12.06.2011

L’illusion présidentielle de Nicolas Sarkozy

L’élimination de Dominique Strauss-Kahn a provoqué une vague d’optimisme au sein de l’UMP, d’autant plus que le président remonte légèrement dans les sondages. Mais un sondage récent commandé par Marianne amène à fortement relativiser ce sentiment.

Le paradoxe Sarkozy

Le sentiment des Français tel qu’il est rapporté par le sondage est extrêmement paradoxal. En effet, alors que 70% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit réélu (et seulement 28% qui le souhaitent), 57% de nos compatriotes pensent qu’il sera élu ! Il est assez paradoxal qu’une majorité aussi écrasante exprime sa volonté que le président ne soit pas réélu alors qu’une nette majorité pense qu’il le sera. Cela peut exprimer la faiblesse de l’opposition.

Pourtant, François Hollande est donné gagnant avec 60% au second tour (58% pour Martine Aubry). Bref, les Français n’aiment pas du tout le président de la République mais pense quand même qu’il devrait être le meilleur candidat de la campagne à venir. Au final, si elle persistait cette  configuration pourrait encore renforcer le candidat socialiste. En effet, Nicolas Sarkozy conserve paradoxalement la position de favori et les socialistes sont dans la confortable position d’outsider.

La défaite en chantant ?

Mais la position du chef de l’Etat telle qu’elle apparaît aujourd’hui est très faible. Avec 70% des Français qui ne souhaitent pas qu’il soit réélu (53% qui ne le souhaitent pas du tout !), une simple campagne contre l’équipe sortante pourrait bien amener les socialistes au pouvoir s’ils ne font pas de bêtise. La marge dont ils disposent aujourd’hui est tout simplement colossale et inédite à un an de l’élection, comme l’illustre les sondages pour le second tour.

Si on ne peut pas exclure que les socialistes fassent une mauvaise campagne et que Nicolas Sarkozy soit plus professionnel, le maintien de sa stratégie de droitisation, qui a pourtant provoqué une hémorragie d’électeurs UMP vers le FN démontre tout de même les limites d’un président qui ne se remet pas suffisamment en cause et qui vit dans une bulle, à la manière de VGE en 1981. Pire, il deviendra le candidat du passif loin de sa posture commode de 2007.

Bref, il semble bien que Nicolas Sarkozy se dirige vers une défaite sévère l’an prochain. Bien sûr, les socialistes peuvent encore perdre l’élection, mais il faudrait un sacré concours de circonstances pour perdre cette élection alors que 70% des Français veulent qu’il ne soit pas réélu.