28.09.2008
OVNI Royal au Zénith
Droite dans ses bottes : au Zénith de Paris, Ségolène Royal persiste et signe et ne change rien à sa méthode dans un meeting qui devrait hérisser ses opposants et ravir (???) ses partisans.
Les images de ce rassemblement des soutiens de la candidate du Parti Socialiste aux élections présidentielles sont assez hallucinantes. On y voit la présidente de la région Poitou Charente inventer une nouvelle forme de meeting politique, à mi-chemin entre le concert et le « one woman show ». Elle arpente la scène et commente l’actualité comme une humoriste, critiquant Nicolas Sarkozy et les néo-libéraux qui implorent pour que l’Etat vienne à leur secours. À la fin de sa prestation, elle a fait une sorte de révérence comme une actrice de théâtre, après avoir encouragé ses partisans les bras ouverts. Enfin, elle a poursuivi dans la personnalisation à l’outrance en évoquant ses malheurs et les coups qu’elle a pu prendre.
Si la critique des excès du néo-libéralisme était juste, notamment sur la vitesse avec laquelle les autorités Américaines trouvent des centaines de milliards de dollars pour sauver des entreprises, Ségolène Royal a également repris les propos populistes tenus par Nicolas Sarkozy à Toulon et New York sur les financiers qui ont plongé le système dans la crise. S’il ne s’agit pas de défendre les actes de la communauté financière, il faut néanmoins souligner que pour l’immense majorité, elle n’a fait qu’utiliser les carences de la législation des pays occidentaux. La responsabilité de la crise repose beaucoup plus sur les politiques qui ont voté les lois de déréglementation ou qui ont abandonné la gestion de la monnaie aux banques centrales, dont les socialistes et Ségolène Royal…
Sa prestation tellement décalée du Zénith arrive même à faire en partie relativiser les nombreux écarts de comportement de Nicolas Sarkozy. De nombreux opposants au président de la République critique la personnalisation à l’outrance de sa présidence, le manque de solennité, l’incursion du people dans la politique ou sa perpétuelle stratégie de victimisation. Mais son adversaire de mai 2007 utilise exactement les mêmes recettes pour essayer de s’imposer à la tête du Parti Socialiste. Ségolène Royal n’a pas compris qu’en réaction à la présidence actuelle, les Français veulent sans doute un peu plus de sobriété et des hommes politiques qui leur parlent de la France et pas d’eux-mêmes.
Ségolène Royal cède de plus en plus à la starification, signe que son aventure politique est surtout l’expression d’une ambition purement personnelle, et pas une volonté de défendre des convictions ou de servir l’Etat.
Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/354836.FR.php
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