28.02.2007

Colloque sur le rôle de la France sur la scène internationale mardi 6 mars

Vous pensez que la France a un rôle à jouer sur la scène internationale ? Venez participez au colloque qui se tiendra le mardi 6 mars à 17 h 30 à l’Université de Paris VIII, 2 rue de la Liberté, Saint-Denis (93) (métro Saint-Denis Université), amphithéâtre B1, sur le thème suivant : « Rôle et positionnement de la France dans la politique internationale de prévention des conflits et de gestion des crises » :

- État des lieux du nouvel ordre mondial  et des nouveaux enjeux géostratégiques: leurs répercussions sur la physionomie des relations internationales

- Nature de l’engagement de la France dans les institutions politiques et militaires internationales : ONU, PESD, RECAMP et OTAN

- Objectifs stratégiques de la France : prévention, protection, projection, dissuasion

- Conditions à respecter pour que la France puisse continuer à détenir une autonomie de décision et une juste suffisance des moyens militaires pour conserver une place dans le concert des nations, et défendre ses intérêts nationaux en cas de nécessité

- Illustration du positionnement de la France sur des cas concrets : les conflits en Irak, au Liban, en Afghanistan, sur le continent africain …

- La France porte-t-elle sur la scène internationale un message distinctif ? Quelles sont les valeurs qui guident et dessinent ses missions et son engagement ?

Intervenants : Spécialistes des questions internationales

Amitiés Villepinistes!

L'équipe RJVR

Dupont-Aignan : un recours gaulliste ?

Qu’il est difficile de passer après Philippe Séguin ou Dominique de Villepin (voir Jean-Pierre Chevènement) aux yeux d’un gaulliste… C’est un peu ce qui pénalise Nicolas Dupont-Aignan. Le souffle historique et la vision des premiers les positionnent tout de suite comme les héritiers du Général, rabaissant alors un peu le Président de Debout la République. Est-ce vraiment justifié ?

Car après tout, son positionnement politique devrait complètement me convenir. Il est pro-européen mais opposé au Traité Constitutionnel Européen parce qu’il ne construisait pas l’Europe dont les Européens ont besoin. Il a eu le caractère et l’audace de s’opposer à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en se présentant contre eux lors des élections internes de l’UMP. Tout cela devrait me mettre dans un état d’esprit positif.

En fait, j’avais été un peu déçu par son livre « J’aime l’Europe, donc je vote non » publié à l’occasion du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. J’avais également lu celui de Jean-Pierre Chevènement « Pour l’Europe, votez non ! » que j’avais trouvé à la fois mieux argumenté sur le fond et dont la forme donnait un souffle à mes yeux très gaullien. Mais, étant donné le contexte politique actuel, j’ai décidé d’acheter son nouveau livre « Français, reprenez le pouvoir ! » de façon à pouvoir mieux juger le candidat éventuel à la Présidence de la République.

La lecture de la première partie me réconcilie en partie avec lui. Son constat de la déconnexion des élites politiques avec les préoccupations réelles des Français est très juste. Sa vision de la construction européenne est également très pertinente. Il affirme à raison que le « non » des Français n’était pas un « non » à l’Europe mais un « non » à une forme de construction européenne. Je partage également sa critique de l’UMP, parti qui a perdu toute idéologie pour ne devenir qu’une écurie présidentielle au service des ambitions personnelles de Nicolas Sarkozy. J’ai quelques points de désaccord, notamment sur le jugement assez hâtif fait sur Dominique de Villepin qui est un peu mis dans le même panier que les autres. Je ne suis pas d’accord non plus pour réduire la rivalité Sarkozy / Villepin à une pure rivalité d’égo : je pense que depuis cinq ans, on voit bien que les deux hommes défendent des idées et des projets bien différents. Enfin, je trouve le ton un peu trop catastrophiste, défaut bien Français.

Mais au global, s’il manque un peu de souffle, j’ai sans doute bien davantage de points d’accords avec lui qu’avec les autres candidats déclarés. Il n’y a toujours pas de comparaison possible avec Dominique de Villepin. Mais NDA, s’il arrive à être candidat et que le Premier Ministre et le Président ne se présentent pas, pourrait être un choix pour moi. Suite à la fin de ma lecture…

27.02.2007

Des dynamiques des campagnes présidentielles

Il y a un peu plus d’une semaine, alors qu’il caracolait avec jusqu’à 10 points d’avance dans les sondages au second tour, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il « commençait à bien sentir cette campagne ». Comme en 1995, son excès d’optimisme lui a joué des tours. En 10 jours, la campagne a complètement changé : le favori des sondages a perdu 3 à 5 points au premier tour, et Ségolène Royal est déjà remontée à 50-50 au second tour.

Tout athlète qui fait un peu d’endurance sait qu’il ne faut pas partir trop vite sous peine de manquer d’énergie sur la fin. Il faut gérer son rythme. François Bayrou et Ségolène Royal l’ont bien compris : ils ont préféré un calendrier décalé par rapport au candidat UMP et ont su monter en puissance au bon moment. Les deux candidats se retrouvent ainsi dans une spirale positive fin février, historiquement un bon choix.

En comparaison, la campagne de Nicolas Sarkozy souffre de gros ratés depuis 10 jours. Après les cafouillages sur le chiffrage et le contenu de son programme, les hésitations sur la police de proximité, voici que le candidat doit affronter des interviews moins complaisantes qu’il réussit moins bien. Sur RMC, comme Ségolène Royal, le ministre de l’Intérieur n’a pas su donner le nombre exact de sous-marins nucléaires. Et à la question si les membres d’Al-Qaida étaient sunnites ou chiites, le candidat de l’UMP s’est également trompé en affirmant que les deux confessions étaient présentes. La présomption d’une plus grande compétence était un de ces principaux arguments qui lui reste pour contenir Ségolène Royal, alors si cet argument tombe, que va-t-il lui rester ?

Et un plus grand danger arrive sur le candidat UMP qui manque d’atouts pour se relancer : François Bayrou. Très rapidement, les électeurs réfractaires à Ségolène Royal vont se rendre compte que le vote utile pour la battre, c’est beaucoup plus le vote Bayrou que Sarkozy, comme illustré dans les sondages de second tour. Cela pourrait provoquer un transfert important de voix vers le candidat de l’UDF. En outre, je doute de la capacité du candidat UMP et de son équipe à gérer sereinement une baisse continue dans les sondages…

Une victoire de François Bayrou devient une hypothèse de plus en plus crédible. Cela me laisse penser qu’il est encore temps pour que Dominique de Villepin y aille. Il pourrait alors être l’homme de la fin mars / début avril et coiffer tout le monde au poteau…

Back in the USSR

Article très intéressant de The Economist sur la situation en Russie qui montre que la dérive autoritaire du régime de Vladimir Putin ne cesse de se renforcer, malheureusement sans pouvoir amorcer le moindre début de solution, comme au temps de la Guerre Froide.

Le nouveau tsar de Russie utilise ainsi tous les moyens pour assurer un contrôle de plus en plus total sur le pays. Des raids de police sont ainsi organisés dans les rares journaux encore indépendants, le gouvernement a pris le contrôle de toutes les chaînes de télévision : ainsi les journalistes rentrent dans le rang et assurent un traitement très favorable de l’action du Président et de son gouvernement.

D’un point de vue politique, même si le pays reste une démocratie d’apparence, le Président Putin utilise une palette de mesures pour assurer son pouvoir. Dans le moins subtile, on trouve les grands classiques de la répression anti-démocratique comme le fait de récupérer à la dernière minute les salles que l’opposition souhaite louer pour se rassembler ou la destitution de candidats jugés « extrémistes » par l’administration. L’administration Putin joue également sur les règles électorales en remontant à 7% le score qu’un parti doit atteindre pour être représenté, score très difficile à atteindre pour des partis d’opposition privés de couverture médiatique. En outre, les coalitions entre partis, qui auraient permis aux partis d’opposition de passer outre cette règle, sont proscrites. Enfin, le Kremlin lance fréquemment des nouveaux partis pour occuper la scène politique et donner une illusion de multipartisme alors que tous ces partis soutiennent en fait le Président. Le dernier en date « Une Russie juste » a été lancé pour attirer la gauche et les nationalistes. Ce système est en fait inspiré de ce que faisait l’Allemagne de l’Est, que Vladimir Putin connaît bien pour y avoir été espion.

Ce constat peu enthousiasmant est d’autant plus inquiétant que les richesses en matières premières de la Russie lui permettent de soutenir une politique indépendante de l’Occident, aussi anti-démocratique qu’elle soit, comme lors de la Guerre Froide. Ne peut-on pas se demander ce que nous, pays occidentaux avons raté après la chute de l’empire soviétique pour en arriver là ? N’avons-nous pas laissé la Russie à elle-même pendant de nombreuses années, ne l’avons-nous pas regardé s’enfoncer dans une grave crise au début des années 90 sans l’aider dans sa transition économique ? N’aurions-nous pas pu l’aider comme les Etats-Unis avaient aidé l’Europe à se reconstruire au sortir de la seconde guerre mondiale ? Avec l’aide des nations démocratiques d’Europe de l’Ouest, la Russie aurait pu construire une vision plus démocratique et plus proche de nous de son avenir. L’Europe de l’Ouest a malheureusement une part de responsabilité dans le retour de la Russie à ses démons antidémocratiques.

26.02.2007

François Bayrou, ou le moins pire des 3 grands candidats

C’est difficile à dire pour un gaulliste, mais le programme de François Bayrou, malgré ses lacunes, me semble être le moins mauvais des 3 favoris des sondages.

En premier lieu, alors que les deux autres favoris ont davantage promis que ce qu’ils pourront tenir, François Bayrou a présenté un programme dont le coût de 21 milliards est compensé par 21 milliards d’économie. Cette responsabilité fiscale est rare dans une campagne présidentielle. Ensuite, les mesures proposées semblent empreintes de bon sens comme le fait de cibler les aides fiscales vers les petites entreprises, qui peuvent créer des emplois alors que les grandes entreprises n’embauchent plus depuis longtemps en France. Sa critique des niches fiscales est également très juste dans la mesure où elles sont « autant d’atteintes au principe de progressivité de l’impôt ». Ces avantages ont aussi pour conséquence de diriger les investissements des ménages en fonction des exonérations plus qu’en fonction de l’intérêt des investissements, ce qui n’est pas vraiment sain. Le Président de l’UDF a également affirmé être pour l’organisation d’un référendum sur un nouveau traité européen en 2009, ce qui montre un respect très gaulliste du vote des Français en mai 2005 alors qu’un autre candidat ose affirmer vouloir passer par le Parlement au mépris de l’esprit de nos Institutions.

Alors, bien sûr, la candidature de François Bayrou conserve de nombreuses limites. Plus qu’une vision claire de la France, il reste encore trop dans un discours de critique des média, du PS et de l’UMP. Son programme reste encore très flou à part sur le volet fiscal présenté vendredi. Sa volonté de construire un gouvernement d’union nationale a peu de chances de se réaliser et en cas de victoire, il devrait s’allier soit avec les socialistes, soit avec l’UMP pour les législatives. Mais surtout, il ne peut prétendre représenter les idées gaullistes auxquelles je tiens. Dominique de Villepin reste encore et toujours le représentant le plus légitime de notre famille politique.

De l’indécence d’une partie de nos élites

Chronique intéressante de Jean-Claude Guillebaud sur « le libéralisme et son fantôme » dans Sud-Ouest Dimanche à propos du livre de François Morin « Le nouveau mur de l’argent. Essai sur la finance globalisée » qui parle du rapport des Français au libéralisme et de la perception de ce rapport par les élites.

Il note très justement que les élites, y compris de centre gauche, sont toutes d’accord pour dire « qu’il serait temps que les Français aient le courage d’accepter la réalité.» Il affirme également que « le contraste entre les injonctions adressées aux Français jugés trop peu « libéraux » et la réalité du nouveau capitalisme donne froid dans le dos ». Le journaliste souligne que le capitalisme a beaucoup évolué dans les dernières années et que la puissance des marchés financiers et des grandes entreprises est de plus en plus grande et que les Etats semblent de plus en plus impuissants pour influencer le cours des choses. Pour illustrer également la façon dont les élites voient le capitalisme moderne, Marianne rapporte cette semaine les propos d’Henri de Castries, PDG d’Axa qui affirme que le niveau du SMIC est trop élevé en France. Cela pourra être jugé populiste, mais je serais curieux de savoir comment ferait ce PDG qui gagne aujourd’hui l’équivalent de 800 SMIC pour vivre avec un salaire inférieur au SMIC !

S’il est vrai que le coût brut du travail est élevé en France, en revanche, le salaire net que touche un smicard et donc son niveau de vie reste faible. C’est pourquoi les efforts faits par le gouvernement pour revaloriser le SMIC sont justifiés. En revanche, on pourrait se poser la question du financement de la protection sociale essentiellement assuré par des cotisations basées sur les salaires. En effet, ce mode de financement met notre Sécurité Sociale en concurrence avec les systèmes de protection sociale des pays en voie de développement par le coût qu’il représente pour les produits fabriqués en France. Une solution pourrait être l’introduction d’une TVA sociale qui permettrait de ne pas mettre notre système de protection sociale en concurrence avec celui des pays émergents. Cela ne signifie pas qu’il ne faudra pas le réformer mais simplement que nous serons maîtres de ce que nous souhaitons en faire. D’ailleurs, c’est la voie choisie par l’Allemagne avec la hausse de la TVA de ce début d’année.

En fait, le capitalisme moderne récompense de plus en plus les élites nationales mais a tendance à laisser sur le bord de la route les classes populaires, et même de plus en plus les classes moyennes, comme le montrent les écarts croissants de rémunérations. Les élites, ainsi récompensées, ont tendance à penser qu’il faut continuer à pousser des réformes dont elles sont quasiment les seules bénéficiaires. Elles oublient que pour avancer, une société doit avancer ensemble et pas uniquement au profit d’une minorité. Au lieu de se lamenter du conservatisme des Français et de les sermonner, elles devraient réfléchir à des moyens de faire en sorte que tout le monde bénéficie de la croissance économique. En cela, leur comportement serait moins indécent.

23.02.2007

La France mérite mieux ! Appelons la candidature de Dominique de Villepin !

Quelle drôle d’idée, pensez-vous sans doute ! Le Premier Ministre candidat ? N’est-il pas déjà rallié à Nicolas Sarkozy ? Il faut pourtant beaucoup d’imagination pour lire dans ses récents discours ou interviews, un ralliement au Ministre de l’Intérieur.

La campagne qui ne dit pas son nom du Premier Ministre

Et puis, le Premier Ministre fait campagne, une très bonne campagne même. Oui, reprenez toutes ses interventions depuis 2 mois et se dessine un véritable projet présidentiel. Depuis plusieurs semaines, sur l’Europe, sur l’International, sur l’enseignement supérieur, sur le désendettement, sur l’égalité des chances, sur son attachement au respect de nos principes républicains…, Dominique de Villepin fait entendre ses idées, propose des actions pour le prochain quinquennat, en toute liberté, et avec de vraies ambitions pour la France. Mises bout à bout, ces interventions dessinent un projet bien plus fouillé et autrement plus responsable que celui des autres candidats.

Car le Premier Ministre a une vision pour la France. Une France où s’équilibrent la justice sociale et la compétitivité du pays et des entreprises. Une France dépositaire d’un message pour le monde, un message de respect des peuples, de leur souveraineté. Une France qui refuse l’unilatéralisme d’un peuple aux tentations impérialistes. Une France qui reprendrait l’initiative sur le projet européen, en tournant enfin l’Europe vers les préoccupations de ses citoyens pour réconcilier les Français avec la construction européenne. Une France rassemblée, autour des valeurs de la République, où être un enfant de la République prime sur toutes les considérations communautaires. Une France responsable à l’égard de l’avenir…

Dominique de Villepin peut s’appuyer sur son bilan aux Affaires Etrangères et à Matignon. Il a porté la voix de la France comme on ne l’avait plus jamais fait depuis le Général de Gaulle. La position de la France en 2003 a permis d’éviter le conflit de civilisation entre l’Orient et l’Occident dans lequel les Etats-Unis nous entraînaient et que certains étaient prêts à suivre. Comme peu de chefs de gouvernements avant lui, il a su agir pour défendre la justice sociale tout en défendant dans le même temps la compétitivité du pays et de ses entrepreneurs.

Les « déclinologues » et autres « rupturistes » nous abreuvent du déclin de la France depuis des années. Mais la France a toujours su se redresser ! Et notre pays ne manque pas d’atouts pour l’avenir. Nous gardons une vraie place sur la scène internationale : quel pays occidental ose tenir tête Etats-Unis ? Notre démographie nous permettra de devenir le premier pays européen par la population d’ici quelques dizaines années. Nos entreprises conquièrent le monde. Notre système de santé reste le meilleur du monde. Nos institutions donnent à nos gouvernants une stabilité qui leur permet de gouverner, contrairement à ce qui se passe dans tant de pays.

Les années qui viennent seront des années cruciales pour notre pays. De grands choix de société devront être tranchés. Comment lutter contre la balkanisation de la France ? Comment orienter la construction européenne ? Comment corriger les excès d’une globalisation qui ne profite aujourd’hui qu’à un petit nombre, pour éviter que le système ne s’écroule ? Comment assurer l’équilibre d’un monde plus que jamais instable avec le terrorisme et la prolifération nucléaire ? Comment mieux respecter notre environnement et protéger notre planète ? Plus que jamais, il reviendra au prochain Chef de l’Etat de faire des choix décisifs pour notre République. Il devra faire ces choix d’une main à la fois ferme et juste, tout en défendant l’intérêt général des intérêts particuliers. Qui mieux que Dominique de Villepin peut aujourd’hui endosser ce rôle ?

Beaucoup de Français estiment que la campagne actuelle est de piètre qualité et qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se posent à notre pays ; ce qui signifie qu’une large majorité de nos concitoyens ne sont pas satisfaits du panel de candidats actuellement en lice. Les Français pensent que la France mérite mieux !

Dominique de Villepin peut faire gagner la France !

Ceux qui sont encore sceptiques diront alors qu’il ne sert à rien de mener un combat perdu d’avance. Le Premier Ministre n’a ni parti, ni soutien, ni réseau. Il part trop tard, et aucun Premier Ministre en exercice n’a jamais gagné la Présidentielle. Et alors ! La Politique, c’est avoir des convictions et des principes chevillés au corps, et être prêt à les défendre lorsqu’ils sont menacés, comme c’est le cas aujourd’hui, sans la moindre compromission. Le Général de Gaulle s’est-il demandé s’il était raisonnable de ramasser le drapeau de la France éternelle et de s’en faire le dépositaire, quand il est parti seul à Londres en juin 1940 ? Monsieur le Premier Ministre, suivez ce que vous disent vos tripes, vos convictions ! Servez la France, et personne d’autre !

Si François Bayrou peut réunir 17% des sondés en disant seulement que les média sont injustes et en proposant une grande coalition, votre stature incomparable vous permettra sans l’ombre d’un doute d’atteindre rapidement ce score, score qui avait permis à Giscard de se lancer en 1974, ou, comme vous le savez bien, Jacques Chirac en 1995. Tout sondage sur votre potentiel vous sous-estimerait forcément, car vous avez été sorti du champ des possibles. Votre candidature, à elle seule, serait un véritable tsunami politique qui offrirait enfin aux Français la garantie d’un vrai débat d’idées pour cette campagne. Le jeu en serait complètement bouleversé car vous introduiriez enfin, pour les Français, les questions qui sont actuellement écartées par les candidats, alors qu’elles sont déterminantes pour l’avenir de notre nation.

Monsieur le Premier Ministre, vous pensez être seul ? Vous êtes surtout indépendant des hommes, des clans, des partis, des fractions, des intérêts particuliers, seul candidat donc à être réellement en position  de défendre l’intérêt général. Vous n’aurez personne à remercier avec des postes. Vous pourrez donc former une équipe en toute liberté. Les Français en ont aujourd’hui plus qu’assez de la politique politicienne à l’ancienne avec les montagnes de promesses jamais tenues. Vous n’avez-vous-même jamais été élu ? Ce que certains imaginent comme étant votre principale faiblesse, est en vérité une force aux yeux des Français qui, dans leur majorité, veulent un véritable changement dans la façon de faire de la politique. Vous êtes le représentant d’une véritable alternative !

La raison de votre candidature est simple. Vos différences d’opinion avec Nicolas Sarkozy ont été suffisamment mises en valeur depuis deux ans, tant par lui que par vous. Tout le monde sait que vous n’avez pas la même vision de la France et de son identité.

Pour une France qui avance ensemble

Monsieur le Premier Ministre, beaucoup de Français soutiennent aujourd’hui des candidats par défaut ou par volonté d’exprimer leur opposition à d’autres candidats. Ce ne sont pas des soutiens par adhésion à des projets. Des Français soutiennent Ségolène Royal pour battre Nicolas Sarkozy et inversement. Des Français soutiennent François Bayrou car ils souhaitent marquer leur opposition au choix d’un duel qui leur a été savamment fabriqué. Ce n’est pas le quarteron de politiciens aux méthodes d’un autre âge actuellement en tête des sondages qui est à la hauteur des enjeux de notre pays ! Une voie est ouverte à un recours ! Vous êtes l’homme qui peut incarner ce recours, pour la France et les Français. Ecoutez vos convictions, écoutez votre amour pour la France !

Le Rassemblement des Jeunes pour la Vème République (RJVR)

22.02.2007

L’euro contre la croissance

Le débat sur l’Europe est revenu sur le devant de la scène mais certaines questions essentielles ne sont malheureusement pas réellement débattues. L’euro et la politique de change de l’Union Européenne sont ainsi régulièrement critiqués par des hommes politiques qui ont pourtant souvent appelé à voter « oui » à un Traité Constitutionnel Européen qui fixait pourtant dans le marbre les errances passées.

Dans les trois principales économies de la zone euro, la croissance peine à dépasser les 2%. Le chômage, même s’il descend, reste supérieur à 8%. L’inflation, après une légère augmentation consécutive à la hausse du prix du pétrole, est revenue autour de 2%. L’euro ne cesse de gagner de la valeur. Tout cela milite pour une modération de la politique monétaire. Pourtant, en décembre, Jean-Claude Trichet avait procédé à une nouvelle hausse des taux d’intérêt en Europe. Cette décision a été critiquée à juste titre par le gouvernement par la voix de Thierry Breton et de la plupart de la classe politique française.

Petit retour en arrière : souvenez-vous de 1992. Le débat sur le traité de Maastricht fut au moins aussi intense que celui sur la Constitution. Mais l’intérêt de ce débat est que l’on peut aujourd’hui comparer ce qui avait été promis et ce qui s’est réellement passé... Les partisans du « oui » affirmaient alors que le choix de l’euro apporterait plus de croissance et nous permettrait de peser davantage par rapport au dollar et au yen.

Pour la croissance, c’est l’inverse qui est arrivé pour l’Allemagne, l’Italie et la France. Dans les années 80, leur croissance était supérieure à celle des Etats-Unis ou du Royaume-Uni. A partir du moment où l’Union Monétaire a été décidée, la situation s’est inversée. Puis, une fois que l’euro est apparu, les Etats-Unis ont encore accentué leur avance. On pourra toujours trouver d’autres raisons pour expliquer ce phénomène, mais elles préexistaient aux changements de politique monétaire.

Car la raison est toute simple : notre politique monétaire est aujourd’hui celle d’une zone monétaire très hétérogène. Et quand le même taux d’intérêt peut stimuler l’économie irlandaise ou espagnole, il peut au contraire pénaliser l’économie allemande ou française. Deuxième point, alors que la Fed a explicitement pour objectif de veiller à la stabilité monétaire et à la croissance, les statuts de la Banque Centrale Européenne ne mentionnent qu’un seul objectif : la stabilité monétaire. Assez logiquement, cette stabilité a été atteinte. En revanche, la croissance, absente des objectifs de la BCE a été le parent pauvre.

Car, tels Don Quichotte, nos banquiers centraux européens pourchassent des fantômes d’inflation. Il suffit que l’inflation européenne passe à 2,1 ou pire, 2,2%, alors que l’objectif est de 2%, pour qu’ils montent les taux d’intérêts... En fait, la BCE ne baisse pas les taux autant que la Fed ou la Banque du Japon pour relancer l’économie et elle les remonte beaucoup trop rapidement. Que la Fed ait récemment monté les taux aux Etats-Unis après une période de forte croissance et alors que le chômage est au plus bas peut faire sens. Que la BCE fasse de même alors que la croissance commence à peine à accélérer et alors que le chômage est encore à un niveau élevé est un non sens économique.

Deuxième argument avancé en 1992 : l’euro allait nous permettre de peser face au dollar et au yen. Il aurait déjà fallu que la BCE ait la volonté de peser… Aujourd’hui, comme hier, les Etats-Unis et l’Asie utilisent leur monnaie pour gagner un avantage compétitif, notamment par rapport au continent européen. La BCE laisse passivement l’euro s’apprécier au point de devenir ridiculement surévalué. C’est une des explications des délocalisations vers les pays à monnaie faible. La désindustrialisation de l’Europe vient en partie de la politique monétaire absurde menée depuis 15 ans. Mais cela, nos banquiers centraux n’en ont rien à faire car cela n’entre pas dans leurs objectifs. Pourquoi se soucieraient-ils du taux de chômage si cela ne rentre pas dans leur mission ? Par humanisme ? C’est sans doute un peu trop demander à Monsieur Trichet…

Résultat, après avoir envoyé un million de Français au chômage dans les années 90 en maintenant des taux d’intérêt qui asphyxiaient notre économie, Jean-Claude Trichet sabote la légère reprise de notre économie. Certes, quelques hommes politiques se dressent aujourd’hui contre ces décisions absurdes. Mais que faire demain pour remédier à cette situation ?

Trois scénarii s’offrent à nous : la révision des objectifs de la BCE, le retour sur son indépendance et la sortie de l’euro. Le premier scénario revient tout simplement à ajouter dans les statuts de la BCE un objectif de soutien de l’activité. Cet alignement sur la Fed Américaine serait un minimum mais on peut douter de son efficacité réelle du fait de l’indépendance de la BCE vis-à-vis du jugement populaire démocratique.

La deuxième solution, plus radicale, consisterait à revenir sur l’indépendance de la BCE et de confier aux Ministres de l’Economie de la zone euro la gestion de la politique monétaire. Après tout, pourquoi la politique monétaire doit être soustraite à la responsabilité des politiques ? En démocratie, le pouvoir doit être exercé par les représentants du peuple. Jean-Claude Trichet n’en est pas un. Malheureusement, cette solution a peu de chances de réunir l’approbation de nos partenaires. Cela nous laisse une option très radicale : la sortie de l’euro. Quand on voit le niveau de croissance des pays de l’Union Européenne en dehors de la zone euro, on peut vraiment se demander pourquoi cette hypothèse n’est pas plus sérieusement étudiée…

21.02.2007

Tout est possible, y compris la victoire de Dominique de Villepin !

« Je commence à bien la sentir cette campagne » : cette phrase de Nicolas Sarkozy pourrait bien marquer a posteriori le point haut de sa campagne avant la chute. Cette déclaration rappelle tellement la situation d’il y a 12 ans qu’il est difficile de croire qu’il soit à nouveau tombé dans le panneau des sondages. Même s’il est vrai que la campagne de Ségolène Royal n’allait vraiment pas bien, ne disait-on pas la même chose de Jacques Chirac mi-février 1995 ? Si la candidate du PS arrive à créer une nouvelle dynamique (comme les premiers chiffres semblent l’indiquer), alors l’inversion de tendance peut mettre le candidat de l’UMP dans la même position qu’Edouard Balladur.

Et ce d’autant plus que l’émergence de François Bayrou pose un singulier problème à Nicolas Sarkozy. Ses origines de centre-droit le rendent plus proche de l’UMP. Et même s’il y a une tentation à gauche de voter pour lui, les frontières sont plus hautes. Après avoir fait son beurre sur le dos de la gauche, François Bayrou peut trouver des relais de croissance à droite. Les électeurs de gauche resteront unis autour de leur candidate comme l’indiquent les sondages de premier tour où même au plus bas, elle restait à un niveau élevé pour le PS car il n’y a pas de réelle alternative au sein de la gauche. En revanche, les électeurs de droite auront le choix du candidat pour affronter Ségolène Royal. Et François Bayrou peut leur apparaître comme un meilleur candidat de second tour si les sondages le donnent plus performant que le Ministre de l’Intérieur, les poussant à abandonner le favori actuel des sondages pour le troisième homme de cette élection afin de choisir le meilleur adversaire contre la candidate du PS.

Mais la dynamique de la campagne Bayrou montre surtout que les Français veulent échapper au duo Ségo-Sarko car le discours du Président de l’UDF reste limité à un discours essentiellement protestataire et à une proposition illusoire de grande coalition. Dominique de Villepin a un potentiel électoral bien plus important que le député du Béarn. Il a une carrure présidentielle incomparable et tous ses récents discours montrent qu’il a un vrai projet à proposer à la France et aux Français. Si François Bayrou peut réunir 17% des Français, le Premier Ministre pourrait facilement rassembler au moins 20% de la population et se qualifier pour un second tour où sa carrure pourrait mettre à mal la candidate du PS.

L’UMP a un nouveau porte-parole !

Il s’appelle Franz-Olivier Giesbert et officie tous les matins sur RTL à 7h45 où il remplace Alain Duhamel. Il a réussi son examen de passage en publiant un livre assassin et sans nuance sur Jacques Chirac tout en encensant le Président de l’UMP. Et ce matin, il a même eu les encouragements de son « patron » !

Il a commencé lundi par une chronique qui se demandait si l’élection présidentielle était jouée. Même s’il affirmait que rien n’était joué car les favoris avaient plutôt tendance à chuter, il a soutenu que la règle avait des exceptions et que par conséquent Nicolas Sarkozy ne devait pas trop s’inquiéter. En effet deux favoris avaient réussi à mener la campagne présidentielle de bout en bout : le Général de Gaulle en 1965 et François Mitterrand en 1988. Il a juste oublié que les deux exceptions qui confirment la règle étaient des Présidents sortants…

Mardi matin, chronique naturellement dédiée à la prestation de la candidate socialiste. Et là, il est parfaitement en ligne avec les autres porte-paroles du Ministre de l’Intérieur. Il dénonce un excès de promesses non financées et le fait que la candidate dise « oui » aux demandes des personnes qui lui posent des questions. La seule qualité qu’il veut bien reconnaître à la prestation de la candidate c’est le fait qu’elle va plaire à la gauche. Même le Figaro est plus objectif.

Troisième chapitre ce matin, le plus comique. Franz-Olivier Giesbert nous explique que Nicolas Sarkozy et son équipe sont contents de la bonne prestation de Ségolène Royal lundi soir car il préfère l’affronter elle, dans un classique débat droite-gauche plutôt que d’affronter François Bayrou. Il est évident que le candidat de l’UMP est déjà qualifié pour le second tour… Le Ministre de l’Intérieur, invité de Jean-Michel Aphatie juste après lui a même accordé un satisfecit pour ses chroniques en lui disant qu’il les trouve très honnêtes. C’est toujours agréable pour un porte-parole de voir son travail reconnu par son patron !

Heureusement pour RTL, Jean-Michel Aphatie a fait une interview sans concession de Nicolas Sarkozy en lui posant les questions qui fâchent (sur les tensions au sein de son équipe, sur l’audience de Ségolène Royal…). Dans une profession souvent trop complaisante à l’égard du candidat de l’UMP, il a fait honneur à son métier.

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