31.03.2009
Stock-options, bonus : un décret pour rien ?
Hier, le Premier Ministre a présenté un décret pour encadrer les rémunérations des dirigeants d’entreprises aidées par l’Etat. Coup de communication ou véritable réforme de certaines pratiques abusives ?
Le serpent de mer de l’encadrement des rémunérations patronales
Depuis quelques jours, tous les médias ressortent une déclaration de Nicolas Sarkozy en meeting à Marseille en avril 2007, juste avant le premier tour des élections présidentielles, promettant de mettre de l’ordre dans les rémunérations des patrons des grandes entreprises. En effet, les scandales récents ne sont pas complètement nouveaux. Il y a déjà eu de nombreuses affaires sur les retraites chapeau ou les primes de licenciement colossales de patrons licenciés en ayant parfois échoué.
Finalement, Nicolas Sarkozy n’a pas tenu sa promesse et s’est contenté du code de bonne conduite optionnel préparé par le Medef, laissant finalement aux entreprises la possibilité de continuer comme avant. Mais devant les scandales à répétition d’entreprises aidées par l’Etat, qui licencient tout en accordant des sommes indécentes en bonus, le gouvernement a compris qu’il ne lui était plus possible de repousser ce débat et qu’il était important d’agir, ne serait-ce que pour la communication.
Un décret a minima
Et ce décret Fillon se révèle être le minimum du minimum. Tout d’abord, il ne sera valable que jusqu’en 2010. Ensuite, il ne concerne que les entreprises auxquelles l’Etat à prêté de l’argent (les banques et les constructeurs automobiles), et pas celles recapitalisées. De plus, n’étant pas rétroactif, il n’entrera en fonction que si l’Etat prête de l’argent à de nouvelles entreprises. Enfin, il peut être contourné par les filiales étrangères et ne concerne pas les retraites chapeau comme celles de Daniel Bouton à la Société Générale.
Bref, ce décret ne sert que la communication du gouvernement et montre à nouveau l’incroyable capacité de Nicolas Sarkozy à s’agiter sans véritablement changer les choses. Pire, le gouvernement se vante de prendre des mesures qu’aucun autre pays n’oserait prendre. Déjà, l’examen détaillé du décret montre ses limites. Ensuite, les Pays-Bas ont pris des mesures autrement contraignantes, tout comme les Etats-Unis (Barack Obama a limité les rémunérations des entreprises aidées dès son arrivée à la Maison Blanche).
Devant les scandales à répétition, le gouvernement a fini par pondre une réponse. Mais le décret Fillon est aussi inutile que le Premier Ministre dont il porte le nom : son champ d’application est tellement limité qu’il ne servira sans doute pas à grand chose.
Source : http://lemaitre.blog.lemonde.fr/2009/03/30/remunerations-...
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/03/30/fillon-...10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stock-options, bonus, décret fillon
30.03.2009
Et si la fin de cette crise avait commencé ?
Même si les prochaines annonces concernant l’évolution du chômage et du PIB vont rester très mauvaises dans les prochains mois, la récente et spectaculaire hausse de la bourse, qui a gagné plus de 10%, marque peut-être la première étape vers une sortie de cette crise, aussi illusoire soit-elle.
Les raisons pour lesquelles la crise pourrait se terminer
Un tel pronostic pourra paraître complètement fou et ridicule. Malgré tout, je ne crois pas au scénario en L (effondrement suivi d’une absence complète de reprise). La première raison est l’énormité inédite des plans de soutien de la plupart des grandes puissances économiques. Si la France et l’Italie jouent petit bras, d’autres pays ont lâché les vannes budgétaires : les Etats-Unis (déficit de 12% du PIB), la Grande Bretagne (8%), la Chine ou même l’Allemagne. Cette injection massive d’argent public peut réanimer l’économie.
Et cela le pourra d’autant plus que l’exubérance des marchés est valable à la hausse comme à la baisse. De même que le marché pousse certains prix trop hauts quand il est optimiste, il les pousse trop bas quand il est trop pessimiste. À un point, BNP Paribas ne valait plus que 19 milliards d’euros, pour une banque capable de dégager 7 milliards de résultat net annuel. Résultat, ayant trop baissé, les cours peuvent mécaniquement remonter, favorisant un retour de la croissance.
De même, l’effondrement de la production depuis le 4ème trimestre 2008 peut paradoxalement favoriser la reprise, par le phénomène bien connu du comparatif, que connaissent ceux qui ont géré une affaire. Prenons le cas du marché automobile espagnol, en recul d’environ 40%. Sa chute est tellement violente qu’il lui serait facile de progresser de 20% au quatrième trimestre 2009, ce qui stimulerait l’économie espagnole même si cela le laisserait encore 28% sous le niveau de fin 2007 / début 2008…
Une sortie de crise illusoire
L’addition de ces trois raisons me fait pronostiquer une légère croissance du PIB à partir du 4ème trimestre 2009 du fait du comparatif avec un trimestre où la production s’est effondrée. La reprise devrait être plus importante outre-Atlantique qu’en Europe du fait du décalage de politique monétaire et budgétaire. Avec l’injection massive d’argent public, le PIB pourrait bien progresser de 2 à 3% aux Etats-Unis pour le dernier trimestre de l’année, surtout si le dollar reste à un faible niveau. La zone euro devrait à peine progresser.
Alors, bien sûr, cette sortie de crise sera illusoire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle se fera avec un niveau de chômage très élevé, autour de 10% des populations actives (et officiellement environ 3 millions de chômeurs en France). Pire, la probable reprise modérée de l’Europe (du fait d’un euro surévalué et de politiques inadaptées), ne fera pas baisser le chômage, qui se maintiendra à un niveau élevé en 2010 et après puisque les politiques budgétaires restrictives pèseront sans doute sur la croissance à partir de 2011.
Encore pire, aussi grave qu’elle soit, cette crise risque de ne pas aboutir à une réforme du système économique. Si l’on peut espérer une réforme a minima du monde de la finance, rien ne sera vraisemblablement fait pour la réforme du système monétaire et du commerce international. Et avec l’endettement massif des Etats et le maintien des déséquilibres économiques, les ferments d’une nouvelle crise seront déjà semés, une crise qui pourrait être encore plus violente.
Paradoxalement, beaucoup d’éléments peuvent faire croire à une sortie de crise à la fin de l’année. Mais cette sortie sera illusoire, surtout en Europe où la reprise devrait être poussive, ne permettant pas de réduire sensiblement et rapidement un chômage qui aura beaucoup augmenté.
Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03...
http://www.lefigaro.fr/marches/2009/03/23/04003-20090323A...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : crise économique, récession, reprise, chômage
29.03.2009
Stocks-options de diversions
Que je sois clair, les pratiques de quelques patrons lors de cette crise sont réellement détestables. Mais l’attention qui est accordée à ces dérives individuelles ne finit-elle pas par servir un système en détournant l’attention de ses carences et de sa réforme ?
Des pratiques choquantes qu’il faut bien sûr sanctionner
Bien sûr, quand on apprend que les dirigeants d’AIG prévoyaient de distribuer plus de 100 millions de dollars de bonus à ses dirigeants alors que leur action a contraint les autorités américaines à injecter plus de 170 milliards d’argent public, on ne peut qu’être choqué. Cela rappelle les pratiques des dirigeants de certaines banques d’affaire qui se sont empressés fin 2008 de distribuer des bonus qui n’avaient pas lieu d’être vu l’énormité de leurs pertes qui a contraint l’Etat à les aider.
En France, le débat est relancé presque tous les jours depuis deux semaines par de nouvelles révélations sur les rémunérations, bonus et stock-options de nombreuses entreprises. Après la Société Générale, cette semaine a vu une polémique éclater au sujet des rémunérations des dirigeants de Gaz de France, après des hausses de tarif douloureuses pour les Français. Enfin, le Crédit Agricole, qui a reçu 3 milliards de prêts de l’Etat, a lui aussi été contraint de revoir le « package » de ses dirigeants.
Une diversion habile de questions plus importantes
Ces innombrables polémiques ont malheureusement remplacé les débats sur la réforme du système économique. Nicolas Sarkozy ne s’y est pas trompé et a d’ailleurs enfourché le cheval de bataille de la « moralisation du capitalisme » pour prendre une posture populaire. Il va mettre en place un décret pour encadrer les rémunérations des patrons des entreprises qui sont aidées par l’Etat, reprenant une idée de Barack Obama qu’il avait pourtant moquée quand le président américain l’avait évoquée.
En fait, cette focalisation sur les pratiques détestables de quelques individus peut révéler une différence d’analyse fondamentale de la crise. En effet, en agissant de la sorte, les tenants du système font implicitement porter le chapeau à quelques comportements individuels, évitant toute remise en cause d’un système économique auquel ils croient toujours. Résultat, ils jettent un voile habile sur les débats portant sur la nécessaire remise en ordre commerciale, financière et monétaire.
Bien sûr, il est parfaitement normal de s’indigner et d’être en colère face à ces dérapages. Mais attention de ne pas tomber dans le panneau de ceux qui veulent exonérer le système économique actuel de ses faillites et ainsi le protéger de toute réforme qui pourrait le remettre en cause.
Source : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/03/la-rglementer-...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : stock options
28.03.2009
Et si une révolution monétaire était possible ?
Même si le G20 ne semble pas vouloir aborder les questions monétaires, pourtant essentielles, le débat commence à faire rage sur la rénovation du système monétaire international basé sur le dollar. Voici deux nouvelles contribution particulièrement intéressantes.
La chute de la maison dollar ?
Un article du Journal des Finances montre que la Chine en a assez de l’étalon dollar et cherche à faire pression pour lui trouver une alternative. Cette prise de position est très importante car la Chine est le premier pays par ses réserves de dollars (plus de 2 000 milliards). C’est le gouverneur de la banque centrale chinoise qui demande en effet à substituer au dollar une monnaie de réserve internationale, les DTS (un panier des grandes monnaies du monde), sous la supervision du FMI.
Il faut dire que le jeu de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » entre les Etats-Unis et la Chine n’est pas sain. Si les chinois dénoncent la responsabilité des Etats-Unis dans la crise actuelle, ils oublient de préciser qu’ils la partagent lourdement puisque c’est la Chine qui finance les déficits des comptes courants Américains avec les excédents commerciaux qu’ils obtiennent avec ces mêmes Etats-Unis… Il y a co-responsabilité dans ce système délirant qui permet aux Etats-Unis de vivre à crédit.
Mais la Chine s’est rendu compte des dangers de ce système avec l’effondrement du marché immobilier américain qui a déclenché une crise d’une telle violence que même ses exportations sont désormais en forte baisse, poussant des millions de chinois au chômage et menaçant l’équilibre social du pays. Pire, ces déséquilibres risquent de provoquer une dépréciation massive du dollar, dont la Chine serait la première victime en tant que premier créancier de la planète en dollar.
Quelle issue pour le système monétaire international ?
Pour protéger ses deux mille milliards de dollars de réserves et ses exportations, la Chine est contrainte de soutenir le cours du dollar et prévenir toute baisse inconsidéré qui serait également une baisse proportionnelle de ses avoirs. C’est là toute la perversité d’un système qui pousse à son autoreproduction puisque ces deux principaux acteurs en tirent un bénéfice clair : la poursuite de la consommation à crédit pour les Etats-Unis et la poursuite de son développement économique pour la Chine.
Il y a pourtant une issue : alors que tout le monde économique parle d’un déplacement du centre de gravité économique vers le Pacifique, ce serait une une alliance eurasiatique. En effet, si l’Europe, la Chine et le Japon le décidaient, il serait possible de sortir de ce système d’étalon dollar. Les Etats-Unis ne pourraient pas résister à une telle alliance qui pourrait alors mettre en place un nouveau système monétaire international qui ne serait plus basé sur le dollar, mais sur un panier de devises ou de métaux précieux.
On comprend sans doute mieux pourquoi la nouvelle administration américaine s’est d’abord déplacée en Asie. Les Etats-Unis veulent rester le centre de gravité économique de la planète pour préserver l’exorbitant avantage du dollar. C’est pourquoi ils souhaitent que l’Europe reste dans son orbite et que l’Asie voit le vieux continent ainsi et préfère donc privilégier des relations directes avec les Etats-Unis avec lesquels. Ainsi, leur interdépendance mutuelle assure le statut quo du système à court terme.
Les idées commencent à apparaître, dans tous les pays, mais aujourd’hui, la réforme du système monétaire international semble encore lointaine car les dirigeants politique n’y accordent qu’une attention limitée et que les alliances nécessaires à cette réforme sont loin de se nouer.
Source : http://www.jdf.com/taux-devises/2009/03/25/02009-20090325...
11:04 Publié dans Actualités, Economie, International | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : etalon dollar, fmi, système monétaire international, paul jorion, chine
27.03.2009
La chienlit politique, hommage à Nicolas Sarkozy
Il y a une dizaine d’années, on parlait encore de godillots. À quelques exceptions près, les hommes politiques avaient tendance à davantage respecter les consignes de leur parti. Aujourd’hui, tout semble prétexte à étaler les divisions, à l’UMP comme au PS.
Chienlit majoritaire et chienlit socialiste
On fait grand cas des divisions au sein du PS, mais l’UMP et le gouvernement n’en sont pas exempts, loin de là. Le débat sur l’OTAN a permis aux chiraquiens et villepinistes d’exprimer leur opposition au projet du président. La majorité s’est déchirée sur la contribution des plus riches et le possible aménagement du bouclier fiscal. On ne compte plus les déclarations acides entre ministres (Morano et Boutin, Yadé et Kouchner, Wauquiez et Fillon…). Ce n’est plus un gouvernement, c’est la chienlit au gouvernement !
Il faut dire que ce n’est guère mieux dans l’opposition. Les socialistes sont devenus les spécialistes du suicide collectif. Il semble quasiment impossible pour un dirigeant du PS de s’exprimer sans égratigner un camarade. La constitution des listes pour les élections européennes a été un nouvel exemple de cette extraordinaire capacité du PS à se déchirer en public et si possible devant un micro ou une caméra, sans jamais se poser la question des dangers d’une telle exposition de leurs rancoeurs.
Pourquoi les divisions s’étalent de la sorte ?
Se pose alors la question des raisons d’un tel comportement. Comment ne pas y voir une forme d’hommage à Nicolas Sarkozy ? Le président, convaincu en 2002 qu’il ne pourrait pas être élu s’il incarnait la continuité, a construit une stratégie d’opposition radicale au président dont il était le ministre (« la rupture »). Son succès en 2007 valide une telle stratégie et pousse donc les apprentis Sarkozy à imiter l’indiscipline de leur modèle, ce que Jean-François Copé fait de manière transparente.
Mais il y a une deuxième raison plus fondamentale à cette dérive des hommes politiques : la perte du sentiment collectif. La majorité des hommes politiques d’aujourd’hui ne sont plus que des ambitieux en quête d’une carrière à laquelle ils sacrifient tout. Si l’ambition n’est pas critiquable en soi, elle réduit à néant la notion de collectif quand elle n’est pas équilibrée par de fortes convictions personnelles ou un certain sens du service de l’Etat, comme pouvait l’avoir une majorité du personnel politique d’il y a 20 ans.
Quelles conséquences ?
Cette triste évolution du comportement politique pose de nombreux problèmes. Couplée avec la limitation à deux de mandats présidentiels, elle ferait du président qui serait réélu un « canard boîteux » dès le lendemain de son élection, comme cela se passe aux Etats-Unis. En effet, comment accorder de l’importance à un président qui prendra de toutes les façons sa retraite à la fin de son mandat. Nicolas Sarkozy a clairement savonné la planche d’un (très) éventuel deuxième mandat.
Imaginons un instant le comportement de tous ceux qui visent 2017 au sein même de sa majorité. Si leur élection passe par une critique en règle du président en place, ils ne s’en priveront pas, ce qui promettrait une chienlit gouvernementale bien pire qu’aujourd’hui, où le président reste le maître du jeu. Néanmoins, cette chienlit politique a au moins un avantage. Elle montre bien aux Français ce que sont devenus PS et UMP : de simples franchises électorales au service d’ambitieux dépourvus de convictions.
Les chienlits majoritaire et socialiste ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont le symptôme d’un effacement du collectif au profit d’une ambition personnelle dépourvue de convictions fortes ou de volonté de servir l’Etat. Nicolas Sarkozy en est à la fois le meilleur exemple et l’inspirateur…
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, chienlit, ps
Pousse de Kiwis
Vous êtes un micro-blog, un inconnu de la blogosphère, une poussière dans le vaste univers de l'internet ? Quand vous criez, même Alien ne se déplace pas pour vous entendre ?
Vous écrivez des billets passionnants, mais pour l'instant seule votre petite soeur se connecte une fois par semaine pour vous lire ? Et encore, elle réclame 5 euros par connexion ?
Vous êtes plein d'avenir et vous trouvez que votre talent n'est pas reconnu à sa juste valeur ?
Vous êtes un futur Versac, un demi-Eolas, un quart de Le Meur, ou tout simplement vous-même ?
Ce concours est fait pour vous !
L'alliance de blogs "Kiwis" s'amuse, et lance, en coopération avec le journal Vendredi, un concours réservé aux blogs qui ont AU MAXIMUM 6 mois d'existence (le 1er billet faisant foi) et qui parlent principalement de politique. Son nom : "Pousse de Kiwis".
L'objectif ? Participer au concours, relever les épreuves terribles concoctées par le jury, développer votre notoriété, bien rigoler avec pour récompense symbolique l'entrée dans la communauté Kiwis d'un ou plusieurs blogs. Vous n’imaginez même pas la reconnaissance !
Les kiwis sélectionneront donc pour commencer 7 blogs parmi les milliers de milliards de candidats et mettront en scène plusieurs épreuves éliminatoires, en rapport avec la Charte de notre groupe qui est disponible sur kiwisphere.blogspot.com
Le jury de la mort-qui-tue sera composé des blogueurs Toréador, Chafouin, Café Croissant, H16 et Serge Brière, représentant toutes les tendances du spectre politique, ainsi que de Jacques Rosselin, rédacteur en chef de Vendredi (Spectre en chef, vampire niveau 2, diable politique du 4ème Cercle).
Le journal Vendredi publiera les meilleurs billets de cette joute amicale et sympathique. Enfin... Il est censé quoi. Envoyez votre candidature à toreadorduweb@gmail.com avant le 15 avril 2009.
10:45 Publié dans Actualités, Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : kiwis, pousse de kiwis
26.03.2009
Indécences présidentielles
Avant-hier, Nicolas Sarkozy nous a servi son énième discours sur la moralisation du capitalisme, qui lui permet de déborder sur la gauche un Parti Socialiste qui semble à peine capable de feindre son indignation. Un nouveau rideau de fumée dont la crédibilité n’en finit plus de se réduire.
La grosse ficelle de la sécurité
Mais auparavant, après sa sortie sur les bandes la semaine dernière, le président en a remis une couche, sur la violence des manifestants en Guadeloupe et des « voyous » contre les professeurs. Il continue ainsi à jouer au « premier flic de France ». Alors qu’il ne semble pas vraiment savoir quoi faire pour lutter contre la crise, empilant les mesurettes sans grande efficacité et sans aucune cohérence, il ressort cette vielle carte usée qui lui a plutôt bien réussi dans le passé…
Mais, après 4 ans au ministère de l’intérieur et 2 à la tête de l’Etat, cette ficelle est plus que grosse. Car cette chronique journalistique d’un homme qui a été responsable directement ou indirectement de la sécurité des Français pendant 6 des 7 dernières années est assez culottée. Nous sommes là où il nous a amené. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy devrait surveiller sa langue : à force d’en rajouter il va finir par demander ce que les gouvernements ont fait toutes ces dernières années et appeler à une nouvelle rupture…
Un ton déplorable
Ces derniers jours, les médias sont aussi revenus sur le langage parfois très approximatif du président, qui tranche tellement avec ses prédécesseurs, fin lettrés. Mais cet appauvrissement de l’orthographe n’est qu’un symptôme de plus dans l’abaissement de la fonction présidentielle. Le Figaro, pas vraiment le quotidien le plus défavorable à l’égard du président, rapporte ainsi qu’il aurait déclaré aux députés UMP qu’il aurait « la banane », osant affirmer que « la période est formidable ».
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy ne parvient pas à comprendre le minimum de gravité que requiert la fonction présidentielle. Alors qu’en trois mois, plus de deux cent mille Français ont perdu leur emploi, il jouit encore et toujours d’être président de la République, « son rêve ». Ce n’est plus de hauteur qu’il manque, c’est tout simplement d’un minimum de conscience de sa fonction. Deux ans après avoir été élu, la présidence de la République reste encore le gros joujou qu’il a décroché dans l’adversité.
La grosse ficelle de la moralisation du capitalisme
Cela fait maintenant bientôt trois ans que Nicolas Sarkozy dénonce la spéculation et appelle à une moralisation du capitalisme. Ce virage était intervenu bien en amont de la campagne présidentielle, sous l’influence d’Henri Guaino. Alors, bien sûr, le gouvernement parvient de temps en temps à faire annuler udesn bonus ou des stock-options qui ont fait scandale, mais le moins que l’on puisse dire est que son action se limite à des réactions outrées aux soubresauts de l’actualité.
Mais malgré tous ces mouvements du menton, il n’a pas vraiment pris de mesures concrètes, contrairement à un Barack Obama qui n’a mis que quelques jours pour proposer un encadrement des rémunérations des banques aidées. Nicolas Sarkozy, lui, a préféré laisser au Medef le soin d’écrire un code de bonne conduite purement optionnel. Bonjour le décalage entre la parole et les actes ! Pire, il passe un week-end au Mexique dans une villa dont le financement de la location n’est pas très clair…
Les derniers jours ne font que confirmer la mauvaise pente prise par le président : une absence criante de dimension présidentielle et l’utilisation constante de rideaux de fumée pour camoufler ses propres errements, que ce soit la sécurité ou la dénonciation des excès du capitalisme.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/03/25/01011-200903...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/03/25/01002-2009032...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, la banane, moralisation du capitalisme
25.03.2009
La Commission Européenne encore une fois hors sujet
Comme le soutient Joseph Stiglitz, il n’est pas bon de confier des pouvoirs politiques à des technocrates non élus : coincés dans leur bulle et déconnectés de la réalité, ils prennent de mauvaises décisions, et pas forcément avec de mauvaises intentions. Nouvel exemple avec la Commission Européenne.
L’avertissement sur les déficits
Alors que la récession s’installe, que chaque mois, des centaines de milliers d’européens perdent leur emploi et que de l’autre côté de l’Atlantique, Barack Obama n’hésite pas à gonfler le déficit au quadruple du niveau maximum autorisé par le pacte de stabilité pour relancer l’économie, la Commission se préoccupe encore des déficits excessifs… Outre un avertissement, elle a même déclenché une procédure officielle pour avertir la France et l’Espagne qu’il faudra revenir sous les 3% du PIB d’ici à 2012.
Un tel avertissement serait risible si la situation économique n’était pas si difficile. L’esprit du président Hoover, qui présida les Etats-Unis jusqu’en janvier 1933 et fut balayé par Franklin Roosevelt, semble s’être réincarné dans la Commission Européenne. Pourtant, les chefs d’Etat étaient parvenus à un accord affirmant qu’en cas de crise économique, il était possible de passer outre. Mais non, en plein incendie, la Commission Européenne préfère annoncer un très prochain rationnement d’eau !
Ubu roi qui gouverne l’Europe
C’est Edgar, mon collègue kiwi du blog La lettre volée, qui rapporte des commentaires récents du blog de Jean Quatremer, habituellement un des soutiens les solides de l’Europe qui se construit depuis 25 ans. Il constate que la période actuelle est propice à une remise en question en profondeur des zélateurs les plus enthousiastes de l’Union Européenne telle qu’elle est. Jean Quatremer dénonce la concentration des pouvoirs dans les mains de la Commission et ses mauvaises décisions.
Il souligne notamment les erreurs des commissaires sur la question cruciale de la régulation de la finance, évoquant l’adoption des normes comptables ou les règles sur les agences de notation. Bref, il démontre à la fois la toute-puissance des technocrates en Europe, leur dogmatisme ultra-libéral et leur alignement permanent sur les Etats-Unis, tout ce que les alter européens dénoncent depuis 20 ans. Mieux, il plaide pour un retour aux réglementations nationales, y compris dans le domaine de la finance.
Merci à Edgar pour ce « courant d’air frais ». Quand de telles personnes rejoignent les analyses des partisans d’une autre Europe, on se dit que cela est possible, peut-être plus rapidement qu’on ne pouvait le croire jusqu’à présent.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/03/23/bruxell...
10:55 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, jean quatremer, la lettre volée
24.03.2009
Dérapage religieux
La semaine dernière, tous les commentateurs sont tombés à bras raccourcis sur les propos du Pape sur le préservatif. Tous ? Non ! Trois de mes collègues de Kiwis ont résisté à la vague de fond médiatique et dénoncé ce « lynchage », à divers degrés. L’occasion de revenir sur ce débat.
Ce qu’a dit le pape
Avant de me faire une opinion définitive sur les propos du pape, j’ai tenu à revoir une séquence un peu plus longue qui donne de la perspective. Vous trouverez donc un lien vers un extrait de la chaîne Kto, peu susceptible de présenter de manière défavorable la parole papale. Le pape soutient que « l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est vraiment l’Eglise catholique ».
Il poursuit : « je dirais que l’on ne peut pas dépasser ce problème du Sida avec seulement de l’argent, qui est nécessaire, mais s’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut pas dépasser le fléau avec la distribution de préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. La solution ne peut venir que d’un double engagement : en premier, une humanisation de la sexualité (…) et deuxièmement une vraie attention particulièrement à l’attention des personnes qui souffrent ».
Dérapages papaux
Premier point contestable : le fait que l’Eglise catholique soit « l’entité la plus efficace » dans la lutte contre le sida. Beaucoup considèrent aujourd’hui que son influence est extrêmement néfaste en Afrique où elle peut freiner l’utilisation du préservatif. Mais c’est surtout le passage sur le fait que les préservatifs « augmentent le problème » qui a choqué. En effet, l’expérience montre que l’usage du préservatif ralentit la propagation du sida et que plus les autorités favorisent son usage, plus la progression de l’épidémie ralentit.
On peut également être choqué par la phrase « la solution ne peut venir que d’un double engagement : (…) une humanisation de la sexualité (c’est-à-dire, l’abstinence et le refus de toutes relations sexuelles avant le mariage) ». En résumé, de tels propos indiquent que pour l’Eglise catholique, le préservatif fait davantage parti du problème que de la solution, parce qu’il encourage la promiscuité sexuelle, et que la seule solution est l’abstinence et le refus de toutes relations avant le mariage.
Une pierre au débat
Et c’est bien pour cette raison que je ne suis pas d’accord avec mes collègues de Kiwis. Non seulement le pape tient des propos qui sont faux et sont infirmés par ce qui se passe en Afrique, mais pire, en disqualifiant l’utilisation du préservatif, il contribue à en freiner l’adoption dans un Continent où plus 20 millions de personnes sont déjà mortes du sida et plus de 20 millions sont porteuses du virus. En cela, ces propos sont plus que choquants, ils sont d’une irresponsabilité rare.
Alors, bien sûr, il est vrai que l’abstinence et la fidélité sont des remèdes encore plus sûrs que les préservatifs pour éviter d’être contaminé. Mais on voit le résultat de ces raisonnements dans les pays qui les ont trop longtemps adoptés, comme en Afrique du Sud. Certes, certains critiques sont sans doute allés un peu loin, mais à titre personnel, cela ne me semble que des peccadilles par rapport aux propos papaux.
Le Figaro fait preuve d’un sacré jésuitisme en affirmant que « les agences de presse ont fait dire au pape qu’il pensait que ‘le préservatif aggravait le problème du sida’ alors qu’il mettait plutôt en doute l’efficacité des campagnes uniquement fondées sur le préservatif ». Je vous laisse juge avec la vidéo… Si les propos de ses défenseurs, me semblent assez justes (« l’enjeu, c’est de comprendre que le « sortez couverts » ne suffit peut-être pas toujours »), cela me semble éloigné des propos papaux…
Pire, ces propos font suite à une série de dérapages inquiétants de l’Eglise (réintégration d’un évêque négationniste, excommunication d’une mère ayant avorté sa fille violée au Brésil – certes condamnée par le Vatican). Cette affaire montre heureusement que l’esprit de 1905 reste vivace et partagé en France.
L’intervention du pape : http://www.youtube.com/watch?v=aHELjx2XQ-c
Pensées d’outre politique: http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2009/03/23/be...
Toréador : http://www.toreador.fr/2009/03/21/paso-doble-n°128-pas-de-boogie-woogie-tout-court-avant-la-capote-du-soir/
H16 : http://h16.free.fr/index.php?2009/03/20/539-pape-polemiqu...
10:55 Publié dans Actualités, Blog, Société | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : pape, préservatif, sida, kiwis, toréador, pensées d'outre politique, h16
23.03.2009
L’endettement public actuel est-il irresponsable ?
Aujourd’hui, il est convenu de considérer que les Etats s’endettent de manière excessive. Il est vrai que les déficits atteignent des niveaux historiques. Mais, avec un peu de recul, on se rend compte que la situation, si elle est exceptionnelle et nécessite du doigté, reste pour l’instant sous contrôle.
Des situations très différentes par pays
Premièrement, il est impossible de généraliser tant les pays ont des niveaux différents d’endettement et de déficits publics. Quand le Japon est endetté à hauteur de plus de 175% de son PIB, l’Italie de plus de 105%, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis sont plutôt autour de 65% et le Royaume-Uni ou l’Espagne autour de 40%. Le niveau des déficits est également extrêmement différent, entre les 12% du PIB outre-Atlantique, 8% au Royaume-Uni et une zone euro qui oscille entre 3 et 6%.
Les chiffres évoqués paraissent extrêmement importants car tant les niveaux d’endettement que de déficits sont au plus haut depuis une cinquantaine d’années. Cependant, un examen de l’histoire permet de constater que la dette Américaine dépassait les 100% du PIB au sortir de la guerre, qui plus est, à une époque où les recettes fiscales de l’Etat étaient une fraction de ce qu’elles sont aujourd’hui. De même, la Grande Bretagne a connu des niveaux d’endettement très importants sans faire défaut.
Alors, on pourra dire que c’était à cause de la guerre, mais l’excuse de la cause ne change rien à la capacité de l’Etat à rembourser sa dette… Ce que les Etats occidentaux ont pu faire dans le passé peut-être fait demain. Bien sûr, le contexte de croissance d’après-guerre favorisait l’apurement des finances publiques, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais si l’on compare le niveau d’endettement par rapport aux recettes de l’Etat, nous sommes très loin des extrêmes de l’après-guerre.
Quelle est la situation réelle de la France ?
Certains politiques et journalistes dramatisent volontiers la situation de notre pays. Un examen plus apaisé permet de constater que nous nous situons seulement dans la moyenne, tant pour l’endettement (65% du PIB contre 40 à 175% pour les autres pays comparables) que le déficit (6% contre 3 à 12%). Bref, même s’il n’y a pas de quoi pavoiser, la situation est loin d’être aussi dramatique que certains le disent. Mieux, en fouillant un peu, il apparaît que nous sommes finalement peu endettés.
C’est Alternatives Economiques qui en avait parlé le premier cet automne, mais les chiffres de l’OCDE relativisent clairement la position de notre pays. En effet, il est un peu illusoire de seulement regarder l’endettement sans prendre en compte les actifs de l’Etat. Et en prenant en compte les actifs financiers, l’endettement net de la France n’atteint plus que 37,5% du PIB, battu seulement par le Royaume-Uni. Et encore, les actifs immobiliers ne sont pas pris en compte (avec eux, nous sommes à l’équilibre).
Encore mieux, si l’on mesure l’endettement total du pays (Etat, ménages et entreprises), la France est le pays le moins endetté de l’OCDE avec 190% du PIB, du fait de la grande modération des ménages. Du coup, la politique de relance du gouvernement n’en apparaît que beaucoup trop limitée financièrement. Paradoxalement, la France a les moyens d’une politique de relance beaucoup plus ambitieuse pour sortir de la crise, comme les Etats-Unis le font avec Barack Obama.
Bref, loin des portraits catastrophistes dressés par certains, la situation de la France n’est pas problématique. Si l’équilibre budgétaire devrait être beaucoup plus respecté en période de croissance, nous pouvons aujourd’hui recourir à l’endettement pour sortir de la crise.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dette publique, déficit budgétaire, relance



