
Bref, l’ensemble des faits montre aujourd’hui que la Grèce est définitivement sur le chemin de l’Argentine, comme Martin Wolff l’a souligné une fois de plus. Les « solutions » mises en place ne règlent que le problème de trésorerie sans rien régler aux problèmes de croissance et de solvabilité.
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07.04.2011
L’Union Européenne, antisociale et anti-démocratique
Les évènements que nous vivons en Europe depuis une année ont un immense mérite. Les masques tombent sur la réalité du projet européen tel qu’il est conçu aujourd’hui : antisocial et anti-démocratique. La probable hausse du taux directeur de la BCE le confirme à nouveau.
Une Europe antisociale
Je reste absolument perplexe quand je vois des gens se disant de gauche réaffirmant leur attachement à l’Union Européenne (ou les communistes défendre l’euro). Comment peuvent-ils ne pas comprendre que le projet européen véhiculé par les différents traités signés depuis vingt-cinq ans est fondamentalement antisocial ? Pourtant, les Français avaient bien compris, la gauche apportant une majorité des troupes qui avaient voté « non » en 2005.
Voici un petit parallèle assez frappant : selon un rapport de la Commission, les pays européens ont consacré 4589 milliards d’euros au sauvetage des banques. Certes, trois quarts de ces aides sont des garanties qui n’ont pas été activées, mais cela montre bien quelle a été la priorité lors de cette crise. S’il fallait sans doute sauver les banques, aucune réforme significative du secteur financier n’a été entreprise en contrepartie. Du coup, les mêmes excès reviennent…
En outre, quand on entend Jean-Claude Trichet dire qu’augmenter les salaires « est la dernière bêtise à faire », il y a de quoi être révolté et avoir des envies de révolution. L’entendre prendre la défense des classes populaires est risible tant cet homme porte une part de responsabilité dans la hausse du chômage sur le continent. Le projet européen, c’est un projet qui, sous couvert de recherche de compétitivité, veut présider à une grande régression sociale.
Une Europe anti-démocratique
Mais le pire est que cette Europe cherche également à graver dans le marbre ces politiques et les « protéger » de l’aléa démocratique. Il ne faut pas voir autre chose dans la volonté, en 2005, d’inscrire dans le TCE que « la concurrence libre et non faussée » est un objectif de l’Union. Un libéral démocrate pourrait en faire un moyen, mais en aucun cas une fin qui ne peut pas être remise en cause. Passons également sur le processus très contestable de ratification du traité de Lisbonne.
Malheureusement, il s’agit d’une constante. C’est ainsi que la politique monétaire a été soigneusement confiée à un aréopage de technocrates sans responsabilité politique, moyen d’isoler ce pan essentiel des politiques économiques de l’influence de la démocratie. Et maintenant, c’est la politique budgétaire qui devrait être doublement encadrée : par des limites constitutionnelles aux déficits et également par un examen des budgets nationaux par la Commission Européenne.
Mais en mettant sous une tutelle de plus en plus forte les décisions politiques (quand on ne les retire pas carrément des mains du gouvernement, comme pour la monnaie), ce projet européen vide la démocratie de sa substance. Certes, il y a toujours des élections, mais les gouvernements nationaux ont toujours moins de marges de manœuvre dans ce carcan toujours plus étroit et contraignant. Le projet européen étouffe lentement mais sûrement la démocratie.
Mais comme on le voit dans les pays arabes, quand on ajoute régression sociale et manquements démocratiques, les peuples finissent par se révolter, comme en Grèce. Ici, ce sera dans les urnes. Mais plus on attendra, plus la révolte sera brutale et incontrôlable.
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27.09.2010
Une autre Europe : comment y arriver ?
C’est une question classique et légitime qui doit se poser aux alternatifs. Est-il possible de construire cette Europe que nous appelons de nos vœux et si oui comment ? Après les propositions extrêmement intéressantes de Jacques Sapir, voici ma contribution au débat.
La position particulière de la France
La France, comme l’Allemagne, a une position particulière en Europe. Nous sommes les deux premières puissances économiques du vieux continent. Notre voisin d’outre-Rhin est la première et nous devrions prendre cette place dans quelques décennies du fait de notre démographie. Géographiquement, nous sommes les deux pays qui sont au cœur de l’Europe, contrairement à la Grande-Bretagne, l’Espagne ou l’Italie qui sont à la périphérie.
Notre pays est sans doute celui qui est le plus important pour le projet européen, étant donné que nous avons la seule frontière physique de la péninsule ibérique, le seul lien terrestre avec le Royaume-Uni et que nous avons aussi une frontière avec l’Allemagne et l’Italie. Nous sommes le carrefour des cinq premières puissances du continent. Un marché unique n’aurait strictement aucun sens si la France n’y participait pas car nos frontières ne peuvent pas être contournées.
C’est pour cette raison qu’une France déterminée pourrait presque tout obtenir d’un coup de force vis-à-vis de nos partenaires européens. Si nous nous retirions de l’Union Européenne, le projet européen en lui-même s’effondrerait très probablement. Un ultimatum raisonnable - préservant un délai de négociation suffisant - et crédible - si nos partenaires comprenaient bien que nous quitterions l’UE faute d’accord - nous mettrait dans une position très forte.
Comment négocier une autre Europe ?
Un nouveau Président de la République élu sur un clair mandat de rupture avec la globalisation néolibérale et supranationale devrait naturellement s’emparer du sujet de la réforme de l’Europe au tout début de son mandat, dans les tous premiers jours après la formation de son gouvernement. Il devrait donner à nos partenaires un délai de un an pour négocier un nouveau traité (en partant d’une feuille blanche) et annoncer que la France quitterait l’Union Européenne en cas d’absence de résultat.
Dans un souci d’efficacité, la France aurait tout intérêt à entamer des discussions avec les grands pays européens (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume Uni et Pologne) pour essayer de parvenir à un premier accord sur des grandes lignes avec eux avant de poursuivre les négociations avec les autres pays. Je crois également qu’il serait normal et souhaitable d’avoir une discussion préliminaire avec l’Allemagne pour donner une chance au lien spécifique que nous avons avec ce pays.
Naturellement, dès l’annonce de ces discussions, un certain nombre de mesures conservatoires devraient être prises et notamment une monétisation de la dette car il est probable que les taux longs s’envoleraient. En outre, la sortie de l’euro devrait être préparée. Comme l’évoque Jacques Sapir, l’article 16 de la Constitution offre une possibilité d’agir supplémentaire. Il serait sans doute bénéfique d’utiliser également le référendum pour associer les Français à cette révolution.
Et si la négociation échoue ?
C’est une question qui doit se poser car il est possible que nos partenaires n’acceptent pas nos demandes et même que l’Union Européenne survive à la sortie de la France (même si cela me semble hautement improbable). Dans ce cas, la France pourra parfaitement poursuivre son chemin en dehors de l’Union Européenne, comme la Norvège ou la Suisse en reprenant son indépendance dans tous les domaines autrefois confiés à l’Europe.
Dans tous les cas (que l’UE explose ou non), la France devrait aussi envisager de créer un nouveau projet européen de coopérations à la carte entre Etats souverains. Nous devrions le présenter en priorité à l’Allemagne avec laquelle nous pouvons construire beaucoup étant donnée certaines proximités entre le capitalisme rhénan et notre colbertisme par opposition au modèle anglo-saxon. En cas d’échec, nous pourrions nous replier vers un projet d’Europe Latine.
Réformer l’Europe ne sera pas facile. Cela dépendra de deux choses : une volonté inflexible d’en finir avec le modèle supranational et néolibérale mais pour construire une nouvelle Europe, il faudra aussi y ajouter une envie sincère de bâtir un nouveau projet.
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24.09.2010
Une autre Europe, ma contribution
Après avoir résumé les griefs que l’on peut faire à la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui, puis considéré que l’Europe peut être utile pour la France, il est important de détailler un peu plus ce que pourrait être une autre Europe.
Une Union des Etats Européens (UEE)
Les mots ont un sens. Le passage de la Communauté Economique Européenne à l’Union Européenne marquait un virage vers plus d’intégration, en dépassant le simple cadre économique. Il est frappant de noter que dans le choix des acronymes européens, nulle référence n’est faite aux Etats, comme si la construction européenne devait forcément dissoudre les nations qui la composent. C’est pourquoi il me semble crucial que le prochain acronyme y fasse référence.
Dans la construction telle que je l’imagine, la souveraineté des Etats n’est jamais remise en question. L’UEE n’est animée que par un secrétariat (sur le modèle des Nations Unies), qui assure simplement la coordination des politiques européennes et nationales. Ce secrétariat est composé du ministre des affaires européennes de chaque pays, qui siège pour moitié dans son gouvernement et pour moitié au sein de cette nouvelle instance européenne, basée à Rome.
Ce secrétariat remplace avantageusement la Commission Européenne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la structure est beaucoup plus légère. Ensuite, il ne s’agit pas d’un embryon de gouvernement technocratique mais simplement d’un organe de coordination politique. On peut imaginer que chaque secrétaire se voit confier un domaine où il coordonne les réunions des ministres européens concernés (agriculture, finance…).
A minima, les grands pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Pologne) ont un droit de veto ou de retrait sur toute politique communautaire de manière à respecter leur souveraineté, y compris sur la question des normes. La cour de justice est supprimée puisque le droit européen n’est pas supérieur au droit national. Le parlement peut être conservé (à Strasbourg uniquement), comme une Assemblée consultative représentant les différents parlements.
Une Europe à la carte
Le deuxième changement fondamental est de passer d’une logique normative et unificatrice globale à une logique de coopérations souples et à géométrie variable. L’adhésion à l’UEE n’implique aucune obligation hormis, éventuellement une politique de développement visant à aider les pays les moins avancés ou l’adhésion à un système monétaire. Les Etats peuvent choisir un menu à la carte (monnaie, agriculture, industrie…) en fonction de leur souhait, et pour une durée déterminée.
Ainsi, chaque projet (qui peut être entrepris à 2 comme à 27) implique la création d’une agence pour une période donnée, un financement donné avec les pays volontaires. Ces agences peuvent soit fonctionner à l’unanimité, soit reconnaître, a minima, un droit de veto pour les grands pays. Ainsi, l’Europe pourrait accoucher de deux agences différentes pour développer la géothermie si les pays ne parviennent pas à se mettre d’accord. Le meilleur l’emportera.
Une telle construction présente le double avantage de parfaitement respecter les souverainetés nationales, puisque chaque pays participe à ce qu’il souhaite, et pour une durée fixe, tout en favorisant les coopérations européennes, dont l’initiative est beaucoup plus facile qu’aujourd’hui. En quelques semaines, quelques Etats peuvent lancer une initiative sur n’importe quelle question, que ce soit la réglementation bancaire ou le développement d’un successeur du Concorde.
Cette structure est également le moyen pour les grands pays d’éviter les blocages. Pour la réforme de la finance, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne peuvent seules, lancer une Zone Européenne Financière cloisonnée et bien régulée, sans avoir à faire de compromis avec le Luxembourg ou la Grande-Bretagne. La taille de cette zone lui assurerait un poids qui pousserait les autres pays à la rejoindre sous peine de rester en marge du principal marché financier européen…
Bref, ce n’est pas parce qu’on est radicalement opposé à l’Europe d’aujourd’hui ou partisan sourcilleux de la souveraineté nationale qu’il n’est pas possible d’imaginer un projet européen, mais respectueux des Etats. C’était ce que le Général de Gaulle avait tenté de faire avec le plan Fouchet…
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04.05.2010
Le plan imbécile qui va étouffer la Grèce
Cette nuit, les parlementaires ont adopté à la quasi-unanimité le plan « d’aide » à la Grèce, 16,8 milliards d’euros de prêts bilatéraux que la France va accorder à Athènes dans les trois prochaines années. Un plan qui ne fait que repousser les problèmes à plus tard en les aggravant.
La logique du plan
Ce plan de 110 milliards d’euros (80 pour l’Union Européenne, 30 pour le FMI) est relativement habile. En effet, cette somme devrait permettre à la Grèce de ne pas avoir à recourir aux marchés financiers jusqu’à la fin 2012. Il ne pourra plus y avoir de crise sur sa dette souveraine pendant presque trois ans puisqu’Athènes pourra se passer des investisseurs financiers privés en utilisant ce fond. Parallèlement, ce plan donne le temps au pays de véritablement redresser ses finances publiques.
Et c’est ce que la Grèce a choisi de faire en annonçant des mesures assez radicales incluant la suppression des 13ème et 14ème mois de salaire de la fonction publique (soit une baisse de traitement de 20%) ainsi qu’un gel des salaires pour trois ans, une 2ème hausse de la TVA, une hausse de 10% des taxes sur l’alcool, l’essence et les cigarettes. Ce plan radical va permettre de réduire rapidement et fortement le déficit public et ainsi regagner la confiance des marchés dans l’intervalle.
Dominique Strauss-Kahn aurait convaincu les Allemands en leur expliquant que cette aide valait mieux que ne rien faire car sinon, la Grèce aurait été contrainte de faire défaut, entraînant une crise financière colossale en Europe du fait de l’exposition des banques d’outre-Rhin à la dette souveraine grecque, crise dont l’impact aurait été bien supérieure au montant des prêts. En outre, une fois la Grèce tombée, il est évident que l’Espagne, le Portugal et d’autres pays auraient été attaqués.
Le couvercle sur la cocotte
Mais cette vision des choses repose sur une analyse à court terme qui présente de grandes faiblesses. Et cela rappelle beaucoup les prêts accordés à des pays émergents pour défendre leur parité monétaire face à des attaques spéculatives. C’était le cas de l’Argentine en 2001 avant qu’elle ne fasse défaut. La communauté internationale est intervenue plusieurs fois pour « défendre » des pays et leur prêter des sommes considérables pour leur permettre d’honorer leur dette.
Mais le plus souvent, cela ne fait que déplacer le problème, en le faisant grossir. En effet, aujourd’hui, la dette publique grecque atteint environ 110% du PIB. Dans trois ans, elle en représentera 140 à 150%, du fait de la hausse de son montant et de la contraction prévisible de l’économie consécutive au plan de rigueur entamé. En clair, même si le déficit sera alors beaucoup plus bas, la situation ne se sera pas améliorée et la Grèce sera encore plus dépendante des aléas des marchés.
Le directeur adjoint de l’OFCE souligne d’ailleurs que « la Grèce va devoir subir un plan d’austérité terrible qui pourrait conduire le pays en récession, une récession qui entamera sa capacité de remboursement ». Bref, ce plan est une mauvaise réponse à une bonne question et le problème de la Grèce ne va faire que grossir dans les trois prochaines années. En clair, le risque de défaut de la Grèce a seulement été déplacé dans le temps. Rendez-vous en 2013 !
Cette affaire a encore montré l’accord de l’UMP, du PS, du Modem et des Verts sur un sujet fondamental. Pourtant, d’autres solutions existent, avec la fin de la monnaie unique, comme je le souligne ainsi que le Vrai Débat ou Nicolas Dupont-Aignan.
Sur le même sujet, je vous invite à lire les très bons papiers de Jacques Sapir.
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23.04.2010
La posture gauchiste du PS
Mardi, Pierre Moscovici a présenté les conclusions de la convention nationale du Parti Socialiste pour « un nouveau modèle économique, social et écologique ». L’ensemble des média, Le Monde comme Le Figaro a présenté ce document comme un virage à gauche. Info ou intox ?
Le retour de la lutte des classes ?
Nous n’en sommes pas au « programme commun » de 1981, mais la crise de l’automne 2008, ses conséquences (et notamment les plans de soutien aux banques), l’envolée spectaculaire des inégalités et les innombrables polémiques sur les bonus des traders ou les rémunérations des grands patrons, ont sans doute poussé le Parti Socialiste à adopter des mesures et des postures plus radicales que lors des deux dernières décennies.
« Sus aux riches et aux méchantes entreprises ! ». Dans une posture logique par les temps qui courent, le PS dénonce « la captation des richesses par une minorité », « l’aliénation sociale » et « la mise sous pression des individus ». De ce constat, Pierre Moscovici tire des propositions visant à pénaliser les entreprises qui ont une trop grande part de contrats précaires ou qui ne partagent pas suffisamment les richesses. Le programme fiscal est chargé : prélèvement à la source, fusion IR / CSG, taxe Tobin ou « bouclier logement » pour les ménages les plus modestes.
Le Parti Socialiste fait mine de découvrir que l’Europe « met en concurrence les Etats et les peuples au lieu d’organiser leur coopération », qu’elle « dérégule les marchés au lieu de mettre en place les instruments de régulation, de protection de l’emploi et de l’investissement qui pourraient permettre à notre continent de se renforcer dans la mondialisation ». Pourtant, c’est ce même parti qui a soutenu tous les traités européens, y compris quand ils proclamaient comme objectif de l’Union Européenne « la concurrence libre et non faussée ». Mais pas l’once d’une autocritique ici.
Le Service Après Vente de la globalisation néolibérale
Certains aspects du programme sont intéressants, notamment la fusion de l’IR et de la CSG ou la proposition de taxe Tobin (encore qu’il faudrait en savoir plus sur son taux et sur les moyens de la mettre en place). On note également la volonté de mettre l’euro davantage au service de la croissance ainsi qu’une légère avancée protectionniste avec l’évocation de « tarifs extérieurs communs » au niveau européen (mais il s’agit de mesures exceptionnelles).
En effet, il manque toujours au Parti Socialiste une véritable remise en question de la déréglementation qu’il a accompagnée. La critique du libre-échange et de ses conséquences délétères sur le chômage et le pouvoir d’achat est limitée. L’euro n’est pas remis en cause, malgré le fardeau que la monnaie unique représente pour les économies européennes. Il n’y pas de proposition de refonte de l’architecture financière pour davantage la faire contribuer à la collectivité et prévenir les crises.
En fait, tout est indiqué dans le terme de « care », que Martine Aubry a souhaité mettre en avant. Passons sur le choix d’un terme en anglais… Au final, ce programme est assez révélateur du fait que le Parti Socialiste ne cherche qu’à corriger après coup certaines injustices du système économique actuel, mais sans véritablement le remettre en cause. Les mesures les plus radicales sont à peine esquissées et la plupart des réformes semblent plutôt là pour donner une caution « de gauche ».
De manière totalement contradictoire, après avoir dénoncé l’ultralibéralisme de l’Europe, le Parti Socialiste veut passer d’une « gouvernance européenne faible » à un « véritable gouvernement économique ». Pourtant, tous les traités montrent plus d’Europe, c’est toujours plus de déréglementation. Bref, l’attitude des socialistes est franchement malhonnête. Pire, les innombrables mécanismes fiscaux proposés ne feront que remplacer les anciennes niches par de nouvelles dans de nouvelles usines à gaz.
Malgré un discours plus à gauche, le PS en reste à des ajustements destinés à rendre le système un peu moins injuste. Pourtant, la sévérité de la crise devrait l’inciter à plus de radicalité. Le Général de Gaulle avait bien raison de dire qu’il n’aimait pas les socialistes parce qu’ils n’étaient pas socialistes…
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28.03.2010
Quand l’Union Européenne attise les conflits en Europe
« L’Europe, c’est la paix » : voici le genre d’arguments que beaucoup d’euro-béats ont déversé lors des campagnes de 1992 et 2005. Pourtant, les derniers évènements amènent à se demander si l’Europe telle qu’elle est construite aujourd’hui n’apporte pas exactement l’inverse.
Le mythe de la paix européenne
Pour être honnête, après l’escalade dans l’horreur des trois guerres qui ont déchiré l’Europe de 1870 à 1945, il n’est pas surprenant qu’un certain nombre de personnes pensent sincèrement que la construction européenne a permis d’éviter à notre continent de nouveaux conflits. Cependant, un regard un peu plus distancié attribuera davantage la paix à la dissuasion nucléaire, à l’équilibre imposé par la guerre froide ou tout simplement à une soif de paix des peuples européens qui n’aspiraient plus qu’à un développement harmonieux avec leurs voisins.
Car qui pourrait aujourd’hui soutenir que sans la CEE, la France et l’Allemagne seraient à nouveau rentrées en conflit ? Qui pourrait bien présenter un scénario un tant soit peu crédible aboutissant à une nouvelle guerre ? En fait, il s’agit surtout d’un mythe. S’il n’y avait pas eu d’unification européenne, il y a fort à parier que la situation n’aurait pas été très différente jusqu’à la fin des années 80. Et sans l’unification monétaire (qui a imposé une désinflation compétitive désastreuse), la situation économique des pays européens aurait sans doute été bien meilleure depuis deux décennies.
Quand l’Europe appelle le conflit
Paradoxalement, la situation européenne devient de plus en plus conflictuelle, sans doute à cause de cette intégration mal pensée et plaquée sur des réalités auxquelles elle ne correspond pas. En effet, c’est bien l’euro-camisole qui a poussé l’Allemagne à adopter une stratégie de compression de ses coûts qui déprime les salaires pour gagner en compétitivité et faire sa croissance sur le dos de ses partenaires en développant ses exportations tout en limitant ses importations. Loin d’apporter la coopération pour la croissance, cette Europe apporte la guerre économique et la dépression.
Pire, la crise grecque montre que la construction actuelle, loin d’attiser la solidarité, renforce l’animosité entre européens. Bien sûr, il est normal que l’Allemagne ne souhaite pas payer pour la Grèce après 15 ans de tour de vis économique. Cependant, il est assez effrayant de voir à quel point cela attise outre-Rhin quelque chose qui finit par ressembler à une haine de l’autre quand on lit que certains conseillent à la Grèce de vendre ses îles pour se désendetter ou les clichés sur la fainéantise de l’Europe du Sud qui sont véhiculés (alors que les Allemands travaillent moins).
Paradoxalement, l’intégration européenne n’apporte pas forcément la paix. Une intégration inadaptée semble en revanche multiplier les sujets de conflits et les tensions. La solution : revenir à des coopérations réalistes et respectant les réalités nationales, comme le propose NDA avec la monnaie commune.
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14.02.2010
L’Europe de Maastricht et Lisbonne à bout de souffle
Depuis quelques semaines, l’Europe est sous le feu de la rampe, mais rarement de manière très positive. Refus de Barack Obama de participer à un sommet européen, crise économique et financière. Le vieux Continent va mal. La faute à une construction européenne mal conçue.
L’euro, une catastrophe économique
Au début des années 90, on nous avait vendu la monnaie unique comme un moyen pour les européens de retrouver une forme de souveraineté monétaire face au dollar, d’avoir une croissance plus forte. Les dix dernières années montrent bien que l’euro est un très lourd boulet accroché aux pieds des économies européennes. Car l’euro est extrêmement surévalué, d’encore 25% aujourd’hui puisque les économistes estiment qu’il devrait coter entre 1,05 et 1,1 dollars. La baisse récente est insuffisante.
La meilleure preuve est la comparaison des performances économiques de la zone euro et des Etats-Unis depuis deux ans. Alors que les Etats-Unis sortent de la récession vivement avec une croissance du PIB de plus de 5% en rythme annuel au 4ème trimestre, la zone euro atteint péniblement… 0,4% le même trimestre, le tout sachant que la récession a été plus violente de notre côté de l’Atlantique, où le PIB a baissé globalement de 4% en 2009, contre 2.5% aux Etats-Unis.
Il y a un immense paradoxe économique à ce que la récession soit moins violente outre-Atlantique alors que la crise financière y a été beaucoup plus dure, que le désendettement des ménages est plus violent et que des millions d’étasuniens ont été privé de logement et d’emploi. Comme le souligne Paul Krugman, la raison est simple : la sous-évaluation du dollar a donné une bouffée d’oxygène aux industriels, alors que l’Europe traîne la surévaluation de l’euro comme un boulet attaché au cou de ses industriels.
Pire, les crises irlandaises, espagnoles ou grecques montrent que la bonne croissance de ces pays pendant les années 2000 ne reposait que sur une bulle qu’ils paient bien cher aujourd’hui puisque le PIB de l’Irlande a baissé de 10% en deux ans, que le chômage atteint 20% en Espagne et que la Grèce est aujourd’hui soumise à un plan d’austérité draconien. Bref, au final, personne n’a vraiment profité de l’euro et chaque jour qui passe le démontre de manière de plus en plus clair.
Des institutions européennes ubuesques
Mais l’échec économique européen est complété par un échec institutionnel patent. Là encore, on nous avait vendu le Traité Constitutionnel Européen, puis le traité de Lisbonne, comme des moyens pour l’Europe de fonctionner de manière plus efficace. Las, même Daniel Cohn-Bendit finit par dénoncer le fonctionnement de l’Union Européenne avec des accents gaulliens, comme le note malicieusement Slovar.
Plus globalement, l’organisation de l’Europe est encore plus compliquée qu’avant puisqu’il y a désormais trois présidents : le président de la Commission Européenne, le président de la présidence tournante (l’Espagne en ce moment) et le nouveau poste de président de l’Europe, le belge Van Rompuy, Cette architecture compliquée est l’occasion de conflits dérisoires sur le lieu des sommets José-Luis Zapatero le voulant en Espagne alors que la présidence européenne préfère Bruxelles.
Sans doute lassé par cette organisation, Barack Obama a donc renoncé au sommet prévu au printemps, dans un geste assez humiliant pour l’Europe. Bref, l’Union Européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui handicape les pays européens, tant économiquement que diplomatiquement. Loin d’être le moyen de renforcer l’Europe, les évènements actuels montrent qu’elle nous affaiblit, comme le souligne justement Jean-Pierre Chevènement dans une interview à la Tribune.
Le seul point positif de la situation est le fait que cela devrait théoriquement favoriser une prise de conscience des limites de la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui. Comme le souligne Edgar, cela pourrait provoquer un débat nécessaire sur la vocation ou non de cette Union à évoluer vers un modèle fédéral, ce qui permettrait enfin de trancher par la négative étant donnés les résultats actuels. Comme quoi, cette crise pourrait avoir des conséquences positives.
2010 sera peut-être le début de la fin pour cette Union Européenne d’inspiration fédéraliste et néolibérale. Son échec patent sur tous les fronts pourrait bien encourager les peuples à soutenir les partisans d’une autre Europe, plus respectueuse des peuples.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : daniel cohn-bendit, slovar, union européenne, euro, grèce, paul krugman, jean-pierre chevènement, edgar, la lettre volée, barack obama
07.05.2009
La formidable hypocrisie européenne du président
Nicolas Sarkozy est formidable : un jour avant l’anniversaire de son élection, il nous a livré un discours sur l’Europe qui résume parfaitement sa présidence, règne de l’ego et des postures et décalage incroyable entre les faits et les mots.
L’homme qui dit une chose…
Le discours de son parolier Henri Guaino frappe juste. La Turquie « n’a pas vocation à devenir membre de l’Union Européenne » puisqu’il juge « mieux inspiré » d’engager « dès maintenant » des négociations pour créer un « espace économique et de sécurité commun ». Il propose le même statut à la Russie pour cesser de « se diluer dans un élargissement sans fin ». Et il réaffirme sa volonté de « changer l’Europe », s’interrogeant même sur les pouvoirs de la Commission Européenne.
Le président n’a pas manqué de glorifier sa présidence de l’Union Européenne, qui aurait permis d’éviter que la Géorgie ne soit « rayée de la carte ». Grâce à lui, « un cessez le feu a pu intervenir à Gaza ». Enfin, son action aurait permis que l’Europe ne cède pas au sauve-qui-peut dans la crise financière. Bref, c’est le président superman qui aurait sauvé l’ensemble du continent et quelques pays voisins grâce à son activisme de tous les instants.
… et en fait une autre
Mais là, Nicolas Sarkozy est allé aussi loin que quand il avait promis d’être le « président du pouvoir d’achat » avant de devenir le président sous lequel le pouvoir d’achat n’avait jamais baissé aussi vite. Sur la Turquie, s’il a légèrement ralenti les négociations d’entrée dans l’Union Européenne, il les a poursuivies, ouvrant de nouveaux chapitres de négociations. En outre, il a fait supprimer le verrou constitutionnel du référendum lors de la réforme des Institutions.
Mais le plus ridicule est sans doute cette volonté affirmée de changer l’Europe. Comment un président qui s’est précipité pour accepter un traité de Lisbonne copie identique du TCE peut-il affirmer sans rougir qu’il veut réexaminer les pouvoirs de la Commission Européenne alors qu’il a accepté dès le début de son mandat de les graver dans le marbre ? Comment peut-on lui laisser parler de changement alors qu’il a gâché une occasion unique de réformer l’Union Européenne suite au « non » de 2005 ?
D’ailleurs, quelle initiative institutionnelle a-t-il pris pendant son mandat de président de l’Europe ? Son bilan est aussi outrageusement fardé qu’une actrice de charme de série Z. La Géorgie ? Il a accepté toutes les conditions posées par la Russie. Gaza ? Israël n’a pas tenu compte une seconde de son ballet diplomatique. La crise économique : si l’Union Européenne s’est mise d’accord sur le plan de sauvetage des banques, c’est en s’inspirant du plan anglais et aucune coordination des plans de relance n’a vu le jour.
Ce discours sur l’Europe représente une des pièces à conviction les plus incroyables sur Nicolas Sarkozy. Le président est allé encore plus loin que d’habitude dans l’emphase égotique de son bilan et dans le décalage entre son action et ses mots.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...
http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/05/la-tentation-p...
10:55 Publié dans Actualités, Europe, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, présidence française, union européenne, turquie, crise économique
18.08.2008
Sarkozy 15 mois après : un bien mauvais négociateur
S’il y a un domaine où le style présidentiel permet assez bien de donner le change, c’est sa capacité à défendre efficacement les intérêts nationaux. La mise en scène efficace du pouvoir nous montre un président volontaire, énergique, toujours prompt à vendre son action. Le bilan réel n’est pas si flatteur.
C’est dans le cadre de l’Union Européenne que les faibles capacités de négociateur de Nicolas Sarkozy s’illustrent le mieux. Le nouveau président avait annoncé vouloir remplacer le défunt Traité Constitutionnel Européen par un « mini traité » limité aux questions institutionnelles. Finalement, il a avalé son chapeau et accepté un traité de Lisbonne à peine différent du TCE, mais a réussi la prouesse de présenter cette capitulation comme un succès personnel. L’Union pour la Méditerranée a également été constituée comme le souhaitaient les Allemands et pas comme le prévoyait le président Français puisqu’il a renoncé à en faire une institution indépendante de l’Union Européenne et a accepté que tous les pays de l’Union y participe, y compris les pays lettons ou scandinaves, dont on se demande ce qu’ils y font... Sur les émissions polluantes, c’est encore Angela Merkel qui a le mieux défendu ses intérêts.
Mais on pourrait répliquer que Nicolas Sarkozy est un bon VRP de nos entreprises. Cependant les milliards d’euros de contrats annoncés avec la Libye ou la Chine étaient une présentation bien flatteuse de la réalité. La plupart des contrats avaient été déjà signés avant sa visite et beaucoup d’autres n’étaient en réalité que des discussions. Ainsi, les 10 milliards de contrats annoncés lors de la visite de Kadhafi ne comportaient que 300 millions de nouveaux contrats ! Pire, les courbettes faites au dictateur libyen n’ont même pas réussi à le faire venir pour lancer l’Union pour la Méditerranée en juillet. Tout ça pour ça ! Vis-à-vis de la Chine, on ne peut pas dire que la France de Nicolas Sarkozy ait montré de grandes capacités d’influence : malgré sa présence lors de la cérémonie d’ouverture des J.O. et la non rencontre du dalaï-lama, notre pays a subi un léger boycott alors que l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, absente aux J.O. et dont les dirigeants ont reçu le dalaï-lama, n’ont pas subi le moindre préjudice.
Et « l’idiot en colère », comme le surnommeraient les Chinois, n’est pas non plus toujours un brillant négociateur dans son propre pays. S’il a réussi à faire passer la réforme des Institutions aux forceps, l’accord de réforme des régimes spéciaux de retraite a été obtenu avec une quantité de concessions incroyables, dont plusieurs dispositifs qui permettront d’augmenter le niveau des retraites de manière très importante, ce qui pourrait augmenter le global du dispositif plutôt que le baisser ! On pourra objecter qu’il a réussi à faire passer des réformes importantes de la fonction publique, avec notamment des suppressions importantes de postes, mais cela montre seulement qu’il sait gérer les rapports de force qui lui sont largement favorables alors qu’il a beaucoup plus de mal à gérer ceux où il parle d’égal à égal ou avec plus fort que lui.
Au global, on peut vraiment se poser la question de ses capacités à bien défendre les intérêts de la France sur la scène internationale, tout comme l’intérêt général au sein de son propre pays, par-delà les effets de communication qu’il sait toujours aussi bien manier…10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, merkel, union européenne, libye, union pour la méditerrannée



