17.01.2009
Rachida Dati a-t-elle eu tort de reprendre le travail si rapidement ?
Il y a dix jours, la ministre de la justice faisait son retour au gouvernement et participait au Conseil des Ministres, seulement cinq jours après la naissance de sa fille par césarienne, créant une polémique qui a occupé les devants de la scène médiatique et de la blogosphère.
La parole à l’accusation
Beaucoup de commentateurs ont critiqué le comportement de la garde des sceaux, qui est aujourd’hui une des personnalités politiques les plus médiatisées, autant pour sa vie privée que pour son ministère. Il faut dire que Rachida Dati porte une part de responsabilité non négligeable dans l’attrait des médias à son égard, que ce soit par les unes de la presse people où elle a joué les mannequins en robe de grands couturiers ou par les commentaires qu’elle a laissé filtrer sur « sa vie personnelle compliquée ». On pourrait dire qu’il s’agit d’un simple retour à l’envoyeur.
Les accusations pleuvent. Les uns lui accordent le choix de faire ce qu’elle veut mais se placent du côté de la petite Zohra pour dénoncer entre les lignes une mère indigne. Les autres dénoncent l’exemplarité de son comportement, qui remet en cause l’acquis social du congé maternité. On peut se demander s’il n’est pas important que les ministres soient les premiers promoteurs des lois et dans le cas présent, elle ne respecte pas le minimum de congé maternité légal. Enfin, certaines personnes n’ont pas hésité à dire que cela était le prélude à une véritable remise en cause des congés parentaux.
La parole à la défense
Néanmoins, peut-on considérer qu’une ministre est une personne comme les autres ? Ne s’agit-il pas d’une fonction quelque peu exceptionnelle ? Pour le coup, la ligne de défense de Ségolène Royal est intéressante, même s’il ne faut pas oublier que la candidate socialiste de 2007 se défend également elle-même puisqu’elle avait largement abrégé son propre congé maternité en 1992, n’hésitant pas à poser avec ses dossiers à la maternité.
En outre, même si le cas de Rachida Dati est assez extrême, où dresser la ligne ? Si l’on considère qu’il y a une durée minimum de congés maternité, ne faudrait-il pas une durée maximum de travail pour les parents avec enfants ? Car comment imaginer que deux cadres travaillant 60 heures par semaine peuvent éduquer leurs enfants de la même manière que deux personnes aux 35 heures ? Peut-on imaginer qu’une mère qui est à la tête de son entreprise va prendre les mêmes congés qu’une femme salariée ? La vie est diverse et il est impossible, ni forcément souhaitable, que tout le monde suive la même règle.
En outre, du moment que les droits au congé maternité ne sont pas remis en cause, pourquoi accorder autant d’importance à un comportement individuel ? Si Rachida Dati préfère mener sa vie de la sorte, c’est sa liberté. Du moment que la liberté des autres femmes à utiliser l’ensemble de leur congé maternité n’est pas remise en cause, j’ai du mal à voir le problème. Or, il est évident que ce comportement individuel et exceptionnel ne changera rien au mode de fonctionnement de la société, quoi qu’il soit dit. C’est pourquoi, malgré les polémiques, je crois que cette décision doit uniquement rester la sienne.
Je n’ai aucune sympathie pour Rachida Dati, qui ne me semble pas vraiment être à la hauteur de la fonction qu’elle exerce et est sans doute là où elle est, plus pour ce qu’elle est, que ce qu’elle fait ou a fait. Mais, concernant sa vie privée, je crois qu’il s’agit d’un choix personnel et qu’il doit être respecté.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/01/la-maternit-de...
http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2009/01/13/ra...
http://www.authueil.org/?2009/01/12/1166-ministre-ce-n-es...
11:12 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rachida dati, ségolène royal, congés maternité, zohra



