22.03.2011
Cantonales : une répétition pour 2012 ?
Dimanche, une petite moitié des Français appelés aux urnes ont voté pour les élections cantonales. Un scrutin qui confirme les sondages : une déception générale de la politique illustrée par l’abstention, l’UMP au plus mal, un PS devant par défaut et une percée spectaculaire du FN.
Une confirmation des sondages
Finalement, le vote des Français démontre que les derniers sondages ont du sens. Je vous invite à vous rendre sur le blog de Laurent de Boissieu qui présente un historique des résultats aux élections cantonales, en analysant les résultats de 2004 et de 2008. La percée du FN n’en prend que plus de relief : 15%, soit trois fois plus que les 5% en 2008, dépassant le record de 2004 (12%). En outre, le score moyen monte à 19% dans les cantons où il est présent.
Parallèlement, le score de l’UMP est désastreux : 22% avec la majorité (17% stricto sensu), contre 25% en 2004 et 2008. Le total de la droite (qui inclut des partis d’opposition comme DLR, qui a signé quelques beaux résultats), ressort à 31% contre 37% en 2004 et 41% en 2008 ! Le score du PS est médiocre (25% ou 32% avec les divers gauche), soit moins qu’en 2004 (33.5%) et en 2008 (35%). La gauche de la gauche se maintient à 9%, les Verts doublent leur score à 8%.
Bref, le résultat est assez clair : un désastre absolu pour la majorité présidentielle qui perd dix points en seulement trois ans, au profit intégral du Front National. Le vote des Français est net : ce que perd l’UMP est directement récupéré par le Front National. Le Parti Socialiste ne profite qu’indirectement de la déconfiture des troupes de Nicolas Sarkozy, signe qu’il ne convainc pas du tout les Français puisque les écologistes lui grignotent même quelques électeurs.
L’UMP, entre déni et ubuesque
Il faudra un jour que quelqu’un dise à Nicolas Sarkozy à quel point les éléments de langage qu’il transmet à ses équipes sont totalement grotesques. Le ministre de l’intérieur n’a vraiment pas eu peur du ridicule en additionnant les voix de tous les divers droite à celles de l’UMP mais sans le faire pour le Parti Socialiste, permettant à Martine Aubry et Marine Le Pen d’attaquer cette présentation malhonnête des choses. En niant la réalité, ils perdurent dans l’erreur…
La position présentée par Jean-François Copé pour les seconds tours PS/FN a sans doute atteint le comble du ridicule. En refusant d’appeler à faire barrage au FN tout en indiquant qu’il appelait à ne pas voter pour eux, l’UMP parvient l’exploit de se fâcher avec tout le monde en boycottant le parti de Marine Le Pen, qui n’est pas véritablement moins ostracisé tout en ne rendant pas son pareil à la gauche qui a indiqué clairement qu’elle soutenait l’idée de Front Républicain.
Se faisant, si Copé est devenu le menuisier en chef de la langue de bois, au lieu de l’arrêter, sa position est contredite ou complétée de manière anarchique par ses troupes entre un Xavier Bertrand qui indique qu’il votera blanc et une Valérie Pécresse qui dit qu’elle fera barrage au Front National, tout comme François Fillon. Bref, beaucoup ne suivent pas la position ubuesque proposée par le Secrétaire Général de l’UMP qui semble décidemment jouer la défaite en 2012.
Bref, entre une majorité largement désavouée et perdue dans des discours inaudibles et un Front National qui récupère tous les déçus de Nicolas Sarkozy, le Parti Socialiste devrait gagner par défaut, sans le moindre enthousiasme des Français, faute de mieux.
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21.03.2010
Aujourd’hui, je vote...
Dès le soir du premier tour, Nicolas Dupont-Aignan a indiqué qu’il ne donnerait pas de consigne de vote aux cent vingt mille électeurs qui ont voté pour les listes de Debout la République dimanche dernier en Ile de France. Un choix compréhensible tant les alternatives sont peu réjouissantes.
Huchon ou Pécresse ?
C’est clairement le choix entre la peste et le choléra. D’un côté, il y a le président sortant qui tient un discours ridicule sur le « bouclier social » que représenteraient les régions face à la crise. Sachant que leur budget représente 3% du budget global de l’Etat, il est difficile de faire moins crédible, d’autant plus que nombre de dépenses sont plus ou moins automatiques… En outre, l’équipe actuelle s’est contentée de gérer l’existant en menant quelques grands projets, mais souvent au détriment de l’offre de tous les jours, notamment en terme de transports.
Le Parti Socialiste a également cédé à la logique anti-automobile des Verts, refusant le moindre investissement routier qui aurait pourtant permis aux franciliens qui ne peuvent pas faire autrement de passer moins de temps dans leur voiture, de moins consommer et donc de moins polluer. L’alternative Valérie Pécresse n’est guère plus riante. L’UMP mise tout sur un projet de Grand Paris qui est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour l’aménagement de la région, un projet pharaonique qui privera l’existant des ressources nécessaires pour fonctionner.
En outre, l’UMP continue à entretenir la concentration des emplois à la Défense alors que les moyens de transport sont déjà saturés, et que l’exemple de Saint Denis montre qu’il est possible de créer de nouveaux bassins d’emplois ailleurs. Le Grand métro est un projet dangereux car il n’apporte aucune solution pour le transport des zones d’habitation aux bassins d’emplois et son coût exorbitant a toutes les chances de peser sur le budget déjà trop limité d’entretien des lignes existantes, dont l’amélioration pourrait pourtant régler de nombreux problèmes.
Abstention ou vote blanc ?
Bref, c’est un match nul qui ne me donne aucune envie de trancher entre l’UMP et le Parti Socialiste. On pourra dire que dans le contexte actuel, cela revient à laisser gagner Jean-Paul Huchon, mais rien dans le projet de l’UMP, ni dans les personnes qui le portent ou par rapport au contexte national, ne donne envie d’apporter la moindre once de soutien au parti de la majorité présidentielle. Il reste donc deux choix possibles : l’abstention ou le vote blanc, choix que je n’ai jamais fait auparavant.
Même si le vote blanc n’est aujourd’hui pas reconnu comme il devrait l’être, il ne m’est pas possible de m’abstenir. Cela me semble un choix trop facile même s’il est vrai que le taux d’abstention exprime un certain ras-le-bol, partagé, vis-à-vis de l’UMP et du PS. Le droit de vote est quelque chose de trop précieux, et pour lequel trop de personnes se battent encore, pour que je ne l’utilise pas. Par élimination, il ne me reste donc que le vote blanc pour dimanche.
Cette conclusion ne me satisfait qu’à moitié car la publication des résultats en suffrages exprimés l’ignore totalement et valorise l’abstention. Cependant, à titre personnel, et en me gardant de recommander quoique que ce soit, cela me semble la moins mauvaise des solutions.
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elections régionales, jean-paul huchon, valérie pécresse, abstention, vote blanc
18.03.2010
Les régionales, symbole d’un désenchantement
Envolée de l’abstention, retour du Front National, effondrement d’une majorité autiste, victoire par défaut du Parti Socialiste : le premier tour des élections régionales est une parfaite synthèse de la situation politique actuelle, pour le pire essentiellement…
Un divorce politique
Au global, le scrutin est un désaveu majeur pour les grands partis. L’abstention est passée de 39% en 2004, à 53%, signe d’une faible implication des Français pour cette élection et d’une incapacité des grands partis à mobiliser leur électorat. Cela est d’autant plus vrai qu’au final, les grands partis ont plutôt reculé, même si la géométrie différente de l’élection (Modem vs UDF, Verts qui ont fait des listes indépendantes) rend les comparaisons plus difficiles.
Par exemple, Valérie Pécresse fait 28% en Ile de France alors que la liste Copé frôlait les 25%, mais avec la concurrence d’une liste Santini, à 16%. Le recul de la majorité est donc de 13 points en Ile de France. Quant aux listes socialistes, elles ont tendance à reculer du fait de la présence de listes écologistes indépendantes et cela ajoute au recul des grands partis qui n’ont rassemblé les voix que d’un quart des Français, contre 40% en 2004, une sanction globale pour le PS comme l’UMP.
Pire, même si le Front National recule de 3 points par rapport à 2004, il remonte vivement par rapport aux dernières échéances, et notamment l’élection européenne. Le parti d’extrême-droite retrouve une audience importante et rate de peu la 3ème place. J’y vois essentiellement l’expression d’un désespoir ou d’un ras-le-bol à l’égard d’une classe politique qui promet beaucoup et réalise peu, d’autant plus que les Français constatent que les alternances n’apportent pas grand-chose.
Union pour la République Sarkozyste Soviétique
Malgré tout, l’UMP n’est pas sur le même plan que le Parti Socialiste. Le parti du président de la République signe le plus mauvais score de la droite depuis 1958 aux élections locales. Le résultat de dimanche est bien un échec majeur pour le gouvernement, malgré les dénégations. La langue de bois des représentants de l’UMP sur les plateaux était digne des dignitaires de l’URSS finissante. Il aurait sans doute mieux valu adopter une attitude plus modeste pour mobiliser l’électorat de droite le 21.
Le discours de la majorité dimanche était ridicule. L’abstention serait uniquement une sanction à l’égard des socialistes puisqu’ils sont au commande des régions (pourtant, il semblerait que ce soit plutôt l’électorat de droite qui se soit abstenu…) et les accords PS / Verts seraient des trahisons de leurs programmes respectifs (alors qu’ils travaillent ensemble depuis près de 15 ans…). Comment Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas pu se rendre compte du ridicule de cet argumentaire ?
Il y a fort à parier que le spectacle pitoyable offert par une majorité autiste et vindicative ne devrait pas améliorer leur score de dimanche prochain. Comment les électeurs pourraient-ils avoir été motivés pour voter pour des élus enfermés dans leur tour d’argent au point d’en proférer de telles bêtises ? Du coup, les socialistes ont beau jeu de dire que Nicolas Sarkozy n’a pas pris compte du message du 14 mars et qu’il est important de confirmer le 21 mars pour lui faire comprendre…
Des Français qui ne croient plus aux grands partis et se tournent vers l’abstention et retournent vers des partis plus marginaux. Une majorité complètement autiste qui tient un discours inaudible. Malheureusement, le spectacle de dimanche soir a conforté les Français dans leur choix.
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02.03.2010
Régionales : une campagne de caniveau
Cela avait mal commencé avec la photo prise par Anne Hidalgo de Valérie Pécresse au conseil régional, endormie ou écrivant un SMS. Quelques boules puantes plus tard, cette campagne pour les élections régionales s’est révélée être une des pires campagnes électorales depuis longtemps.
Concours de boules puantes
Les socialistes avaient commencé assez fort avec la photo prise par la première adjointe au maire de Paris de la ministre de l’enseignement supérieur et postée sur Internet fin décembre. Cette polémique ridicule présageait malheureusement bien de la suite. En effet, nous avons eu droit au feuilleton Frêche en Languedoc-Roussillon, où, parce qu’il s’est attaqué à Laurent Fabius, la direction du PS a décidé que la ligne rouge était franchie et de présenter une liste contre lui.
Puis, cela a été la polémique sur les propos de la ministre de l’outre-mer, Marie-Luce Penchard il y a quinze jours. Et la semaine dernière, le summum a sans doute été atteint avec les accusations portées par des candidats UMP contre le candidat socialiste Ali Soumaré. Le parti de la majorité est descendu bien bas en exhumant un peu rapidement le casier judiciaire d’un de leur concurrent, en y incluant des faits commis par un homonyme, déclenchant une véritable tempête médiatique.
PS – UMP : zéro partout
L’UMP mérite sans doute la médaille d’or de la campagne de caniveau étant donné qu’on peut se poser des questions sur les voies qui ont permis d’obtenir ces informations. Mais le Parti Socialiste n’a pas manqué d’en rajouter avec le nouveau champion de la polémique médiatique, Vincent Peillon, qui a exhumé une condamnation vieille de 45 ans à l’encontre de Patrick Devedjian et Alain Madelin pour relativiser le casier du candidat socialiste.
Je n’avais pas spécialement l’intention de parler de cette écume de la campagne, mais la répétition des faits a au moins le mérite de montrer à nouveau la proximité de fonctionnement du PS et de l’UMP et d’illustrer à quel point les deux partis dominants de la vie politique Française se ressemblent, souvent uniquement pour le pire. Incapables de proposer des programmes véritablement différents, ces partis de notables souhaitent uniquement acquérir des postes pour leurs affidés.
Si vous êtes écœurés par leur pratique, il n’y a pas 36 solutions : aller voter dimanche 14 mars pour des listes qui font des propositions concrètes pour leur région, comme la liste Debout la République en Ile de France, au sein de laquelle je suis candidat.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ali soumaré, patrick devedjian, vincent peillon, marie-luce penchard, élections régionales, georges frêche, anne hidalgo, valérie pécresse
24.11.2009
La bataille gagnée par Rama Yade
Ca y est ! Après une bagarre qui a duré plusieurs mois, la secrétaire d’Etat aux sports a obtenu ce qu’elle voulait, à savoir être candidate dans les Hauts de Seine plutôt que dans le Val d’Oise, malgré les souhaits de la tête de liste régionale, Valérie Pécresse.
Un choix logique
Il faut dire que ce choix est plus logique. En effet, Rama Yade est conseillère municipale d’opposition à Colombes, dans les Hauts de Seine. Elle vise ouvertement une circonscription du département actuellement détenue par un communiste. Dès lors, une candidature dans le Val d’Oise aurait été complètement incohérente. En outre, la presse a rapporté qu’une élue UMP avait affirmé qu’elle ferait davantage « couleur local » dans le Val d’Oise plutôt que dans les Hauts de Seine…
L’Elysée semblait à la manœuvre selon la presse et les récents échanges assez aigres entre la secrétaire d’Etat et différents membres de la majorité, y compris le Premier Ministre ne semblaient guère lui laisser de chances de parvenir à son but. Mais finalement, le bon sens l’a emporté, Rama Yade pourra se présenter dans le département dont elle est déjà l’élue et où elle a grandi. Une belle victoire pour la benjamine du gouvernement qui affrontait une puissante coalition…
Prime à l’insolence ou ticket de sortie ?
Mais si ce choix est finalement beaucoup plus cohérent, on peut se demander s’il n’aura pas des conséquences partiellement néfastes. En effet, même si son combat était juste, Rama Yade a emporté la décision alors qu’elle est en pleine disgrâce gouvernementale et que son maintien dans l’équipe Fillon semble ne tenir qu’à un fil. Il est donc en partie surprenant qu’elle ait gagné ce bras de fer, qu’elle n’abordait pas en position de force. Une victoire des sondages ?
On peut même se demander si cette victoire ne va pas renforcer l’insolence de la chouchou des sondages, qui dépasse fréquemment les bornes de ce que la solidarité gouvernementale devrait lui imposer. On peut y voir deux interprétations. Soit il s’agit d’une preuve de la faiblesse d’un président qui humilie mais ne sanctionne rarement. Soit il s’agit d’un calcul, à savoir que cette élection pourrait être l’occasion de sortir l’insolente du gouvernement pour la laisser se concentrer sur ses mandats locaux…
Rama Yade a gagné le bras de fer sur le lieu de sa candidature. Une décision logique dans l’absolu. Mais ce n’est qu’après les élections régionales que nous verrons si cette victoire n’est pas obscurcie par des mesures de rétorsions, comme une éviction du gouvernement…
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