26.11.2009
Nouveau coup de pouce pour la taxe Tobin
Après le président de l’autorité de régulation de la finance, c’est au tour de Gordon Brown de se prononcer en faveur d’une taxe très proche de la taxe Tobin en Grande-Bretagne. Réelle avancée ou faux-semblant ?
Révolution en Grande-Bretagne
The Economist rapporte cette proposition du Premier Ministre britannique dans un article titré « mesures désespérées ». Lors de la réunion du G20 du 7 novembre, Gordon Brown a évoqué l’idée d’une taxe globale sur les transactions financières destinée à financer un fond d’assurance au cas où les banques auraient à nouveau besoin d’un soutien financier des gouvernements lors d’une crise financière. Même la Grande-Bretagne semble donc faire un pas en faveur d’une plus grande contribution du monde de la finance à la collectivité suite à la terrible crise d’il y a un an.
La proposition du Premier Ministre britannique rappelle certaines solutions évoquées aux Etats-Unis. En effet, devant l’immensité des sommes mobilisées par l’Etat dans les deux pays, il y a un consensus politique pour imposer, sinon une nouvelle taxe sur la finance, au moins une forme d’assurance obligatoire pour compenser la garantie de fait que l’Etat leur donne en cas de crise. The Economist note même avec horreur que les conservateurs se sont à peine opposés à l’idée et évoquent eux-aussi l’idée d’une assurance obligatoire pour les banques ou une réduction des bonus !
Réelle avancée ou faux-semblant ?
A court terme, il y a pourtant peu de chances que cette annonce soit autre chose qu’une gesticulation électoraliste pour mobiliser un électorat écœuré par une crise qui aura vu les Etats voler au secours des banques sans se soucier des difficultés des individus. Gordon Brown ne semble pas sérieusement vouloir mettre ce sujet à l’ordre du jour sinon il aurait essayé de trouver des appuis parmi les autres dirigeants du G20 pour faire avancer l’idée. Rien n’aurait été plus facile tant certains pays flirtent avec l’idée. Il aurait pu demander de lancer un groupe de travail sur le sujet par exemple.
Cependant, cette annonce du Premier Ministre britannique recèle sans doute une avancée pour un avenir plus lointain. En effet, cette conversion orale à l’idée d’une taxe sur les transactions financières de la part d’un des dirigeants de la planète qui a le plus contribué à la globalisation néolibérale peut contribuer à populariser cette idée et à lui faire dépasser le cadre un peu trop étroit des penseurs alternatifs. En cela, cela ouvre peut-être la voie à sa mise en place dans quelques années.
Bien sûr, tout laisse à croire que la déclaration de Gordon Brown est principalement électoraliste, tant il ne fait rien pour réellement mettre en œuvre une telle taxe. Cependant, il aura contribué à populariser l’idée.
Source : The Economist 13 novembre
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25.11.2009
La chienlit à l’école
Ce n’est qu’un fait divers mais il est assez significatif du climat qui peut régner dans nos écoles : des élèves de terminale ont lancé une opération pour changer de professeur parce que celle-ci leur a demandé de… ranger leur téléphone portable.
Un fait divers ahurissant
Au départ, cela ne semble qu’un banal fait divers. Un professeur d’anglais en terminale demande à ses élèves de ranger leur téléphone portable pendant les cours, lassée de les voir téléphoner, passer des SMS, ou pour les filles, les utiliser comme miroir pour se maquiller. Elle note qu’elle n’a pas le droit de les confisquer. Du coup, la majeure partie de la classe envoie une lettre au proviseur où ils lui « conseillent vivement d’opérer un changement de prof », lui demandant de « cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains ».
Ils écrivent même que si « il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… ». Bref, les élèves réclament le fait de pouvoir faire ce qu’ils veulent pendant le cours, et notamment le fait de ne pas le suivre. Depuis la semaine dernière, les professeurs du lycée se sont mis en grève. L’affirmation de l’inspecteur d’académie pour qui « la sanction collective n’existe pas » en est sans doute un peu responsable…
Un manque d’ordre et de repères à l’école
Il est proprement hallucinant de voir que des élèves de terminale ne se sentent pas gênés d’envoyer une telle lettre au proviseur, puis que notre système scolaire soit incapable de punir de tels comportements. Soyons clairs, les élèves qui utilisent leur portable en cours devraient voir leur appareil confisquer pour la journée la première fois, plus longtemps s’il le faut en cas de récidive. Il est inacceptable de laisser faire de telles pratiques qui ne permettent pas d’étudier sérieusement.
Ensuite, il faut trouver un moyen de sanctionner cette lettre (confiscation des portables de la classe pour tous les cours ?) car laisser impuni un tel geste est une incitation à l’affranchissement de toutes les règles élémentaires de savoir vivre en société. Plus globalement, ce cas montre bien que l’école est trop souvent devenue une zone de non-droit. Il est crucial pour la société que les élèves apprennent à l’école qu’il y a des choses qui peuvent être faites et d’autres pas. Et pour le faire, la sanction est essentielle.
C’est pourquoi il est crucial de sanctionner à sa juste mesure les actes d’incivilité des élèves, pas pour le plaisir de punir, mais pour assurer un meilleur respect des règles. Toute faiblesse risque d’entraîner de nouveaux comportements inacceptables. Il faut donc punir tout écart, quitte à le faire par des sanctions relativement mineures afin de montrer que les dérives ne seront pas acceptées. Le moindre renoncement en entraîne d’autres, souvent pires.
L’école est un lieu important pour apprendre les règles de vie en société. Un certain esprit a encouragé une trop grande permissivité depuis quelques décennies. Ce fait divers montre qu’il y a un grand besoin de remettre de l’ordre et des repères pour que l’école puisse continuer à jouer son rôle.
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/21/operatio...
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24.11.2009
La bataille gagnée par Rama Yade
Ca y est ! Après une bagarre qui a duré plusieurs mois, la secrétaire d’Etat aux sports a obtenu ce qu’elle voulait, à savoir être candidate dans les Hauts de Seine plutôt que dans le Val d’Oise, malgré les souhaits de la tête de liste régionale, Valérie Pécresse.
Un choix logique
Il faut dire que ce choix est plus logique. En effet, Rama Yade est conseillère municipale d’opposition à Colombes, dans les Hauts de Seine. Elle vise ouvertement une circonscription du département actuellement détenue par un communiste. Dès lors, une candidature dans le Val d’Oise aurait été complètement incohérente. En outre, la presse a rapporté qu’une élue UMP avait affirmé qu’elle ferait davantage « couleur local » dans le Val d’Oise plutôt que dans les Hauts de Seine…
L’Elysée semblait à la manœuvre selon la presse et les récents échanges assez aigres entre la secrétaire d’Etat et différents membres de la majorité, y compris le Premier Ministre ne semblaient guère lui laisser de chances de parvenir à son but. Mais finalement, le bon sens l’a emporté, Rama Yade pourra se présenter dans le département dont elle est déjà l’élue et où elle a grandi. Une belle victoire pour la benjamine du gouvernement qui affrontait une puissante coalition…
Prime à l’insolence ou ticket de sortie ?
Mais si ce choix est finalement beaucoup plus cohérent, on peut se demander s’il n’aura pas des conséquences partiellement néfastes. En effet, même si son combat était juste, Rama Yade a emporté la décision alors qu’elle est en pleine disgrâce gouvernementale et que son maintien dans l’équipe Fillon semble ne tenir qu’à un fil. Il est donc en partie surprenant qu’elle ait gagné ce bras de fer, qu’elle n’abordait pas en position de force. Une victoire des sondages ?
On peut même se demander si cette victoire ne va pas renforcer l’insolence de la chouchou des sondages, qui dépasse fréquemment les bornes de ce que la solidarité gouvernementale devrait lui imposer. On peut y voir deux interprétations. Soit il s’agit d’une preuve de la faiblesse d’un président qui humilie mais ne sanctionne rarement. Soit il s’agit d’un calcul, à savoir que cette élection pourrait être l’occasion de sortir l’insolente du gouvernement pour la laisser se concentrer sur ses mandats locaux…
Rama Yade a gagné le bras de fer sur le lieu de sa candidature. Une décision logique dans l’absolu. Mais ce n’est qu’après les élections régionales que nous verrons si cette victoire n’est pas obscurcie par des mesures de rétorsions, comme une éviction du gouvernement…
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/11/23/01002-2009112...
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23.11.2009
Le retour de Sarah Palin
Elle a sans doute été la personnalité la plus polarisante de l’élection présidentielle de 2008, adorée par la base conservatrice du parti républicain, détestée par les démocrates. Sarah Palin revient avec un livre, qui pourrait bien n’être qu’une étape en vue de 2012.
En route vers 2012
On croyait Sarah Palin disparue du paysage politique après l’annonce surprise de sa démission du poste de gouverneur de l’Alaska. Mais cela était une illusion. En effet, la candidate au poste de vice-présidente a fait son grand retour. Son livre « En voie de rébellion : une vie américaine » est en tête des ventes aux Etats-Unis. Elle en profite pour régler ses comptes avec l’équipe de campagne de John McCain et démarre un tour de l’Amérique conservatrice en bus, où elle compte défendre le « sens commun ».
Il est difficile de ne pas voir dans cette initiative l’exploration d’une candidature pour l’élection présidentielle de 2012. Sarah Palin se façonne un personnage, celui de la représentante de l’Amérique profonde en colère contre les élites libérales des deux côtes, qui a les pieds sur terre et de fermes convictions conservatrices. C’est ce qui l’a amené récemment à soutenir le candidat d’un petit parti droitier contre le candidat officiel du parti républicain, jugé trop modéré, lors d’une élection à New York.
Une candidate dangereuse
Un regard européen pourrait la disqualifier, mais ce serait une erreur. Sarah Palin part avec des avantages certains pour les primaires républicaines. En effet, elle bénéficie d’une notoriété sans égale et elle électrise littéralement la base conservatrice du parti de l’éléphant, tant elle épouse ses idées. Elle serait un adversaire redoutable face à un Mitt Romney, sans doute trop proche du grand patronat dans les circonstances actuelles ou même Mick Huckabee, qui n’est pas aussi charismatique.
Et même Barack Obama devrait se méfier d’une telle candidate. Il est facile d’imaginer à quoi tournerait un affrontement Obama / Palin en 2012. Ce serait un combat entre les élites modérées, qui défendent le rôle de l’Etat et de la dépense publique face à l’Amérique profonde anti-Etat, anti-taxe, qui se présenterait comme dépositaire du bon sens commun. Pas sûr que le président sortant, affrontant des contraintes budgétaires difficiles, puisse en sortir gagnant, comme je l’avais avancé il y a presque un an…
Le retour de Sarah Palin est peut-être malheureusement annonciateur d’un futur changement politique aux Etats-Unis. Les difficultés de Barack Obama sur la réforme du système de santé et sur le plan de relance pourraient permettre au parti républicain de prendre sa revanche rapidement.
Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/11/17/sarah-...
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarah palin, barack obama
22.11.2009
La rébellion des pays émergents contre l’anarchie monétaire
Après une courte remontée au plus fort de la crise, le dollar faiblit de nouveau depuis le mois de mars et la remontée des marchés financiers. Une occasion de plus de montrer les méfaits de l’anarchie monétaire à travers les réactions des pays émergents.
Pourquoi le dollar baisse ?
A priori, la raison est simple : le dollar baisse à cause des déficits. Malgré une amélioration notable, la balance commerciale étasunienne reste largement déficitaire. Pire, le déficit budgétaire dépasse 10% du PIB, ce qui provoque des inquiétudes sur la capacité du pays à honorer sa dette. Du coup, cela pourrait pousser les investisseurs à limiter leurs positions en dollars pour ne pas être exposés au risque de défaut des Etats-Unis. Mais cela n’est qu’une raison de la faiblesse actuelle.
En effet, une autre raison importante est le décalage des taux d’intérêts. En effet, les investisseurs utilisent aujourd’hui le « carry trade », empruntant en dollar (à taux très bas) pour placer dans des pays où la rémunération de l’argent est plus élevée. Le fait que le gros de la crise semble passée leur redonne de l’appétit pour aller placer dans des destinations plus exotiques. Résultat, le réal brésilien a gagné 41% depuis mars et le won coréen 36%, ce qui pénalise fortement leurs exportations.
En fait, les Etats-Unis ont trouvé un moyen commode d’amortir leur crise par la monnaie. En effet, en ayant les taux d’intérêts les plus faibles du marché, ils poussent le dollar à la baisse, ce qui renforce leur compétitivité commerciale, pénalisant les importations et favorisant les exportations. C’est ainsi que depuis plusieurs trimestres, leurs exportations ont tendance à bien se porter. Les Etats-Unis utilisent l’extérieur comme variable d’ajustement grâce au statut du dollar.
Que faire ?
Cette situation est difficile pour des pays émergents qui misent sur les exportations pour leur développement. C’est ainsi que le gouvernement brésilien a mis en place une taxe sur les placements réalisés au Brésil pour limiter la spéculation. La Corée du Sud a annoncé un contrôle sur les entrées de capitaux ainsi que des règles sur les placements effectués. Bref, les pays émergents répondent par une plus grande réglementation des flux de capitaux de manière à limiter la spéculation.
Mais ces règles ne sont malheureusement que des réactions à un système mal conçu, un système qui est surtout un non-système, sans la moindre règle. Il est impressionnant de voir à quel point quelques pays (Etats-Unis et Grande-Bretagne) utilisent la dépréciation monétaire comme un moyen de soulager leur économie, imitant les dévaluations compétitives des années 30. Pour l’instant, les autres pays ne savent pas trop comment réagir dans un système où seuls les marchés évaluent les monnaies.
Il y a pourtant des pistes pour améliorer la situation. Tout d’abord, il faudrait limiter drastiquement le pouvoir du marché, qui décide seul aujourd’hui de la valeur d’une monnaie par rapport à une autre, par une taxe Tobin et une révision des règles prudentielles. Ensuite, il faudrait remettre en question le privilège du dollar en mettant en place une alternative. Enfin, il faudrait envisager un retour à un système monétaire international, où les parités seraient fixées par les Etats.
Il y a bien une solution pour mettre fin à cette anarchie monétaire dont certains savent bien jouer pour défendre leurs intérêts au détriment des autres. Mais, seule une alliance très large (BRIC, zone euro et Japon) pourrait renverser un système qui ne profite qu’aux Etats-Unis.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/21/les-pay...
10:55 Publié dans Actualités, Economie, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dollar, dépréciation
21.11.2009
La communauté internationale, impuissante face à la colonisation de la Palestine
L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a été l’occasion d’un changement de ton assez radical de l’administration étasunienne à l’égard d’Israël avec la dénonciation de la colonisation de la Palestine. Malheureusement, les mots n’ont pas changé l’attitude israélienne.
Une colonisation qui continue
On ne mesurera que dans quelques décennies, avec du recul, à quel point la politique de colonisation a freiné le processus de paix au Proche-Orient. En effet, rien ne justifie cette forme d’annexion partielle et partiale de la Palestine par l’Etat israélien. Qui plus est, cette pratique humilie le peuple palestinien qui assiste impuissant à l’invasion de son territoire par un occupant qui utilise des méthodes non guerrières et donc d’autant plus redoutables.
Barack Obama avait demandé très fermement un arrêt de la construction des colonies, menaçant même Israël de sanctions financières. La seule chose que Benyamin Netanyahou a bien voulu accorder est un faux moratoire puisqu’Israël pourra continuer à construire dans les colonies dont la population augmente ainsi que les projets qui ont déjà été acceptés. Pire, mardi, le ministère israélien de l’intérieur a donné son accord pour la construction de neuf cents logements à Jérusalem Est.
Une communauté internationale impuissante
L’administration étasunienne a réagi très vivement, par la voix de Barack Obama. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d’Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec leurs voisins. (…) Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux » a-t-il affirmé. Une intervention qui justifierait presque le terrorisme palestinien !
Il faut dire que la politique israélienne de colonisation est un énorme frein à la paix et qu’il est temps que la communauté internationale soit plus ferme. Il y aurait pourtant des solutions pour faire pression sur Israël. Les Etats-Unis pourraient conditionner leur aide financière. L’Europe pourrait revoir ses relations commerciales avec Tel Aviv en fonction de ses avancées et même éventuellement conditionner ses relations diplomatiques à la fin de la colonisation.
Aujourd’hui, Israël poursuit sa politique de colonisation quelques que soient les critiques de la communauté internationale. La seule solution revient donc à prendre des mesures pour montrer que cette situation n’est pas acceptable. Ne rien faire revient à accepter à mi-mot.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/11/18/01003-200...
10:54 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : palestine, israël, colonies, gaza, cisjordanie, barack obama
20.11.2009
La niche fiscale extra-large de Nicolas Sarkozy
C’est Marianne qui fait cette révélation dans le numéro de la semaine. Alors ministre des finances, Nicolas Sarkozy a créé une niche fiscale gigantesque qui a permis aux entreprises du CAC 40 d’économiser 20 milliards d’euros d’impôts lors des ventes de filiales.
Le mécanisme de la niche
C’est une exonération d’impôts taillée sur mesure pour les fonds d’investissements que Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ont concocté en 2004 selon Marianne. En effet, à condition de conserver leur participation au moins deux ans, les entreprises peuvent échapper à toute imposition sur les plus-values. C’est l’AMF qui a révélé les montants extraordinaires d’exonérations fiscales que cette loi a permis, soulignant que les LBO (rachats par endettement) sont éligibles à ce mécanisme…
L’estimation totale dépasse l’entendement : cela représente vingt milliards d’euros d’exonérations d’impôts en seulement cinq ans puisque cela aurait permis d’exonérer toutes les plus-values réalisées sur les ventes de filiales. Marianne cite le cas de la vente de Lu par Danone pour 5,3 milliards d’euros, avec une plus value de 3,1 milliards. Cette loi a permis au géant Français de l’agroalimentaire d’économiser environ 500 millions d’euros d’impôts (un milliard pour la fusion GDF-Suez).
Toujours moins de justice fiscale
Cette information est révélatrice à double titre. Tout d’abord, elle montre à quel point l’impôt républicain est grignoté par les exemptions de toute sorte, sur des montants absolument colossaux. C’est tout le problème de notre pays, à savoir que les innombrables niches fiscales, si elles stimulent la créativité de nombreux citoyens et entreprises, détournent beaucoup d’énergie qui pourrait être investie ailleurs. Ne vaudrait-il pas mieux des taux plus bas et une absence de niches ?
La deuxième révélation qu’offre cette histoire est le fait que les lobbys arrivent souvent à pousser leurs intérêts au détriment de la collectivité. En effet, si on comprend bien l’intérêt des fonds d’investissement et des grandes entreprises dans cette affaire, on comprend mal pourquoi l’Etat s’est laissé faire. La collectivité est doublement perdante : elle perd d’énormes sommes d’impôts et elle encourage de facto des rachats d’entreprises qui provoquent souvent des plans sociaux…
Merci donc à Marianne d’avoir révélé ce rapport de l’AMF qui était passé inaperçu dans la plupart des grands médias. Il offre une leçon que nous devrions méditer…
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, niche fiscale, marianne
19.11.2009
La pire des qualifications
Hier soir, la France s’est qualifiée pour la coupe du monde 2010 en faisant match nul un partout face à l’Irlande au stade de France. Une occasion de faire la fête gâchée par la manière, qui n’aurait pas pu être plus mauvaise.
Un collectif à la peine
C’est tout le paradoxe de cette équipe de France depuis 2002, à l’exception de quelques matchs, notamment lors de la coupe du monde 2006 : malgré un des, sinon le meilleur potentiel individuel, l’équipe de France ne parvient pas à le traduire dans son collectif. En effet, sur le papier, l’équipe d’hier soir était imbattable, chez elle, après avoir gagné un à zéro en Irlande et avec de telles individualités qu’il n’y avait de place pour un attaquant du Real de Madrid que sur le banc des remplaçants…
Pourtant, l’équipe a été dominée par une équipe Irlandaise qui a pu compter sur un meilleur collectif et son « fighting spirit » légendaire. La France n’est vraiment pas passée loin d’une élimination en seconde mi-temps, quand, par trois fois, les Irlandais ne sont pas passés loin d’aggraver le score, ce qui aurait rendu la qualification quasiment impossible puisqu’il nous aurait fallu marquer deux buts. Heureusement, le gardien Hugo Lloris a été une nouvelle fois exceptionnel.
Un mauvais exemple
Finalement, l’équipe de France a fini par se qualifier, mais de la plus mauvaise manière possible, avec la main de Thierry Henry dans la surface de réparation. Le but qui nous envoie à la coupe du monde n’était pas valide. Le capitaine de l’équipe de France a reconnu sa faute, mais soutient que « pas vu, pas pris ». Triste exemple, sans doute encore pire que celui de Zinedine Zidane en 2006. La morale de l’attaquant de Barcelone est que l’on peut tricher, du moment que l’on ne se fait pas attraper.
Encore une fois, le football donne un mauvais exemple. Outre les trop fréquents débordements violents, comme lors de la défaite de l’équipe d’Algérie, le football donne la tricherie comme moyen de gagner, pour marquer un but ou obtenir une faute imaginaire. Pourtant, une solution simple, la vidéo, permettrait d’éliminer cela, surtout s’il y avait de véritables sanctions contre les responsables. On aurait aimé que Thierry Henry évoque cette nécessité…
Le football est le sport le plus populaire. Mais parce qu’il est le plus populaire, il doit veiller à garder une certaine exemplarité vis-à-vis de la collectivité. C’est pour cela qu’il est urgent de penser à une réforme de l’arbitrage pour éliminer des actes qui n’en font pas toujours un très beau sport aujourd’hui.
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : football, arbitrage, vidéo, thierry henry, france-irlande, coupe du monde
18.11.2009
Du collectif en politique
Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Un temps où les ministres fermaient leur gueule ou démissionnaient. Un temps où les membres d’un même parti, même s’ils pouvaient se critiquer fortement en privé, se refusaient presque tout le temps à le faire en public.
A gauche, le bateau ivre
La polémique sur la venue de Ségolène Royal à Dijon n’est que le énième épisode de la psychothérapie public d’un parti socialiste soumis à des ambitions personnelles qui ne laissent plus la moindre place au désir d’un avenir commun. Désormais, au PS, quand on a un état d’âme vis-à-vis d’un camarade, on le fait en présence des micros pour s’assurer une existence médiatique. Depuis une semaine, nous subissons une nouvelle scène de ménage, entre Ségolène Royal et son ancien lieutenant, Vincent Peillon.
Il n’y a pas besoin d’être socialiste pour avoir simplement envie que les deux se voient, parlent entre quatre yeux et règlent leurs histoires en privé, sans ressentir le besoin d’exprimer leurs états d’âme par micro interposé. En effet, cela fait maintenant trois ans que le Parti Socialiste est rentré dans un bal des egos où le destin commun ne semble plus importer du tout, ce qui permet à chacun de se répandre en critiques sur l’autre de manière publique, le meilleur moyen de faire parler de soi.
A droite, entre caporalisme et chienlit
A droite, la situation n’est guère meilleure. La majorité sous Nicolas Sarkozy hésite entre un caporalisme qui ferait passer les godillots gaullistes pour des sauvageons ou une posture rebelle inspirée du comportement de l’actuel président de 2002 à 2007. D’une part, seize (!!!) ministres de la République sont capables de se lever comme un seul homme pour défendre l’indéfendable, la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, avant de voir leur ligne de défense décrédibilisée par le retrait de cette candidature.
De l’autre, certains s’inspirent ouvertement de la stratégie d’opposition permanente utilisée par Nicolas Sarkozy pendant le second mandat de Jacques Chirac pour exister médiatiquement et préparer leur avenir, sans être sanctionné par le président. C’est ainsi que Rama Yade continue de manquer à son devoir de réserve et de solidarité gouvernementale alors qu’elle aurait dû être démissionnée depuis longtemps. Jean-François Copé, quand à lui, fait déjà écouter sa petite musique en vue de 2017.
L’oubli du collectif
Ce qui est terrifiant dans ce constat, c’est de constater à quel point les ambitions sont devenues purement personnelles. Il ne semble plus y avoir d’idéologues et de serviteurs de l’Etat dans les grands partis. Il n’y a plus que des ambitieux en quête d’une carrière, quelques soient les moyens. Il y quinze ans, les Chevènement ou Séguin montraient qu’un individu pouvait se battre pour des idées, quitte parfois à y risquer sa carrière. On parlait encore de serviteurs de l’Etat avec Hubert Védrine.
La politique, c’est se mettre au service d’un collectif, d’une collectivité de personne, savoir la diriger, la représenter, l’écouter. Le sens du service doit donc naturellement s’accompagner d’une retenue, d’un esprit d’équipe qui s’acquiert d’autant plus facilement quand il est au service d’un idéal partagé. Dès lors, le collectif finit par primer avant tout. Les explications ont lieu en privé, loin des lumières des médias, parce que c’est l’intérêt du groupe. Aujourd’hui, c’est le règne des egos et des intérêts individuels.
Le spectacle des deux prochaines années risque d’être désolant entre un Parti Socialiste qui arrive toujours à creuser quand on croit qu’il atteint le fond et une UMP partagée entre fascination servile et rébellion calculée à l’égard de Nicolas Sarkozy. Nous avons bien besoin d’un troisième homme ?
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17.11.2009
Grippe A : le grand doute
Alors que les vaccins sans adjuvant arrivent en fin de semaine, l’enthousiasme des Français pour la vaccination contre la grippe A reste très limité, pour de bonnes, comme des mauvaises raisons…
Les raisons du doute
Paradoxalement, le bruit fait sur cette épidémie, notamment à la rentrée, a sans doute joué contre la campagne de vaccination. Tout d’abord, l’abus de communication peut nuire à la communication. Se voir répéter jour et soir, à la télévision, à la radio et dans les journaux qu’il faut se laver les mains et autres conseils peut finir par lasser et provoquer une réaction d’hostilité, surtout quand il apparaît que cette épidémie ne serait finalement pas plus grave que la grippe habituelle.
Ensuite, d’innombrables rumeurs fleurissent, notamment sur Internet, défendant des théories le plus souvent complètement fumeuses, sur la dangerosité du vaccin et le grand complot dont nous serions les victimes. Même Europe 1, ce matin, se faisait écho des liens de la ministre de la santé avec les laboratoires pharmaceutiques (elle y a travaillé dans les années 70 et 80), insinuant un possible conflit d’intérêt ! Il est surprenant de voir à quel point on peut voir le mal partout.
Une bonne occasion, en partie ratée
Résultat, beaucoup de Français ne souhaitent pas se faire vacciner, malgré les efforts du gouvernement et notamment de Roselyne Bachelot, qui n’a pas hésité à donner de sa personne. Si la ministre a eu raison de mettre en scène sa vaccination, elle est allée un peu loin dans l’évocation des risques, mettant en avant des cas foudroyants et mortels qui restent pour l’instant rares, d’autant plus que l’immense majorité des victimes sont des personnes qui avaient une mauvaise condition physique.
Elle aurait sans doute été mieux inspirée de tenir un discours plus adulte, soulignant que si la grippe A n’est pas aussi virulente qu’on pouvait le craindre, elle présente un vrai danger pour les personnes faibles, et qu’il est donc nécessaire que les personnes en bonne santé se vaccinent pour limiter la propagation et protéger les personnes en moins bonne santé. Un tel discours, plus en phase avec la réalité et la perception qu’ont les Français de la pandémie, serait sans doute mieux compris.
Il est vrai que le travail du gouvernement dans ces circonstances est difficile. Il vaut sans doute mieux en faire un peu trop que pas assez, ce qui explique sans doute le discours très noir de la ministre. Personne ne pourra l’accuser d’avoir minimisé le risque, de ne pas avoir pris des mesures radicales et de ne pas avoir averti la population. Point positif, cet épisode aura eu le bienfait de représenter un test grandeur nature de lutte contre une pandémie pour le gouvernement, ce qui pourra être utile un jour.
Bien sûr, la grippe A ne se révèle pas aussi dangereuse qu’annoncée, ce qui créé un décalage entre ce que fait le gouvernement et la réalité de l’épidémie. Néanmoins, ne vaut-il pas mieux en faire un peu trop que pas assez, surtout quand il s’agit de notre santé ?
11:23 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, roselyne bachelot



