17.07.2010
La réformette de la finance de Barack Obama
Un temps, on avait pu croire que le président des Etats-Unis allait vraiment s’attaquer à la réforme de la finance : il faisait même peur à Wall Street. Malheureusement, malgré les annonces granguignolesques de certains médias, le texte passé cette semaine n’a rien à voir avec Roosevelt.
Une réforme a minima
Bien sûr, quelques dispositions représentent des progrès. La première d’entre elle est la mise en place d’un Conseil de Surveillance de la Stabilité Financière : il n’est pas un mal qu’un organisme spécifique soit chargé d’évaluer le risque de crises, étant données les conséquences de la dernière. La limitation de la spéculation sur fonds propres est aussi une bonne chose, de même que le plus grand encadrement des produits dérivés ou les nouvelles contraintes sur les crédits.
Malheureusement, toutes ces mesures présentent le point commun de ne pas aller très loin, comme le Monde le souligne, alors que le quotidien du soir n’a jamais montré un grand zèle régulateur, insistant sur les coûts supplémentaires que la réglementation pouvait occasionner. Tout d’abord, les contraintes restent assez limitées, dans tous les cas. De nombreuses transactions resteront opaques et l’encadrement des crédits n’est pas complet.
Pire, la couverture demandée pour les dérivés ne correspond qu’à 5% des engagements et les banques pourront toujours spéculer avec leurs fonds propres. Il n’y a pas de véritable mécanisme mis en place pour limiter l’effet de levier. L’idée de taxe sur les banques a été oubliée pour faire passer le texte. Le refus affiché de ne pas secourir les établissements bancaires est plus une déclaration d’intention à l’attention d’une population choquée par les aides versées par l’Etat.
La victoire du lobby bancaire
Le fait de dire qu’il s’agit de la plus grande réforme depuis les années 30 est peut-être juste, mais au final, il s’agit d’une réformette par rapport à ce qu’avait mis en place Franklin Roosevelt. Barack Obama ne met décidemment pas ses pieds dans ceux de son illustre prédécesseur. On pouvait sans doute s’y attendre tant le candidat avait été prudent lors de la campagne, malgré la crise, et tant son équipe ne comporte pas de véritables penseurs alternatifs en matière de réglementation.
Le président étasunien a fait de beaux discours qui ne sont malheureusement pas suivis dans les faits. D’ailleurs, la réaction de Wall Street a été positive, sans doute soulagée par le fait que ces réformes ne vont pas réduire les bénéfices à venir des banques, ni ajouter les contraintes qui étaient craintes. Les lobbyistes ont eu raison des taxes et de nombreuses restrictions un tant envisagées. La finance a tout gagné : elle a été sauvée sans avoir à changer ensuite !
Le pire est que les Etats-Unis sont les plus avancés dans le domaine puisque l’Europe est totalement incapable d’avancer sur le sujet. Si la Commission Européenne est toujours prompt à essayer d’imposer les OGM ou laisser faire une délocalisation, elle est totalement incapable de proposer une quelconque réforme de la finance, bloquée qu’elle est par ses dogmes néolibéraux. La victoire de la finance est donc totale : les dirigeants du monde ont fait ce qu’elle voulait.
Barack Obama a obtenu une loi, mais pour l’obtenir, contrairement à ce qui est dit par de nombreux médias, il a tellement cédé que cette réforme n’est absolument pas ce qu’il fallait pour réformer structurellement la finance. Dommage, ce ne sont pas les idées qui manquaient…
Demain, reprise des textes sur « Intérêt général et souveraineté en Europe »
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25.04.2010
Remettre de l’ordre dans la finance
Hier, Barack Obama s’est exprimé sur la réforme de la finance. Wall Street a été rassurée par ses propos. En clair, rien ne sera fait pour réformer le système qui a mené le monde au bord du gouffre en 2008…
Rien ne change
Fin janvier, le président des Etats-Unis avait annoncé des mesures pour limiter la spéculation des banques avec leurs fonds propres ainsi que leur taille pour éviter qu’elles ne soient « trop grosses pour faire faillite ». Ces propos avaient même provoqué une correction sévère des bourses qui pouvait faire espérer que de véritables réformes allaient être mises en place, même à Washington.
Las, le discours de jeudi indique sans doute que nous en resterons à une « réformette de la finance », comme on pouvait le pressentir depuis quelques mois. Il faut dire que l’équipe qui entoure le président des Etats-Unis est plutôt conservatrice. Un membre avait confié à The Economist qu’heureusement, aucun « gauchiste » du genre Stiglitz, Reich ou Krugman n’avait été choisi. Le rebond de Wall Street hier indique bien que les banques pourront continuer leurs affaires tranquillement.
L’anarchie financière, responsable de la crise
Bien sûr, la déréglementation de la finance n’est pas la seule responsable de la crise de l’automne 2008 mais elle y a plus que sa part de responsabilité. Et parce qu’ils ont justement renoncé à encadrer l’activité financière, les hommes politiques (de droite comme de gauche) sont les premiers coupables. Ce sont eux qui ont progressivement renoncé à encadrer l’activité des marchés, laissant par exemple les banquiers mettre au point les normes Bâle 2 qui ont amplifié la crise.
Cette anarchie financière est bien responsable de la crise pour plusieurs raisons. La première de ces raisons est, comme pour la Grande Dépression de 1929, l’utilisation de l’effet de levier pour maximiser les gains. Grosso modo, les institutions financières ont cherché à parier toujours plus d’argent pour un même capital donné de manière à augmenter les rendements. Pour cela, elles ont utilisé toutes les subtilités des réglementations qu’elles avaient établies pour faire du hors-bilan ou titriser.
Cette augmentation de l’effet de levier démultiplie les gains quand les marchés montent, mais le monde de la finance a oublié qu’il démultiplie les pertes quand les marchés baissent. Les assurances prises contre le risque n’ont fait que rendre le risque insaisable au lieu de le faire disparaître. L’innovation financière a augmenté les rendements, mais aussi augmenté l’instabilité du système tout en le rendant plus opaque, défaut extrêmement dangereux en cas de perte de confiance généralisée.
L’action des Etats a permis d’éviter le pire, pour le moment
Quand toutes les bulles d’actif ont fini par s’effondrer, l’ensemble du système financier a menacé s’écrouler et emporter l’économie mondiale avec lui. Les Etats sont alors intervenus pour éviter une redite de la Grande Dépression. Ils ont sauvé les banques à coup de milliards et de garanties et ont injecté des sommes inédites pour relancer une économie réelle entraînée dans la chute de la finance.
Heureusement, les dirigeants de la planète ont tiré les leçons de la crise de 1929 pour éviter que le chaos économique ne succède au chaos financier. Et cette crise a aussi eu le bénéfice de nous montrer les travers du système économique actuel, fruit de quarante années de déréglementation, démarrée en 1971 avec la décision des Etats-Unis de suspendre la convertibilité du dollar.
Le capitalisme actionnarial et financier, sangsue de l’économie réelle
Le système économique actuel est injuste car il ne profite qu’à une infime minorité dans les pays développés, comme l’illustrent bien la hausse de la part des dividendes dans le PIB (de 3 à 7% en 20 ans) ou les bonus de plus en plus indécents des banquiers. Ce capitalisme actionnarial pressure toujours davantage l’économie réelle, demandant des rendements indécents. Aujourd’hui, la bourse ne finance plus les grands groupes mais en extrait de l’argent, sous forme de dividendes et de rachats d’action.
Et les mêmes banques qui ont été sauvées par les Etats il y a 18 mois s’enrichissent en empruntant à 1% à la BCE pour prêter cet argent plus cher aux Etats. Ces mêmes banques augmentent tous les ans les frais bancaires pour extraire toujours plus de valeur de leurs chers clients, sans jamais se battre sur les prix pour bien préserver leurs marges. Bref, le monde financier est devenu une sangsue toujours plus vorace qui vit sur le dos de l’économie productive.
Alors que les hommes politiques en place, Barack Obama en tête, sont incapables de tirer les leçons de cette crise, je proposerai demain une liste de mesures concrètes pour remettre la finance au service de l’économie productive avant d’étudier ensuite les modalités de leur mise en place.
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13.03.2010
Bonus de banksters, suite, mais pas fin
Alors que 2009 a été une année noire pour l’ensemble de l’économie mondiale, et que les destructions d’emplois ont atteint un record en France, le contraste avec la situation de la finance démontre chaque jour davantage que le système est complètement fou.
Quelques chiffres sur les bonus
Pour être clair, je ne crois pas que les bonus soient les premiers responsables de la crise. Je crois davantage que les rémunérations indécentes sont plus un symptôme de l’anarchie économique qu’une cause, même si elles apportent une certaine contribution. Cette semaine, les banques Françaises ont annoncé qu’elles distribueront 2 milliards au titre des bonus 2009 pour leurs traders, soit 200 000 euros en moyenne environ, en plus du fixe, qui a beaucoup progressé…
Un regard sur les statistiques de Wall Street est particulièrement éclairant. Comme je l’avais raconté, les bonus de 2009 progressent de plus de 15%, à 20 milliards de dollars, ce qui indique que plus de 17 milliards avaient été versés (on se demande bien au titre de quoi ?) pour 2008. Et l’examen de statistiques de long terme est proprement hallucinant. En effet, il faut savoir que le bonus moyen versé en 2000 (au sommet de la bulle Internet) était de 100 000 dollars… soit la même somme qu’en 2008 !
Un système absolument fou
Cette plongée dans les chiffres de rémunération des traders démontrent jusqu’à la nausée la perversité du système économique actuel. Comment justifier en effet que le bonus moyen de l’année de la plus grande crise financière depuis 80 ans soit le même que le bonus moyen de l’année du sommet de la bulle Internet, à peine huit ans avant ? Ces informations montrent une déconnexion incroyable entre le niveau de rémunération du monde de la finance et l’économie réelle.
Car si les bonus dépendent des cycles économiques, s’il est vrai qu’ils descendent fortement en période de crise, il faut noter qu’ils rebondissent encore plus rapidement. Ainsi, les bonus 2009 sont le double des bonus 2002, de même que les bonus 2006 étaient le double de ceux de 2000. Pire, tout ceci ne concerne pas l’ensemble des compensations, sachant que la part fixe a beaucoup progressé pour compenser l’autolimitation (sic) des bonus. Et encore, « les traders ne sont pas contents » !
Certes, le débat sur les bonus ne doit pas se faire au détriment du débat sur la réforme du système, mais un survol rapide des pratiques de rémunération des banques montre à nouveau qu’il y a vraiment quelque chose de pourri au sein du système financier.
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28.02.2010
Bonus de bankster
C’est une petite information qui est passée discrètement dans le Figaro et que étonnamment, pas grand monde n’a relevé, pas même les opposants les plus farouches au système néolibéral. Une nouvelle révélation sur les bonus de Wall Street…
Etat des lieux
Cet article explique que les bonus de Wall Street ont augmenté de 17% pour l’année 2009, comparé à 2008, mais qu’ils sont encore un tiers inférieur à ceux de 2007. Les banquiers ont donc touché 20 milliards au titre de 2009, contre 17 milliards pour 2008 et environ 30 milliards pour 2007. Le journal note qu’en plus, la suppression de 26 000 postes fait que chaque banquier a touché 123 000 dollars. Une simple règle de trois permet de déduire qu’en 2007, la prime était de 160 000 dollars par personne.
Bizarrement, mais c’est peut-être un effet de lassitude, personne ne révèle plusieurs informations cruciales. En effet, alors que les marchés se sont effondrés d’environ 50% en 2008, que l’économie mondiale était au bord de l’asphyxie, aux prises avec la crise la plus grave depuis 80 ans, et que les banques ne devaient leur survie qu’à l’injection massive d’argent public, les banquiers de Wall Street n’ont pas hésité à se distribuer la bagatelle de 17 milliards de dollars de bonus au titre de cette année 2008 !
Mais que fait la police ?
Cette information est proprement hallucinante et justifie les déclarations enflammées de tous les dirigeants de la planète qui dénoncent les pratiques immorales de la finance, à Paris, Londres ou Washington. Malheureusement, on ne peut que constater l’écart entre le geste et la parole. Ce ne sont que des mesurettes qui touchent les banquiers alors qu’une taxation à 90% des bonus 2008 et 2009 devrait être imposée étant données les circonstances (voir une séance de rattrapage pour 2007).
Rien, absolument rien ne justifie que les banquiers ne touchent le moindre centime de bonus au titre de 2008 et 2009. Les marchés se sont effondrés sur la première des deux années et les banques ne doivent leur survie qu’à l’intervention de l’Etat. Pourquoi distribuent-elles une prime sur résultat ? Et les bonus de 2009 ne sont pas moins illégitimes car ils n’existent que grâce à l’effondrement de l’année précédente et au sauvetage des banques par les Etats, et donc la collectivité.
Non seulement les banques gagnent quand c’est pile, mais quand c’est face, c’est nous qui perdons, et elles continuent à gagner, avec la complicité tacite de tous les gouvernements. Roosevelt, De Gaulle, revenez ! Ils sont devenus fous !
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25.01.2010
Le jour où Barack Obama a défié la finance
Ira-t-il jusqu’au bout ? Ne s’agit-il pas uniquement d’une posture consécutive à la défaite des démocrates au Massachussetts ? Difficile de le savoir. Néanmoins, Barack Obama est le premier chef d’Etat dont les déclarations font baisser les bourses, signe qu’une véritable réforme est peut-être en marche.
Une simple posture…
Autant les déclarations et les mesurettes prises sur les bonus ne sont que des postures destinées à donner le change vis-à-vis des opinions publiques, quels que soient les pays, autant les propositions de Barack Obama vont beaucoup plus loin. Bien sûr, on peut suspecter que cette prise de position est plus tactique que stratégique, qu’elle vise principalement à relancer une présidence qui est aujourd’hui en difficulté avec la perte de la majorité qualifiée au Sénat.
Cette thèse est forcément crédible quand on pense à l’équipe assez conservatrice et très libérale que le président étasunien a rassemblée. En outre, les institutions des Etats-Unis ne permettent pas au président de passer en force un projet qu’il jugerait prioritaire et toute réforme est soumise à l’influence souvent délétère des lobbys. Ainsi, on peut se demander si Barack Obama ne prend pas une posture populaire pour retrouver la confiance des électeurs.
Ou une vraie volonté ?
On peut néanmoins se souvenir que Barack Obama avait imposé aux banques qu’il avait aidées des fourches caudines suffisamment sévères pour que ces institutions financières cherchent par tous les moyens à rembourser l’aide de l’Etat. Il vient de parler des « bonus obscènes » des banques, au moment où Goldman Sachs annonce des records de profits et une envolée de la rémunération de ses employés. Mais ce sont ses dernières annonces qui révèlent un changement de ligne.
En effet, les propositions qu’il a faites ont le potentiel de véritablement réduire le risque systémique du système financier. En effet, l’interdiction pour les banques de spéculer avec leurs fonds propres est une vraie mesure, de même que la volonté de limiter la taille des établissements bancaires, pour qu’ils ne soient plus « trop gros pour les laisser tomber ». Bien sûr, ses déclarations restent trop vagues pour émettre un jugement définitif, mais il est le premier grand dirigeant à aller aussi loin.
D’ailleurs, Wall Street ne s’est pas trompé puisque la bourse a très mal accueilli les propositions du président, abandonnant 2% le jour de l’annonce, avec des pertes atteignant 6% dans le secteur bancaire. En effet, moins de risques, c’est aussi moins de spéculation et de profits sur cette spéculation. Le monde financier a bien compris que la limitation du risque systémique porte en elle la limitation de ses profits indécents en mettant un frein à l’effet de levier utilisé abusivement.
Jusqu’à présent Barack Obama a conservé une attitude assez modérée, à mille lieues de Franklin Roosevelt, donnant l’impression qu’il ne réformerait pas le système financier comme il faut le faire. Ses dernières déclarations donnent un nouvel espoir, proportionnel à la baisse des bourses.
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25.07.2009
Fin de crise pour la bourse et les entreprises ?
Si le mois de juin et le début de juillet avaient été dominés par une mauvaise humeur des marchés, depuis quinze jours, le moral des spéculateurs est au beau fixe. Wall Street est au plus haut depuis 8 mois et le CAC 40 a repris plus de 10%.
Le rebond de Ford
Les constructeurs automobiles ont été parmi les premières victimes de la crise. Les ventes de voitures se sont effondrées dans de nombreux pays : -40% en Espagne, -30% aux Etats-Unis à partir du mois de septembre dernier. Chrysler et General Motors n’ont échappé à une faillite totale que grâce à l’aide de l’Etat et au prix de révisions stratégiques radicales. Chrysler est plus ou moins repris par Fiat et General Motors cède de nombreuses marques et actifs.
C’est pourquoi les chiffres annoncés par Ford il y a deux jours ont été jugés particulièrement encourageants par les marchés. Certes, le bénéfice affiché par le constructeur étasunien est uniquement la conséquence d’une opération financière réussie. Mais cela montre deux choses : que même un constructeur automobile peut restructurer sa dette et ensuite que les pertes de Ford se sont réduites à 600 millions de dollars, une bonne performance dans un bas de cycle particulièrement sévère.
Les résultats des entreprises boostent la bourse
Et si Microsoft a déçu, d’autres grands groupes comme AT&T ou 3M ont dégagé de meilleurs résultats qu’attendus. Au global, comme l’avaient montré les résultats des banques il y a quelques jours, les résultats des entreprises sont moins mauvais que ce que craignaient les analystes, ce qui a provoqué le rebond des derniers jours. Le point bas des marchés de début mars semble désormais assez loin et il est possible qu’il marque a posteriori le climax de cette crise financière.
Mais la relative bonne tenue des profits des entreprises démontre également quelque chose de plus dérangeant. En effet, on peut aussi en conclure que le système actuel arrive même à protéger les intérêts des actionnaires dans le cadre d’une crise économique extrêmement violente. D’une part, des millions de personnes perdent leur maison ou leur emploi, mais de l’autre, les actionnaires ne souffrent finalement pas très longtemps (hormis les petits épargnants qui avaient leur retraite en bourse…).
Les résultats actuels posent un problème particulièrement troublant puisque toutes les dérives du système semblent encore en marche dans l’esquisse de reprise que nous traversons. Pire, cette reprise ne semble devoir profiter qu’à une minorité.
Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/07...
http://www.lefigaro.fr/marches/2009/07/23/04003-20090723A...
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