26.09.2007

Brèves du jour

3 milliards d’euro : c’est ce que pourrait rapporter la taxation des stock-options selon le rapport de la Cour des Comptes commandé par Philippe Séguin. Le Medef s’oppose à la mesure au prétexte que ces revenus sont très aléatoires. Pourtant, à un moment où les finances publiques sont en difficulté, cela permettrait de colmater quelques brèches. Est-il juste que les revenus liés aux stocks options soient moins taxés que les revenus du travail alors qu’ils ne concernent que les classes les plus aisés et sont un complément de rémunération ? Philippe Séguin frappe juste et au bon moment, se rappelant au souvenir de ses anciens collègues du RPR.

Seulement 9% des élèves de classes préparatoires sont issus de milieux défavorisés contre 29% il y a 20 ans. La fracture sociale, c’est aussi une fracture au niveau de l’accès au meilleur enseignement qui donne de meilleures chances pour l’avenir. Quelques initiatives isolées permettent de combattre cette dérive, mais la tendance lourde des sociétés occidentales est à un accroissement des inégalités et une difficulté croissante pour grimper l’échelle sociale. L’ascenseur social est en panne, en France comme aux Etats-Unis et les élites se reproduisent entre elles. Il est urgent que l’Etat agisse pour permettre aux personnes méritantes de progresser et d’éviter les phénomènes de ghetto. Pour avancer, une société a besoin d’avancer ensemble.

General Motors est en grève. Alors que les déclinologues ressassent que la société française est bloquée et que nous faisons des grèves pour un « oui » ou pour un « non », la réalité est toute autre. Il y a bien plus de grèves aux Etats-Unis qu’en France (rapporté au nombre de salariés), comme le montre la grève qui a lieu chez le premier constructeur automobile américain, coutumier du fait. De même, Londres a été durement frappé en septembre par des grèves de métro bien plus sévères que celles que nous connaissons en France puisqu’il n’y avait pas un seul métro qui circulait alors qu’en France, il y a en général toujours des métros qui circulent, même si c’est en nombre limité.

Source : 20 minutes

25.09.2007

Dominique de Villepin recadre l’exécutif

Alors que le premier ministre cafouille à nouveau sur le budget avec sa déclaration grandiloquente sur la « faillite » de l’Etat, Dominique de Villepin continue à développer son rôle de procureur de la nouvelle équipe.

François Fillon a encore été bien mal inspiré de parler de « faillite » vendredi. Le seul point positif pour lui sera d’avoir enfin réussi à attirer l’attention des média sur sa personne, chose qu’il a bien du mal à faire depuis qu’il est le locataire de Matignon. Mais comment accorder de la crédibilité à la parole d’un premier ministre qui déclare d’un côté que l’Etat est en faillite et de l’autre, augmente le déficit budgétaire ? Car telle est la réalité. Les équipes précédentes avaient réussi à réduire le déficit de 56 à 36 milliards d’euro de 2003 à 2006 (avec 11 milliards de réduction pour la seule année 2006). Mais dès qu’il est arrivé, François Fillon a fait passer un coûteux train de mesures qui a eu pour conséquence de faire grimper le déficit à 42 milliards pour 2007. Et le budget 2008 devrait être en déficit de plus de 41 milliards, toujours 5 milliards de plus qu’en 2006. Donc, avant de déclarer l’Etat en « faillite », François Fillon ferait mieux de ne pas creuser les déficits.

Ce décalage entre la forme et le fond est partagé avec son mentor, comme le souligne Dominique de Villepin : « ce n’est pas parce que la forme donne un sentiment d’hyper-présence que l’ensemble des problèmes est traité ». Il a conseillé au président de sortir de la « frénésie ». Il a également à nouveau critiqué l’esprit de cour et plaidé pour une lecture plus respectueuse de nos institutions en soulignant que le premier ministre ne devait pas être court-circuité. Il a à nouveau regretté « l’alignement sur certaines positions de l’administration Bush, (…) une administration finissante, qui s’est beaucoup trompée en matière de politique étrangère ». Puis, s’il a affirmé comprendre la réaction de Nicolas Sarkozy à l’égard de la BCE, il s’est fort justement demandé si cela fait avancer les choses pour dire qu’il n’en était pas sûr. Enfin il a également critiqué la proposition de test ADN, qu’il a jugée « pas constitutionnelle ».

Dominique de Villepin a également répliqué du tac ou tac à la mise en cause de Nicolas Sarkozy jeudi soir (qui avait dit « qu’il devait s’expliquer devant la justice ») en disant de manière ironique qu’il se demandait s’il écoutait « la partie civile ou le président de la République », manière de souligner le mélange des genres malsain de l’ancien ministre de l’intérieur.

François Bayrou transparent, socialistes plus occupés à se déchirer par livres ou média interposés : depuis quelques semaines, c’est bien Dominique de Villepin qui s’est imposé comme le premier opposant à Nicolas Sarkozy. Il prend date en soulignant toutes les incohérences du nouveau pouvoir.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-958554@...

http://www.lefigaro.fr/politique/20070923.WWW000000078_vi...

24.09.2007

Une semaine ordinaire de présidence

Deux discours, mardi sur le « nouveau contrat social », mercredi, sur la fonction publique. Une interview jeudi sur TF1 et France 2 en même temps. Nicolas Sarkozy continue à remplir l’espace médiatique alors que François Fillon doit parler de « faillite » pour se faire entendre…

Je communique donc je gouverne : cela pourrait devenir la maxime de Nicolas Sarkozy. Comme d’habitude depuis qu’il a été élu, le président de la république a rempli l’espace médiatique politique en ne laissant que quelques miettes aux autres, gouvernement, majorité et opposition inclus. Avec quelques jours de recul, le discours sur la fonction publique est assez incroyable. Après tout, le président ne faisait que répéter son discours de campagne, qu’il a commencé à mettre en œuvre (au moins, il est cohérent sur ce sujet), mais au final, le discours ne comportait pas vraiment d’éléments nouveaux, même s’il était l’évènement médiatique de la journée. Bref, beaucoup de bruit pour pas grand-chose, juste la séquence de communication de la journée.

Cette omniprésence médiatique camoufle un certain conservatisme qui pourrait être inquiétant pour la suite de son mandat. A la moindre contestation, la TVA sociale a été oubliée, tout comme le contrat unique (difficilement réalisable il est vrai), l’opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Pour éviter que les Français ne le réalisent, le président et son gouvernement multiplie les annonces (4ème réforme des lois sur l’immigration en 5 ans…) sans réaliser un véritable travail de fond. C’est particulièrement criant sur la Banque Centrale Européenne, cible de multiples critiques du président, qui a pourtant voté son statut. Il est pourtant fort peu probable que cette méthode, qui froisse nos partenaires, arrive à changer quoique ce soit. Le président prend des postures commodes sans proposer de véritables solutions.

En fait, Nicolas Sarkozy multiplie les annonces ou les petites phrases pour occuper les média. L’interview de jeudi soir était très édifiante dans la façon dont elle a été traitée par les média. La plupart des journalistes se sont concentrés sur les commentaires (ou leur absence) à l’égard des membres du gouvernement. Après avoir oublié son premier ministre mardi, François Fillon a eu droit à tellement de pommade jeudi que cela en devient suspect. Aurait-il exigé du président un tel rééquilibrage après avoir été traité de « collaborateur » et avoir été remis à sa place à plusieurs reprises ?

La forme, toujours pas le fond. Un président qui se comporte comme un monarque divin qui décerne les bons points et les mauvais en public. La présidence Sarkozy ressemble malheureusement à ce à quoi on pouvait s’attendre…

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-957191@...

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-956861@...

http://www.lefigaro.fr/politique/20070921.FIG000000245_sa...

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-957896@...

21.09.2007

OGM : le pas vers la prudence de Jean-Louis Borloo

Le sujet des OGM s’est invité dans le débat public en France depuis de longues années, notamment avec les faucheurs de José Bové. Alors que le Grenelle environnemental se rapproche, Jean-Louis Borloo pencherait vers des mesures de conservation en opposition avec la Commission Européenne.

Le ministre d’Etat de l’environnement a clairement indiqué une préférence pour le gel des cultures OGM en indiquant au Monde que « sur les OGM, tout le monde est d'accord : on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque ». Cette déclaration a été accueillie positivement par les organisations environnementales qui sont opposées aux cultures OGM. Il faut noter néanmoins que plusieurs bémols ont été apportés depuis avec la déclaration du ministre de l’agriculture, Michel Barnier qui a affirmée que la question « n’était pas tranchée ». En outre, la secrétaire d’Etat à l’écologie Nathalie Kociusko-Morizet a souligné que les modalités pourraient faire la différence. Enfin, il est évident que c’est Nicolas Sarkozy qui tranchera la question en définitive.

Il faut dire que les défenseurs des OGM se sont manifestés par la voie d’associations de céréaliers et surtout de la Commission Européenne (voir premier lien). Bien sûr, les OGM ont l’avantage de permettre d’augmenter les rendements alors que nous manquons de céréales aujourd’hui. Elles peuvent également limiter la consommation de pesticides. Néanmoins, les risques ne sont pas nuls. La maladie de la vache folle a montré que l’absence de précautions avec les nouvelles techniques de production agro-alimentaire peut avoir des conséquences désastreuses. En outre, dans le cas présent, certaines études scientifiques ont déjà montré que les OGM pouvaient avoir des conséquences troublantes sur d’autres espèces, comme les abeilles.

La Commission Européenne affirme que « seul l'apport de preuves de risques pour la santé ou l'environnement peut justifier une interdiction ». Cette attitude est très dangereuse car les preuves de ces risques n’apparaîtront peut-être que dans plusieurs années après la généralisation des OGM (comme pour le tabac ou la maladie de la vache folle). C’est bien l’inverse qui doit être fait : l’autorisation de produits OGM ne devrait être autorisé qu’après de longues périodes de test au moins aussi sévères que pour les nouveaux médicaments. Ainsi, nous aurions plus de chances d’éviter un futur désastre. Malheureusement, la Commission est sans doute plus réceptive aux arguments des grands semenciers pour qui les OGM représentent une formidable opportunité financière.

Entre un possible risque sanitaire et les intérêts financiers de grands groupes, la Commission Européenne a tranché. Bruxelles n’est-il pas le paradis du lobbying ? Heureusement, notre ministre prend la voie de la prudence. Pourvu qu’il soit entendu !

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-957280@...

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-957270@...

http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/279755....

20.09.2007

Les apprentis diplomates et l’Iran

La séquence de la dernière semaine sur l’Iran a montré les faiblesses de la nouvelle diplomatie française. Non seulement le virage de notre politique extérieure est hautement critiquable mais en plus, son exécution laisse à désirer quand on voit les multiples ajustements faits au plus haut niveau.

Sur le fond, même s’il ne faut pas renoncer à l’usage de la force (ce qui avait été souligné dans le discours de Dominique de Villepin à l’ONU en 2003), l’alignement visible de la position de la France sur celle des Etats-Unis est très dommageable. Tout d’abord pour l’influence de la France dans le monde, qui perd son indépendance et risque d’être temporairement ravalée au rang de protectorat diplomatique américain. Mais surtout pour l’équilibre dans les relations diplomatiques entre l’Occident et l’Orient. Grâce à l’action de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, l’Occident n’a pas pu être réduit à l’arrogance américaine en 2003. Les pays arabes ont pu voir qu’il existait une voix plus respectueuse et que c’était l’administration Bush qui était responsable de la guerre. Résultat, la France pouvait être le pont entre les civilisations occidentales et orientales, le pays qui pouvait mettre tout le monde à la même table et s’exprimer sans les arrière-pensées que certains pays imaginent à juste titre vis-à-vis des Etats-Unis.

Aujourd’hui, ce sont bien les cinquante ans d’héritage de la diplomatie gaullienne qui sont foulés au pied par l’alignement de notre diplomatie sur celle de l’administration Bush. Et cela est d’autant plus dommageable que cette administration a été arrogante, a échoué, et a perdu toute crédibilité. En plus, l’administration Sarkozy fait également preuve d’une grande légèreté et d’un grand manque de maîtrise dans sa communication. Bernard Kouchner a beau jeu de parler de « manipulation » des média à propos de son interview et de la lecture qu’a été faite de ses propos. Néanmoins, il devrait savoir qu’en diplomatie, un mot est un mot, surtout le mot « guerre ». Rejeter la faute sur les autres et donner de grands coups de barre sémantiques donne l’impression d’un certain flottement et d’un amateurisme désolant pour notre diplomatie. En outre, sa crédibilité « pacifiste » est bien légère depuis son soutien à la guerre d’Irak. Et pour couronner le tout, François Fillon a cru bon intervenir pour calmer le jeu mais sa mention de « tension extrême » a plutôt mis de l’huile sur le feu.

Bien sûr, la communauté internationale ne peut pas laisser l’Iran acquérir l’arme atomique sans rien faire. Nous devrons être prêts à employer la force si les négociations n’aboutissent pas. Néanmoins, pour que les négociations aboutissent, il vaut sans doute mieux s’abstenir de telles polémiques qui ont toutes les chances d’exciter les extrémistes de tous bords en Iran et justifier la construction de la bombe. Et il serait sans doute plus productif que la France garde une ligne plus indépendante de celle des Etats-Unis pour pouvoir peser dans les négociations.

Que reste-t-il de notre diplomatie depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ? L’irritation de l’Allemagne, l’insulte à l’Afrique à Dakar, un alignement sur une administration américaine décrédibilisée et un manque certain de professionnalisme dans la gestion du dossier iranien. On voit bien aujourd’hui que Bernard Kouchner a été nommé au Quai d’Orsay parce qu’il était le meilleur et absolument pas par souci de communication…

Source : http://www.lefigaro.fr/international/20070918.WWW00000032...

http://info.france2.fr/monde/34084264-fr.php

19.09.2007

Les réalités de l’euro surévalué

Le groupe Toyota vient d’annoncer l’ouverture d’une nouvelle usine d’assemblage au Japon. En revanche, au salon de Francfort, tous les grands groupes européens ont annoncé des investissements en dehors d’Europe. Pourquoi ?

Le contraste est d’autant plus saisissant que le marché japonais est en fort recul et que cette nouvelle usine Toyota sera uniquement destinée à l’exportation. A l’inverse, les constructeurs européens réduisent la voilure en Europe occidentale pour développer leurs volumes dans les pays émergents (Europe de l’Est, Afrique, Moyen-Orient, Asie ou Amérique Latine). Renault, par exemple, investit en Chine, en Russie, en Iran, au Maroc, au Brésil… En revanche, le sort de l’usine de Sandouville en France reste incertain et conditionné au succès de la nouvelle Laguna, après la fermeture fort médiatique du site belge de la marque il y a quelques années. PSA suit la même logique.

Les grincheux pourront toujours dire que Toyota travaille mieux que nos constructeurs. Mais ce raisonnement serait limité. Après tout, pour un grand constructeur, il est plus simple et plus économique de produire à proximité du lieu de consommation pour s’épargner des coûts de transport, toujours plus élevés. Dès lors, il est incompréhensible que Toyota ouvre une usine au Japon, marché dont les volumes baissent. La réalité est toute simple malheureusement : la faiblesse du yen (sous-évalué d’environ 15% par rapport au dollar, lui-même sous-évalué d’environ 20% par rapport à l’euro) rend plus profitable la production de voitures au Japon plutôt qu’en Europe, même si les ventes sont destinées à l’Europe puisque les coûts de production sont artificiellement baissés d’un tiers.

On pourrait alors soutenir qu’on ne décide pas d’ouvrir une usine à partir d’une situation monétaire donnée, qui peut changer. Mais la décision de Toyota d’investir au Japon et pas en Europe, contraire à l’évolution des ventes du groupe (en hausse en Europe, en baisse au Japon), montre bien que le géant japonais considère que cette situation monétaire est amenée à durer. La raison en est simple : alors que les Etats-Unis, le Japon et la Chine utilisent leur monnaie pour défendre leur industrie, la BCE ne se soucie que d’inflation, même quand il n’y en a pas. Les investisseurs peuvent donc anticiper de manière structurelle une politique de taux moins accommodante en Europe, ce qui pousse en permanence l’euro vers le haut. Résultat : quand les constructeurs réorganisent leur tissu industriel, ils réduisent la production en Europe de l’Ouest.

L’exemple automobile montre que la politique d’euro surévalué a un impact déterminant sur l’emploi industriel en Europe. Ce cas n’est pas isolé quand on constate qu’Airbus s’apprête à produire en Chine et prévoit d’augmenter ses achats de pièces hors zone euro pour ne pas réduire ses coûts. Le pire est que la logique européenne est similaire au niveau de la protection des marchés : alors que le Japon, la Corée du Sud ou la Chine limitent les importations par le biais de taxes ou de règlementations (plus de 90% des voitures vendues sont produites localement sur ces trois marchés), l’Europe a démantelé toute protection de son marché. Cela induit un avantage compétitif énorme pour les constructeurs asiatiques, qui bénéficient de la fermeture de leur marché pour y engranger des bénéfices qu’ils investissent pour gagner des parts de marché ailleurs, notamment en Europe.

Depuis quinze ans, la politique européenne, tant monétaire que commerciale, détruit des emplois en provoquant une surévaluation de notre monnaie et en refusant les protections que nos concurrents utilisent. Nicolas Sarkozy fait le bon constat, mais pratiquement, il ne propose pas de mesures concrètes pour changer les choses. Qui le fera ?

Source : http://www.autonews.fr/fr/cmc/scanner/actu/200737/nouvell...

18.09.2007

Le contresens du rapprochement de l’OTAN

La semaine dernière, le ministre de la défense a appelé à « un changement de comportement politique de la France au sein de l’OTAN ». Cette déclaration montre sans doute les réelles intentions de Nicolas Sarkozy, qui préfère avancer partiellement masqué sur cette question sensible et donc s’abrite pour une fois derrière un ministre.

Le raisonnement avancé par Hervé Morin pourrait être séduisant. Il avance que la France contribue déjà à l’OTAN, budgétairement et humainement, et qu’une intégration complète nous permettrait d’avoir une plus grande influence. Ces affirmations sont complètement fausses, comme le montre le communiqué de Jean-Pierre Chevènement, cité par le site www.gaullisme.fr. Comme l’a souligné Dominique de Villepin lors de l’émission Ripostes de France 5 dimanche, ce sont les Etats-Unis qui décident de tout au sein de l’OTAN et il n’y a aucune raison pour que cela change après plus de 50 ans. Il est illusoire de croire à un changement.

Mais le pire reste que le ministre évoque l’OTAN comme une solution pour la défense européenne. Une telle solution, incluse dans le Traité Constitutionnel Européen refusé par les Français, ne revient pas à construire l’Europe, mais à asservir l’Europe aux Etats-Unis puisque la défense européenne serait sous la coupe de Washington. Quel progrès cela représenterait-il alors que nous venons même de constater les limites de la politique américaine en Irak ? Cela signifie-t-il que les Etats-Unis auraient pu nous contraindre à envoyer des troupes pour leur guerre injuste et mal préparée ?

Nicolas Sarkozy avançait masqué pendant la campagne présidentielle, n’hésitant pas à renier des prises de position antérieures dans les discours que lui écrivait Henri Guaino. Cet été déjà, il a montré une proximité avec Georges Bush désormais inédite pour un dirigeant occidental. Et aujourd’hui, il laisse Bernard Kouchner et Hervé Morin glissaient de déclarations en déclarations vers des positions proches de celle de l’administration américaine. Heureusement que quelques vigies comme Dominique de Villepin et Jean-Pierre Chevènement tirent la sonnette d’alarme pour signaler cette inflexion désastreuse de notre politique, qui renie tout ce que représente le gaullisme.

Le monde devient de plus en plus multipolaire. Il est donc plus que jamais essentiel pour son équilibre que l’Occident ne se limite pas uniquement aux Etats-Unis et leur protectorat. Les tensions que crée la montée en puissance de la Chine et de la Russie nécessitent une France indépendante qui soit un pont entre les civilisations. Et donc en aucun cas notre rapprochement avec l’OTAN.

Source : http://www.lefigaro.fr/france/20070912.FIG000000218_morin...

17.09.2007

Dominique de Villepin ou le premier opposant

Invité hier à Ripostes, l’ancien premier ministre a légitimement refusé le titre de « chef de l’opposition » et préféré celui de « chef des propositions ». Malgré tout, son analyse très critique du début du mandat de Nicolas Sarkozy en fait au moins le « premier opposant »…

Il est naturel que Dominique de Villepin refuse le qualificatif de « chef de l’opposition ». Après tout, il n’est pas à la tête d’un parti ou d’un groupe à l’Assemblée Nationale. Néanmoins, alors que les socialistes semblent toujours préférer se critiquer entre eux et devant les caméras, et que François Bayrou sort tout juste de son silence médiatique, c’est bien notre ancien premier ministre qui mène la critique la plus construite et forte des premiers mois du président. C’est d’autant plus courageux qu’il n’a pas attendu la fin de l’état de grâce pour se prononcer.

Malgré quelques gentillesses, les propos de Dominique de Villepin ont été très critiques. Il a ainsi affirmé que ce n’étaient pas les mesures prises qui allaient permettre à la France de passer de deux à trois points de croissance et a appelé à un « changement de politique économique majeur », en soulignant que les déclarations contre la politique monétaire de la BCE ne faisaient pas avancer les choses. Il a également attaqué le coût du « paquet fiscal » qui va réduire les marges de manœuvre du gouvernement. Il a repris sa critique de la « cour » qui entoure le président et affirmé que l’UMP « n’existe plus ». Enfin, l’ancien premier ministre a critiqué tout alignement sur l’administration Bush, à un moment où elle est fortement décrédibilisée et où la France devrait capitaliser sur sa position sur la guerre d’Irak.

Cette descente en règle de la politique gouvernementale, qu’aucun socialiste ne semble capable de formuler, fait de Dominique de Villepin le premier opposant au président. Cela lui ouvre la possibilité de jouer un rôle majeur dans les années à venir car il a été le premier à prendre date avec une telle force. Et paradoxalement, Nicolas Sarkozy lui a facilité la tâche. En faisant le vide au parti socialiste et à l’UMP, le président a créé les conditions pour permettre à des opposants d’émerger. Le premier à avoir osé est donc l’ancien premier ministre. S’il poursuit dans cette voie, il pourrait bien s’imposer pour 2012 comme l’alternative à un président qui devra défendre un bilan et pas seulement jouer sur des postures.

Nicolas Sarkozy n’avait pas été tendre vis-à-vis de Jacques Chirac pendant son dernier mandat. En agissant de la sorte, Dominique de Villepin lui rend quelque part la monnaie de sa pièce. Mais au-delà, il souligne surtout les travers d’un début de présidence qui ne laisse pas augurer de bons résultats pour le pays…

Source : http://2villepin.free.fr/index.php/2007/09/17/515-a-ripos...

14.09.2007

Nicolas Sarkozy rattrapé par l’économie

En arrivant au pouvoir, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu’il fallait accélérer la croissance du pays et c’est officiellement pour cette raison qu’il a fait passer le « paquet fiscal » qui devait provoquer un « choc de croissance ». La réalité économique le rattrape.

Croissance en berne au second trimestre, crise financière, euro qui bat des records, baril de pétrole qui dépasse les 80 euros, déficit de la sécurité sociale : les nuages économiques s’amoncellent sur le président. Et cette semaine, l’OCDE et la Commission Européenne viennent tour à tour de baisser les prévisions de croissance de la France pour 2007, sous les 2%. Bien sûr, il n’est pas responsable de toutes ces mauvaises nouvelles : ce n’est pas lui qui peut influencer le prix du pétrole et le cours de l’euro dépend davantage des décisions de la BCE.

Néanmoins, le président peut donner l’impulsion à l’économie française, comme l’a fait le gouvernement allemand avec la mise en place d’une TVA sociale. Mais Nicolas Sarkozy a pris les mauvaises décisions économiques en arrivant au pouvoir : des mesures chères mais qui ne stimulent pas la croissance. Et le pire est devant lui car l’équation du budget 2008 sera très difficile : comment en effet tenir les finances publiques en renonçant à plus de 10 milliards de recettes, avec moins de croissance que prévu et en finançant les autres promesses de campagne ? Le président a malheureusement déjà grillé toutes ses marges de manœuvres dans le « paquet fiscal ».

Le volontarisme des discours de Nicolas Sarkozy, qui pouvait tant plaire en campagne ou quelques mois après son élection va se heurter à la faiblesse de ses moyens budgétaires. Les Français vont vite découvrir que son volontarisme n’est souvent que de façade (la TVA sociale a été repoussée dès la première contestation et malgré un rapport positif). Le passage du candidat volontaire au président prudent avec l’opinion et aux marges de manœuvre limitées va créer un douloureux choc dans l’opinion. Le rideau de fumée médiatique des déclarations volontaristes, encore acceptable aujourd’hui, ne le sera plus très longtemps.

Le volontarisme affiché du président sur l’économie (« la croissance, je vais aller la chercher ») est plutôt positif. Le problème est que Nicolas Sarkozy ignore les réalités économiques et ne met pas en œuvre ce qui faut pour les modifier.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-953696@...

http://www.lefigaro.fr/devises/20070912.WWW000000244_nouv...

13.09.2007

Le mythe du déclin économique français

Voici une analyse rafraîchissant sur la position économique de la France dans le Monde. Jérôme Guillet remet en cause l’idée sans cesse rabâchée du déclin économique de notre pays et montre à quel point les performances des Etats-Unis et du Royaume Uni sont mal présentées.

Le premier argument de l’auteur de l’article est le fait que la création de richesse supplémentaire des pays anglo-saxons comme le Royaume Uni et les Etats-Unis ne concerne qu’une infime minorité de la population. L’auteur cite ainsi une étude qui montre qu’aux Etats-Unis en vingt ans, la part dans les revenus des 0,1% les plus riches est passée de 2 à 7%, ce qui expliquerait en grande partie le décalage de croissance avec la France. A dire vrai, leur part a sans doute augmenté en France, mais nettement moins que de l’autre côté de l’Atlantique. L’auteur souligne aussi à juste titre qu’il y a un vrai problème de pauvreté dans ces pays (16% de pauvreté infantile en Angleterre, 20% aux Etats-Unis contre 7% en France). Le modèle français créé certes un peu moins de richesse mais la richesse supplémentaire créée par le modèle anglo-saxon ne profite qu’à une petite minorité et se fait au détriment des conditions de vie des plus pauvres.

L’autre point que souligne l’auteur et qui est souvent occulté par la plupart des journalistes économiques et politiques est le fait que la croissance récente des Etats-Unis et du Royaume Uni vient de la dépense publique. Ce n’est que depuis quelques années que la croissance de ces deux pays est passée devant celle de la France. Or, plus que l’initiative privée, c’est surtout la croissance de la dépense publique qui explique l’écart de croissance avec notre pays. Tony Blair a ainsi davantage augmenté la part de l’Etat dans l’économie britannique de 2000 à 2006 (de 38 à 45% du PIB) que les socialistes français au début des années 80 !

Alors bien sûr, la situation de la France n’est pas toute rose et il serait bien abusif d’en tirer la conclusion qu’il n’y a rien à changer. Il y a encore du travail à faire pour réduire le chômage, sans doute en cessant de faire peser le financement de notre système de protection sociale uniquement sur le travail. Plusieurs voies ont été identifiées. La TVA sociale permettrait de faire reposer ce financement sur la consommation, et donc également sur les produits importés, ce qui permettrait en plus de dynamiser nos exportations (notamment en Europe). Une taxation plus équilibrée entre le travail et le capital permettrait également de favoriser l’économie réelle. Des mesures spécifiques pour les PME seraient également la bienvenue quand on sait que ce sont les petites et moyennes entreprises qui créent des emplois.

La réalité de la croissance économique américaine et britannique, c’est une forte augmentation des dépenses de l’Etat et une création de richesse uniquement concentrée sur une infime minorité, en délaissant plus qu’en France les moins riches. Le déclin n’est peut-être pas où on le dit.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-953362,...

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