30.04.2009

Nicolas Sarkozy, ou le retour du « néo-conservateur américain à passeport Français »

C’est un certain Eric Besson qui avait trouvé l’expression lors de la campagne présidentielle avant de passer avec armes et bagages du côté de celui qu’il dénonçait quelques semaines auparavant. Pour le coup, le ministre de l’immigration et de l’identité nationale avait vu juste…

Nicolas l’Américain

Nicolas Sarkozy a longtemps assumé son admiration pour les Etats-Unis, à tel point qu’il s’est vanté d’avoir été baptisé « l’Américain » à Washington. Mais il faut se souvenir que dans la dernière ligne droite de la campagne (l’année précédant le vote dans son cas), il avait mis beaucoup de vin dans son coca-cola, sous l’influence gaulliste et républicaine d’Henri Guaino. Le candidat Nicolas dénonçait ainsi la guerre en Irak et annonçait qu’il retirerait les troupes Françaises d’Afghanistan…

Mais une fois élu, le « masque » est tombé et le naturel a repris le dessus. Celui qui a été élu président de la République a symboliquement passé ses premières vacances aux Etats-Unis. Mais surtout, il a renforcé le régiment Français présent en Afghanistan et a fait réintégré à la France le commandement militaire de l’OTAN, plaidant pour la pleine intégration de la France au camp occidental, camp dont notre diplomatie avait une vision très différente de celle, uniforme, de l’actuel locataire de l’Elysée.

Sarkozy le néo-conservateur

Mais Nicolas Sarkozy ne se contente pas d’une proximité de pensée avec les républicains. Il se caractérise également par sa proximité de méthode avec le parti de l’éléphant. Il a amené en France une politique de la confrontation permanente, attaquant sans cesse des ennemis qu’il dénonce violemment (les syndicats, les professeurs, les chercheurs, les banquiers, les patrons voyous, les délinquants, les bandes…), pour assurer une mobilisation autour de lui, du bon sens et des Français moyens.

Et cette logique de la confrontation et du bouc émissaire est complétée par un faisceau d’actions pour affaiblir l’opposition, avec le débauchage de quelques mercenaires à l’ego en souffrance. Et il essaie de l’affaiblir structurellement grâce à une réforme électorale qui s’inspire du pire de ce qui se passe outre-Atlantique. Enfin, il assure une actualité quotidienne pour diriger l’actualité au lieu de se laisser ballotter par elle, comme le parti travailliste l’avait théorisé et pratiqué il y a dix ans.

Eric Besson avait bien raison quand il avait écrit son pamphlet contre le candidat de l’UMP. Mais là où Georges Bush a pu s’accrocher à une guerre pour gagner un second mandat, Nicolas Sarkozy ne pourra s’appuyer que sur sa gestion de la crise économique...

29.04.2009

La faillite complète du paquet fiscal de Nicolas Sarkozy

La loi TEPA, qualifiée de paquet fiscal restera à jamais un emblème du quinquennat. Très souvent critiquée, y compris au sein de l’UMP, elle est aujourd’hui un signe de l’échec économique du gouvernement, et ce dans sa globalité.

Une loi injuste

La première critique que l’on peut adresser à cette loi est son caractère injuste, souligné par tous les opposants à Nicolas Sarkozy. Bien sûr, le « paquet fiscal » comportait également des mesures destinées à l’ensemble de la population comme les heures supplémentaires, mais même la déductibilité des intérêts d’emprunts immobiliers bénéficie logiquement aux ménages les plus aisés, qui paient des impôts et ont les moyens d’acheter un logement, contrairement aux foyers les plus modestes.

En outre, la réduction des droits de succession profite également aux plus aisés puisque la majorité des successions (les plus modestes) en étaient déjà exonérées. En outre, les nouvelles déductions sur l’ISF profitent à moins de 2% des ménages Français. Pire, la baisse du bouclier fiscal à 50% en incluant CSG et CRDS, profite à une infime minorité : 400 des 458 millions du coût de la mesure profite à 2175 ménages. Et ces mesures sont intervenues après une période de fort accroissement des inégalités.

L’erreur des heures supplémentaires

Les soutiens de Nicolas Sarkozy ne manquent pas de mettre en avant la mesure d’exonération fiscale des heures supplémentaires, qui coûte environ 4 milliards d’euros pour montrer que le paquet fiscal peut profiter à tout le monde. Mais comme les analyses de Marianne et d’Alternatives Economiques l’ont montré, ce dispositif est une calamité économique. Il s’agit en fait d’un cadeau fiscal (au coût exorbitant) dont les effets sont largement plus négatifs que positifs.

Tout d’abord, l’essentiel du coût est un pur coût d’opportunité (à savoir sans avoir changer les comportements économiques). Ensuite, il s’agit d’une énième réduction de charges sociales qui complexifie notre code fiscal et qui provoquera forcément une hausse du niveau standard pour compenser la baisse de recettes. Enfin, en période de hausse du chômage, cela introduit un biais en faveur des heures supplémentaires qui ne sera guère favorable aux embauches…

L’erreur des déductions des intérêts d’emprunts immobiliers

Ici, c’est le très libéral The Economist qui plante une banderille contre le programme économique du président Sarkozy. Dans un dossier très intéressant paru il y a dix jours, l’hebdomadaire anglais montre que les trois pays qui pratiquaient ce type de déductions fiscales (Etats-Unis, Irlande, Espagne), ont connu les plus grosses bulles immobilières. En fait, une telle incitation fiscale distord le marché et pousse les prix immobiliers encore plus hauts, provoquant in fine des baisses encore plus brutales ensuite.

Bref, le gain fiscal est purement illusoire dans la mesure où il entretient une frénésie immobilière qui pousse les prix plus hauts qu’ils ne le devraient, annulant largement le bénéfice de la réduction fiscale. Il n’y a donc aucun bénéfice réel pour les ménages et cela exacerbe les bulles naturelles du marché. En France, l’effet de cette mesure a permis par exemple de limiter la baisse des prix jusqu’à présent mais heureusement, elle est arrivée trop tard pour avoir les mêmes effets que dans les trois autres pays.

Bref, un examen critique du paquet fiscal presque deux ans après en montre la faillite complète. Ce très coûteux geste du gouvernement a creusé les déficits sans stimuler l’activité et, pire, a introduit de nouveaux disfonctionnements dans notre fiscalité.

Source : The Economist, Marianne

28.04.2009

L’hypocrisie socialiste sur l’Europe

La semaine dernière, le parti socialiste a lancé sa campagne pour les élections européennes. L’occasion pour Martine Aubry de plaider pour une « autre Europe », une « Europe un peu (sic) moins sauvage » et de demander aux Français de les aider pour décrocher une majorité au parlement européen en juin.

Une hypocrisie politique

Le Parti Socialiste a trouvé son credo : dénoncer l’Europe libérale du PPE, le Parti Populaire Européen, et rejeter sur la droite la responsabilité de la crise économique. Mais cette grosse ficelle est bien abusive. Il faut savoir que depuis trente ans, le PSE et le PPE dirigent ensemble le parlement européen puisque les deux principaux groupes parlementaires se partagent la présidence du Parlement deux ans et demi chacun, préférant leur monopole à une « concurrence libre et non faussée ».

Mieux, le Parti Socialiste affirme qu’il faut voter pour lui afin de remplacer l’actuel président de la Commission Européenne, Juan Manuel Barroso, alors que les deux principaux leaders de gauche en Europe, Gordon Brown et José Luis Zapatero, lui ont apporté son soutien. Mieux, la perspective d’une majorité de gauche en juin 2009 est complètement illusoire quand on sait que dans la plupart des pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie…), la gauche est largement derrière la droite.

Une hypocrisie économique

Mais cette immense hypocrisie politique est doublée d’une incroyable hypocrisie économique. En effet, comment le Parti Socialiste Français peut-il se désolidariser des choix économiques européens faits depuis 25 ans ? N’a-t-il pas majoritairement soutenu l’Acte Unique, le traité de Maastricht, le traité de Nice, le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne ? Tous ces traités ont obtenu une très large majorité des suffrages des élus du PS.

Et ce sont ces traités qui ont fait avancer la déréglementation dans tous les domaines, qui ont rendu le pouvoir monétaire indépendant des politiques. Ce sont ces traités qui ont tenté de faire de la « concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Ce sont ces mêmes socialistes qui ont accepté la libéralisation des anciens services publics sous Lionel Jospin. Bref, les socialistes sont largement co-responsables du bilan calamiteux de l’Europe.

Il est relativement habile de chercher à faire croire qu’en votant pour le PS, les Français pourraient changer la direction d’une Europe que les socialistes n’ont pourtant pas cessé de soutenir depuis un quart de siècle. Mais pour vraiment la changer, il vaut mieux éviter le bulletin à la rose.

Source : http://changerleurope.fr/le-meeting-de-toulouse-lance-la-...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/04/25/a-toulous... 

27.04.2009

Néolibéralisme : la parabole du code de la route

Il était une fois une période que l’on appelait les Trente Glorieuses. Le progrès économique était partagé par tous, chacun pouvait espérer que la condition de ses enfants soit meilleure que la sienne. Le capitalisme encadré par l’Etat fonctionnait globalement pour le bien de tous.

Un code de la route obsolète

La route des Trente Glorieuses comportait de nombreux feux rouges, ronds points, stops et autres règles qu’il convenait de respecter. L’Etat se chargeait de sanctionner tout contrevenant. Mais un jour, la multiplication des règles finit par devenir pesante et certains demandèrent l’abrogation de ces règles. Leur argument était simple : en supprimant tous les ronds-points, feux rouges, stops et autres laisser passer, il serait possible d’accroître la vitesse de passage et l’efficacité du système de transport.

Les partisans de l’abrogation des règles affirmaient que chaque individu était capable d’estimer quel était son meilleur intérêt et qu’à un croisement, une « main invisible » miraculeuse permettrait à chacun de s’insérer dans le trafic de manière harmonieuse et efficace pour tout le monde. Leur calcul mathématique montrait qu’en évitant tout arrêt, il était possible de largement augmenter le trafic pour un même réseau, assurant ainsi d’une meilleure efficacité pour le bénéfice de tous.

Les partisans de la fin du code de la route parvinrent à faire passer leur argument en s’appuyant sur des arguments simples mais percutants. Ils mirent en avant le temps perdu à des feux rouges inutiles où personne ne passe en face… En outre, ils soulignèrent que ce code de la route imposait des forces de police qui pourraient être occupées à des activités plus utiles.

Le code de la jungle

La suppression des règles fut progressive, pour permettre une familiarisation de la population. Les feux rouges devinrent de simples laissez-passer avec priorité et petit à petit, la notion de priorité fut retirée des endroits avec une bonne visibilité. Assez naturellement, une nouvelle règle se mit en place : le plus gros et le plus rapide avait la priorité sur le plus petit, qui laissait toujours passer plus fort que lui. Dès lors, les gros devinrent de plus en plus gros pour profiter de cette priorité.

En fait, plus on était gros et forts, plus on pouvait imposer sa volonté sur des petits qui ne pouvaient pas se risquer à passer, de peur d’être tout simplement écrasés par un plus gros qui n’aurait pas fait attention. Pire, les plus gros étaient devenus tellement gros qu’en cas de pannes ou d’accidents, ils bloquaient totalement le passage, imposant progressivement aux petits de les aider pour se sortir de l’ornière à moins de rester bloqués derrière eux sans pouvoir avancer.

Après de nombreux accidents consécutifs à la vitesse excessive des plus gros camions (les 900 tonnes), qui avaient fini par bloquer de plus en plus souvent les routes, les hommes finirent par constater que le « laissez faire » et le laissez passer » provoquait de grandes injustices et des crises violentes comme le disait un Général prophétique. C’est pourquoi ils finirent par décider de revenir à leur ancien code de la route, qui s’il était un peu frustrant parfois, garantissait à tous un droit de circuler plus juste et sécurisant.

La morale de l’histoire

La déréglementation économique que nous vivons depuis 30 ans, c’est un peu comme si nous avions renoncé à tout code de la route économique en pensant que l’absence de règles n’empêcherait pas la création spontané d’un équilibre qui pourrait être profitable à tout le monde. La crise actuelle montre bien qu’un tel équilibre n’est pas possible, que seule une minorité profite de l’absence de règles et que l’absence de cadre économique provoque des crises de plus en plus violentes.

L’alternative n’est pas un système uniforme niant toute liberté. L’économie a juste besoin de retrouver un code de la route pour ne pas sombrer dans la loi de la jungle. Et chaque individu y restera libre d’y choisir son véhicule, son rythme et sa route, mais en respectant le code de la route et les normes en vigueur.

26.04.2009

Dominique de Villepin sort du bois pour 2012

Dans une interview sur France 3, l’ancien Premier Ministre s’est davantage dévoilé que d’habitude en affirmant qu’il « souhaite fort que cela soit possible » à propos d’une candidature à l’élection présidentielle. De la sorte, il endosse plus clairement le costume d’opposant à Nicolas Sarkozy.

Changement de ton

Jusqu’à présent, Dominique de Villepin parvenait à ne pas répondre clairement aux questions relatives à son éventuelle candidature à l’élection présidentielle. S’il se refusait à l’exclure, il n’évoquait pas clairement cette possibilité, laissant néanmoins toutes les portes ouvertes. Cette fois-ci, Dominique de Villepin est clair : à une question sur l’élection présidentielle, il affirme que « l’élection , c’est une question de circonstance (…) en l’occurrence, il se trouve que ça ne s’est pas présenté, mais je souhaite fort que cela soit possible ».

Bien sûr, beaucoup de questions restent en suspens. Comment l’ancien Premier Ministre, pourtant membre de l’UMP, pourrait se présenter contre un Nicolas Sarkozy dont il est clair aujourd’hui qu’il se représentera dans trois ans ? Dominique de Villepin aura besoin de troupes et d’une organisation pour pouvoir se mesurer au président sortant. Mais c’est justement en s’exprimant aussi clairement aussi tôt qu’il aura l’opportunité et le temps de construire cette organisation…

Une alternative bienvenue

Et il est sûr que Dominique de Villepin représente une des meilleures alternatives pour échapper au débat entre Nicolas Sarkozy, le Parti Socialiste et François Bayrou. Quel que soit le candidat socialiste, aucun des trois principaux candidats évoqués pour 2012 n’est vraiment réjouissant. Même si passer de Nicolas Sarkozy à François Bayrou représenterait une amélioration significative, le président du Modem n’est guère enthousiasmant et surtout ne propose pas d’alternative économique.

On caricature souvent l’opposition de l’ancien Premier Ministre au président à une simple querelle de personne. Pourtant, Dominique de Villepin a souvent exprimé une vision très différente du locataire de l’Elysée : institution, laïcité, relations internationales, style de la présidence. Sur tous ces sujets, son élection représenterait un immense progrès. Sur l’économie, on peut noter un souci social plus important, mais il ne formule toujours pas d’alternative au système économique qui a mené à la crise.

La perspective d’une candidature de Dominique de Villepin en 2012 est très réjouissante car elle nous permettrait d’échapper à une redite de la campagne de 2007. Mais il lui faudra construire une organisation et si possible affiner son analyse de la crise économique actuelle.

Source : http://2villepin.free.fr/index.php/2009/04/18/1095-relanc...

http://2villepin.free.fr/index.php/2009/04/24/1103-domini...

25.04.2009

Après le G20 (2/2) : une nouvelle alliance pour changer d’ordre monétaire

La réunion du G20 n’a pas seulement consacré un nouvel ordre économique associant enfin davantage les pays émergents à la gouvernance économique mondiale. Elle a aussi consacré un G2 alliant Etats-Unis et Chine, qui oeuvrent finalement pour maintenir le système économique en l’état.

Un nouvel ordre économique instable

Les manières polies et très diplomatiques de Barack Obama ne doivent pas faire illusion. Ce sont encore les Etats-Unis qui conservent une forme de leadership mondial, y compris sur les décisions économiques. Même si l’Europe peut dire non à un renforcement des plans de soutien, la tiédeur des décisions du G20 (hormis la rallonge accordée au FMI) doit beaucoup à l’administration américaine, qui profite trop du système à travers le dollar pour vouloir complètement le remettre en cause.

En outre, la Chine se satisfait finalement assez de ce nouveau tête-à-tête avec la première puissance de la planète qui consacre de facto son rang de super puissance. En outre, l’Empire du milieu peut se satisfaire d’un système où il prête aux Etats-Unis pour que les consommateurs américains continuent à importer massivement ses productions. En devenant l’usine du monde, la Chine acquiert un pouvoir économique considérable qui se mesure à ses 2000 milliards de dollars de réserves.

Mais cet équilibre est très instable, comme le montre la crise actuelle. Même la Chine souffre d’une baisse de ses importations et d’un ralentissement économique synonyme de chômage. D’ailleurs, les Chinois s’expriment publiquement en faveur d’un remplacement de l’ordre monétaire actuel qui fait du dollar la monnaie de réserve du monde. Ils ont ainsi proposé de le remplacer par les DTS (Droits de Tirage Spéciaux), un panier des grandes monnaies du monde.

Une nouvelle alliance qui se dessine

En effet, la Chine a été prise au piège du dollar. Parce qu’elle a engrangé des réserves colossales, elle serait la première victime d’un effondrement du billet vert, ce qui la pousse à soutenir la monnaie américaine. C’est sans doute pour cela qu’elle s’est exprimée en faveur d’un nouvel ordre économique mondial. Malheureusement, on peut s’attendre à ce que les Etats-Unis résistent farouchement à toute remise en cause du privilège exorbitant du dollar (totalement ignoré au G20…).

La seule solution pour réformer le système monétaire international serait une alliance entre l’Asie et l’Europe pour construire un système alternatif basé soit sur les métaux précieux soit sur un panier de monnaies. Seule l’alliance de la puissance économique des deux continents permettrait de remettre en question l’ordre actuel. Si l’Europe continentale s’alliait avec les principales puissances asiatiques (Chine, Japon, Inde) pour créer un nouveau système monétaire international, les Etats-Unis n’y pourraient rien.

Une telle alliance sera très difficile à construire, mais aujourd’hui les deux blocs continentaux ont intérêt à le faire. La Chine veut sortir du système dollar. Le Japon subit une appréciation massive du yen qui asphyxie son économie après deux décennies de stagnation et l’Europe continentale pourrait vouloir sortir de cette domination du dollar pour mettre des écluses entre nos économies et celle des Etats-Unis pour la transmission des crises venues d’outre-Atlantique.

Le fait que la crise actuelle se soit déclenchée aux Etats-Unis et que des pays qui n’avaient commis de tels excès en soient des victimes collatérales peut pousser à une remise en question du système monétaire international. Une alliance entre l’Asie et l’Europe continentale aurait les moyens d’y parvenir.

24.04.2009

Après le G20 (1/2) : l’opportunité allemande et italienne

Le G20 a malheureusement montré que les dirigeants de la planète n’étaient prêts qu’à sauver le système mais pas le changer, comme le montrent les gesticulations ridicules sur les paradis fiscaux ou la titrisation. Sera-t-il seulement possible de le changer un jour ? Et surtout, comment ?

Le besoin d’une autre Europe…

Beaucoup se désespèrent de la capacité des partisans d’un autre ordre économique de parvenir à leur fin, comme si la France était le seul pays qui avait une vraie volonté de refonder en profondeur le capitalisme. Certains craignent que nos débats sur la réforme du système économique soit trop franco-français ou une perte de temps parce qu’il ne serait pas possible de changer quoique ce soit en Europe. Cela peut pousser soit à la résignation, soit à une volonté de quitter l’UE.

Pourtant, l’Europe est l’outil qui peut permettre à la France de peser sur le cours des choses. Comment imaginer qu’il sera plus facile de réformer le capitalisme depuis Paris après avoir coupé avec le projet européen ? La France a besoin de convaincre une partie de ses partenaires européens et de les entraîner avec elle dans la voie d’une refondation radicale. L’Europe a un poids économique qui nous permet de changer le cours des choses si nous le souhaitons.

Alors, bien sûr, ce n’est pas l’Europe de la Commission Européenne ou de la BCE qui pourra être d’une quelconque utilité dans la réforme de l’économie. Il faudra sans doute passer sur son corps ce qui sera difficile. Pourtant, la crise actuelle peut provoquer une réaction chez certains de nos voisins, réaction qui pourrait changer radicalement le paysage européen. En fait, une opportunité se présente avec les deux autres grandes puissances de l’euro, l’Allemagne et l’Italie.

L’espoir Allemand et Italien

L’Allemagne doit être le partenaire naturel de la réforme économique dont nous avons besoin. Bien sûr, le modèle économique allemand actuel embrasse complètement les dogmes néolibéraux. Mais ce modèle ne fonctionne pas. L’Allemagne souffre d’une croissance anémique depuis 10 ans. Et surtout, les réformes menées ont fait exploser un modèle social où l’essentiel de la population se sentait membre de la classe moyenne pour faire place à une société à l’anglo-saxonne.

Et ce modèle, avec des riches toujours plus riches et un déclassement social des classes moyennes et populaires pose de plus en plus problème. Il trouve aujourd’hui un écho politique avec Die Linke. Parce que l’ultralibéralisme casse le modèle du capitalisme rhénan, il est fort possible que l’Allemagne finisse par se rebeller contre un système dont elle comprend de plus en plus les limites puisqu’il impose l’austérité en période de croissance tout en exacerbant les difficultés en période de récession…

L’Italie représente également un allié politique potentiel. La péninsule est dans une situation d’anémie économique encore plus criante que l’Allemagne puisqu’il s’agit d’un des seuls pays dont le PIB a reculé en 2008, après dix années de stagnation économique. Comment ne pas imaginer que l’Italie s’ouvre à des solutions plus hétérodoxes pour se sauver ? Demain, l’alliance de la France, l’Allemagne et l’Italie peut renverser les conservatismes et permettre un changement de direction.

Parce que les modèles économiques de la France, l’Allemagne et l’Italie n’ont rien à voir avec le néolibéralisme et que nos pays souffrent de ses excès, une alliance est possible pour renverser l’ordre économique de Bruxelles. Ce ne sera pas facile, mais à 3 pays, nous pouvons changer l’Europe.

23.04.2009

Sécurité, Jack Lang : le grand n’importe quoi de Nicolas Sarkozy

Cette semaine, Nicolas Sarkozy nous a concocté un bon petit programme pour faire oublier la crise économique : un petit coup de projecteur sur sa marotte de 7 ans, la sécurité, puis celle de 2 ans, l’ouverture, ou plutôt le débauchage de mercenaires « socialistes » à l’ego en souffrance.

Mais que fait le président ?

Il n’est pas mauvais que des dirigeants affrontent le problème de l’insécurité. La relative démission de Lionel Jospin sur ces questions ont marqué l’apogée de la fracture de la gauche avec les classes populaires. Mais dans le cas de Nicolas Sarkozy, il est difficile de ne pas y voir seulement une forme de diversion. Le plus drôle (ou triste d’ailleurs) est cette phrase, rapportée par le Figaro : « Nicolas Sarkozy entend passer la vitesse supérieure contre l’insécurité ».

La lecture de cette phrase laisse perplexe quand on sait qu’elle concerne un président élu depuis deux ans, qui avait été ministre de l’intérieur pendant quatre des cinq années qui avaient précédé son élection. En clair, Nicolas Sarkozy est plus ou moins responsable de la sécurité depuis près de 7 ans et là, aujourd’hui, il affirme qu’il faut « passer la vitesse supérieure ». Aurait-il été un peu trop laxiste pendant ses deux années de présidence et ses quatre années au ministère ?

Le plus drôle est quand même le fait que le journaliste du Figaro rapporte cette phrase apparemment sans la moindre distance, comme si Nicolas Sarkozy était un président nouvellement élu, sans se rendre compte du ridicule de la citation et de l’emphase du président à ce sujet. À moins que Bruno Jeudy ne soit en fait un anti-sarkozyste camouflé oeuvrant à la démolition de l’œuvre du président de la République au sein même de son électorat le plus fidèle….

L’imposture de la posture

Cela fait 7 ans que la France vit dans un tourbillon de lois, annonces et mesures censées améliorer la sécurité de notre pays. Pourtant, le résultat est plus que médiocre. Bien sûr, le nombre de délits diminue, mais cette chute est essentiellement la conséquence de la diminution des vols de voitures et des cambriolages suite à l’amélioration de leur équipement de sécurité. Dans la réalité, les actes violents commis contre les personnes continuent de progresser, année après année.

La posture sécuritaire de Nicolas Sarkozy cache une absence flagrante de solutions. Nicolas Sarkozy parle fort, s’agite d’un point de vue législatif, mais rien ne change vraiment. Le président a toujours préféré la posture communicante à la véritable résolution de problèmes, sans doute plus difficile et sans guère d’intérêt pour un président plus préoccupé par son ego que les préoccupations des Français.

Ce souci de la posture se retrouve dans l’hommage qu’il a fait de Jack Lang et sa capacité de faire applaudir par les militants UMP l’ancien ministre de François Mitterrand, digne représentant de la gauche caviar et de tous les travers de l’ancien président de la République. Cet épisode en dit long sur des militants UMP qui semblent donc capables d’applaudir n’importe qui du moment que leur président le leur demande, confirmant la dérive du parti majoritaire en un fan club sans le moindre esprit critique.

Un président qui dit qu’il faut passer la vitesse supérieure sur l’insécurité alors qu’il a été en charge de ces questions six des sept dernières années et qui fait applaudir Jack Lang à un meeting UMP : que nous réserve-t-il dans les prochaines semaines pour faire oublier la crise ?

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/22/01002-2009042...

22.04.2009

Les Etats contre Monsanto et la Commission Européenne

Il y a un mois et demi, le bras de fer entre les Etats et la Commission Européenne sur les OGM et le maïs Monsanto s’était terminé par une victoire par K.O. des Etats. Nouvelle étape la semaine dernière avec le retrait du fameux maïs MON 810 d’Allemagne.

Un choix remis en cause par le Figaro

Le choix de l’Allemagne renforce clairement le camp de la prudence à l’égard des OGM puisque avec cette décision, notre voisin d’outre-Rhin devient le sixième pays de l’Union Européenne à interdire la commercialisation de cette variété de maïs transgénique et résistante aux insectes, la plus commercialisée sur le marché des semences de maïs dans le monde. Le ministère de l’agriculture Allemand a justifié cette décision par des études indiquant un risque pour des insectes.

Le Figaro ne s’embarrasse pas de beaucoup de précautions pour expédier la décision de l’Allemagne qui s’appuierait « sur des considérations plus politiques que scientifiques ». Passons sur le sens suggéré de l’adjectif « politique »… Le journaliste écrit même que « selon nos informations, ces études ne sont ni nouvelles ni forcément pertinentes », citant un autre scientifique pour qui « rien dans nos travaux n’indique que le maïs MON 810 présente un risque supérieur ou différent pour l’environnement ».

Débats scientifiques

Il est parfaitement possible que Marc Mennessier écrive en toute bonne foi, et que sa foi dans le progrès et la technologie explique son point de vue assez radical. Après tout, le passé regorge d’histoires où les hommes ont craint certaines évolutions technologiques et leur impact sur la santé avant de constater que ces dangers étaient inexistants. Mais cependant, l’inverse reste également vrai.

Et l’article de www.cdurable.fr, beaucoup plus équilibré que celui du Figaro, pointe de manière autrement plus convaincante les limites des études citées par les partisans du maïs Monsanto. En outre, comment ne pas soupçonner l’influence mercantile de la multinationale Américaine ? N’est-il pas imaginable que les profits phénoménaux du MON 810 ne poussent les dirigeants à prendre un risque ? Après tout, les résultats des études scientifiques ne sont pas unanimes.

Ce n’est pas aux opposants des OGM de prouver les risques de ces produits. Il revient à leurs défenseurs de démontrer leur parfaite innocuité sur le long terme. Sinon, les Etats ont raison d’utiliser le principe de précaution pour en suspendre la commercialisation.

Source : http://www.lefigaro.fr/vert/2009/04/16/01023-20090416ARTF...

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...

http://cdurable.info/OGM-Polemique-Rapport-AFSSA-Monsanto...

21.04.2009

Le Parti Socialiste ne sera pas au second tour en 2012

Bien sûr, il est beaucoup trop tôt pour faire des pronostics. Bien sûr, rien n’est jamais écrit ni joué. Bien sûr, on peut penser que de telles prévisions sont partisanes. Malgré tout, jour après jour, interventions après interventions, le piège semble se refermer sur le Parti Socialiste…

Le piège de la crise

On pourrait croire que la crise économique actuelle est le meilleur contexte possible pour un parti de gauche. Après tout, les excès du capitalisme dérégulé ont été démontrés de manière assez incroyable. La hausse spectaculaire du chômage et la stagnation du pouvoir d’achat contrastent de manière choquante avec les rémunérations, bonus et parachutes dorés des grands patrons. Enfin, les plans de sauvetage des banques ont provoqué une légitime colère devant cette collectivisation des pertes et cette privatisation des profits.

En fait, ce contexte est peut-être le pire pour la gauche gouvernementale, qui a accompagné le mouvement de déréglementation économique depuis un quart de siècle en France. En effet, les Français n’ont pas l’impression que le logiciel économique du PS diffère tant que cela de celui de la droite. D’ailleurs le plan de relance alternatif de Martine Aubry se différencie surtout par une volonté de dépenser plus. Aujourd’hui, le PS n’arrive pas à se distinguer concrètement de la droite sur l’économie.

Le piège de l’UMP

Pire, la pratique des débauchages de Nicolas Sarkozy efface encore plus les frontières entre ce que l’on appelle la gauche et la droite. Comment croire à une véritable différence idéologique quand l’ancien responsable du programme économique du Parti Socialiste, également en charge d’un manifeste contre le candidat Sarkozy rejoint son adversaire d’hier avec armes et bagages ? Comment se convaincre qu’il y a une véritable différence quand Bernard Kouchner devient ministre d’une majorité UMP ?

Le débauchage de mercenaires a un deuxième effet délétère sur l’image du Parti Socialiste. Finalement, il le renvoie à ce qu’il est en grande partie devenu (du moins au niveau de ses dirigeants), une franchise électorale au service d’ambitieux. Pire, ces mercenaires s’encombrent tellement peu de convictions qu’ils sont prêts à passer du jour au lendemain à l’ennemi pour une blessure d’ego, même après avoir dit des horreurs sur les gens qu’ils servent aujourd’hui (Besson, Kouchner toujours).

Le piège de la division

Pire, cette absence de projet commun pour la France et les Français transparaît dans les guerres intestines qui n’en finissent plus d’agiter le Parti Socialiste. Ses dirigeants sont tellement recroquevillés sur leur nombril qu’ils sont incapables d’arrêter de dire du mal les uns des autres. L’UMP n’a quasiment pas besoin d’attaquer le PS tant les socialistes sont parfois encore plus durs les uns avec les autres que les saillies de Frédéric Lefebvre.

Et cette dureté est bien illustrée par les critiques à l’encontre de Ségolène Royal. Il faut dire que la candidate de 2007 les cherche assez souvent mais aucune camaraderie ne vient à son secours. Résultat, le fossé entre ses partisans et ses opposants sera un gouffre si profond dans trois ans qu’il est fort probable que le camp perdant lors des primaires n’acceptera qu’avec très mauvaise grâce le verdict. Et en attendant 2011, les socialistes sont en train de commettre un véritable suicide politique.

En tombant dans ce triple piège, il est peu probable que le Parti Socialiste puisse atteindre le second tour en 2012, même si Nicolas Sarkozy est au zénith de l’impopularité. Du côté de Pau, un député doit bien sourire : le président agité et le parti suicidaire font tout le travail pour lui….

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