31.08.2008
Analyse critique du néo-libéralisme : le constat économique de Robert Reich
Robert Reich a été le secrétaire d’Etat à l’emploi de Bill Clinton et est aujourd’hui professeur à Berkley. Il livre un constat sévère sur l’évolution du capitalisme dans son livre « Supercapitalisme », publié cette année.
Si son analyse est uniquement centrée sur les Etats-Unis, elle est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, on peut considérer que les Etats-Unis devancent l’Europe dans l’évolution économique. Ensuite, son analyse économique se double d’une analyse politique et d’une capacité à formuler des propositions pour corriger les excès actuels. De manière assez surprenante, ses analyses rejoignent finalement celles d’économistes de la vieille Europe, comme Gréau ou Généreux, même si les solutions qu’il préconise divergent du fait des différences de nos deux continents. Enfin, on peut louer son souci de vulgarisation qui fait que son livre se lit presque comme un roman.
Et l’auteur commence justement par nous raconter l’histoire de l’évolution du capitalisme en trois temps. Le premier, jusqu’au début du 20ème siècle, fut celui d’un capitalisme triomphant mais dont les « conséquences sociales – conditions de vie sordides dans les villes, salaires de misère et journées de travail interminables des ouvriers, travail des enfants, inégalités de plus en plus marquées (…) - touchaient de nombreux Américains ». Ce capitalisme primitif, dérégulé et sauvage, buta sur la Grande Dépression et fut remis en question par de nombreux politiques : « Teddy Roosevelt traita les géants industriels d’« escrocs enrichis ». Woodrow Wilson les fustigeait lui aussi pendant la campagne présidentielle de 1912 : « les maîtres du gouvernement des Etats-Unis sont les capitalistes et les industriels réunis ».
L’économie américaine rentra alors dans une nouvelle ère, plus régulée. La plupart des industries mirent en place des codes visant à encadrer la concurrence (commerce, salaires, prix…) au point que le président de la chambre de commerce des Etats-Unis affirma que le marché libre « devait être remplacé par une philosophie d’économie nationale planifiée ». Cet encadrement, avait l’avantage de procurer une grande stabilité à tous les acteurs (entreprises et employés). L’Etat n’hésitait pas à intervenir pour faire progresser les salaires, comme pour l’industrie automobile en 1946 mais cela était accepté puisque touchant tous les acteurs de l’industrie. Résultat, les Trente Glorieuses ont profité à tous: les revenus réels des 20% les plus riches ont progressé de 85% de 1947 à 1973 et ceux des 20% les moins riches de 116%.
Mais les années 70 virent l’avènement du « néo-libéralisme », ou « consensus de Washington », fondé sur le libre-échange, la déréglementation et les privatisations. John Maynard Keynes qualifiait ces partisans de « fous détenant le pouvoir, qui (…) distillent des utopies nées quelques années plus tôt dans le cerveau de quelques écrivailleurs de faculté ». Cette évolution a été facilitée par la révolution technologique des communications qui a permis une prise de pouvoir des consommateurs et des investisseurs qui dictent aujourd’hui leur loi : des prix toujours plus bas et des profits toujours plus hauts. Ceci a été renforcée par la libéralisation de la finance qui a abouti à une rotation des actifs toujours plus rapide : « dans les années 90, l’investisseur moyen conservait ses actions un peu plus de 2 ans (…) en 2004, à peine 6 mois ».
Cette évolution a provoqué de nombreux effets pervers. Le souci de rentabilité a poussé par exemple GE à économiser sur le coût de nettoyage de l’Hudson. Comme Jean-Luc Gréau, il dénonce la déflation salariale que provoque cette concurrence effrénée : réductions de salaires dans les compagnies aériennes, dans l’automobile (le patron de Delphi s’était engagé en 2005 à réduire les salaires de 27 à 10 dollars de l’heure). Il explique que « les ouvriers qui ont perdu leur emploi en raison de la concurrence des produits importés ont trouvé de nouveaux postes dont la rémunération était, en moyenne, inférieure de 12% ». Il montre que les inégalités ont explosé puisque de 1974 à 2004, le revenu réel des 20% les moins riches a progressé de seulement 2,8% contre 63,6% pour les 20% les plus riches. Il montre que le 1% le plus riche touche désormais 16% des revenus totaux, et les 0,1% 7%, le plus haut niveau depuis les années 30.
Néanmoins, deux points de son argumentation peuvent être contestés. S’il décrit très bien en quoi la concurrence est particulièrement forte aujourd’hui dans certains secteurs, du fait des nouvelles technologies, sa description d’une économie débarrassée des oligopoles et pleinement concurrentielle est un peu idéalisée. Il est tout de même paradoxal que la part des profits dans le PIB n’ait jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui. Si certains secteurs sont très concurrentiels, d’autres, du fait de la concentration ou de dynamiques spécifiques, ne le semblent pas autant. De même, son jugement sur « les marchés de capitaux – y compris les Bourses, les banques (…) – (qui) sont beaucoup plus efficaces qu’il y a vingt ans » est surprenant après tant de crises financières (pays émergents, bulle Internet, subprimes).
Mais le constat général n’en est que plus intéressant puisqu’il émane de quelqu’un qui n’est pas fondamentalement opposé aux marchés, mais qui met en lumière des disfonctionnements majeurs qui peuvent, selon lui, être corrigés par les politiques, comme je le rapporterai demain.
Source : « Supercapitalisme », Robert Reich, Vuibert
Retrouvez les fiches de lecture des livres de Jacques Généreux, Jean-Luc Gréau et Jean-Claude Michéa dans la rubrique "livres"
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30.08.2008
Contre la privatisation de la Poste
Dans la plupart des secteurs de l’économie, il n’y a pas de raison pour que l’Etat possède des entreprises. Mais dans le cas de « monopoles naturels », c’est alors la privatisation qui n’a pas de sens, du moins vis-à-vis de l’intérêt général. C’est le cas aujourd’hui de la Poste.
Curieusement, personne ne se pose la question aujourd’hui de savoir pourquoi La Poste va être en partie privatisée, par-delà les contraintes réglementaires européennes, acceptés par le PS comme l’UMP. La méfiance spontanée vis à vis de l’intervention publique dans l’économie explique cette apathie intellectuelle. Mais si l’intervention de l’Etat conduit parfois à l’échec, elle est aussi la source de grands succès, comme le développement économique des pays d’Asie du Sud-est ou les plus grandes réussites technologiques de notre pays (Airbus, Ariane, TGV, filière nucléaire). Le cas de La Poste est particulier dans la mesure où la distribution du courrier peut être considérée en théorie économique comme un « monopole naturel », une activité qui repose sur l’utilisation d’un réseau au coût très élevé, donnant un avantage déterminant à l’entreprise dominante. Parce que les monopoles privés deviennent pour leurs propriétaires des rentes au détriment des consommateurs, ces monopoles sont en général publics.
Dès lors, pourquoi faut-il libéraliser le marché de la distribution du courrier ? Les pressions viennent comme toujours du dogmatisme libéral de Bruxelles. Pourtant, cette ouverture se fait dans des conditions bien peu équitables. Pour contourner l’avantage du réseau de la Poste, les opérateurs privés, vont déployer leur activité sur les créneaux les plus rentables du marché postal (entreprises notamment), laissant à La Poste les activités les moins rentables. La Poste SA va donc se retrouver défavorisée dans le nouveau cadre concurrentiel. Résultat, à terme, les coûts devraient grimper pour les particuliers et baisser (dans un premier temps seulement sans doute) pour les entreprises. Le service du public deviendra toujours moins la priorité de la nouvelle Poste. Qui plus est, davantage de valeur sera désormais extraite du marché postal pour les actionnaires, au détriment des consommateurs.
Mais comment peut-on alors arriver à ouvrir des marchés qui ne semblent pas vraiment en avoir besoin ? Il semble que la seule explication possible soit le « fanatisme du marché » pour reprendre l’expression de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie. C’est un dogmatisme étroit et rejetant tout pragmatisme qui explique cette ouverture incessante de marchés dont la libéralisation n’est pourtant pas pertinente. Il suffit pourtant de comparer la situation du transport ferroviaire en France et en Angleterre pour comprendre qu’il y a des marchés pour lesquels la libéralisation n’apporte aucune solution mais plutôt des problèmes (sous investissements dans des activités hautement capitalistiques ou baisse de service).
Encore une fois, les moines soldats du néolibéralisme gagnent une bataille dans l’ouverture des marchés avec la libéralisation à venir du marché postal Français. Mais cette victoire des investisseurs est une défaite du citoyen et des consommateurs.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/08/29/la-post...
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29.08.2008
RSA : un pas dans la bonne direction
L’équation budgétaire se révélant difficile, Nicolas Sarkozy a finalement opté pour la création d’une nouvelle taxe pour financer le RSA. Et pour le coup, il s’agit d’une taxe « juste et habile », pour citer le Monde, qui plus est pour financer une bonne mesure.
Le Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch est un exemple de bonne politique. Tout d’abord, il a été expérimenté à petite échelle pour mesurer son efficacité plutôt que d’être lancé d’un seul coup. Le test a été réussi et il semble se dégager une véritable unanimité autour de cette réforme. Ce RSA a un double avantage. Premièrement, en permettant de verser une allocation aux personnes qui retrouvent un emploi il accroît, par le haut, l’écart de revenu avec la condition de sans emploi. Il était en effet complètement aberrant que des personnes gagnent presque autant sans travailler qu’en travaillant. Qui plus est, ce dispositif devrait sortir de la pauvreté environ 700 000 personnes, ce qui est bien sûr salutaire dans un pays comme le nôtre.
Le contexte économique difficile ne permettait pas de financer cette mesure. Le gouvernement a donc fait le choix d’une nouvelle taxe. Et ce choix semble juste dans un pays où la taxation du travail est trop lourde puisque l’intégralité du financement se fera sous la forme d’une taxe de 1,1% sur les revenus du capital, contribuant à un léger rééquilibrage de la taxation entre le travail et le capital. En effet, la fiscalité Française pèse trop sur le travail, contribuant sans doute à un niveau de chômage réel encore trop élevé. Mieux, cette mesure, dont l’impact sera malgré tout limité, est juste socialement puisqu’elle revient à faire financer une aide pour les plus pauvres par les classes moyennes supérieures et aisées, dont les revenus augmentent fortement depuis des années, contrairement aux classes populaires.
Si on veut faire la fine bouche, on peut toujours remarquer que 1,5 milliards n’est pas grand chose par rapport aux plus de 10 milliards du « paquet fiscal », à la fois injuste socialement et inefficace économiquement, comme le montrent les résultats de la croissance du deuxième trimestre. On peut également contester cette nouvelle complexification de notre code fiscal, que Nicolas Sarkozy ne semble décidemment pas intéressé à simplifier. On ne peut pas ignorer non plus l’effet d’affichage politique d’une telle taxe, illustré par les protestations du Medef et de quelques élus de droite. Néanmoins, parce qu’elle va dans la bonne direction, que ce soit par la pertinence du RSA et l’inflexion donnée à notre fiscalité, on peut dire que le gouvernement va dans la bonne direction.
Les opposants à la taxe RSA ne devraient pas oublier qu’ils sont souvent les principaux (voir les seuls) bénéficiaires de la croissance des dernières années. À ce titre, une petite contribution qui va permettre de sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté semble plus que légitime.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, rsa, hirsch, taxe capital
28.08.2008
Russie : l’Occident aussi est responsable !
Le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré qu’il n’avait pas peur d’une nouvelle « guerre froide » après la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Si le comportement des dirigeants russes est choquant, l’Occident porte une part importante de responsabilité.
Bien sûr, les dirigeants russes vont beaucoup trop loin quand ils envoient des troupes en Géorgie, qu’ils bombardent et tuent des innocents lors de cette invasion et qu’ils occupent des villes. La reconnaissance des provinces rebelles se fait également dans des conditions bien particulières puisque la Russie a accordé à de nombreux ressortissants géorgiens un passeport russe, de manière à permettre ensuite d’évoquer la défense de ses citoyens pour justifier l’intervention. Le non-respect de la parole donnée sur la scène internationale est également choquant et rappelle, en plus limité certes, Munich. Plus globalement, l’évolution du régime russe dans une direction de plus en plus autocrate et nationaliste est également très préoccupante, d’autant plus qu’il défend à l’ONU de nombreux régimes totalitaires.
Malheureusement, le comportement de la Russie aujourd’hui est en partie une conséquence de la façon dont l’Occident a traité l’ancienne URSS depuis la chute du mur de Berlin. Les Géorgiens semblent également avoir une part de responsabilité dans cette crise. Mais, la reconnaissance du Kosovo a également créé un précédent difficile à ignorer concernant le détachement de provinces d’un Etat. Ensuite, comment ne pas évoquer l’influence de la politique de l’OTAN dans la région ? Les Etats-Unis, en enrôlant les uns après les autres les anciens pays du bloc communiste dans une alliance militaire conçue contre l’URSS, qui n’était jamais que la forme impériale et communiste de la Russie, complique grandement les choses. En cherchant à encercler la Russie comme l’URSS jadis, il n’est pas étonnant que les dirigeants russes finissent alors par se comporter comme les dirigeants soviétiques.
Pire, comme le montre bien Joseph Stiglitz dans son livre « La grande désillusion », la Russie d’aujourd’hui est aussi le produit de la Russie qui s’est construite après la chute du mur de Berlin, avec les conseils de l’Occident. Et, la richesse d’aujourd’hui nous a fait oublier les effroyables années 90 que la Russie a traversées, où sa richesse nationale a baissé de près de moitié, où l’espérance de vie a diminué. La potion économique que nous avons fait ingurgiter aux Russes était amère. Nous en récoltons aujourd’hui les fruits. C’est l’Occident qui a imposé ce programme de libéralisation dont l’échéancier était absurde. Les privatisations ont été réalisées en dépit du bon sens, profitant uniquement à quelques oligarques qui avaient les bonnes relations. Si l’Occident avait lancé un grand plan Marshall pour faciliter la transition économique de la Russie (et des autres pays communistes), nul doute que nos rapports auraient été meilleurs.
Si le pays s’est spectaculairement redressé dix ans après l’humiliant défaut de paiement de 1998, c’est uniquement parce que le prix des matières premières, que la Russie possède en abondance, a explosé : en 1999, le prix du baril de pétrole était tombé à dix dollars suite à la grave crise des pays émergents. L’Occident a jeté la Russie dans le grand bain de l’économie libérale sans la moindre bouée et sans leçon. Après avoir frôlé la noyade, la Russie a été sauvée par les bouées que sont ses matières premières. Mais elle se comporte aujourd’hui comme nous lui avons appris à se comporter : seule, en suivant la loi du plus fort, faisant fi de toutes solidarités. Il se trouve qu’aujourd’hui, la Russie est plus forte, alors elle prend ce qu’elle sait pouvoir prendre, avec autant d’âme que la façon dont nous l’avons traitée.
Bien sûr, le comportement de la Russie est inacceptable et il faut sans doute faire quelque chose, pour la Géorgie, et surtout pour l’avenir. Mais il faut également se poser la question de notre responsabilité et réfléchir aux moyens de corriger en partie les erreurs du passé.
Source : Joseph Stiglitz, « La Grande désillusion », http://www.lefigaro.fr/international/2008/08/26/01003-200...
10:50 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : russie, géorgie, stiglitz, otan
27.08.2008
La France, première puissance démographique européenne
Lors de la négociation du traité de Nice, beaucoup avaient critiqué Jacques Chirac quand il avait accepté d’introduire le vote en fonction de la population. Pourtant, si cela donne aujourd’hui plus de poids à l’Allemagne, cette réforme est principalement à l’avantage de la France. Démonstration :
Déjà en 2004, la France était de loin championne d’Europe des naissances avec 800 000 naissances, devant le Royaume Uni (716 000), l’Allemagne, seulement troisième, (705 000) et l’Italie (563 000). Cet ordre diffère très largement de la hiérarchie des populations puisque là, l’Allemagne arrive en tête avec 82,5 millions d’habitants, devant la France (62,3), le Royaume-Uni (59,9) et l’Italie (58,2). Cela tient à l’écart très important du nombre de naissances par femme puisque le taux de fécondité atteignait alors 1,91 enfants par femme en France, contre 1,74 au Royaume Uni, 1,37 en Allemagne, 1,33 en Italie et 1,32 en Espagne. Mieux, depuis, ce taux de fécondité a progressé dans notre pays puisque nous avons atteint le cap des 2 enfants par femme en 2006, avant de redescendre à 1,98 en 2007.
Mieux, comme le montre cet article du Figaro, et comme l’explique Emmanuel Todd, le taux de fécondité est un indicateur imparfait puisqu’en mesurant le taux de natalité en fonction du nombre de naissance de l’année, il ne prend pas en compte le fait que les femmes ont des enfants plus tardivement, ce qui contribue à sous-estimer la fécondité réelle du pays. Par exemple, les femmes nées en 1956 ont eu 2,14 enfants alors que le taux de fécondité a oscillé entre 1,7 et 1,9 pendant toute la période où elles ont eu des enfants. Autre exemple, les femmes nées en 1966 avaient 1,97 enfants en 2006 mais n’en avaient qu’1,76 à 35 ans contre 1,96 pour celles nées en 1956. Au final leur descendance finale dépassera le cap de renouvellement des générations. Ce décalage est le même dans tous les pays.
Nous ne sommes qu’au début des conséquences démographiques de cette évolution. On peut anticiper qu’autour de 2040, alors que la France devrait toujours compter plus de 800 000 naissances, si la fécondité de nos voisins remonte autour d’1,5 enfants par femme, il n’y aurait plus que 525 000 naissance outre-Rhin (du fait d’un nombre beaucoup moins important de femmes en âge de procréer) et 420 000 en Italie ! À horizon 2050, la France devrait compter environ 80 millions d’habitants, contre 75 pour notre voisin allemand, 70 pour les Anglais et moins de 50 pour l’Italie (certains scénarios parlent de seulement 40…). Ces prévisions, aussi surprenantes soient-elles, sont assez réalistes, dans la mesure où les phénomènes démographiques sont largement culturels et évoluent lentement.
Cela nous amène aux raisons de cet écart qui va bouleverser les rapports de force au sein d’une Europe vieillissante où la France, et dans une moindre mesure, le Royaume Uni, vont tirer leur épingle du jeu. La politique familiale joue un grand rôle bien sûr puisque les ménages Français profitent d’un réseau de crèche beaucoup plus développé que dans le reste de l’Europe et d’avantages fiscaux importants. Cette politique a un coût (2,6% du PIB) mais il s’agit d’un investissement pour l’avenir. Mieux, cet effet devrait durer car il y a désormais un véritable écart culturel entre la France, où la norme sociale est la famille de deux enfants (et où autant de foyers ont trois enfants qu’un seul) et l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, où la norme oscille entre 1 et 2.
Résultat, dans quelques décennies, la France va devenir le premier pays d’Europe par la population, ce qui ne devrait pas être sans conséquence sur notre poids et dynamisme économiques.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Démographie_de_l'Union_europ...
11:20 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démographie, europe, natalité
26.08.2008
La nouvelle stratégie de Dominique de Villepin
Il y a un an, l’ancien Premier Ministre faisait une rentrée politique fracassante en critiquant l’esprit de cour qui régnait autour du président, sa politique étrangère, devenant brièvement le premier opposant de France. Sa rentrée 2008 marque un changement de stratégie radicale.
C’est non sans une certaine jubilation que Le Figaro retranscrit l’intervention de Dominique de Villepin au Grand Jury. En effet, aux critiques à peine voilées ont succédé des jugements beaucoup plus positifs : « estime », « une critique (de l’esprit de cour) qui vaut beaucoup moins », « une simplicité et un dépouillement dans la démarche qui n’existaient pas il y a six mois » et même un satisfecit international en relevant que « la diplomatie européenne, incarnée par Nicolas Sarkozy a joué un rôle crucial ». Cet apaisement peut paraître surprenant alors que l’affaire Clearstream traîne encore, deux ans et demi après son démarrage, indiquant sans doute que les magistrats n’arrivent toujours pas à trouver quelque chose contre l’ancien Premier Ministre. Mais, malgré cette détente, il ne semble pas souhaiter se présenter aux élections européennes en 2009, comme certains semblent le vouloir à l’Elysée même.
Même si ce changement radical de stratégie peut surprendre de la part du signataire de l’appel de Marianne du 14 février, il s’agit sans doute du meilleur chemin pour préparer l’avenir. L’attaque frontale réduisait Dominique de Villepin à sa rivalité avec l’actuel président, même s’il prenait toujours soin de se placer sur le front des idées. S’il avait gagné ses galons d’opposant, son message était réduit à un affrontement qui ne lui permettait plus de développer la moindre idée, comme le montre le Grand Jury, tel que le rapporte Malakine sur son blog Horizons. L’apaisement actuel peut lui permettre à terme de développer davantage ses idées et de construire une proposition alternative pour 2012, tandis que l’opposition trop forte au régime actuel brouillerait tout autre message. Il faut noter que son appel à distinguer « l’essentiel du subalterne » peut concerner l’équipe actuelle…
Certains pourront interpréter sa non candidature aux européennes comme une nouvelle preuve de sa trop grande distance avec le suffrage universel, tel un Delors ou un Balladur. Mais, outre que son style n’a rien à voir avec ces tièdes figures de notre vie politique, cet éloignement lui donne une liberté qu’il n’aurait pas eu s’il avait été élu en juin dernier et qui l’aurait contraint de s’exprimer sur tous les textes du gouvernement… Et les élections européennes ressemblent trop à un piège comparable à celui que François Mitterrand avait tendu à Michel Rocard en 1994. Mieux, et les commentateurs ne semblent pas le voir, cette stratégie permet à Dominique de Villepin de rester un égal de Nicolas Sarkozy alors que se présenter comme tête de liste UMP en 2009 le rétrécirait au niveau d’un affidé quelconque du président, d’un nouveau trophée.
Ce n’est que dans trois ans et demi qu’il sera possible de juger la pertinence de la stratégie de l’ancien Premier Ministre. Le virage actuel, qui aurait dû me déplaire a priori, me semble au contraire la meilleure des voies pour construire une candidature solide en 2012.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/08/25/01002-2008082...
10:30 Publié dans Actualités, Sarkozy, Villepin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : villepin, sarkozy, grand jury, le figaro
25.08.2008
Dignes célébrations ou exploitations du malheur des autres ?
Nicolas Sarkozy a dénoncé la « faute morale » commise selon lui par la France en ignorant le massacre de Maillé à l’occasion de la commémoration des 64 ans de ce massacre. Faut-il y voir un Chef de l’Etat soucieux du devoir de mémoire de la Nation ou un communicant cynique ?
Le massacre en question a eu lieu le 25 août 1944, jour de la Libération de Paris. Les nazis ont tué 124 personnes suite à un accrochage entre l’armée allemande et des résistants. Malgré son ampleur, il est vrai que ce drame ne faisait pas partie de notre mémoire collective et que les précédents Présidents de la République ne semblent pas avoir accordé une attention particulière à cet évènement (encore qu’il soit difficile de le vérifier). C’est pourquoi les médias répètent volontiers l’argumentaire de l’Elysée soulignant que Nicolas Sarkozy est le premier à se déplacer pour cette commémoration. On peut considérer qu’il est important que le Chef de l’Etat mette en valeur des épisodes cruciaux de notre histoire et entretienne un devoir de mémoire collective mais plusieurs choses posent problème dans cette célébration.
Le premier problème est le fait que Nicolas Sarkozy utilise cette cérémonie pour se valoriser au détriment de ces prédécesseurs. Ainsi, il fait savoir qu’il est le « premier » à se rendre à cette commémoration. Et en dénonçant la « faute morale » que représenterait l’oubli de cet épisode de notre histoire, il attaque ses prédécesseurs qui auraient failli au devoir de mémoire, alors que lui, a corrigé cette faute. Cette glorification personnelle lors d’une telle manifestation permet de douter de la sincérité d’un président qui devrait s’effacer davantage derrière ce terrible drame.
Ensuite, même s’il est bien sûr légitime de commémorer un tel massacre on peut se demander tout simplement si la République tout entière doit y être invitée. Faut-il convoquer le Président de la République à toutes les commémorations de massacre ? Pourquoi est-il venu à celle de Maillé ? La France a traversé de très nombreux drames dans son histoire et nous ne pouvons pas nous retourner en permanence dessus. Le massacre d’Oradour sur Glane, qui a fait plus de six cents victimes, est déjà un témoignage des atrocités nazies commises pendant la guerre. Faut-il accorder tant d’importance à Maillé ? Pourquoi ?
En fait, il devient aisé de suspecter Nicolas Sarkozy d’avoir incorporer Maillé à son plan de communication de la semaine, comme il l’avait fait auparavant pour l’esclavage, la Shoah, la lettre de Guy Moquet ou ses multiples apparitions au sujet de la mort des soldats Français en Afghanistan. Ces séquences de communication, qui n’apportent strictement rien aux Français, sont en effet des épisodes où les apparitions du président peuvent grandement servir son image, tout en faisant un peu oublier d’autres sujets (croissance et pouvoir d’achat en berne, crise financière, pétrole), qui semblent moins intéresser l’Elysée.
Par-delà le drame de Maille, qu’il est légitime de commémorer, on peut tout de même se demander à quoi sert sa mise en avant par Nicolas Sarkozy. Pire, on peut même s’interroger sur les véritables motifs du président…
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/25/01016-...
19:25 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, maillé, commémoration, oradour
24.08.2008
Quel prix pour le pétrole demain ?
Début juillet, le pétrole flirtait avec la barre des 150 dollars le baril et beaucoup d’économistes, qui n’avaient souvent pas prévu une telle hausse, avançaient de nouveaux records très rapidement. Finalement, le baril est tombé sous les 120 dollars. À quoi pouvons-nous nous attendre demain ?
Le ralentissement mondial de l’économie et de la consommation ont mis un frein à l’envolée des cours débutée fin 2003, quand le baril tournait autour de 28 dollars. Cette multiplication des cours du pétrole par cinq représente un troisième choc pétrolier, supérieur encore à ceux des années 70 par l’ampleur de la hausse des prix, même si cette hausse s’est étalée sur une période nettement plus longue. La balance commerciale Française du poste énergie est ainsi passée d’un déficit de 11,6 milliards d’euros (0,8% du PIB) en 1999 à un peu plus de 20 milliards de 2001 à 2004 et devrait dépasser 50 milliards en 2008 (2,6% du PIB), soit plus de la totalité de notre déficit commercial. Si le prix du baril a battu tous les records, il faut noter néanmoins qu’il faut aujourd’hui environ 6 heures de SMIC pour un baril contre 12 heures lors du pic du début des années 1980.
Il y a deux explications possibles à la hausse brutale du prix du baril depuis 2003 : une incapacité involontaire des pays producteurs à suivre la hausse de la demande ou une limitation de la production par ces pays pour faire monter les prix. Aujourd’hui, la plupart des experts soutiennent que c’est bien l’offre qui n’arrive pas à suivre la demande, indépendamment de leur volonté. Ils s’appuient sur le fait que la production de l’OPEP a légèrement reculé en 2007. The Economist a ainsi souligné que des doutes existent sur la réalité des réserves de l’Arabie Saoudite et qu’il y a une controverse sur l’épuisement avancé de certains de ses principaux gisements. Dès lors la pause dans la hausse du prix du baril serait uniquement la conséquence de la baisse de la demande dans de nombreux marchés (européens et américains notamment) et elle devrait reprendre avec la reprise économique.
Cependant, des indices récents peuvent soutenir une autre explication. Plusieurs articles ont expliqué la récente baisse du cours du brut par les hausses de production de l’OPEP, contredisant la théorie selon laquelle les producteurs ne pourraient plus augmenter leur offre. Ne pourrait-on pas interpréter ces interventions comme un moyen pour les pays producteurs de pétrole de calmer l’évolution des prix. Nul doute qu’il serait possible pour l’OPEP de faire monter les prix du baril à 250 ou 300 dollars en quelques mois. Mais est-ce vraiment leur intérêt ? En effet, plus le prix du baril monte, plus les économies vont s’adapter au pétrole cher et chercher des solutions pour réduire leur dépendance et plus les activités fortement consommatrices seront affectées (aviation, automobile…). Si le prix du pétrole doublait une nouvelle fois, nul doute que le trafic aérien (entre autres) serait beaucoup plus affecté.
Le calcul des pays producteurs est peut-être un calcul de long terme. Aux prix actuels, leurs exportations leur rapportent déjà souvent plus qu’ils ne savent dépenser. S’ils poussent les prix plus hauts, alors la réaction (à moyen terme) des autres économies pourrait bien être plus radicale dans leur volonté de construire une économie post-pétrole. Bien sûr, cela ne pourrait pas se faire rapidement, mais un pétrole trop cher serait un puissant stimulant pour la « main invisible », ce qui pourrait faire baisser la consommation et les prix. L’après-demain d’un pétrole à 300 dollars, c’est peut-être un effondrement de la consommation d’une économie mondiale qui aura alors décidé fermement de se sevrer et des pays producteurs qui pourraient finir assis sur des réserves sans valeur à horizon 10 / 20 ans. Cela pourrait pousser les pays producteurs à chercher à stabiliser les prix à un niveau, où finalement ils gagnent bien leur vie sans trop précipiter la préparation de l’après-pétrole.
Le pétrole restera sans doute cher dans les années à venir. Mais s’il devenait hors de prix, alors l’ajustement de l’économie pourrait être plus brutal, condamnant la principale ressource des pays producteurs. La pause dans la hausse des prix est donc peut-être plus concertée qu’on ne le croit…
Sources : Alternatives Economiques juillet-août 2008, The Economist
11:11 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pétrole, opep, the economist
23.08.2008
Sarkozy 15 mois après : le meilleur avocat d’une nouvelle rupture en 2012 ?
Pour clôturer ce bilan des 15 mois de Nicolas Sarkozy, je vais essayer de me projet un peu sur les conséquences de cette présidence sur la vie politique française. Alors, réélection en 2012 ? Victoire du Parti Socialiste ? Ou alors, création d’un besoin d’alternance plus radicale ?
La dialectique habile du candidat Sarkozy (dans la majorité, mais réclamant la rupture, libéral et de droite mais républicain sous la plume d’Henri Guaino) lui a permis d’accéder à la présidence de la République, parce qu’également il dégageait une compétence largement supérieure à ses rivaux. Une fois arrivé à l’Elysée, il continue d’utiliser les recettes qu’il utilisait comme candidat : saturation de l’espace médiatique, grande réactivité, rejet des erreurs ou problèmes sur les autres, discours mêlant des inspirations volontiers contradictoires. Malheureusement pour lui, le fait d’avoir beaucoup promis tout en ayant tous les pouvoirs ne lui permet pas de s’exonérer des difficultés du pays, que ce soit sur la croissance ou le pouvoir d’achat. La rupture entre la réalité et le discours volontariste de celui qui est au pouvoir devient chaque jour plus forte, hypothéquant son avenir.
Pourtant, un récent sondage de Marianne montre que si une nouvelle élection avait lieu, Nicolas Sarkozy gagnerait deux points au premier tour alors que Ségolène Royal en perdrait quatre, signe que si les Français sont déçus par le président, ils le sont encore plus par son opposante de 2007. Pire, les autres candidats potentiels du Parti Socialiste (Delanoë, Strauss-Kahn ou Aubry) feraient encore moins qu’elle au premier tour (ce que les médias ont « oublié » de signaler), signe que le discrédit du Parti Socialiste est extrêmement profond. Et ce ne sont certainement pas les prochains mois qui vont permettre au premier parti d’opposition de corriger cet état de fait. Le PS a deux options aussi létales l’une que l’autre : un consensus mou pour éviter la guerre des chefs, ou le combat sanglant. Aucune véritable rénovation intellectuelle ne semble devoir se produire dans un parti qui semble avoir renoncé à réfléchir à une véritable alternative.
Et c’est ce que les Français semblent avoir compris, ce qui peut ouvrir la voie à une alternance qui sortira de l’affrontement PS/UMP. En cela, bien qu’on le raille volontiers aujourd’hui, François Bayrou dispose de grandes chances pour 2012, malgré ses grandes limites. Après tout, son opiniâtreté, qui rappelle celle de François Mitterrand ou Jacques Chirac, pourrait bien l’amener à l’Elysée car il sera un homme neuf : n’oublions pas qu’il est déjà passé de 6 à 18% en cinq ans. Dominique de Villepin peut également être un redoutable candidat s’il propose à la France une véritable alternative… Plus globalement, l’échec malheureusement probable de Nicolas Sarkozy poussera sans doute nos compatriotes à rechercher une alternative qui pourrait être « l’autre politique » promise depuis 1992 et que Nicolas Dupont-Aignan pourrait porter s’il franchit les élections européennes avec succès.
L’alliance du volontarisme affiché, des promesses à tout va et de réalisations limitées augure d’une nouvelle (et heureuse cette fois-ci) rupture en 2012. Les errements du PS ouvriront sans doute la voie à des candidats qui bouleverseront un échiquier politique qui en a bien besoin.10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, présidentielles, 2012, bayrou, royal, villepin, nda
22.08.2008
Sarkozy 15 mois après : la dialectique de la déresponsabilisation
À première vue, l’omni présidence de Nicolas Sarkozy semble être un système où la responsabilité individuelle des dirigeants politiques, et notamment du premier d’entre eux, est clairement établie. Dans la réalité, le président n’hésite pas à souvent rejeter la responsabilité des problèmes sur les autres.
Ce phénomène est particulièrement flagrant avec l’Europe. Nicolas Sarkozy tient un discours assez subtil sur l’Europe qui lui permet de rejeter une bonne partie des difficultés qu’il rencontre sur les institutions européennes tout en ne faisant rien pour changer leur mode de fonctionnement. Depuis deux ans, il dénonce fréquemment la politique monétaire de la BCE sans avoir tenté de changer son mode de fonctionnement lors de la négociation du traité de Lisbonne. Il critique ouvertement le travail de la Commission Européenne lors des négociations commerciales. Si les alter européens peuvent partager son diagnostic, il est difficile de ne pas voir une manipulation dans un tel discours tenu par quelqu’un qui a soutenu toutes les étapes de la construction européenne et qui n’a pas cherché à changer quoique ce soit qui permettrait de remettre en cause les politiques qu’il dénonce.
Mais il faut dire que Nicolas Sarkozy utilise souvent l’Europe pour s’exonérer des difficultés. Il n’a pas hésité à promettre aux marins pêcheurs des mesures dont il savait pertinemment qu’elles seraient refusées par Bruxelles. Pire, pour proposer quelque chose en réaction à la hausse du prix de l’essence, il a annoncé qu’il souhaitait baisser la TVA en sachant bien que ses partenaires européens refuseraient une telle mesure alors qu’il pouvait baisser la TIPP, ce qui ne nécessite pas l’accord de nos partenaires européens… Curieusement, le cynisme du président n’a pas été dénoncé alors qu’il pouvait baisser les prix de l’essence s’il l’avait vraiment souhaité et qu’il a fait une proposition pour donner le change tout en sachant qu’elle serait refusée, rejetant alors la responsabilité de la non-réponse à la hausse du prix de l’essence sur l’Europe, le bouc émissaire préféré de l’Elysée.
Cette tactique du bouc émissaire est un classique de la dialectique sarkozyste. Pendant la campagne présidentielle, il avait proposé que la déductibilité des intérêts d’emprunts immobiliers soit rétroactive, contrairement à toutes les règles fiscales en vigueur. Assez naturellement, le Conseil Constitutionnel a censuré cette disposition, ce qui a permis au gouvernement de rejeter sur ce dernier l’impopularité de cette limitation. Nicolas Sarkozy utilise volontiers cette stratégie quand il rejette sur la justice la responsabilité de certains crimes alors que le législateur est responsable du cadre législatif dans lequel la justice opère, et dont il est le premier responsable en tant qu’ancien ministre de l’intérieur et actuel président de la République. C’est aussi la stratégie qu’il a suivi en critiquant l’intérêt que les médias donnent à sa vie privée, après l’avoir exposée et utilisée sans guère de limites.
Nicolas Sarkozy est un bon avocat de sa propre personne. Et pour se défendre, il utilise à merveille une dialectique qui rejette la responsabilité de ses difficultés sur d’autres personnes (Europe, justice, médias…) pour s’exonérer de problèmes dont il est parfois le premier responsable.
10:56 Publié dans Actualités, Europe, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, tva, tipp, bce



