18.09.2011
Le grand virage protectionniste des européens
Après la conférence de presse du 16 juin, où avait été révélé un sondage sur l’état de l’opinion sur le libre-échange, l’association « Manifeste pour un débat sur le libre-échange », a organisé de nouveaux sondages dans toute l’Europe et organisé un colloque mercredi dernier.
Des européens ouverts à la démondialisation
Un des arguments des partisans du libre-échange est de dire que les Français sont un peu atypiques, que notre opinion est minoritaire et que nous ne pourrions pas changer seuls, nous promettant abusivement un destin comparable à celui de l’Albanie si nous suivions ce chemin. Mais le sondage révélé par l’association de Philippe Murer démontre que les opinions publiques allemandes, italiennes et espagnoles sont étonnamment proches de celle des Français sur ce sujet…
Dans le détail, pas moins de 65% des Allemands se déclarent opposés à la faible taxation des produits importés de Chine et d’Inde, à peine moins que les 70% de Français. A noter que les Italiens sont 71% à s’exprimer dans ce sens et les Espagnols 76%. Assez logiquement, les Britanniques sont les moins favorables, avec tout de même 50% de personnes se déclarant opposées à cette situation. De 60 à 67% de l’Europe continentale est favorable à un relèvement des droits de douane !
De manière intéressante, alors que 80% des Français déclarent que le cadre européen est préférable pour une telle politique, ce chiffre tombe à 73% en Italie, 68% en Espagne, 67% en Allemagne et 42% au Royaume Uni. 64% des citoyens britanniques sont prêts à y aller seuls si les autres pays européens n’y vont pas, contre 63% des Italiens, 60% des Espagnols, 57% des Français et 56% des Allemands. Bref, nos concitoyens semblent les plus attachés à l’idée européenne.
L’exception Française
A dire vrai, il s’agit d’une vraie surprise. Je ne croyais pas que les citoyens européens seraient à ce point ouverts aux idées protectionnistes, y compris les britanniques, dans la patrie du libre-échange. Il aurait été intéressant d’avoir fait ce sondage quatre ou cinq ans auparavant pour voir l’évolution. Il est probable que les opinions publiques ont beaucoup évolué récemment. Malgré tout, ce sondage révèle également de vraies divergences entre les peuples européens.
Les Français ont un jugement beaucoup plus sévère sur les conséquences de la mondialisation, qui tranche avec l’opinion des autres pays. Quand 75% des Français pensent que la mondialisation aura des conséquences négatives et 11% seulement positives, les autres opinions publiques sont moins tranchées : 62/29 en Italie, 56/30 en Grande-Bretagne, 56/32 en Espagne et 52/34 en Allemagne. Malgré tout, la victoire est claire pour le camp alternatif qui a gagné la bataille de l’opinion.
La présentation de ces résultats a été accompagnée d’un véritable colloque réunissant économistes (Jean-Luc Gréau, Hervé Juvin, et Jean-Claude Werrebrouck) et politiques (Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg). Je vous invite à consulter le papier et les vidéos de Seb Musset et les articles de Coralie Delaume et Bertrand Rothé qui étaient présents ou celui de Yann, n’ayant malheureusement pas eu la possibilité d’assister à cette réunion.
Petit à petit, nous gagnons du terrain. Nous sommes en train de gagner la bataille des idées grâce à des initiatives comme celles-là. Et la crise qui dure depuis trois ans est en train de créer les circonstances qui permettront à une véritable alternative d’arriver au pouvoir.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : manifeste pour un débat sur le libre-échange, protectionnisme, philippe murer, jean-luc gréau, hervé juvin, jean-claude werrebrouck, nicolas dupont-aignan, jean-pierre chevènement, arnaud montebourg, seb musset, coralie delaume, yann, bertrand rothé
14.09.2011
Quand Barack Obama se fait plus radical
Le président des Etats-Unis est très paradoxal : s’il a réussi à passer une réforme de la santé, son sens du compromis l’a poussé très loin, sur la réforme de la finance, ou l’accord budgétaire de cet été. Mais la semaine dernière, il vient de proposer une mesure plus radicale pour soutenir l’emploi.
Le paradoxe étasunien
Le monde économique ne tourne décidemment pas rond. De notre côté de l’Atlantique, alors que le déficit moyen de la zone euro tourne autour de 6% du PIB, nous ne nous préoccupons que du niveau des déficits et de la réduction de la dette. Même la gauche promet d’inscrire dans la Constitution une camisole budgétaire une fois élue. Evoquer des dépenses supplémentaires provoque une tempête, comme l’ont expérimenté les candidats socialistes récemment.
Mais de l’autre côté des Etats-Unis, avec un déficit 50% plus important, une dette encore plus vertigineuse, voilà que le président de la République, si populaire dans toute l’Europe, loin de proposer un plan d’austérité à ses concitoyens, décide de proposer un plan de relance ! C’est qu’aux Etats-Unis, on ne regarde pas les indicateurs économiques de la même manière. Là-bas, c’est le chômage qui doit être l’objectif politique prioritaire aujourd’hui, du fait de sa persistance.
Alors que la BCE combat un fantôme d’inflation, Washington juge insupportable que le taux de chômage demeure au-delà de 9% pendant plus de 3 ans. Quelle ironie de l’histoire… Il a pour la première fois atteint ce cap il y a 25 ans en France et n’est pas descendu sous les 8% depuis (et encore, si on en prend une définition très restrictive). Ce « Munich social », cette apathie vis-à-vis du chômage de masse, le cancer de notre société, est aussi incompréhensible que révoltant.
Un plan en demi-teinte
Comme l’a très bien rapporté Yann, ce plan est loin d’être parfait. Il comporte quatre volets: le maintien des allocations chômage pour les allocataires de longue durée, des aides pour les Etats qui sont également en déficit pour éviter les coupes sombres, une baisse des charges et des mécanismes pour favoriser les embauches et enfin un programme d’investissements dans les infrastructures et les autoroutes. Mais surtout, le plan atteint la bagatelle de plus de 400 milliards de dollars !
En effet, alors que notre petit président qualifiait son emprunt de grand, il est largement toisé par le seul plan emploi de Barack Obama qui n’est pourtant qu’un mécanisme de plus dans le soutien à l’activité. Alors bien sûr, on pourra souligner que ce plan est en partie un pis aller. En effet, il ignore en grande partie les raisons structurelles de l’affaiblissement économique des Etats-Unis, son affaiblissement productif, qui a été camouflé par une bulle de crédit qui a soutenu la croissance.
Malgré tout, même s’il est imparfait, il vaut mieux que rien, même si les néolibéraux vont le combattre avec la plus grande détermination. Hervé Nathan souligne justement que « l’Amérique soutient l’emploi, l’Europe ses débiteurs », un moyen de souligner à quel point le débat public en France est bizarre avec la victoire médiatique des défenseurs d’une austérité stricte et le refus d’évoquer des voies alternatives comme pourtant les Etats-Unis l’expérimentent aujourd’hui.
Cette fois-ci, ne boudons pas trop notre plaisir. Malgré ses imperfections, ce plan est sans doute une assez bonne réponse à la situation économique actuelle. Alors souhaitons du courage à Barack Obama qui va sans doute affronter une opposition musclée des républicains.
08:55 Publié dans Actualités, Economie, International | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, barack obama, bce, washington, yann, hervé nathan
11.08.2011
Quand le Brésil et l’Argentine ouvrent la voie à la démondialisation
Les opposants à toute remise en cause ont vite fait d’évoquer le spectre de l’Albanie ou de la Corée du Nord pour refroidir toute velléité de remettre en cause la mondialisation. Mais dans la réalité, de nombreux pays prennent des libertés avec les dogmes libre-échangistes, pour leur plus grand bien.
Quand le Brésil devient protectionniste
Voici un pays confronté à une monnaie largement surévaluée. En effet, selon l’indice Big Mac de The Economist, le real serait la monnaie la plus chère du monde, surévaluée de 52% par rapport au dollar si on compare le prix du sandwich de Mac Donald’s. Et étant donné le niveau de développement du pays, l’hebdomadaire britannique estime qu’elle est même surévaluée de 149% ! Cela signifie que les produits brésiliens sont mécaniquement trois fois plus chers que les produits chinois.
Comme le souligne The Economist, le Brésil a vu sa monnaie s’apprécier depuis deux ans et demi, après un plus bas à 2,4 real par dollar : elle a atteint 1,57 real par dollar. En cause, la forte croissance du pays, qui attire les capitaux mais aussi des taux d’intérêts à 12.5% pour lutter contre une inflation qui a atteint 6.7% en juin. Mais cette cherté de la monnaie nationale fait souffrir l’industrie du pays, dont la production a reculé de 1.6% sur le mois de juin, avec une baisse de l’emploi industriel.
Le Brésil a donc décidé de taxer toute entrée de capital dans le pays ainsi que tous les contrats qui parient sur une hausse du real. Le pays veut privilégier les produits locaux dans les appels d’offre (qui pourront être jusqu’à 25% plus chers que les importations) et se lance dans une expérimentation proche de la TVA sociale (remplacement des cotisations patronales par une taxe sur le chiffre d’affaire) sur quatre marchés : vêtements, chaussures, meubles et logiciels.
Le précédent argentin
Je profite de l’occasion pour revenir sur un très bon article de Yann du blog Le bon dosage, où il détaillait la politique suivie par l’Argentine. Le cas de ce pays est un peu atypique depuis 2002 puisque le défaut de Buenos Aires l’a coupé des marchés financiers internationaux, imposant au pays un équilibre de son commerce extérieur pour rester indépendant et éviter d’avoir à vendre des actifs ou utiliser ses réserves pour équilibrer ses comptes avec l’étranger.
Le gouvernement argentin veut en effet mettre fin à la dépendance excessive à l’égard de l’extérieur dans certains domaines, notamment le jouet, le textile et l’électroménager. Dans le premier secteur, la production locale est passée de 5% de la consommation en 2003 à 30% aujourd’hui. Et le gouvernement souhaite encore diminuer les importations de 45%. Outre une taxation des importations, le gouvernement a décidé d’interdire les poupées Barbie produites en Chine.
Outre les aspects positifs pour l’environnement, la relocalisation des activités productives est une nécessité absolue qui sert un triple objectif : l’emploi, l’indépendance et la lutte contre les monopoles. En effet, les délocalisations massives d’activités productives ont bien un impact très négatif sur l’emploi, comme nous le voyons en France. Mais en plus, la concentration massive de la production en Chine est extrêmement malsaine du fait de la dépendance qu’elle créé.
D’ailleurs, les pays asiatiques l’ont bien compris, eux qui ont également adopté des politiques protectionnistes pour développer leur industrie. L’Europe sera-t-elle le dernier continent à comprendre l’intérêt de protéger son industrie ?
11:25 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : argentine, brésil, yann, le bon dosage, protectionnisme, the economist, indice big mac
18.07.2011
François Hollande, « socialiste » antisocial et irresponsable
L’ancien premier secrétaire du PS a trouvé son créneau : il sera le « socialiste responsable », qui s’aligne sur les objectifs les plus ambitieux de réduction du déficit, également favorable à une plus grande intégration européenne. Un condensé de pensée unique.
Le choix des marchés contre le peuple
A quel point de dégénérescence mentale peut arriver un responsable « socialiste » pour prendre de telles positions ? François Hollande ne cherche pourtant pas à être le candidat d’un parti libéral professant sa foi absolue dans le marché, mais bien d’un parti dit « socialiste ». Mais le député-maire de Corrèze veut tellement faire la course au centre qu’il finit par dépasser DSK sur sa droite. Ainsi il calque soigneusement ses positions sur la pensée dominante.
C’est ainsi qu’il contredit le programme socialiste pour lequel il faut décaler d’un an le retour à un déficit de 3% du PIB et s’aligne sur les objectifs du gouvernement (qui ne seront pas faciles à atteindre). Il prévoit une grande réforme fiscale, dont certains principes (inspirés par les propositions de Thomas Piketty et Camille Landais) sont intéressants. Mais il est assez incompréhensible qu’un dirigeant « socialiste » priorise ainsi la réduction des déficits sur la lutte contre le chômage.
En fait, tout cela n’est pas surprenant. Yann parlait de « grande purge libérale » au sujet du PS et dénonçait la prise de position de François Hollande sur la monétisation, qui refuse de faire ce que même les Etats-Unis et la Grande-Bretagne font ! Et le choix par Martine Aubry de Daniel Cohen comme conseiller sur l’économie démontre que l’actuelle première secrétaire ne sera pas plus ouverte que l’ancien aux idées alternatives, comme le rapporte Bertrand Rothé.
L’irresponsabilité européenne
En complément à ce discours d’une orthodoxie relativement stricte sur les questions budgétaires, François Hollande a également pris position pour « sauver la zone euro », dénonçant les atermoiements des dirigeants européens, et proposant d’aller plus loin dans l’intégration de l’Union Européenne, en fusionnant le poste de président du Conseil et de président de la Commission, et en mettant en place des euro obligations et un « fédéralisme budgétaire et fiscal ».
Pourtant, les euro obligations sont un mécanisme profondément irresponsable puisqu’il s’agit de permettre aux pays les moins bien évalués de bénéficier des mêmes conditions de crédit que les pays les mieux évalués : en clair, on pénalise les plus sérieux et on favorise les moins regardant vis-à-vis de l’argent public. C’est exactement ce que les marchés ont fait à la création de l’euro, aboutissant aux excès qui ont contribué à nous amener à la crise des dettes souveraines.
Car le système que François Hollande nous propose est extrêmement dangereux dans la mesure où il pénalise les comportements vertueux et favorise les comportements irresponsables. Du coup, il y aurait fort à parier qu’il faudrait alors mettre sous une tutelle stricte les budgets nationaux pour éviter tout dérapage : c’est sans doute ce qu’il appelle « fédéralisme budgétaire et fiscale ». Heureusement que l’Allemagne freine de toutes ses forces sur ces questions…
L’Europe et la conversion au « laisser-faire » ont fait du PS un parti antisocial et antidémocratique, que François Hollande représente bien. En ce sens, sa victoire aurait le mérite de clarifier la situation et de bien montrer aux Français qu’il n’y a rien à espérer de ce pari « socialiste ».
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, parti socialiste, thomas piketty, camille landais, yann, bertrand rothé
12.07.2011
Europe : gros coup de chaleur sur les dettes souveraines
Yann avait bien senti les choses en publiant samedi une note sur la crise financière qui couvait et qui a explosé hier, provoquant une forte baisse des marchés financiers. Simple coup de chaud ou prélude à une explosion financière qui fera passer Lehmann Brothers pour une aimable plaisanterie ?
Un coup de chaleur vraiment grave
Il y a deux ans et demi, j’avais pronostiqué une nouvelle crise financière mondiale dont le déclenchement serait le défaut de l’Italie. En revanche, je me suis sans doute trompé sur la date puisque je situais cette crise à l’automne 2016. Il semblerait que les prédictions les plus noires de Jacques Sapir et Emmanuel Todd (pour qui l’euro ne passera pas l’année) pourraient bien se réaliser si la panique (extrêmement rare en plein été) continue sur les marchés.
En effet, comme l’avait bien vu Yann, ce sont les taux espagnols et italiens qu’il faut surveiller. Jusqu’à présent, même s’ils avaient monté l’automne dernier, ils étaient restés à un niveau inférieur à celui de l’automne 2008, l’Italie restant sous les 5% et l’Espagne oscillant entre 5 et 5,5%. Mais hier, les marchés ont sérieusement dérapé, poussant les taux espagnols brièvement au-delà de 6% et les taux italiens à près de 5,7%. Nous rentrons dans des zones très dangereuses.
L’Europe paralysée
Si la situation de l’Espagne est gérable (plus petite économie, 68% du PIB en dette fin 2011), celle de l’Italie est explosive, avec une dette de 120% du PIB, plus de 1800 milliards d’euros ! Un point de taux d’intérêt supplémentaire, c’est 18 milliards d’intérêts de plus… Les marchés ne font que réagir à la lenteur et aux contradictions permanentes des dirigeants européens pour traiter le cas de la Grèce, ce qui n’est guère encourageant pour des problèmes plus importants
En effet, une énième réunion hier n’a pas réussi à aboutir sur un accord pour un second plan d’aide pour les créanciers de la Grèce. Les agences de notation persistent à juger les plans proposés comme des défauts partiels, ce qui imposerait à la BCE de ne plus prendre les titres grecs comme collatéral, ne permettant plus le financement des banques grecques. Bref, le temps passe et démontre qu’une structure comme l’UE est tout simplement ingouvernable.
Il est clair que si les taux continuent à monter et dépassent 7%, alors la situation deviendra intenable. Il sera impossible de proposer à l’Italie la même chose qu’à la Grèce étant donné le montant colossal de la dette italienne. A ce titre, il est proprement incroyable de voir les autorités européennes réclamer un fonds de soutien de 1500 milliards pour sauver leur joujou. Il s’agit tout de même d’argent public. Et un peu plus de modération dans son utilisation serait la bienvenue…
Les forces de rappel existent
Malgré tout, même si les marchés peuvent avoir de vraies tendances autodestructrices, il est tellement évident que si les taux italiens dérapent, la situation devient totalement incontrôlable qu’on ne peut exclure que la peur du vide calme les spéculateurs. En faisant montant les taux italiens (et dans une moindre mesure, espagnols), le système financier se suiciderait littéralement. On ne peut pas exclure que les patrons des banques et des fonds mettent le holà à cette roulette russe.
Par-delà la peur d’un vide immense, la BCE peut également intervenir sur les marchés pour réduire la pression sur les taux italiens et espagnols, même si elle y rechigne. Mais son existence est en jeu, ce qui pourrait la motiver. Enfin, la Chine pourrait également agir à loisir sur les marchés pour éviter une explosion financière dont même elle pourrait ne pas sortir indemne. Bref, aussi violent et dangereux soit-il, ce coup de chaleur pourrait n’être qu’épisodique.
Tout est réuni aujourd’hui pour une crise financière d’une ampleur potentiellement supérieure à celle de l’automne 2008 : le défaut d’un Etat suivi d’un effondrement complet du système financier. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. Et cela pourrait venir plus tôt que je ne le pensais…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : dettes souveraines, yann, lehmann brothers, bce
30.06.2011
Grèce : le parlement choisit l’austérité
C’est fait : par une courte majorité, le Parlement grec a voté le plan d’austérité du gouvernement. Ce choix devrait permettre le versement des fonds du FMI et de l’Europe et ouvre la voie à un nouveau plan. Rien n’est réglé mais l’euro et les créanciers du pays sont temporairement sauvés.
« Sauver les grecs de la faillite » ?
Le traitement de beaucoup de médias est stupéfiant : les pays européens et le FMI aideraient la Grèce à éviter la faillite. Cette présentation des faits est totalement abusive. Tout d’abord, un Etat ne fait pas faillite, dans la mesure où il ne cesse pas son activité comme une entreprise. Un Etat peut faire défaut sur sa dette (ne pas la rembourser), partiellement ou totalement, comme cela a été le cas de l’Argentine en 2002 quand elle a cassé le lien entre peso et dollar.
Ensuite, dire que nous sauvons la Grèce ou les Grecs paraît tout de même un peu abusif quand on constate à quelles extrémités les plans d’austérité demandés par l’Europe et le FMI poussent le gouvernement. Nous assistons à une immense régression sociale que ce papier du Monde met bien en lumière. En général, un sauvetage est moins sanglant et moins violent pour les personnes qui sont sauvées. En fait, ce ne sont pas les Grecs qui sont sauvés par ces plans.
Ce sont bien les créanciers de la Grèce et l’euro qui sont sauvés. Dans le cas des créanciers, c’est d’autant plus choquant que ce sont les Etats (directement ou à travers le FMI) qui se substituent aux institutions financières privées pour assumer le risque d’un défaut que l’immense majorité des analystes estime très probable. Et c’est aussi l’euro qui est sauvé dans la mesure où une sortie de la Grèce aurait probablement un effet domino destructeur pour la monnaie unique.
Une coûteuse perte de temps
Bien sûr, il ne faut pas se voiler la face, l’option de refuser l’aider internationale, de sortir de la monnaie unique, de dévaluer et de faire défaut partiellement ou totalement sur la dette ne serait pas une sinécure pour la Grèce et les Grecs. Le pays n’aurait plus accès aux marchés des capitaux et devrait donc brutalement équilibrer ses échanges. Parallèlement, le prix des produits importés s’envolerait. Il faudrait sans doute introduire un contrôle des changes strict.
Mais, le cas de l’Argentine, qui n’était pas dans une situation moins périlleuse, démontre qu’après quelques mois difficiles, la dévaluation est un puissant outil pour relancer l’économie. A peine un an après le défaut, la croissance reprenait à un rythme vigoureux (plus de 7% par an), la production industrielle s’envolait, le chômage et la pauvreté baissaient fortement, comme le montre Yann. Bien sûr, l’économie argentine souffre encore d’inflation, mais les choix de 2002 étaient les bons.
Le plus incroyable demeure le déni complet de réalité de la troïka qui fait comme si la Grèce pourrait un jour rembourser sa dette. Pire, plus nous attendons, plus la restructuration devra être importante. Mais, entre temps, les Etats (et donc les contribuables) se seront substitués aux banques privées et les Grecs auront beaucoup souffert. L’incapacité des Etats à adopter une solution durable est navrante. Cela tient peut être au fait qu’il est impossible d’en construire une dans le cadre de l’euro.
Une telle décision était malheureusement prévisible : la Grèce n’a pas envie de dire « non » à une Europe qui l’a beaucoup aidé et la sortie de l’euro n’est pas une solution revendiquée par les opposants. Mais comme à Buenos Aires, l’austérité sauvage pourrait bien faire changer les Grecs d’opinion…
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27.06.2011
Marine Le Pen sur France 2 : aplomb, esquives et incompétence
La semaine dernière, Marine Le Pen était l’invitée de « Des paroles et des actes », la nouvelle émission du service public en vue de l’élection présidentielle (une belle réussite sur le concept). L’occasion de mieux cerner la personnalité de la présidente du Front National.
Vraiment pas au niveau en économie
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Marine Le Pen a de l’aplomb. Elle a su garder sa contenance pendant les deux heures de l’émission, plutôt une réussite vu le ton de certains intervenants... Cependant, sa prestation globale n’a pas été excellente. D’une part, elle a très souvent esquivé les questions qu’on lui posait. Elle partait souvent dans des grandes digressions pour, au final, ne pas répondre à la question qui lui était posée, malgré les nombreuses relances.
Ensuite, sur toute la partie économique du débat, la présidente du Front National a été extrêmement faible. Elle était incapable de sortir de ses discours pré écrits pour commencer un début de débat avec le journaliste qui lui était opposé. Elle manquait de la plus élémentaire connaissance de l’économie, étant incapable de répliquer aux chiffres de croissance trimestriels ou aux objections sur l’Etat stratège en évoquant Airbus, Ariane, le TGV ou le nucléaire...
Une politicienne comme les autres ?
Tout ceci pose un double problème. Tout d’abord, elle ne semblait clairement pas à la hauteur, ce qui est tout de même extrêmement gênant pour une candidate dont le programme comporte autant de propositions de rupture. Il est important de susciter la confiance et cette émission ne risque pas de rassurer sur les capacités du FN à gérer solidement une sortie de l’euro. Et cela permet aussi de s’interroger sur la sincérité du changement de programme économique tant il est mal assimilé.
En fait, Marine Le Pen m’est apparu comme une politicienne assez classique, avec un sacré aplomb compensant un manque de maîtrise patent de certains dossiers, une sorte de Nicolas Sarkozy inculte en économie. Si ses propositions tranchaient évidemment avec celles des autres partis, en revanche, son comportement rappelait beaucoup les travers classiques des hommes politiques : non réponse aux questions, noyage de poissons et maîtrise limite de certains dossiers.
Candidate dans un environnement hostile
Malgré tout, il faut reconnaître que Marine Le Pen a su affronter ses interlocuteurs avec une vraie courtoisie (à défaut de bonne foi), ce qui n’était pas vraiment leur cas à son égard. Cela était patent face à Cécile Duflot, et Laurent Joffrin. Nous n’étions plus dans le débat politique mais dans l’étalage d’une véritable haine et dans un combat de boue. A ce titre, je vous invite à lire le très bon papier de Yann : « Si t’as pas insulté un Le Pen à 50 ans, t’as raté ta vie ».
On peut se poser la question de la pertinence d’attaques aussi agressives couplées à une forme détestable où les intervenants passaient leur temps à lui couper la parole. Le moins sympathique n’était pas forcément la personne visée… En outre, Marine Le Pen a tout de même un certain sens de la répartie, en citant un député communiste ou Jacques Nikonoff sur l’euro ou en répliquant vertement sur les affaires quand on lui a évoqué certaines casseroles d’élus frontistes.
Malgré tout, au final, mon opinion de Marine Le Pen est encore plus négative à la sortie de cette émission. Si elle sait très bien se tenir, à toutes les limites déjà évoquées, j’ajoute une incompétence en économie qui dépasse ce que je pouvais imaginer et qui fait douter de la sincérité de son virage…
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12.05.2011
Grèce : la sortie de l’euro fait un pas en avant
Il est désormais probable que le processus de déconstruction de l’euro commencera à Athènes. Une réunion qui devait rester secrète s’est tenue au Luxembourg entre grands argentiers de l’Europe pour trouver des solutions à la situation inextricable de la Grèce, après le plan Portugais.
Une situation qui pourrit
Les déclarations de l’Allemagne il y a quelques semaines laissaient présager une telle issue. En l’absence (heureuse) d’euro-obligations, il faut trouver une solution au problème épineux posé par la Grèce. Malgré des plans d’austérité extrêmement sévère, le pays n’est parvenu qu’à réduire marginalement son déficit budgétaire en 2010 (10% du PIB environ contre 12% en 2009, contre un objectif affiché de 8%). Bref, les plans ne donnent pas les résultats escomptés.
Et cela était prévisible (même si, de manière prévisible également, la population ne se révolte pas encore contre les potions amères imposées par le FMI et l’Europe). En effet, il était évident qu’une telle austérité allait prolonger la récession de l’économie grecque, et, se faisant, diminuer les recettes fiscales et augmenter les dépenses, contrariant les plans d’austérité. Résultat, l’assainissement des finances est très lent, détériorant une situation financière qui n’en a pas besoin.
Comme l’a très bien noté Yann, avec l’euro, qui interdit les dévaluations, l’ajustement se fait par le chômage. La Grèce est rentrée dans une spirale infernale du surendettement, en partie du fait qu’elle a trop dépensé, mais aussi à cause de l’euro qui lui a offert pendant quelques années des taux d’intérêt trop bas, qui ont favorisé un comportement trop laxiste. Résultat, on se trouve dans une situation où l’enveloppe prévue il y a un an sera insuffisante pour tenir jusqu’en 2013…
Une perte de temps et d’argent
C’est bien ce que sera ce nouveau plan. Plus nous attendons, plus le problème grossit et sera difficile à résoudre. Il a un an, la dette du pays dépassait 110% du PIB. Au rythme où vont les choses, elle sera de 160% en 2013… La Grèce, qui se retrouve dans une situation proche de celle de l’Argentine en 2001, aurait besoin de deux choses : une restructuration de sa dette, trop lourde à rembourser, et une dévaluation, pour regagner en compétitivité et équilibrer ses échanges.
Car sans dévaluation, la restructuration serait insuffisante puisqu’il faut aussi que le pays équilibre son commerce pour équilibrer sa balance des paiements. Mais l’Europe refuse une telle issue car il est évident que si la Grèce sort de l’euro, la spéculation se déchainera et le processus de décomposition de la monnaie unique sera enclenché. Pire, parallèlement, devant leurs engagements ainsi que ceux de leurs banques, les Etats freinent la restructuration.
Pourtant, les taux à dix ans indiquent que les marchés anticipent in fine un abandon de 40% des créances aujourd’hui ! Seule une décision radicale permettrait peut-être de calmer la situation mais personne n’est prêt politiquement à permettre une telle restructuration, signe des vices de forme de cette construction artificielle et mal conçue. Du coup, les créances pourraient n’être qu’étaler, ce qui, encore une fois, ne fera que repousser le problème, en le faisant grossir.
J’en profite pour vous signaler une analyse dénichée par Edgar. Paul Krugman a qualifié de « folie » la hausse récente des taux de la BCE qui fait monter l’euro. Mais surtout, en pointant que l’Espagne emprunte nettement plus cher que la Grande-Bretagne alors qu’elle est moins endettée et que son déficit est beaucoup plus bas, il en conclut que faire partie de l’euro entraine une prime de risque sur les dettes du fait de l’impossibilité de dévaluer sa monnaie.
Passé un moment, le peuple ou le gouvernement de la Grèce finiront par comprendre que l’euro fait partie du problème et non de la solution. Ils en sortiront, dévalueront et restructureront leur dette. Il n’y a pas d’autres solutions. La question n’est pas de savoir si cela arrivera mais quand.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : grèce, portugal, euro, fmi, yann, edgar, argentine, paul krugman, espagne, grande-bretagne
19.03.2011
Les ravages de la désindustrialisation
Il y a deux attitudes principales face à la désindustrialisation de notre pays : ceux qui s’en lamentent mais ne font rien pour changer quoique ce soit et ceux qui s’en félicitent carrément. Heureusement, une troisième voie commence à se faire jour.
Les arguments des partisans de la désindustrialisation
Une économiste d’Harvard et de l’école d’économie, Julia Cagé, a expliqué dans la Tribune qu’il n’est pas grave de voir les activités industrielles de faible valeur ajoutée quitter le pays du moment que nous investissons en recherche pour développer des industries à forte valeur ajoutée. Elle reprend l’exemple de l’Allemagne, qui délocalise une partie de ses composants en Allemagne de l’Est. Elle s’appuie également sur la répartition de la chaîne de valeur, citant le cas de l’Iphone d’Apple.
En effet, un article très intéressant de la Tribune démontre que si le téléphone d’Apple était responsable à hauteur de 1,9 milliards de dollars du déficit commercial entre la Chine et les Etats-Unis en 2009, en réalité, à peine 3.6% de la valeur ajoutée est réalisée en Chine contre 34% pour le Japon, 17% pour l’Allemagne, 13% pour la Corée et 6% pour les Etats-Unis, qui empochent théoriquement, en outre, l’essentiel des bénéfices réalisées par l’entreprise Apple.
Georges Kaplan, collègue de Causeur, a signé deux papiers sur la désindustrialisation. Dans le premier, il souligne que la production industrielle a progressé de 26% depuis 1990, même s’il admet que certains secteurs se sont effondrés. Il souligne que les salaires dans l’industrie sont plutôt bas et qu’il est finalement content que l’avenir de nos enfants ne soit pas dans une mine ou derrière une machine à tisser, mais plutôt derrière une planche à dessin ou dans un laboratoire.
L’impérieux besoin d’industrie
Mais leur raisonnement présente de nombreuses limites. Le cas de l’Iphone n’est guère convaincant car la situation des Etats-Unis est totalement déséquilibrée avec un déficit commercial colossal qui n’est financé que par des achats massifs de bons du Trésor par l’Asie. Et le modèle Allemand n’en est pas un car on ne pourrait pas répliquer leur politique à l’échelle de la planète (les excédents commerciaux équilibrant les déficits) et sa croissance est faible sur le long terme.
Plus globalement, les déséquilibres commerciaux jouent un rôle majeur dans les déséquilibres économiques du globe puisque les pays qui ont de forts déficits commerciaux doivent les compenser par un fort afflux de capitaux étrangers. Il n’est pas inintéressant de constater que trois des pays avec les plus forts déficits (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne) ont connu une énorme bulle financière, démontrant que cet afflux de capitaux pose de graves problèmes.
En outre, il faut savoir que le commerce des services ne représente que 20% du commerce des biens. Donc, sans industrie, il est impossible d’équilibrer ses échanges extérieurs… En outre, il ne faut pas oublier que la part de l’industrie dans notre PIB s’est effondrée. Et depuis 2000, notre pays a perdu 500 000 emplois industriels. Pire, la filière automobile est véritablement sinistrée puisque la production locale a presque baissé de moitié de 2005 à 2009. La chute de l’industrie Française ne s’est vraiment accélérée qu’à partir du milieu des années 2000, comme l’atteste l’évolution de notre déficit commercial.
A l’opposé, la plupart des pays qui réussissent veillent à maintenir une base industrielle, au cœur du modèle de développement asiatique. Plus de 95% des voitures vendues au Japon, en Corée du Sud ou en Chine sont produites localement du fait de diverses barrières commerciales. A ce titre, il est très intéressant de noter l’évolution de la politique de l’Argentine, qui a redynamisé sa production par la dépréciation du peso, et qui veut développer son autosuffisance, comme le montre Yann.
Comme le dit Slovar, a réalité de la désindustrialisation, c’est le chômage, et aussi des déficits commerciaux qu’il faut bien équilibrer en faisant appel à des capitaux étrangers. Ainsi, elle est porteuse de graves déséquilibres économiques et d’une dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : désindustrialisation, délocalisations, julia cagé, apple, iphone, georges kaplan, causeur, yann, slovar
17.03.2011
Indépendance nationale, service public et énergie
La catastrophe nucléaire au Japon a logiquement poussé quelques hommes politiques à surfer sur la vague de l’horreur et demander un arrêt (bien impossible à court terme) des centrales ou un référendum. Pourtant, d’autres réflexions peuvent être engagées.
L’énergie est un service public
N’en déplaisent aux cabris de Bruxelles, la première conclusion que l’on peut tirer est que l’énergie est un service public, qui ne saurait encore moins être privatisé quand il s’agit de centrales nucléaires, comme le soulignent Jack Dion sur Marianne 2 et Nicolas Dupont-Aignan. Il est tout de même inquiétant d’apprendre dans l’Usine Nouvelle qu’il y a aujourd’hui des problèmes de maintenance des centrales nucléaires avec les prestataires privés employés par EDF.
L’expérience Japonaise montre qu’il est dangereux de privatiser EDF et de libéraliser le marché de l’énergie. En effet, le principal objectif d’une entreprise privée et cotée est logiquement le profit. Ne vaudrait-il pas mieux qu’EDF consacre une part de ses profits ou de ses investissements à l’étranger pour reprendre en main directement la sécurité de nos centrales ? L’objectif d’EDF ne doit pas être le profit mais la sécurité et le service public. Point barre.
En outre, les partisans de cette libéralisation (soutenue par le PS, l’UMP, les Verts ou le Modem), nous avaient vendu une plus grande efficacité, des prix plus bas. Le voile est tombé comme le montre bien Hervé Nathan : cette libéralisation ne sert nullement l’intérêt général puisqu’elle se traduit par une hausse du prix de l’énergie. En revanche, elle profite bien aux actionnaires comme le montrent les bénéfices de 4,6 milliards d’euros de GDF-Suez en 2010.
L’indépendance énergétique et la sécurité comme objectifs prioritaires
Mais par delà la nécessité de revenir à un service public de l’énergie, la question fondamentale des sources d’énergie se pose pour l’avenir. Aujourd’hui, nous dépendons essentiellement des hydrocarbures et du nucléaire, pour 80% de notre électricité. Cela pose de nombreux problèmes, de dépendance (le pétrole, le gaz et l’uranium sont importés), d’environnement (les rejets de CO², les déchets radioactifs) et de sécurité (même si notre filière semble nettement plus sûre).
A ce sujet, je vous conseille le papier de Marc Cohen, « Mensonges d’Etat contre foutaises écolos ». Bien sûr, la filière pose de vrais problèmes, mais non seulement nous n’avons pas encore d’alternatives solides (même si cela serait souhaitable) et plus encore, la situation du Japon n’a rien à voir avec celle de notre pays puisque nous ne risquons pas un séisme de magnitude 9 suivi d’un tsunami de 17 mètres de haut. En outre, notre EPR améliore à la fois la sécurité et les déchets…
La situation est modifiée par des découvertes massives de pétrole bitumeux dans le Bassin Parisien et de gaz de schistes, plutôt dans le midi. Ces découvertes permettraient de garantir notre indépendance énergétique pour des décennies. Malheureusement, les techniques d’exploitation semblent provoquer de véritables catastrophes écologiques (outre les émissions de CO²) et Corinne Lepage vient de saisir le Conseil d’Etat sur l’attribution des droits d’exploitation de ces gaz.
Bref, si le nucléaire et les hydrocarbures resteront pour quelques années nos principales sources d’énergie, il convient de préparer d’accélérer la transition vers des énergies plus propres, sûres, nationales et pas trop chères pour ne plus dépendre de ces pétromonarchies : géothermie, biocarburants, comme le rapporte Yann. Mais surtout, il conviendra de ne pas céder aux sirènes de Bruxelles pour lesquelles le secteur doit être libéralisé. Le rôle de l’Etat doit rester primordial.
Oui, la catastrophe nucléaire du Japon pose de vrais problèmes, et c’est aussi le cas de la rareté et de la pollution des hydrocarbures. Pour le coup, un Grenelle de l’énergie serait le bienvenu pour que la France montre qu’elle a des idées pour assurer ses sources d’énergie à l’avenir.
10:56 Publié dans Actualités, Economie, Europe, International | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : japon, jack dion, marianne 2, nicolas dupont-aignan, usine nouvelle, edf, hervé nathan, gdf-suez, marc cohen, yann, corinne lepage, pétrole bitumeux, gaz de schistes



