03.03.2011

Assurances : quand l’europe abolit la réalité

J’ai d’abord cru à un poisson d’avril un peu en avance. Puis, j’ai vu la sinistre Viviane Reding expliquer sérieusement à la télévision qu’une décision de la « cour de justice » européenne va abolir toute discrimination entre les hommes et les femmes dans les contrats d’assurance.

Ubu règne dans le machin européen

La lutte contre les discriminations n’est pas injuste par principe. Mais, là, il faut dire que les juges européens n’ont vraiment pas peur du ridicule. Les compagnies d’assurance différenciaient en effet les primes d’assurance automobiles en fonction du sexe des assurés du fait que les hommes ont nettement plus d’accidents que les femmes. La décision de la « cour de justice » européenne va donc aboutir à un relèvement important des primes pour les femmes.

Parallèlement, les primes de santé et de retraites seront également affectées. En effet, il y avait une différenciation assez logique du fait que les hommes vivent sensiblement moins longtemps que les femmes, ce qui impliquait des coûts non égaux. Mais, non, de même que cette europe a décidé que la Turquie est en Europe, au mépris de la géographie, dans sa folie bureaucratique et normative, elle a décidé d’abolir une partie de la réalité pour les assureurs.

Délires eurocrates

Tant qu’à lutter contre la discrimination entre les hommes et les femmes, cette europe pourrait également imposer l’égalité dans le port des chaussures à talon : après tout, pourquoi les femmes seraient-elles les seules à se voir imposer ce supplice ? Les mardi, jeudi et samedi seraient réservés aux chaussures à talon, pour tous, les lundi, mercredi et vendredi aux chaussures plates, pour tous. Dans leur grande bonté, les eurocrates pourraient laisser les citoyens libres le dimanche.

De même, Viviane Reding pourrait également demander une directive imposant la suppression des pissotières, qui ne peuvent être utilisées que par les hommes, nouvelle discrimination scandaleuse contre les femmes. Enfin, il est inacceptable que la nature ait fait que les femmes soient plus petites que les hommes. Il convient donc de donner des hormones de croissances aux petites filles pour permettre aux femmes de ne plus être prises de haut par les hommes.

Le machin européen encore à côté de la plaque

Le continent vient tout juste de traverser sa pire crise économique depuis quatre-vingt ans. Le chômage est au plus haut. Des pays sont littéralement saignés pour honorer des créanciers dont la plupart ont pourtant été sauvés par les Etats qu’ils rançonnent aujourd’hui. Et cette europe qui n’a absolument rien fait pour éviter une nouvelle crise financière ou aider les peuples (mais qui n’oublie pas les banques) vient demander aux assureurs de fermer les yeux sur la réalité !

Il y a vraiment quelque chose de monstrueux avec cette europe. Dogmatiquement néolibérale pour certaines questions (liberté de mouvement pour les capitaux, les biens ou les personnes, de manière à désarmer les Etats-nations), elle semble parfois s’inspirer de l’URSS par certains penchants bureaucrates et uniformisateurs comme ici. En outre, de quoi se mêle cette « cour de justice » pour aller interdire aux assureurs de prendre en compte la réalité pour calculer leurs primes !

Merci donc à cette europe, jour après jour, de montrer son vrai visage par l’absurdité de ces décisions. Tous les jours nous nous rapprochons du moment où les peuples finiront par refuser les délires de ces commissaires et de ces juges. 

23.10.2010

Nicolas Sarkozy : une main molle dans un gant de fer

Comme le disait Nicolas Dupont-Aignan lors des universités de rentrée de Debout la République, nous avons affaire à une « présidence crocodile, grande gueule et petits bras ». Le président de la République irrite sans obtenir grand chose, notamment vis-à-vis de l’Europe.

Deux charges justes, mais un peu vaines

Cette semaine, nous avons eu droit à deux sorties très critiques à l’égard de la Commission Européenne. Bruno Le Maire était sur le plateau de Canal Plus. S’il a très clairement indiqué qu’il soutiendrait le président sortant même si Dominique de Villepin se présentait, il a également violemment critiqué les instances européennes, et leur ignorance de la souffrance des agricultures. Mais, même s’il parle bien et juste, rien n’a véritablement changé pour les agriculteurs en trois ans et demi.

L’autre sortie de la semaine est à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy qui a ironisé sur la fin de la procédure d’infraction de la Commission sur la question des Roms en France. Mais au final, même s’il a fait un esclandre (qu’il a curieusement nié) lors d’un conseil européen, le président de la République n’a même pas obtenu de véritables excuses publiques de Viviane Reding, qui a seulement exprimé des regrets sur l’interprétation de ses propos, qui étaient pourtant totalement abusifs.

Un problème de méthode

Bref, et notamment dans le cadre européen, le président semble incapable d’obtenir quoique ce soit. Il disait vouloir un « mini traité limité aux questions institutionnelles et tenant compte du ‘non’ », il signe un TCE bis. Il veut une Union de la Méditerranée, il accepte la création d’un machin inutile qui incorpore des pays riverains de la mer Baltique… En fait, Nicolas Sarkozy brasse beaucoup d’air, s’attribue beaucoup de mérites, mais quand on gratte, il cède beaucoup et obtient peu.

Le président réussit paradoxalement à beaucoup irriter nos partenaires, l’Allemagne en tête, tout en lui cédant sur la plupart des sujets (hormis sur le plan de soutien à la Grèce, où il a bénéficié du soutien d’une grande majorité des autres pays de l’Union Européenne). La réforme des retraites en est un autre exemple où il provoque un conflit social dur pour une réformette qui n’assure en aucun cas le financement de nos retraites pour les années à venir.

La prise de recul qui devrait intervenir lors de la campagne de 2012 risque d’être très cruelle pour le président de la République. Les Français comprendront encore plus clairement que créer des conflits, ce n’est pas réformer, loin de là.

19.09.2010

Une semaine de chienlit politique

C’est peu de dire que cette semaine n’aura pas contribué à réhabiliter la politique en France. Entre une commissaire européenne qui fait des parallèles ridicules, un président qui nie la réalité et une opposition qui s’emporte au Parlement, tout cela plaide pour en finir avec l’UMPS.

Les dérapages de nos dirigeants

La palme revient sans doute à Viviane Reding qui a évoqué des pratiques jamais vues depuis 1945 pour qualifier les expulsions de Roms de France. Ce dérapage est blessant pour la France mais aussi pour le peuple juif en ce qu’il banalise ce qui ne devrait jamais l’être, l’infâme Holocauste conduit par l’Allemagne nazie. La France aurait du demander la démission de la commissaire pour une telle outrance et au moins obtenir des excuses en bon et due forme, au lieu de simples regrets.

Du coup, Nicolas Sarkozy n’a pas eu tort de tenir un discours musclé face aux dirigeants européens lors du sommet de la semaine dernière. Mais à quoi bon assurer devant les caméras qu’ils l’avaient tous soutenu et qu’Angela Merkel avait elle-aussi prévu d’expulser des Roms, avant de se faire démentir par le ministre Allemand des affaires étrangères ? Nicolas Sarkozy arrive à mentir avec un sacré aplomb mais il est difficile de comprendre l’utilité de ces nouveaux écarts avec la réalité…

Le dérapage du Parti Socialiste

En face, le Parti Socialiste n’a guère fait preuve de responsabilité lors du débat sur la réforme des retraites. Certes, Bernard Accoyer a interrompu les explications des députés socialistes, mais ceux-ci faisaient de l’obstruction et le président de l’Assemblée Nationale avait parfaitement le droit de faire ce qu’il a fait. Il était donc totalement irresponsable et ridicule de le poursuivre dans les couloirs et de faire le siège de son bureau en demandant sa démission et en le traitant de fasciste ou factieux !

Là encore, les mots ont un sens que les socialistes font mine d’ignorer. Le comportement de Bernard Accoyer, homme modéré, était tout sauf fasciste. Là encore, l’emploi à tort et à travers de mots forts contribue à en brouiller le sens. Les députés socialistes n’ont pas fait honneur à la République en se comportant de la sorte. S’opposer fermement à une réforme est une chose, normale, se comporter comme des sauvageons en est une autre, qui ne les honore pas.

Au final, cette semaine, aussi lamentable qu’elle ait pu être, a sans doute eu le bénéfice de rappeler aux Français à quel point il est nécessaire de changer de dirigeants. Et outre le fait de n’être pas l’alternative sur le fond, les socialistes ont démontré qu’ils pouvaient même ne pas l’être dans la forme !

18.09.2010

Europe : les raisons et les torts de Nicolas Sarkozy

Cela fait maintenant bientôt deux mois que la polémique sur les Roms et leur expulsion a commencé. Le point culminant a sans doute été atteint cette semaine avec les reproches faits par les institutions européennes à la France. Retour sur l’attitude de Nicolas Sarkozy.

Là où il a raison

Vraisemblablement, le sommet européen de cette semaine n’a pas été des plus sereins et il semble bien que le président ait échangé des mots assez durs, notamment avec Juan-Manuel Barroso au sujet de la comparaison inepte de Viviane Reding entre le sort des Roms et celui des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. Je crois que Nicolas Sarkozy a eu totalement raison de souffler dans les bronches de cette commissaire qui se permet de tels dérapages.

Il a d’autant plus raison que la position de commissaire protège le plus souvent de toute sanction. La France a été salie par une déclaration inconsidérée de Madame Reding et il est normal que nous ayons répondu. A titre personnel, je crois même que Nicolas Sarkozy aurait pu être plus sévère publiquement et exiger de véritables excuses qui ne sont venues qu’à moitié puisque la commissaire n’a exprimé que des « regrets ». En tout cas, la dureté des échanges était parfaitement justifiée.

Là où il a tort

Je ne vais pas critiquer le président pour l’éventuelle rudesse de son ton. Après tout, la déclaration de la commissaire était injustifiable et il n’est pas un mal de le montrer en quittant un discours trop diplomatique pour bien faire passer la nécessaire remise au point de la France. Que certains s’en émeuvent ne me pose aucun problème. Présider un pays, c’est aussi savoir élever la voix quand cela est nécessaire, pour défendre nos intérêts comme notre honneur.

En revanche, Nicolas Sarkozy n’est pas exempt de toute responsabilité. Lui et sa majorité flirtent allégrement avec la stigmatisation, ce qui contribue à une atmosphère conflictuelle. Et lors du sommet, il s’est avancé bien imprudemment en avançant qu’Angela Merkel allait procéder à des expulsions, ce qu’un ministre Allemand s’est empressé d’infirmer. Bref, les nombreux dérapages du président contribuent eux-aussi à mettre la France dans une mauvaise posture.

Oui, Nicolas Sarkozy a eu raison de répondre vertement aux attaques absurdes de la commission. Il aurait sans doute pu être plus dur pour obtenir de véritables excuses. Mais il porte aussi une part de responsabilité dans les excès des dernières semaines.

16.09.2010

Ce que le dérapage de Viviane Reding dit de l’Europe

Cela restera une polémique extrêmement intéressante à plus d’un titre. La commissaire européenne aux droits de l’homme, Viviane Reding, a dénoncé les expulsions de Roms par la France en des termes scandaleux. Un nouvel exemple des ambiguïtés de cette Europe.

Le dérapage de la Commission

La polémique fait le tour du monde et devient de plus en plus forte. Toutes les institutions européennes s’en mêlent puisqu’après le vote du parlement européen, c’est au tour de la présidence de l’Union de faire des reproches à la France. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est clairement le parallèle totalement abusif fait par la commissaire européenne évoquant des pratiques remontant à la seconde guerre mondiale, comme si les avions de retour des Roms étaient les trains de la mort !

Heureusement, Viviane Reding a fini par exprimer des regrets pour cette comparaison scandaleuse. Mais il est extrêmement surprenant que la France n’ait pas davantage dénoncé les propos de la commissaire. Bien sûr, Nicolas Sarkozy aurait évoqué devant les députés de la majorité le fait que le Luxembourg pourrait accueillir davantage de Roms, mais il n’y a pas eu de communiqué officiel pour remettre en place cette critique choquante de sa politique.

C’est un superbe papier signé par Nicolas Dupont-Aignan qui a sonné la charge dans un style plus gaullien que jamais (vous pouvez aussi lire les papiers de Malakine et d’Antidote). Comment ne pas imaginer que le Général n’aurait pas remis en place le machin européen pour cette interférence avec notre politique et cette comparaison ridicule ? Bien sûr, la circulaire du ministère de l’intérieur est très choquante mais la critique des autorités européennes est allée bien au-delà.

Un problème de construction européenne

Le spectacle donné par les échanges entre les institutions de l’Europe et la France à l’occasion de l’expulsion des Roms est totalement ubuesque. Il montre clairement les failles de cette construction européenne où la commission se prend pour un gouvernement, le parlement européen pour une assemblée et la présidence de l’Union pour une autorité dirigeante vis-à-vis de pays qui seraient plus ou moins ramenés à des régions de cette grande Europe.

La construction européenne a accouché d’une architecture hybride, pas totalement fédérale, puisque les Etats-nations gardent parfois le dernier mot, mais supranationale dans un nombre grandissant de domaines. Il en résulte des conflits incessants, improductifs et paralysants pour la prise de décision. Pire, on peut argumenter que cet attelage baroque mène l’Europe dans une mauvaise direction, comme le montrent les mauvais résultats économiques depuis l’adoption de l’euro.

Bref, il devient urgent de trancher dans le vif et d’adopter un modèle clair. Parce que nous avons la démonstration que les institutions supranationales ne défendent que les intérêts d’une petite minorité, il convient de réorienter radicalement l’Europe vers un modèle confédéral, basé sur des coopérations à la carte. Il revient à la France de mettre les pieds dans le plat, quitte à provoquer une crise. Dommage que Nicolas Sarkozy ait laissé passé l’occasion de 2007…

Bien sûr, le gouvernement n’est pas totalement innocent dans cette affaire, entre la circulaire et sa stigmatisation coutumière, mais la réaction outrancière des institutions européennes révèle un problème fondamental de construction des institutions européennes qu’il faudra traiter.