31.12.2007

Une révolution est-elle possible ?

Dossier extrêmement intéressant sur la naissance des révolutions dans le numéro double de Marianne de ces vacances. L’hebdomadaire revient sur de nombreuses révolutions qui ont secoué la France ou d’autres pays et se pose la question de la possibilité de nouveaux soubresauts révolutionnaires.

La réponse du journaliste Guy Sitbon est claire : pour lui, « la bombe explosera ». Les dérives du système néolibéral actuel engendrent des tensions qui devraient déboucher sur une forme de révolution qu’il est sans doute vain de chercher à décrire. L’auteur affirme sans doute à raison que cette révolution « ne ressemblerait, à coup sûr, à rien de ce que nos ancêtres ont connu ». L’auteur commet quelques excès assez typiques de Marianne en caricaturant le monde de l’entreprise, (les financiers nous auraient été vendus comme de prudents gestionnaires avant la crise financière). Il qualifie les audits de « truqués » et les patrons « d’escrocs » de manière beaucoup trop réductrice, pour ne pas dire plus. Cette description en noir et blanc amoindrit quelque peu l’argumentaire de l’auteur.

En fait, on peut se demander si l’auteur ne cède pas à un déterminisme assez surprenant qui revient à rendre responsable de tous des patrons et des auditeurs qui seraient forcément escrocs. Ce raisonnement est trop simpliste et caricatural pour être crédible. On ne peut pas seulement faire porter la responsabilité actuelle de la crise financière à quelques patrons aventureux et à des cabinets d’audit peu regardants. Il faut également se poser la question de la responsabilité de la société et des politiques qui ont édicté (ou pas) les règles qui ont abouti à un tel désastre. La société a une responsabilité dans cette crise et nous devons nous poser la question de la régulation de certaines pratiques financières que l’Etat préfère trop souvent laisser faire. La quête du toujours plus se fait en règle général dans le cadre légal qui lui est fixé : il ne faut pas l’oublier. L’immense majorité des financiers agissent dans le respect des règles fixées par la collectivité.

Néanmoins, le papier de l’auteur apporte une réflexion extrêmement intéressante. Il montre bien à quel point l’évolution du système économique actuel aboutit à un accroissement des inégalités inédit depuis le début du 20ème siècle. C’est ainsi que les 1% d’Américains les plus riches représentent 20% du PIB des Etats-Unis, soit le même niveau qu’en 1929 et quatre fois plus qu’il y a 30 ans. L’auteur note fort justement que plus que les inégalités, c’est un sentiment d’injustice qui peut créer une forte tension sociale. Les Etats-Unis sont en partie protégés par quelques exemples fulgurants d’ascension sociale et le mythe du « rêve américain ». Le problème est que la société américaine a tendance à se fossiliser puisque aujourd’hui, l’ascenseur social y fonctionne moins bien qu’en Europe continentale, du fait du coût exorbitant des études supérieures. Et sur le vieux continent, on note de nombreuses polémiques sur les traitements de certains grands patrons, que ce soit en France ou en Allemagne.

Et c’est ce divorce qui porte en lui les germes de tensions sociales graves. Toutes les études économiques montrent que depuis 20 ans, le produit de la croissance économique est affecté aux profits des entreprises (qui ont atteint une part record dans le PIB) et les revenus des 10% les plus riches. Cet état de fait n’est en aucun cas une critique des personnes qui travaillent souvent très dur pour obtenir cela. En revanche, on peut se poser la question de la viabilité à long terme d’un système qui ne profite vraiment qu’à une minorité. L’immense majorité de la population ne risque-t-elle pas d’être tentée par une aventure plus ou moins raisonnable qui renverserait un système dont elle ne tire pas vraiment profit plutôt que la continuation de quelque chose qui ne profite à certains. Il y a un vrai risque de divorce profond entre des élites qui bénéficient de la mondialisation et une grande majorité de la population qui la subit et qui doit affronter des salaires au mieux stagnants et une plus grande insécurité.

L’Amérique latine, en avance sur l’Europe continentale en matière de creusement des inégalités peut nous offrir le miroir de notre futur. Beaucoup d’élections ont récemment été gagnées par des leaders gauchistes voulant remettre l’économie au service de la majorité. Demain, dans dix, quinze ans peut-être, un Lula ou un Chavez peut être élu à la tête de la France ou de l’Allemagne si l’économie continue à avancer dans la direction actuelle. Comment ne pas imaginer que les classes populaires ne seraient pas prêtes un jour à un vote plus radical si jamais leurs conditions de vie étaient précarisées par une baisse ou une stagnation permanente de leur pouvoir d’achat et une précarisation du droit du travail alors qu’une minorité profite toujours plus du système ?

Il est urgent de corriger un système, qui, s’il produit de la croissance, la produit d’une manière trop inégalitaire pour que cela soit réellement durable. Cela ne veut pas dire qu’il faille augmenter les impôts sur les plus riches, qui peuvent toujours utiliser les multiples possibilités de réduire leur charge fiscale par les défiscalisations ou toutes sortes de montages au sein même de l’Union Européenne. Il faut au contraire rétablir un véritable impôt républicain, sans la moindre exemption (sans doute à un niveau un peu plus bas), seul moyen de le rendre juste. Il faut lutter contre la concurrence fiscale que se livrent les Etats en Europe et qui accroît des inégalités pourtant déjà croissantes. Il faut rééquilibrer la fiscalité entre le travail et le capital. Il faut davantage favoriser le travail au lieu de le pénaliser comme nous le faisons en lui faisant supporter l’essentiel de notre système de sécurité sociale. Bref, il faut que les politiques reprennent le goût des décisions et oublient les ajustements qui ne changent rien au système.

Les déséquilibres actuels n’ont pas encore provoqué de dérapages majeurs en Occident. Mais le ciment de nos sociétés se fissure. Il revient à l’Etat, l’architecte de nos sociétés, de revoir les plans de notre maison commune pour permettre à chacun de grandir à mesure de son effort. Il y a urgence.

Source : Marianne 22 décembre

29.12.2007

L’enfant qui voulait devenir président

Lecture de vacances idéale, le livre de Yasmina Reza complète utilement les analyses sur notre président. Elle réussit à restituer assez fidèlement ce qu’elle a perçu du candidat. La nuit du Fouquet’s, au contraire, reste très anecdotique et court pour son prix…

C’est mi-2006 que Yasmina Reza a commencé à suivre le candidat Sarkozy pendant toute sa campagne. A la surprise d’une bonne partie de son équipe, le ministre a donné un accès très large à l’écrivaine qui a pu vivre de l’intérieur la campagne gagnante du nouveau président. Son immense mérite consiste à coller si prêt au personnage tout en gardant une distance qui lui permet de ne sombrer ni dans les excès de la critique systématique ou de la complaisance commune à certains média. Car par-delà les effets de style, Yasmina Reza s’efface finalement pour peindre le portrait du candidat à coup d’anecdotes. Bien sûr, le choix des anecdotes sert forcément la thèse sous-jacente qu’elle a fini par élaborer. Néanmoins, pas une de ces anecdotes ne surprend réellement, tellement on peut la lier à d’autres déclarations. Du coup, ce rassemblement permet de dresser un portrait finalement assez fin du candidat gagnant de la dernière élection présidentielle.

Et une impression domine largement à la lecture de ce livre : celle que Nicolas Sarkozy est un grand enfant pour lequel l’élection présidentielle serait le dernier niveau d’un jeu politique auquel il joue depuis 30 ans. Les échanges entre le candidat et sa plume ne ressemblent qu’à cela : à un jeu dont les discours sont des armes que l’on taille pour arriver jusqu’au trésor final : la victoire au second tour. Tous les livres sur Nicolas Sarkozy m’ont frappé par l’absence criante de débat de fond, d’expression de convictions, de principes. Le livre de Yasmina Reza enfonce le clou. Les idées ne semblent être que des outils interchangeables pour la conquête du pouvoir. On ne sent jamais chez le candidat de convictions profondes ou un souci de servir son pays ou ses concitoyens. Tout reste purement concentré sur sa personne et la satisfaction enfantine d’une ambition ancestrale. L’élection présidentielle ne semble être qu’un immense jeu. Cette ambition nue et enfantine est proprement effrayante tant tout le reste semble accessoire et interchangeable du moment qu’il est au service de ce profond besoin de reconnaissance.

Par-delà les tribunes quotidiennes qui se focalisent sur l’événement du jour ou des quelques jours précédents, le livre de Yasmina Reza présente l’immense avantage de synthétiser plus de 9 mois passés en compagnie de Nicolas Sarkozy. Ce témoignage permet de mieux comprendre les ressorts psychologiques de celui qui présidera à nos destinés jusqu’en 2012.

Source : L’aube, le soir ou la nuit, Yasmina Reza, Flammarion ; La nuit du Fouquet’s, Ariane Chemin, Judith Perrignon, Fayard

28.12.2007

Contes néolibéraux

Les vacances permettent toujours de prendre un peu de recul. Cela permet de comprendre qu’il a quelque chose de pourri dans le système néolibéral qui régit aujourd’hui l’économie mondiale. Par delà la crise financière mondiale qui risque de plonger l’économie réelle dans une nouvelle crise, voici quelques nouveaux exemples de disfonctionnements :

BMW est le constructeur automobile qui connaît le succès le plus constant depuis plus de 30 ans. Cette année encore, les marques du groupe allemand vont battre un nouveau record puisqu’à fin novembre, ses ventes étaient en progression de 8% à 1,35 millions de véhicules. L’objectif de 1,8 millions de véhicules vendus en 2012 devrait être atteint sans problème. Le constructeur enregistre une marge enviable de 6% sur son chiffre d’affaires, malgré la progression de l’euro qui défavorise fortement un groupe qui fabrique essentiellement en Europe mais qui vend dans le monde entier. Mais voilà, malgré les bons résultats actuels et les perspectives de croissance, la rentabilité du groupe BMW est sensiblement inférieure à celle de Mercedes ainsi qu’au potentiel que lui donne les analystes financiers. Résultat, pour atteindre les 8 à 10% de marge opérationnelle en 2012, le groupe vient d’annoncer la suppression de 8 000 emplois sur les 80 000 qu’il compte en Allemagne. La bonne santé du groupe devrait permettre d’éviter les licenciements secs, mais on se demande si le système économique actuel ne marche pas sur la tête quand il « impose » même aux entreprises en forte croissance de supprimer des emplois. Malheureusement, si l’euro avait été à un niveau plus raisonnable, BMW n’aurait sans doute pas eu à prendre ces décisions…

The Economist est un hebdomadaire particulièrement intéressant à lire. L’immense majorité des articles sont remarquablement bien écrits, documentés et argumentés. En revanche, il s’agit d’une tribune néolibérale assez extrême avec laquelle je partage très rarement la moindre opinion. L’hebdomadaire anglais revient cette semaine sur des recherches génétiques sur la vigne qui pourraient avoir des conséquences majeures sur la production du vin. Des scientifiques ont ainsi décodé les secrets génétiques du Pinot noir. Ces recherches devraient permettre la commercialisation de vignes génétiquement modifiées dont l’objectif serait de standardiser le goût des vins par des manipulations génétiques qui permettraient, par exemple, d’assurer un nez particulier à un type de vin en incluant dans le génome de la vigne des gènes des fruits dont on souhaiterait voir reproduire le parfum. L’hebdomadaire pousse le bouchon encore plus loin (c’est le cas de le dire) en annonçant la possibilité d’inclure de l’aspirine, de la caféine ou pourquoi pas l’ingrédient actif du viagra dans le vin… Cette guerre contre le terroir (« Unleash the war on terroir » dans le texte) déclarée contre le vin est sans doute une provocation anti-française trop typique de la presse anglaise, fût-elle de qualité, pour être complètement prise au sérieux. Partout dans le monde, au contraire, les plus beaux terroirs français s’imposent comme les références du monde viticole (Champagne, Bourgogne, Bordeaux). Et les vrais amateurs restent trop attachés aux subtilités culturelles de nos vins que certains théoriciens anglo-saxons peinent à percevoir. Néanmoins, il reste intéressant de savoir à quels extrêmes ils sont prêts.

Un autre article de The Economist attaque la classe politique allemande, qui aurait abandonné toute idée de réforme en vue des élections législatives de 2009. En fait, l’hebdomadaire ne s’attaque pas réellement au manque de réformes, mais plus aux réformes actuelles, qui ne lui conviennent pas. Ainsi, le gouvernement a récemment décidé de prolonger le paiement des indemnités chômage pour les plus de 55 ans et, horreur, envisage de mettre en place un salaire minimum. Jusqu’à présent le salaire minimum était négocié par branches entre syndicats et patronat. Mais, le problème de pouvoir d’achat outre-Rhin étant proche de la situation française, le gouvernement allemand souhaite intervenir, d’autant plus que les hausses de salaires des grands patrons ont créé une forte demande de plus grande justice sociale dans la population. On en déduit donc que la voie de la réforme pour les néolibéraux est donc bien l’abaissement des bas salaires (dont le niveau trop élevé constituerait un frein à l’embauche), qui peinent pourtant à joindre les deux bouts.

Le système néolibéral actuel fait de plus en plus des hommes des variables d’ajustements qui doivent s’adapter à un progrès économique auquel ils sont sommés de participer alors que seule une minorité en tire réellement profit. Ni le PS, ni l’UMP, ni même le Modem ne veulent réellement recadrer un système devenu fou. Aux gaullistes et républicains de se rassembler pour le réformer avant qu’il ne provoque des excès comparables à ceux qu’il engendre.

Source : The Economist 22 décembre, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-992639@51-992546,0.html

26.12.2007

Nicolas Sarkozy ou l’antigaulliste (4/4) : une certaine idée de la politique

Si le Général avait une certaine idée de la France, il avait aussi une certaine idée de la politique. Cette conception de la politique était bien différente de la plupart des hommes politiques. Il se voyait comme le défenseur désintéressé de l’intérêt général, représentant ultime d’idées qui dépassaient sa propre personne.

Le Général de Gaulle, c’était une forme d’ascèse de la politique. Il faisait déduire de sa paie les repas donnés à titre privé à l’Elysée. Il refusa également toutes les bassesses qui jonchent souvent le combat politique, comme l’exploitation du faux attentat de l’Observatoire de François Mitterrand ors de la campagne présidentielle de 1965. Il refusa également d’utiliser sa vie privée à des fins politiques, à l’exception d’un reportage dans un magazine anglais pendant la guerre, voulu par Churchill pour populariser le chef de la France libre. Le gaullisme, c’était une forme d’ascèse de la politique. Est-il besoin de développer longuement la différence avec Nicolas Sarkozy ? Entre l’augmentation de son traitement de plus de 170%, l’utilisation des rebondissements de sa vie privée à des fins politiques (annonce de son divorce lors des premières grèves, annonce de sa liaison avec Carla Bruni après la visite de Kadhafi) ou son goût du clinquant, Nicolas Sarkozy est sans doute l’homme politique le plus éloigné de l’ascétisme du Général.

Le Général était le garant absolu de l’intérêt général. Il savait toujours se placer au-delà des intérêts particuliers pour considérer ce qui était bon pour le pays. C’est ainsi que, militaire, il théorisa la nécessaire mise sous tutelle du militaire au politique pour la conduite de la guerre. Jamais il ne fut jamais accusé du moindre conflit d’intérêt dans ces décisions. Malheureusement encore, Nicolas Sarkozy ne semble guère se soucier des situations qui flirtent allégrement avec certaines limites morales, voire légales. Nous sommes bien loin de la « République irréprochable » que le candidat vantait quand lors de la campagne. Le ministre de l’intérieur, candidat en charge de l’organisation des élections (…), a ainsi favorisé la candidature d’Olivier Besancenot tout en essayant (avec succès) de museler celle de Nicolas Dupont-Aignan. Que dire également des mesures législatives très incitatives (qui vont bien au-delà du coût qu’aurait une taxe carbone) pour les véhicules électriques, dont, hasard, Vincent Bolloré va lancer la production en 2009, le même qui prête son jet pour les vacances du président…

Le Général, c’était également une exigence de fond de tous les instants. Loin du superficiel ou de la communication pour la communication, il cherchait à faire avancer le débat d’idées. Il traitait les sujets à fond, quitte à prendre du temps pour les régler, sachant que l’immédiateté peut nuire à la véritable résolution des problèmes. C’est ainsi qu’il trouva une solution au problème algérien, petit à petit, en consultant régulièrement le peuple Français. C’est ainsi également qu’il quitta le pouvoir. Nicolas Sarkozy, lui, n’est jamais avare des raccourcis simplificateurs pour se présenter sous un jour flatteur. C’est ainsi qu’il soutenait que la gauche avait choisi mai 1968 contre Jules Ferry pendant la campagne présidentielle ou qu’il parle de 10 milliards de contrats avec la Libye alors qu’il n’y a que 300 millions de nouveaux contrats… Cette malhonnêteté intellectuelle est malheureusement camouflée par la communication frénétique du président, qui ne laisse pas le temps pour vérifier la véracité souvent limitée de ses propos.

Le Général de Gaulle faisait de la politique pour défendre une certaine idée de la France et son ambition était au service de convictions profondes. L’ambition de Nicolas Sarkozy n’a pas pour objectif de servir les Français mais uniquement de réaliser une volonté de reconnaissance purement personnelle. Pas étonnant que leur rapport à la politique soit donc complètement opposé.

25.12.2007

Nicolas Sarkozy ou l’antigaulliste (3/4) : la politique économique

La politique économique du Général obéissait à quelques principes simples : un respect profond de l’argent public, une volonté forte de modernisation économique, au service de tous et le souci d’assurer à l’Etat la conduite réelle de la politique économique. A quelques nuances près, Nicolas Sarkozy piétine encore allégrement l’héritage gaulliste.

Sous la présidence du Général de Gaulle, le budget de l’Etat fut toujours équilibré. Bien sûr, dans les circonstances exceptionnelles de la Libération, il fit preuve de souplesse, en choisissant le plan Rueff contre le plan Mendès. Mais, dans des circonstances habituelles, le Général mettait un point d’honneur à ce que le budget de la France soit équilibré. Cette bonne gestion avait l’avantage de faciliter l’indépendance de décision du gouvernement, qui ne dépendait pas de créanciers auxquels il fallait sans cesse emprunter. Le Général avait un profond respect de l’argent public et ne se serait jamais permis de dépenser de manière inconsidérée l’argent des Français. Nicolas Sarkozy, lui, n’a absolument rien à faire d’endetter davantage le pays. Au pouvoir, il n’a jamais montré le moindre intérêt pour une bonne gestion des deniers publics, que ce soit comme ministre du budget d’Edouard Balladur de 1993 à 1995, quand il laissa les finances dans un état « calamiteux » selon les propres mots d’Alain Juppé, comme ministre des finances en 2004, ou comme président de la république.

Les années 60 furent aussi des années de forte modernisation économique au bénéfice de l’ensemble de la population. Le Général souhaitait ardemment doter le pays d’une économie forte, tant pour des raisons d’indépendance, que de volonté de pousser le pays au meilleur de lui-même. C’est ainsi qu’il lança de grands programmes d’investissements qui aboutirent au début de notre réseau autoroutier, au programme nucléaire, à Airbus, au TGV… Mais cette modernisation à marche forcée de notre économie a également permis une très forte progression du pouvoir d’achat des ménages et l’accession de la majorité des Français à de nouveaux équipements de confort (automobile, électroménager). Nicolas Sarkozy peine toujours à articuler le moindre projet pour construire les emplois de demain et la compétitivité de l’économie française dans les prochaines années. Ce ne sont pas quelques exonérations fiscales sur les heures supplémentaires qui vont radicalement changer quoique ce soit. Pire, avec le « paquet fiscal », Nicolas Sarkozy accentue encore les travers d’une croissance économique dont les bénéfices ne vont qu’à une infime minorité des classes supérieures.

La troisième caractéristique de la politique économique gaulliste est l’interventionnisme assumé de l’Etat dans l’économie pour défendre l’intérêt général : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Sur ce point, on peut retrouver quelques traces de l’héritage gaulliste dans le comportement de Nicolas Sarkozy. Après tout, il assume un interventionnisme économique que beaucoup de nos partenaires ne comprennent pas venant de quelqu’un classé à droite. Sanofi-Aventis, Alstom, : il n’a pas hésité à intervenir pour favoriser des solutions plus conformes à l’intérêt national. Mais depuis qu’il est élu président de la république, Nicolas Sarkozy a remisé son intransigeance pour éviter les désaccords et assurer des conclusions heureuses aux réunions internationales. C’est ainsi qu’il a signé le traité de Lisbonne, qu’il ne fait rien pour changer la politique monétaire de la BCE ou qu’il a beaucoup laissé faire à Kadhafi pour quelques contrats.

Un Etat responsable et soucieux des derniers publics, acteur majeur de la vie économique pour assurer le développement économique du pays et la juste répartition des fruits de la croissance : voilà l’héritage gaulliste. Il est encore difficile de dire que Nicolas Sarkozy s’en inspire.

24.12.2007

Nicolas Sarkozy ou l’antigaulliste (2/4) : la diplomatie

Parmi l’héritage du Général, la diplomatie représente un morceau de choix. De l’épopée de la France libre à sa présidence, il a toujours conduit une politique étrangère indépendante et correspondant à une certaine idée de la France. Comment ne pas voir que Nicolas Sarkozy, là aussi, trahit consciencieusement cet héritage ?

C’est avec le Général de Gaulle que notre diplomatie a pris de l’indépendance par rapport aux Etats-Unis. La seconde guerre mondiale l’avait sans doute rendu méfiant à l’égard d’un allié qui traitait volontiers avec le régime de Vichy et qui faisait peu de cas de la France libre, qu’il n’associait qu’à minima, y compris dans ses décisions concernant l’hexagone. C’est ainsi que le Général refusa de n’être qu’un élément de plus dans le bloc américain face au bloc soviétique et mena une diplomatie complètement indépendante, de Moscou à l’Amérique du Sud en passant par l’Asie, pour porter au monde la vision de notre pays. Cette volonté d’indépendance n’était pas de l’anti-américanisme, mais simplement la volonté de voir respecter l’indépendance de son pays, ce qui l’amena à quitter le commandement militaire de l’OTAN vu que les Etats-Unis n’étaient pas prêts à partager leur pouvoir. C’est aussi lui qui rééquilibra notre diplomatie par rapport au conflit israélo-palestinien.

Le refus de la guerre irakienne par la France s’inscrivait complètement dans cette tradition : les Etats-Unis souhaitaient mener une guerre impérialiste sans motif valable et en passant au-dessus l’avis de la communauté internationale. En septembre 2006, en voyage aux Etats-Unis pour rencontrer Georges Bush, Nicolas Sarkozy affirmait que la France avait été « arrogante », marquant une rupture majeure avec notre diplomatie. Car qui a été arrogant si ce n’est Georges Bush dans cette malheureuse histoire ? Depuis son élection, l’ancien ministre de l’intérieur marque un rapprochement inédit avec les positions américaines, au point que nous sommes aujourd’hui un des pays les plus va-t-en-guerre sur l’Iran, malgré les récentes preuves de l’arrêt des recherches nucléaires… Le président laisse également un ministre comme Hervé Morin affirmer que la France devrait rejoindre l’OTAN…

Que dire également de cette diplomatie de l’esbroufe qui consacre l’essentiel de son temps sur des faits divers pseudo diplomatiques. Bien sûr, il est souhaitable d’essayer de libérer Ingrid Bettancourt, mais l’action diplomatique n’a pas forcément besoin des caméras pour exister. La libération des infirmières bulgares avait fait l’objet d’un gros travail préalable avec l’administration libyenne, que tout le monde a oublié pour ne retenir que le voyage de Cécilia avec Claude Guéant. Mais pour le président, tout ce qui n’est pas sous le feu des projecteurs n’existe pas… Résultat, on a l’impression aujourd’hui que la diplomatie française se résume aux infirmières bulgares, à la libération d’Ingrid Bettancourt, et aux membres de l’association larche de Zoé retenus au Tchad. Un peu court…

Et du coup, on ne peut pas dire que le reste de notre action brille vraiment sur la scène internationale. Le désastreux discours de Dakar, digne d’un colon rétrograde du 19ème siècle, compromet durablement notre position sur le continent africain, à un moment où la Chine prend une place de plus en plus importante sur ce continent. Le statut de « sauveur de l’Europe » que quelques journalistes français aventureux ont bien voulu lui donner n’est qu’un rideau de fumée. Dans la réalité, Nicolas Sarkozy n’a pas de poids particulièrement important en Europe car il n’a fait qu’abdiquer la position de la France contre quelques mesures cosmétiques. Le Général, lui, avait su faire valoir la position de la France, quitte à aller jusqu’à la politique de la chaise vide pour faire respecter l’essentiel et obtenir le compromis de Luxembourg. Mais Nicolas Sarkozy est trop soucieux de la forme pour ne pas céder sur le fond, l’exact inverse du Général…

La rupture de Nicolas Sarkozy s’est bien appliquée en matière diplomatique. Mais cette rupture s’est notamment effectuée avec 50 ans de tradition diplomatique inspirée du gaullisme.

22.12.2007

Nicolas Sarkozy, ou l’antigaulliste (1/4) : les Institutions

Le 9 novembre dernier, Nicolas Sarkozy est allé s’incliner à Colombey pour essayer de se placer dans le sillage du Général. Pourtant, après plus de sept mois de présidence, il se révèle être le moins gaulliste de tous les présidents de la Cinquième République.

Bien sûr, on pourra objecter quelques emprunts au gaullisme. Son interventionnisme industriel dans la fusion Sanofi-Aventis ou dans le sauvetage d’Alstom peuvent le rattacher à notre famille… sauf que la grande majorité du spectre politique était d’accord et que quelques décisions ne peuvent pas faire oublier des divergences plus fondamentales, qui, elles, sont légion. Car le président actuel trahit la majeure partie des lègues du fondateur de la Cinquième République. Institutions, diplomatie, politique économique et une certaine idée de la politique : Nicolas Sarkozy trahit consciencieusement le gaullisme sur l’ensemble de ces points.

Le Général a doté la France d’institutions uniques au monde. Alors que la plupart des pays donnent l’ensemble du pouvoir soit à un président soit à un premier ministre, réduisant l’éventuel autre à un rôle essentiellement honorifique, notre exécutif a deux têtes qui ont chacune un rôle bien précis. Le président préside et le premier ministre gouverne. Au premier la responsabilité de tracer les grandes lignes de la politique du pays, de le représenter, d’être le rempart ultime en cas de danger. Au second la conduite de la politique du gouvernement au quotidien. Ce partage des responsabilités et cette hiérarchie donnent à la France un filet de sécurité en cas de crise grave. C’est ainsi que le Général de Gaulle siffla la fin de la récréation en mai 1968 en annonçant la dissolution de l’Assemblée. C’est ainsi que plus récemment, Jacques Chirac et Dominique de Villepin reprirent la situation des banlieues sous contrôle pendant les émeutes de l’automne 2005. La hiérarchie de notre exécutif permet une gradation des réponses pour reprendre la main. En effaçant son premier ministre et même ses ministres, Nicolas Sarkozy ne permet plus la gradation des réponses qui permet pourtant de résoudre bien des crises.

Mais, au jour le jour, cette construction institutionnelle originale permettait également de créer deux temps différents. Le temps du gouvernement et le temps de la présidence. Le temps du gouvernement est le temps de l’immédiateté, de la gestion au quotidien, des contraintes diverses et variées, de la réalité qui peut parfois contraindre les ambitions et la vision. Le temps de la présidence est un temps qui, en échappant à certaines contraintes que le gouvernement doit gérer, lui permet de garder une distance et une vision à plus long terme qui doit assurer la construction d’une société meilleure. Il serait vain de croire qu’une même personne peut assurer en permanence la gestion quotidienne tout en insufflant une vision qui a du sens pour le pays. En refusant la distance que doit donner la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy se shoote aux délices de la communication personnelle quotidienne. Seule la préparation des prochains coups, leur scénarisation semblent l’intéresser, tout occupé qu’il est à construire sa gloire personnelle. Nous perdons malheureusement tout l’intérêt de notre construction institutionnelle.

Et ce n’est pas tout. La Cinquième République s’est construite à coup de référendums, qui ont validé sa création, puis son évolution avec l’adoption en 1962 du suffrage universel pour l’élection du président, et qui ont rythmé ses premières années. Pour le Général de Gaulle, il revenait aux Français en personne de trancher les grandes questions qui se posaient au pays. Là aussi, Nicolas Sarkozy suit le chemin inverse du Général. Comme il l’a dit lors de sa campagne, il ne souhaite pas vraiment faire de référendum. Pire, il a annoncé qu’il ferait ratifier le traité de Lisbonne par le parlement. Imagine-t-on une seconde le Général de Gaulle (ou même Georges Pompidou) faire passer au parlement le texte rejeté par les Français en 1969 ? Le choix de faire ratifier le traité de Lisbonne par le Parlement est un des actes fondateurs de l’antigaullisme du président actuel. Une telle décision peut difficilement apparaître comme plus antigaulliste.

Charles de Gaulle nous a laissé une construction constitutionnelle originale et adaptée à notre pays. Même s’il conserve formellement le nom de Cinquième République et que sa réforme des institutions finit en réformette, Nicolas Sarkozy fait beaucoup plus grave : sa pratique casse profondément ses équilibres et il en trahit fondamentalement l’esprit.

21.12.2007

Rupture et conséquences

Excellent article de Gérard Courtois du Monde sur le Sarko show. Tant sur le fond que sur la forme, l’auteur signe un superbe papier sur la rupture fondamentale que Nicolas Sarkozy a insufflé à la fonction présidentielle. Pour le meilleur, et surtout pour le pire.

S’il y a bien une chose pour laquelle nous avons eu la rupture, c’est bien la communication présidentielle. A la parole rare, empreinte d’un certain cérémonial, nous sommes passés à TV Sarko, la chaîne continue d’évènements qui mêle allègrement politique, people, drame. Il suffit de voir ce qui s’est passé depuis quinze jours : voyage de Kadhafi à Paris, annonce de la liaison du président avec Carla Bruni, rebondissements sur les otages des FARC, voyage à Rome pour voir le pape et devenir chanoine… On en oublie même les vraies annonces politiques, mais ce n’est peut-être pas un hasard…. Ce gloubiboulga politique est ce qui caractérise la présidence du candidat de la rupture. Un coup remplace un autre dans un tourbillon où on cherche désespérément un minimum de sens. Cette présidence télévisuelle montre déjà des limites au bout de quelques mois. Les Français risquent de se lasser de ce tourbillon une fois qu’ils auront compris qu’il est vide de sens hormis la glorification de son principal acteur.

Mais il y a d’autres conséquences particulièrement graves que l’auteur ne développe pas : l’impact sur la nouvelle génération d’hommes et femmes politiques. Car un président a toujours une très forte influence sur la façon d’appréhender la politique des nouvelles générations. Il façonne toujours plus ou moins consciemment la nouvelle génération, qui se positionne par rapport à lui. Et malheureusement, beaucoup ont tendance à s’inspirer de sa manière de faire, que ce soit dans sa majorité ou même l’opposition. La nouvelle génération de l’UMP ou même du Parti Socialiste n’a pas forcément l’air de se construire en opposition frontale avec le style du président… Les conséquences de la rupture sarkozyste risquent malheureusement de se faire sentir pendant quelques années…

Nicolas Sarkozy a profondément modifié la façon de fonctionner de la présidence de la République. Il faut espérer que suffisamment de personnes se construiront en opposition à ce cirque médiatique perpétuel pour revenir à une forme de politique plus digne de la responsabilité qu’elle représente.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-991827,0.html

19.12.2007

Une diplomatie en lambeaux

Passé l’effet d’annonce de sa relation avec Carla Bruni, l’épisode Kadhafi permet de montrer les immenses carences de la diplomatie selon Nicolas Sarkozy. Esbroufe et coups médiatiques ne doivent pas camoufler un singulier manque de vision et un alignement dangereux sur l’administration Bush.

Le président conçoit la diplomatie comme il conçoit la politique : une succession de coups destinés à occuper tout l’espace médiatique. Il imprime un rythme frénétique pour mieux garder la maîtrise de l’agenda en changeant de sujet pour éviter tout examen un peu approfondi de ce qu’il fait. Dans le cas de la visite du leader libyen à Paris, il est tombé dans le piège d’une visite longue qui a permis de mieux examiner ce qui était annoncé. Les 10 milliards de contrats tant vantés par le président ne sont en réalité que 300 millions de nouvelles commandes. Il y avait 2 milliards de confirmation de commandes (Airbus) et le reliquat ne concerne que des ouvertures de négociation. Mais la malhonnêteté du président se retrouve également dans la pseudo-négociation du traité de Lisbonne. Ce traité dit simplifié n’est autre que la capitulation de la position française aux désidératas des autres dirigeants puisqu’il a accepté un traité quasiment identique à celui refusé par les Français, contrairement à ce qu’il promettait en campagne avec le mini-traité.

Et malgré ce renoncement, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment réussi son entrée sur la scène européenne. Ses relations avec Angela Merkel sont notoirement fraîches, rompant avec une tradition de bonne entente entre dirigeants français et allemands, qui avaient toujours su dépasser les clivages politiques, qu’il n’a même pas à franchir dans le cas présent. L’influence de la France en Europe est au plus bas. Et ce n’est pas beaucoup mieux ailleurs. L’Afrique a toujours en travers de la gorge l’incompréhensible discours de Dakar, que même des colons n’auraient pas osé prononcer. Et ce n’est pas le voyage de Kadhafi qui va arranger les choses tant les Africains auront vu à quel point la France peut s’abaisser pour de vagues promesses de contrats qui n’engagent que ceux qui les reçoivent. Quand aux Etats-Unis, ce n’est pas en s’alignant sur une administration en fin de course et en jouant les matamores sur l’Iran que la France retrouvera une quelconque influence sur la scène internationale.

En fait, la diplomatie française navigue à vue. Entre un président qui ne cherche que les coups, quitte à se contredire (comme avec la Libye), un premier ministre inexistant et un ministre des affaires étrangères fantoche, aucune ligne directrice ou aucune vision du monde ne peuvent être développées. La France n’a plus rien à dire au monde. Là où Jacques Chirac portait un message de dialogue et de respect des civilisations et plaidait pour le multilatéralisme, la diplomatie de faits divers du président ne convient qu’aux 20 heures de TF1. Pourtant, la France a souvent eu un message à porter au monde, message fait de défenses de certaines valeurs et de respect des civilisations. Le contexte actuel serait d’autant plus réceptif que les instabilités du Moyen Orient ou la montée en puissance de la Chine, la Russie ou l’Inde peuvent constituer des menaces pour la stabilité de la planète.

Malheureusement, ces causes ne sont pas assez médiatiques. Du coup, le président continue de se concentrer sur une diplomatie humanitaire de faits divers (infirmières libyennes, Ingrid Bettancourt), certes louables pour ces victimes mais dont on peut se demander si elle devrait résumer la diplomatie d’un pays comme la France.

17.12.2007

Indécences

Nicolas Sarkozy connaît bien les règles de la téléréalité. Quand un candidat a besoin d’attirer l’attention sur lui, il met en scène une amourette (réelle ou fabriquée) de manière à ce que le public veuille continuer à le voir et vote (sic…) pour lui.

Car comment ne pas comprendre que la « révélation » de l’histoire qu’aurait le président avec Carla Bruni est juste un écran de fumée destiné à effacer le piteux séjour de Kadhafi à Paris. Et il fallait bien cela tant ce voyage fut un désastre entre vrais-faux nouveaux contrats et insultes répétées à notre pays. Mais voilà, l’amourette d’un président est à même de permettre à l’hôte de l’Elysée de reprendre la main dans les média. Car non seulement cette révélation était orchestrée, mais en plus, elle fait partie du plan de communication hebdomadaire du président. Pour preuve, Nicolas Sarkozy n’a pas pris la moindre autre initiative dimanche ou aujourd’hui de manière à assurer une couverture maximale à l’évènement. La belle appréciera, si elle ne le fait pas consciemment…

J’avais évité de parler de la vie privée du président car je crois qu’il ne faut pas mélanger vie publique et vie privée. J’avais même soutenu son départ de l’interview de CBS après deux questions sur Cécilia. Mais là, le président atteint un tel cynisme dans l’utilisation de sa vie privée que je ne suis pas sûr qu’il mérite encore le moindre respect. Son divorce avait déjà été utilisé pour couvrir les premières manifestations de cheminots. Là, à peine deux mois après ce même divorce, ce président qui demandait qu’on respecte sa vie privée, l’utilise sans vergogne pour se sortir de son mauvais pas libyen ! Il y a des limites à la décence que le président dépasse allégrement. Et certains média complaisants ne se posent pas la question élémentaire de la manipulation. La palme revient au Figaro qui s’est transformé en annexe de Gala et a lancé un grand débat avec ses lecteurs pour savoir si Carla Bruni ferait une bonne première dame…

Mais l’indécence n’est pas seulement là. Que Nicolas Sarkozy ait été blessé par le départ de Cécilia, cela peut se comprendre. Il avait l’air sincèrement très amoureux. Mais s’afficher deux mois après le divorce avec une mannequin bien plus jeune qui lui ressemble, cela semble plus venir d’une cour de récréation que d’un palais officiel : « rien à faire que tu m’aies quitté, je peux sortir avec une fille plus jeune et plus belle que toi ». Qu’un président de la république se comporte ainsi en prenant les Français à témoin montre bien le côté enfantin du personnage, bien peu digne de la réserve que devrait lui inspirer de temps en temps sa fonction. La France a mal au politique.

Le candidat Sarkozy utilise toutes les ficelles de la Star Politique pour recueillir le vote du public (pardon, les citoyens) en 2012. Il devrait se méfier. Même le public a tendance à se lasser des manipulateurs ambitieux prêts à tout et n’importe quoi pour arriver à leur fin.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-99061...

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