30.09.2008
Crise financière : et si nous n’avions pas évité le pire ?
Vous avez aimé les subprimes ? Vous allez adorer les CDS (Credit Default Swaps) ! Malheureusement, les premiers ne sont qu’un glaçon de 1 000 milliards de dollars par rapport à l’iceberg de plus de 50 000 milliards de dollars que représentent les CDS…
Patrick Artus et Marie-Paule Virard expliquent bien dans leur livre prémonitoire sorti en juillet, « Globalisation, le pire est à venir » les mécanismes de transmission de la crise financière à partir des subprimes, ces emprunts hypothécaires qui sont adossés à la valeur de l’immobilier. « Pour améliorer leurs ratios de fonds propres, les banques ont cédé leurs risques à des investisseurs non bancaires, en émettant des centaines de milliards d’euros de titrisation (…), non comptabilisés dans leur bilan ». L’idée des banques était de sortir de leur bilan les emprunts immobiliers, de manière à améliorer leurs ratios financiers. Cette pratique, qui consiste à vendre l’emprunt sous la forme d’un titre de créance à d’autres investisseurs, permet également d’augmenter l’effet de levier en augmentant les actifs par rapport au capital détenu, et donc la rentabilité, tant que la valeur des actifs monte… Ces titres étaient vendus à d’autres institutions financières, mais pouvaient également revenir dans les banques, par le biais des placements…
Ce découpage a donc répandu le risque de manière peu lisible dans les institutions financières. Les banques, rassurées par la vente de ces créances, se sont donc permises de prêter n’importe comment à n’importe qui, en prenant des risques inconsidérés. C’est ainsi que les ménages qui avaient acheté une maison à 200 000 dollars se sont vus proposer une rallonge équivalente à la hausse de la valeur de leur bien. Les banques Américaines ont même créé des emprunts dont les premières mensualités étaient minorées pour attirer le chaland, sans vraiment vérifier que leurs clients pourraient rembourser les mensualités majorées. En outre, les taux variables ont encore accru les difficultés des ménages. Résultat : près de trois millions de ménages ont perdu leur maison, faute de pouvoir payer leur emprunt !
Le problème de ce château de carte est que, dès que le prix des actifs baisse (ce qu’il a déjà fait de 20% aux Etats-Unis), la crise s’auto entretient, dans un remake de la Grande Dépression. En effet, la baisse de la valeur des actifs et les difficultés de remboursement des ménages pousse les institutionnels à vendre les biens qu’ils possèdent pour trouver des liquidités, ce qui amplifie encore la baisse de la valeur des actifs. En outre, la mise en place des nouvelles règles comptables, où tous les actifs sont valorisés à la valeur actuelle du marché (avant ils étaient valorisés à la valeur d’achat), amplifie encore le phénomène. En effet, la baisse de la valeur des actifs dégrade les ratios financiers, ce qui force les investisseurs à vendre, amplifiant à nouveau la baisse des cours. Bref, la réglementation actuelle amplifie les chocs du marché.
Et malheureusement, les subprimes ne sont que la partie visible de l’iceberg financier que l’économie mondiale pourrait rencontrer. Toujours de manière à augmenter leur rentabilité, les banques ont créé les Credit Default Swaps, des contrats financiers bilatéraux de protection où un acheteur verse une prime annuelle à un vendeur pour compenser un éventuel défaut de paiement sur un actif. Ces contrats, qui garantissent aujourd’hui plus de 50 000 milliards de dollars d’actifs, posent de nombreux problèmes. Tout d’abord, ils ne requièrent pas la moindre mise de fonds de protection pour garantir l’actif de la part du vendeur. Une banque peut ainsi garantir des milliards de dollars sans mettre le moindre cent de côté. C’est justement tout l’intérêt de ce type de contrat puisqu’il augmente les revenus des banques sans alourdir leur bilan, ce qui permet, à nouveau, d’augmenter la rentabilité.
Malheureusement, si les défauts de paiement se multiplient, cela provoque des pertes nettes pour les vendeurs, qui n’ont pas mis le moindre argent de côté en face de ce risque. En fait, ce sont les CDS qui ont provoqué la chute de Lehman et d’AIG. Et si les autorités publiques font aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter la moindre faillite (même Lehman a fini par être racheté), c’est pour éviter l’effet boule de neige que provoqueraient les CDS. En effet, la faillite d’un établissement exposerait tous les autres établissements à des pertes qui s’ajouteraient à celles des subprimes et de la baisse de valeur des actifs immobiliers ou boursiers. Il est donc obligatoire de sauver les établissements financiers pour que le système ne s’effondre pas complètement en quelques semaines, ce que les républicains ont du mal à comprendre…
La corbeille a pris un pouvoir auquel les politiques ont bien accepté de renoncer. Il est grand temps de rentrer plus avant dans le détail de la re-réglementation nécessaire pour assainir le monde de la finance. C’est pourquoi les digressions sur des coupables qui ne seront jamais punis sont plus qu’inutiles.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/22/les-hed...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Credit_default_swap
Patrick Artus, Marie-Paule Virard, « La globalisation, le pire est à venir », La découverte
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, subprimes, cds
29.09.2008
Un autre regard sur le débat McCain - Obama
Un partout : c’est ainsi que Libération a résumé le débat entre John McCain et Barack Obama. Mais le biais des médias Français pouvait faire penser que le candidat républicain s’en était mieux sorti. Pourtant, les premiers sondages indiquent une victoire nette du jeune sénateur de l’Illinois.
À dire vrai, le visionnage complet du débat de vendredi soir m’avait fait conclure (un peu hâtivement), que c’était le sénateur de l’Arizona qui avait remporté cette première confrontation, il est vrai sur le sujet de prédilection du républicain, la sécurité nationale. Si Barack Obama est largement plus à l’aise dans l’exercice du discours, John McCain est un redoutable débatteur. Il garde tout le temps un grand calme, a un débit posé, un phrasé simple utilisant des exemples concrets, et un sens de la réparti certain. À côté, le candidat démocrate a parfois buté sur les mots et son phrasé beaucoup plus complexe et théorique le rendait sans doute un peu moins intelligible. En outre, cela montre que son expérience est beaucoup plus limitée par rapport à un John McCain qui a cité de multiples anecdotes pour supporter son raisonnement.
Barack Obama a également fait quelques erreurs de fond. Il s’est imprudemment avancé sur le terrain de la pertinence de jugement à l’égard de la guerre en Irak, soulignant qu’il avait été un des seuls à s’opposer à l’invasion de 2003, contrairement à John McCain. Mais cet angle d’attaque est risqué puisque le sénateur républicain a très rapidement critiqué la gestion de la guerre par l’équipe Bush et a longtemps plaidé pour un renforcement des moyens militaires. Cette opération, lancée début 2008 et à laquelle Barack Obama s’est opposée, a pourtant permis de stabiliser la situation et de grandement réduire le nombre de victimes des deux côtés. Depuis cette opération, il est devenu présomptueux de la part du démocrate de revendiquer une supériorité de jugement sur son rival.
En outre, cela a permis à John McCain de se distancier de l’administration Bush en citant extensivement tous les sujets (conduite de la guerre, accords de Kyoto, torture, immigration, financement des campagnes) sur lesquels il s’est opposé à l’équipe sortante. En outre, il a attaqué la naïveté du sénateur de l’Illinois sur l’Iran et sa volonté de discuter avec son président sans conditions et a déploré sa position trop conciliante avec la Russie de Poutine. Barack Obama a aussi assez maladroitement conclu en évoquant le sort des vétérans de guerre, ce qui a permis à John McCain de souligner que ce combat avait été un des premiers qu’il avait menés dans les années 80 et que les vétérans pouvaient lui faire confiance.
Mais alors, pourquoi Barack Obama semble avoir trouvé les faveurs des citoyens Américains ? On peut y voir deux raisons principales. Tout d’abord, l’emphase de John McCain sur son expérience montre sans doute que c’est bien son rival qui représente le changement. Ensuite, sur l’économie, le candidat démocrate a été beaucoup plus convaincant. Quand ce dernier propose de baisser les impôts pour 95% des Américains et de monter ceux des ménages gagnant plus de 250 000 dollars, le candidat républicain soutient qu’il faut baisser les impôts des entreprises ! En outre, les démocrates sont plus crédibles pour dénoncer les excès du monde de la finance, que les républicains ont largement dérégulé.
Barack Obama a définitivement été sauvé par l’économie lors de ce débat tant la réponse à la crise des républicains semble à côté de la plaque. Mais malgré un contexte économique qui lui est largement favorable, il devra se méfier d’un John McCain qui n’a pas dit son dernier mot.
Source : http://www.liberation.fr/actualite/monde/electionam...
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article...
http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-829254,54-1099250@5...
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, mccain, obama, crise financière
28.09.2008
OVNI Royal au Zénith
Droite dans ses bottes : au Zénith de Paris, Ségolène Royal persiste et signe et ne change rien à sa méthode dans un meeting qui devrait hérisser ses opposants et ravir (???) ses partisans.
Les images de ce rassemblement des soutiens de la candidate du Parti Socialiste aux élections présidentielles sont assez hallucinantes. On y voit la présidente de la région Poitou Charente inventer une nouvelle forme de meeting politique, à mi-chemin entre le concert et le « one woman show ». Elle arpente la scène et commente l’actualité comme une humoriste, critiquant Nicolas Sarkozy et les néo-libéraux qui implorent pour que l’Etat vienne à leur secours. À la fin de sa prestation, elle a fait une sorte de révérence comme une actrice de théâtre, après avoir encouragé ses partisans les bras ouverts. Enfin, elle a poursuivi dans la personnalisation à l’outrance en évoquant ses malheurs et les coups qu’elle a pu prendre.
Si la critique des excès du néo-libéralisme était juste, notamment sur la vitesse avec laquelle les autorités Américaines trouvent des centaines de milliards de dollars pour sauver des entreprises, Ségolène Royal a également repris les propos populistes tenus par Nicolas Sarkozy à Toulon et New York sur les financiers qui ont plongé le système dans la crise. S’il ne s’agit pas de défendre les actes de la communauté financière, il faut néanmoins souligner que pour l’immense majorité, elle n’a fait qu’utiliser les carences de la législation des pays occidentaux. La responsabilité de la crise repose beaucoup plus sur les politiques qui ont voté les lois de déréglementation ou qui ont abandonné la gestion de la monnaie aux banques centrales, dont les socialistes et Ségolène Royal…
Sa prestation tellement décalée du Zénith arrive même à faire en partie relativiser les nombreux écarts de comportement de Nicolas Sarkozy. De nombreux opposants au président de la République critique la personnalisation à l’outrance de sa présidence, le manque de solennité, l’incursion du people dans la politique ou sa perpétuelle stratégie de victimisation. Mais son adversaire de mai 2007 utilise exactement les mêmes recettes pour essayer de s’imposer à la tête du Parti Socialiste. Ségolène Royal n’a pas compris qu’en réaction à la présidence actuelle, les Français veulent sans doute un peu plus de sobriété et des hommes politiques qui leur parlent de la France et pas d’eux-mêmes.
Ségolène Royal cède de plus en plus à la starification, signe que son aventure politique est surtout l’expression d’une ambition purement personnelle, et pas une volonté de défendre des convictions ou de servir l’Etat.
Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/354836.FR.php
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, zénith
27.09.2008
L’économie au secours d’Obama
Début septembre, entre les tensions internationales en Géorgie et la nomination de Sarah Palin, la campagne Américaine avait basculé et l’impensable semblait devenir possible : une nouvelle victoire des républicains. Mais la crise économique rebat les cartes en faveur des démocrates.
Comme l’explique très bien The Economist, les Républicains continuent d’aborder les élections en utilisant la stratégie qu’avait initiée Richard Nixon. Elle consiste à dépeindre les démocrates comme les représentants des élites bourgeoises et libérales (au sens Américain, c’est à dire sur les questions de société et non économiques) des grandes villes, coupées de la réalité, méprisantes à l’égard du petit peuple. Cette forme de populisme permet de créer une véritable « guerre culturelle » où s’affrontent à front renversé des républicains défenseurs des valeurs morales des ménages modestes et des démocrates bien éduqués volontiers opposés à l’IVG ou à la peine de mort. Cette présentation de l’offre politique ne manque pas de piquant quand on connaît le parcours des deux candidats, mais elle repose également sur ce qu’ils véhiculent.
À une récente interview sur la crise, John McCain a su répondre avec des mots simples, dénonçant vigoureusement les excès du monde la finance. De son côté, Barack Obama disait la même chose mais d’une manière beaucoup plus littéraire et policée, tendant à renforcer les caricatures que cherchent à véhiculer les républicains. Heureusement pour le candidat démocrate, la campagne de John McCain souffre de deux faiblesses majeures. Les campagnes négatives qu’il fait diffuser sont sans doute beaucoup trop excessives pour un électorat indépendant qui ne peut pas se reconnaître dans les caricatures absurdes et malhonnêtes qui sont faites du candidat démocrate, accusé de tout et n’importe quoi.
Mais surtout, la crise économique est devenue la première préoccupation de la population, ce qui est doublement avantageux pour Barack Obama. Tout d’abord, en période de crise, les électeurs ont tendance à sanctionner l’équipe au pouvoir, comme cela s’était passé en 1992 avec Georges Bush Senior. Ensuite, les démocrates sont plus crédibles que les républicains pour la gestion de l’économie, notamment face à un John McCain qui a fait l’erreur capitale de dire qu’il n’y connaissait pas grand chose… Résultat, en ces temps incertains où les excès du libéralisme plongent l’économie Américaine dans la récession, font monter le chômage et font perdre à des millions d’Américains leur maison, il est peu probable que les Etats-Unis se tournent vers les partisans de la déréglementation.
La crise économique actuelle est le seul moyen pour sortir la campagne Américains de la campagne détestable lancée par le parti républicain, en replaçant l’élection sur de véritables sujets. Barack Obama y a tout gagné, les Etats-Unis et le monde aussi.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/18/01003-200...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/18/premier...
The Economist 20 septembre
11:16 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, mccain, obama, crise financière
26.09.2008
Nicolas Sarkozy à Toulon : le poids des mots, le choc de la récession
Le président de la République était hier soir à Toulon pour un grand discours de politique économique où il est revenu sur la crise économique et sur les réponses qu’il souhaite y apporter.
Nicolas Sarkozy est un orfèvre des mots. Lui a qui su accéder à l’Elysée en parlant de « rupture », de « travailler plus pour gagner plus », de « président du pouvoir d’achat », d’identité française, a su à nouveau trouvé les mots pour qualifier la situation actuelle. Il n’a pas hésité à souligner la gravité de la crise et évoqué les conséquences qu’elle aura pour les Français : hausse du chômage, perte de pouvoir d’achat. Il a poursuivi sa dénonciation du « capitalisme fou », de la spéculation et plaidé un meilleur encadrement du capitalisme. Il a également dénoncé les coupables qui doivent être punis. Il a invité la Commission Européenne à plus de souplesse pour trouver des solutions à la crise. Il a plaidé pour un nouveau Bretton Woods pour en tirer les leçons au niveau international. Enfin, il a rassuré les épargnants en assurant que, comme aux Etats-Unis, l’Etat se tenait prêt à agir au cas où.
Alors, bien sûr, comment ne pas souscrire à la quasi-totalité de ce que Nicolas Sarkozy a dit ? Cependant, il y a comme un malaise à écouter un tel discours, qui ressemble tellement à son discours de campagne : qu’a-t-il fait pour mieux réguler l’économie depuis qu’il est élu ? Ce n’est pas tout de faire le bon diagnostic, mais malheureusement, cela fait deux ans qu’il le fait et plus d’un an qu’il ne fait pas grand-chose pour mettre son action en cohérence avec ses paroles. En outre, si on peut apprécier sa franchise à l’égard de la situation économique, comment ne pas voir qu’il ne pouvait pas en tenir un autre… En outre, comment ne pas y voir un moyen d’évacuer sa responsabilité de président qui devait « chercher la croissance avec les dents ». De même, sa critique de l’Europe serait plus crédible s’il n’avait pas accepté le traité de Lisbonne, qui valide la façon de fonctionner actuelle (rôle de la BCE et de la Commission, primat absolu du marché). Comment ne pas voir que la force des mots a pour but de faire oublier ces incohérences ?
Mais il y a encore un problème plus grave avec sa présentation. S’il dénonce le « capitalisme fou », le président de la République semble faire porter une partie importante de la responsabilité de la crise à des individus qui auraient été malhonnêtes. Il est malheureusement probable que cette dénonciation n’est qu’un effet d’affichage destiné à se mettre du côté des Français, contre les « méchants financiers » et que rien ne se passera. Car comment sanctionner des acteurs financiers, qui, s’ils ont fait des excès incroyables, ont sans doute respecté la loi ? Cette diversion inutile sur la responsabilité de ceux qui touchaient leur bonus détourne le débat des problèmes de fond du système économique. La responsabilité est pourtant claire : les politiques qui ont voté la déréglementation du système financier sont les principaux responsables de la crise financière. Les acteurs financiers ne font malheureusement qu’agir selon le cadre qu’on leur donne.
Alors que la crise s’amplifie, Nicolas Sarkozy se contente de détourner le débat sur des responsabilités individuelles alors que ce sont les politiques qui ont choisi le cadre qui a permis de tels excès. Pire, alors que la crise a un an, les solutions qu’il propose ne sont encore que de vagues esquisses.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/25/01002-2008092...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/25/nicolas...
12:42 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, toulon, crise financière, coupables
25.09.2008
L’équation impossible du Parti Socialiste
Ça y est, les tractations interminables entre les hiérarques socialistes ont enfin clarifié la donne pour le Congrès à venir puisque les militants se verront soumettre seulement 6 motions, dont quatre principales au lieu de la vingtaine de textes déposés initialement.
Les alliances sont désormais claires. Ségolène Royal a finalement rallié les barons de la ligne claire (Jean-Noël Guérini et Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui conduira sa motion), qui avaient pourtant flirté avec Pierre Moscovici, ainsi que Julien Dray. Martine Aubry rassemble dans un attelage assez baroque les fabiusiens et une partie des soutiens de Dominique Strauss-Kahn, ainsi qu’Arnaud Montebourg. Finalement, son attelage avec Pierre Moscovici aura été de brève durée, malgré la réconciliation orchestrée sur le plateau de Canal Plus, puisque son ancien colistier a finalement décidé, lui, de rejoindre Bertrand Delanoë, avec François Hollande, dans un pôle très jospinien. Mais la surprise pourrait venir de la liste conduite par Benoît Hamon, qui emmène une gauche du parti rassemblée.
En effet, le pointage des soutiens exprimés par les militants, tel que Le Figaro l’avait rapporté il y a deux semaines, indiquait que cette alliance rassemblait 28% des signatures des militants (18% pour la motion Hamon et 10% pour celle de Mélenchon), ce qui pourrait en faire la deuxième motion du parti, derrière la liste de Ségolène Royal. L’addition de ses signatures avec celle de la liste claire donne le score assez incroyable de près de 48%. Derrière, le maire de Paris et la maire de Lille semblent largement distancés. Bien sûr, ces chiffres sont à prendre avec des précautions puisqu’il ne s’agit pas d’un sondage et qu’il est difficile de mesurer la représentativité de ces 16 600 signatures. Néanmoins, même en considérant que les scores seront plus proches, un tel ordre serait problématique pour le PS.
En effet, si la motion Royal arrive en tête (autour de 30%, ce qui me semble un minimum pour la candidate de 2007, dont on ne peut exclure qu’elle soit 10 points au-dessus), devant la liste Hamon (autour de 25%) et les listes Delanoë et Aubry (autour de 20%), alors l’assemblage d’une majorité sera très compliqué. En effet, la seule alliance naturelle, entre Delanoë et Aubry, n’aura pas de majorité claire. L’aile gauche du parti, si elle sort en deuxième position, ne pourra que négocier avec Ségolène Royal pour trouver une majorité, ce qui ne semble pas évident. Au final, on peut se demander si les lises Royal, Delanoë et Aubry ne seront pas contraintes de s’entendre pour trouver une majorité stable, autour d’un premier secrétaire non présidentiable ou d’une équipe de direction multiple, prolongeant la guerre des chefs jusqu’à la désignation du candidat à la présidentielle de 2012.
À moins que le pointage des signatures des militants ne soit un bon indicateur de tendance, qui donnerait une forte légitimité à Ségolène Royal, ce qui reste possible, il semble difficile d’imaginer aujourd’hui un résultat clair et simple pour le PS. Ses querelles suicidaires vont sans doute encore se prolonger…
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/23/pierre-moscovici-rallie-bertrand-delanoe_1098774_823448.html#ens_id=910156
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2008/09/12/index.html
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, royal, delanoë, aubry, hollande, moscovici, hamon
24.09.2008
Crise financière : le grand bluff de Nicolas Sarkozy
Sacré Nicolas Sarkozy : après avoir été d’une apathie confondante sur la crise financière, il a fortement marqué les esprits à New York en demandant devant un parterre comprenant de nombreux financiers des sanctions contre les responsables de la crise, ainsi qu’une réunion des chefs d’Etat.
Le moins que l’on puisse dire est que le discours du président de la République était très juste : « Nous devons nous interroger sur nos responsabilités. Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement, pour l'épargne qu'ils ont mise dans les banques. Notre devoir est de leur apporter des réponses claires. Qui est responsable du désastre ? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités ». Il n’y a rien à redire sur ce discours et les médias l’ont relayé de manière élogieuse pour Nicolas Sarkozy, qui a osé mettre les pieds dans le plat et tenir un discours de vérité à une audience qui ne s’y attendait pas.
Malheureusement, il est très difficile de ne pas voir dans ce discours (et probablement dans celui qu’il tiendra jeudi à Toulon) une habile posture destinée à camoufler une absence de réaction sur le fond des choses. Si le Figaro valorise volontiers le discours du président, l’article souligne également que Nicolas Sarkozy avait dit quasiment la même chose il y a un an, aux débuts de la crise, puisqu’il avait plaidé pour un « New Deal économique et écologique » et appelé à une « moralisation du capitalisme financier ». Le problème est que, comme souvent avec le président, les mots n’ont pas été suivis d’actions. Aujourd’hui, il se réveille parce que la crise devient tous les jours plus grave et que son absence de réaction n’est plus possible.
Si elle est habile, sa réaction est un peu facile. Comme d’habitude, il se défausse en demandant de « sanctionner des responsables » qu’il se garde bien de nommer. Cette stratégie est la même que celle qu’il suivait comme ministre de l’Intérieur, quand il dénonçait en permanence le laxisme des juges. Il a bien compris que la meilleure défense, c’est l’attaque. Du coup, il ne se prive pas de remettre en question le rôle des autres sans finalement proposer la moindre mesure concrète pour corriger le système a priori ni même se remettre en cause lui-même. Pourtant, comme l’a rappelé sur son blog, Le fer railleur, le candidat Sarkozy proposait de développer des subprimes à la Français dans son programme : « si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué » !
Nicolas Sarkozy est décidemment un artiste de la communication. Alors qu’il ne propose rien de concret à une crise qui dure pourtant depuis plus de un an, il arrive, par une posture habile, à faire en sorte que les médias le présentent comme le redresseur de tort du monde financier.
Source : http://ferrailleur.over-blog.com/article-22887708.html
http://www.lefigaro.fr/economie/2008/09/23/04001-20080923...
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23.09.2008
L’erreur Afghane
Hier, le Parlement a voté sans surprise la poursuite de la guerre en Afghanistan. Nicolas Sarkozy voulait faire de ce vote un piège pour l’opposition mais il en restera seulement un débat superficiel qui a complètement oublié les véritables enjeux de ce conflit.
Cette guerre a été déclarée le 4 octobre 2001, moins d’un mois après les attentats, en partie sous le coup de l’émotion suscitée par le 11 septembre. Contrairement à la guerre d’Irak, elle a été autorisée par l’ONU et avait pour but de renverser les talibans au pouvoir qui étaient accusés d’aider les terroristes et de libérer le pays de l’oppression de ses chefs. L’engagement de 45 000 soldats a permis de renverser le régime en place à Kaboul mais le moins que l’on puisse dire est que la situation semble pourrir depuis : l’OTAN ne parvient pas à réduire l’influence des talibans, qui conservent le contrôle d’une grande partie du pays, le nombre de victimes augmente tous les ans et la présence des forces occidentales contribue sans doute à pousser de nombreuses personnes vers le terrorisme. Enfin, il est difficile de se demander si cela ne contribue pas à déstabiliser le Pakistan voisin.
L’opération telle qu’elle a été conçue il y a sept ans ne fonctionne toujours pas. Les forces de l’OTAN ne sont pas suffisantes pour remettre de l’ordre dans le pays. Les troupes de la coalition représentent à peine plus du tiers des troupes qui ont été nécessaires en Irak dans un pays plus peuplé, beaucoup plus grand et dont la géographie est beaucoup plus complexe. De nombreux experts estiment que la situation ne pourra pas être stabilisée avec moins de 150 000 soldats ! L’exemple des renforts qui ont permis de casser le cycle de la violence en Irak montre bien que l’importance des moyens est cruciale pour stabiliser un pays. Dans le cadre de l’Afghanistan, cela est d’autant plus choquant que les forces de l’OTAN sont présentes depuis sept années alors qu’il a fallu quatre ans aux Etats-Unis pour changer de stratégie en Irak. L’opération telle qu’elle est conçue aujourd’hui ne peut pas fonctionner !
Mais outre le fait que cette opération n’est pas dimensionnée de manière à réussir, on peut également se poser des questions sur les raisons d’une telle présence, en dehors de l’affichage d’une réaction aux attentats du 11 septembre. Ses partisans parlent de « guerre contre le terrorisme », de « guerre pour la liberté », un moyen habile de taire tout débat puisqu’il est difficile d’être opposé à de telles positions. Pourtant, l’OTAN ne mène pas de guerre pour la liberté dans d’autres pays. Et la guerre contre le terrorisme est limitée à deux pays alors que ces terroristes sont bien sûrs présents dans d’autres endroits. Les soutiens de cette guerre d’Afghanistan se distinguent davantage par leur rhétorique habile que par leur capacité à mener leur mission à bien sur le terrain.
Comme le dit justement Jean-Marc Ayrault, la guerre d’Afghanistan est devenue une guerre d’occupation. Pire, cette guerre n’a plus vraiment de motif puisque si on s’accorde pour faire la guerre dans de telles conditions, alors, l’OTAN devrait intervenir dans de nombreux pays, ce qui n’est pas possible. En outre, comment ne pas comprendre que cette présence prolongée renforce les talibans qui peuvent présenter la présence occidentale comme une occupation du pays ? Nicolas Sarkozy a essayé d’instrumentaliser le vote inutile du Parlement sur cette question pour mettre l’opposition en difficulté. Finalement, elle s’est simplement opposée à une mauvaise guerre, mal menée, et qui dure depuis trop longtemps.
Le pire dans ce débat reste clairement le traitement indigent de la plupart des médias, qui ne font que répéter les mots habiles du gouvernement sans chercher à se poser les vraies questions. Résultat, l’erreur afghane se rapproche toujours plus du bourbier vietnamien.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/09/21/01002-2008092...
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/09/22/f...
10:55 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, otan, talibans, sarkozy
22.09.2008
Ces néo-libéraux qui ne désarment pas…
La gravité de la crise actuelle devrait inciter des tenants du néolibéralisme à relativiser leurs certitudes. Malgré tout, The Economist ou Philippe Manière, chroniqueur dans Marianne, montrent que rien ne semble remettre en cause leur croyance aveugle dans le marché.
Et pourtant, les derniers jours ont bien montré que s’en remettre uniquement à sa « main invisible » pouvait produire la plus grave crise économique depuis la Grande Dépression de 1929. Trois des cinq plus grandes banques d’affaires ont fait faillite ou ont été rachetées. De nombreuses banques sont en difficulté et les compagnies d’assurance commencent à être touchées, comme l’a montré la spectaculaire nationalisation d’AIG, après celles de Fannie Mae et Freddie Mac aux Etats-Unis et celle de Northern Rock au Royaume Uni. Ces nationalisations ont coûté la bagatelle de 300 milliards de dollars aux Etats, et donc aux contribuables, qui, eux, ne peuvent pas compter sur l’aide de l’Etat pour payer leurs emprunts immobiliers. Mieux, l’administration américaine a annoncé un nouveau plan de 700 milliards de dollars qui permettra aux autorités fédérales de racheter les créances hypothécaires douteuses des institutions financières américaines.
L’intervention massive de l’Etat est sans doute la seule solution pour éviter un effondrement économique massif, dont les conséquences seraient désastreuses pour l’économie productive et les citoyens du monde entier. Néanmoins, elle pose de nombreux problèmes. Pourquoi l’Etat n’a-t-il pas aidé les 2,5 millions de ménages Américains qui ont perdu leur maison, alors que l’argent ne semble jamais manqué pour aider les grandes entreprises ? On pourrait objecter que la faillite des ménages ne menace pas l’économie, encore que cela est faux à grande échelle. Mais surtout, cette hiérarchie des choses est humainement préoccupante… Tous les citoyens, y compris les plus modestes, contribuent financièrement au sauvetage d’institutions financières qui ont précipité l’économie mondiale dans une grave crise et grassement enrichi leurs dirigeants alors que personne n’aide les ménages à conserver leur maison.
Mais le pire est sans doute la réaction de certains défenseurs du néolibéralisme. Si certains semblent faire amende honorable, d’autres persistent et signent dans un aveuglement qui confine à un obscurantisme plus théologique que rationnel. Ainsi, dans la rubrique « Ils ne pensent pas comme nous » de Marianne, Philippe Manière ose écrire que « l’économie de marché, ce n’est pas joli joli, mais… ça marche du feu de Dieu », vantant les progrès faits depuis trois cents ou cinquante ans. Cette analyse pour le moins sommaire lui permet de fermer l’œil sur la stagnation du pouvoir d’achat des ménages modestes depuis une quinzaine d’années en Europe et trente ans aux Etats-Unis. Pire, il avertit qu’il faut manier la régulation avec prudence puisque la « crise actuelle est décuplée par (…) les nouvelles réglementations comptables et prudentielles très vertueuses ». On n’ose pas imaginer ce qui serait advenu si les règles n’avaient pas été vertueuses !
Le discours de The Economist est très proche. L’hebdomadaire anglais ultralibéral défend l’intervention de l’Etat pour venir au secours des établissements financiers. En revanche il dénonce le « désir compréhensible de réglementer la finance comme une erreur dangereuse ». Malgré les récents évènements, il soutient que « les financiers savent mieux que les régulateurs » ce qu’il faut faire : on l’a bien vu dans le cas des banques d’affaires ! Enfin, comme Philippe Manière, il soutient que le système a produit « une croissance économique saine (sic !!!) et une faible inflation depuis une génération », ce qui justifie de le conserver intact. Là encore, l’hebdomadaire oublie que la croissance et une faible inflation n’ont d’intérêt que si le pouvoir d’achat de tous progresse de manière relativement équitable, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps.
Il y a un véritable risque que l’intervention publique permette un retour à la normal du système néolibéral sans véritable remise en question. La bataille pour une meilleure régulation de l’économie ne fait que commencer. Elle sera longue et difficile malgré les évènements récents.
Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2008/09/20/04001-20080920...
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21.09.2008
Debout la République a besoin de votre aide !
En juin 2009, nous aurons l’occasion unique de nous exprimer sur la direction prise par la construction européenne, alors que l’Union Européenne est dans une position constitutionnelle indéterminée depuis le rejet du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais.
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a lancé la campagne des élections européennes lors des universités de rentrée du mouvement, début septembre. Avec Jean-Pierre Chevènement, il est un des rares hommes politiques qui a su concilier une exigence de tous les instants sur les idées et une grande compétence d’élu. En effet, il a été l’un des maires les mieux réélus de France avec près de 80% des voix dès le premier tour à Yerres au printemps et sa gestion de la ville a été reconnue comme particulièrement efficace par de nombreuses enquêtes journalistes, y compris dans le Monde. Mais Nicolas Dupont-Aignan, c’est aussi un homme politique fidèle à ses idées et ses convictions, ce qui semble désormais rarissime dans les grands partis.
Il a quitté l’UMP début 2007 suite à de nombreuses oppositions avec Nicolas Sarkozy, opposition qu’il n’a pas hésitée à exprimer, y compris pendant l’état de grâce du président, en refusant de voter la confiance au gouvernement dès le mois de juin. Il exprime ses désaccords sur de nombreux sujets et a par exemple voté la censure déposée par le Parti Socialiste sur la question si stratégique de l’OTAN. Mais c’est surtout lors de la campagne du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen qu’il s’est fait connaître en étant un des principaux animateurs de la campagne pour le « non ». Depuis, il a dénoncé la ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, qui représente une remise en cause préoccupante des 55% de Français qui avaient voté « non » en mai 2005.
Mais surtout, il a également écrit plusieurs livres qui dessinent une autre Europe, démocratique et non technocratique, tournée vers les citoyens et non vers les grands intérêts financiers, une Europe respectueuse des nations et qui ne cherchent plus l’uniformisation à tout prix, une Europe indépendante des Etats-Unis et non suiviste des positions de Washington. En vue des élections européennes, Debout la République a édité une petite brochure qui donne les premières orientations de la campagne du mouvement. Mais l’indépendance du parti a un coût, tout comme la campagne à venir.
C’est pourquoi, je vous invite à prendre connaissance de la souscription qui a été lancée pour représenter les alter européens en juin 2009. Ainsi, nous pourrons peser sur la direction que prend la construction européenne et contribuer à sa réorientation.
Lien : http://www.debout-la-republique.fr/Choisir-notre-Europe.html
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : debout la république, nicolas dupont-aignan, européennes 2009



