31.05.2009
Européennes : manipulations sondagières, suite
Décidément, certains journalistes n’apprennent rien. Alors qu’ils pourraient parler du débat d’idées (PAC, frontières de l’Europe, institutions, protectionnisme, leçons de la crise…), certains préfèrent toujours commenter les variations non significatives des sondages.
L’oubli de la marge d’erreur
Pour un sondage réalisé sur un millier de personnes, la marge d’erreur est de 2 à 3%. Pourtant, certains articles continuent de commenter des mouvements d’un point comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique digne d’un prix Nobel. La palme revient sans doute à ce sondage du Monde , qui mesure l’impact de la réunion rassemblant Martine Aubry et Ségolène Royal. L’article parle d’un « léger rebond (…) au détriment du Modem » alors que les mouvements enregistrés (1 point) ne sont pas significatifs.
Bref, le journaliste commente des chiffres qui n’ont aucun sens. Mais l’autre problème est également le biais de certaines questions. En effet, dans le cas de Debout la République (très peu connu), sont testés les noms des têtes de liste avec le nom du parti, sans mention de Nicolas Dupont-Aignan alors que les sondages mentionnant son nom nous place plutôt à 4%. Résultat, ces mauvais sondages sont brandis pour éviter de nous inviter, dans un cercle vicieux machiavélique. Prélude à une bonne surprise le 7 juin ?
Un biais terrifiant
Comme en 2005 lors de la campagne référendaire sur le Traité Constitutionnel Européen, la majorité des médias ont un biais important. À l’époque, 90% des journaux appelaient à voter « oui », dont une grande partie de manière unilatérale et sans nuance, avec le succès que l’on sait. Il n’est donc sans doute pas surprenant que beaucoup de « oui-ouistes » préfèrent ignorer les véritables débats de fond pour se concentrer sur des commentaires inutiles sur des variations sondagières non significatives.
Et ce traitement indigent de la campagne doit également beaucoup aux trois premiers partis de France. Nicolas Sarkozy multiplie les contre-feux entre insécurité et Claude Allègre. Le Parti Socialiste, lui, essaie de capitaliser sur l’impopularité de Nicolas Sarkozy et avance des arguments plus incohérents les uns que les autres. Quant à François Bayrou, il préfère également se projeter en 2012 et s’opposer au président puisqu’il a voté comme lui tous les traités qui sont passés depuis 25 ans…
Oui, cette campagne électorale est très décevante. Elle a commencée trop tard pour éviter de donner du temps aux petites listes de monter et reste souvent cantonnée à des polémiques stériles sur les sondages ou des questions annexes. Le camp du « oui » en 2005 veut en tirer une forme de revanche.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, sondages, le monde
30.05.2009
Les éléphants se rassemblent pour mourir
Semaine difficile pour le Parti Socialiste : malgré le grand meeting rassemblant Ségolène Royal et Martine Aubry, la perspective d’un score inférieur à 20% le 7 juin grandit et le siège de Benoît Hamon est menacé, provoquant un rassemblement des quadras pour venir à son secours.
Un contexte pourtant idéal
C’est bien le paradoxe de la situation : le Parti Socialiste va mal alors que tous les éléments qui lui sont extérieurs lui sont favorables. Après tout, l’UMP est au pouvoir depuis 7 ans, ce qui l’exonère pour une bonne partie de la situation actuelle. La crise, sévère, a provoqué une envolée du chômage, après une crise sur le pouvoir d’achat. Qui plus est, cette crise du « laissez faire » et du « laissez passer » devrait favoriser une gauche représentant théoriquement une alternative au néolibéralisme.
En outre, Nicolas Sarkozy est clairement impopulaire. Celui qui promettait de « travailler plus pour gagner plus », d’être le « président du pouvoir d’achat » et de réduire le chômage à 5% en 2012 a logiquement perdu en crédibilité. Et ce ne sont pas ses gesticulations sur l’insécurité à la veille du scrutin qui devraient beaucoup l’aider puisqu’elles rappellent également que les innombrables lois et déclarations musclées n’ont pas fait grand chose pour améliorer la situation depuis 7 ans.
Le parti de la rose aux fraises
Mais ce contexte trop beau pour être vrai est plus que compensé par les faiblesses internes du parti. En effet, si le meeting de rassemblement a sans doute plu aux militants, il a été précédé par une multitude de commentaires sur la rivalité exacerbée entre les deux protagonistes. Du coup, il ressort encore et toujours les querelles de personnes. On pourra dire que les médias en rajoutent, mais cela est aussi la conséquence logique des trop nombreuses critiques publiques exprimées entre camarades…
À cette guerre des chefs sans fin, s’ajoute une indigence programmatique incroyable. Hier matin sur RTL, la première secrétaire expliquait comment les partis socialistes allaient changer l’Europe si une majorité de gauche était élue et appelait donc à voter utile pour le changement. Mais cet argument s’effondre à la moindre analyse. Comment le Parti Socialiste peut-il espérer être crédible pour changer d’Europe après avoir voté tous les traités depuis 25 ans, y compris celui de Lisbonne ?
Pire, l’argument de changer l’Europe par le Parlement est doublement malhonnête. Si le Parlement décide d’un certain nombre de choses, ce n’est pas l’Institution la plus puissante en Europe. La Commission a beaucoup plus de pouvoir. En outre, les partis de gauche ne sont pas unis puisque certains (Royaume-Uni, Portugal) soutiennent le président actuel de la Commission. Enfin, PSE et PPE s’entendent depuis 30 ans pour co-gérer le Parlement, condamnant toute alternance…
Ce rassemblement ressemble à un chant du cygne du Parti Socialiste. Cette entente cordiale affichée mais tellement factice ne fait que renforcer cette image de parti davantage préoccupé par son nombril que par des idées, expliquant la faiblesse de son argumentation.
Source : http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-05-27/eur...
10:55 Publié dans Actualités, Européennes 2009, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, martine aubry, ségolène royal
29.05.2009
Tous à la Mutualité mardi 2 juin !
Cette courte campagne des élections européennes va prendre fin dans une semaine. Et comme point culminant, Debout la République propose un grand meeting mardi 2 juin à 19H à la Mutualité.
Un débat escamoté
Les opposants à la marche actuelle de l’Europe sont encore souvent caricaturés : « anti-européens », « souverainistes ». Tout est bon dans le vocabulaire de la minorité bien-pensante pour dénigrer ceux qui ne pensent pas comme eux. Cela a été l’occasion d’une passe d’arme spectaculaire lors de l’émission « Mots croisés » d’Yves Calvi. Autour de la table, uniquement des partisans du « oui » au TCE, que ce soit au niveau des hommes et femmes politiques présents ou des journalistes.
Nicolas Dupont-Aignan a alors attaqué sévèrement les personnalités présentes en soulignant le paradoxe d’un débat sur la question européenne ne rassemblant sur le plateau que des personnes favorables au « oui ». Les opposants au TCE, qui avaient pourtant rassemblé 55% des voix il y a 4 ans, n’étaient que brièvement représenté par un duplex qui ne permettait qu’un échange limité. La grosse colère du président de Debout la République exprimait un ras-le-bol légitime à l’égard de ce traitement partial.
Une campagne pour une autre Europe
Debout la République s’est dépensé sans compter dans cette campagne pour montrer qu’un autre projet européen existe. Pour répondre au Traité Constitutionnel Européen et au traité de Lisbonne, un traité alternatif a été rédigé pour montrer qu’une organisation radicalement différente de l’Europe est possible, où le pouvoir est pris des mains des technocrates pour le donner de nouveau aux Etats.
Nicolas Dupont-Aignan s’est aussi fait le premier défenseur du protectionnisme européen. Debout la République présente sans doute un des projets économiques alternatifs les plus solides et les plus aboutis. N’oublions pas que la veille de la phase la plus dure de la crise, les Universités de rentrée du parti réunissait le gratin des penseurs alternatifs comme Emmanuel Todd, Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir ou Gérard Lafay. L’alternative économique se pense aujourd’hui chez nous.
C’est pourquoi je vous donne rendez-vous à la Maison de la Mutualité, 24 rue Saint Victor dans le 5ème arrondissement de Paris, métro Maubert-Mutualité. Que vous soyez militant ou simplement désireux de mieux connaître nos positions pour l’Europe, venez nombreux !
Source : http://www.debout-la-republique.fr/Grand-Meeting-national...
http://www.europeennes2009.fr/france-2-petits-debats-entr...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Europe, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : debout la république, nicolas dupont-aignan, élections européennes
28.05.2009
The Economist vante le modèle Français
Énorme surprise à la une de l’hebdomadaire ultralibéral The Economist, qui se demande si la crise actuelle ne montre pas la pertinence du modèle Français par rapport aux modèles allemand ou anglais. Si la conclusion est moins surprenante, les questions restent intéressantes.
Une crise qui touche moins notre pays
Quelle surprise que cette une de The Economist où l’on voit Nicolas Sarkozy sur un piédestal avec une mention « Le modèle Français », dans la langue de Molière, Angela Merkel debout avec un air sombre (Modell Deutschland) et un Gordon Brown dans un trou (The Anglo-saxon model). En outre, c’est bien la situation économique de la France aujourd’hui qui pousse le magazine anglais, très souvent critique à notre égard, à suggérer que notre modèle est gagnant.
En effet, l’Allemagne traverse une crise deux fois plus sévère par la baisse du PIB par exemple. L’économie allemande, touchée de plein fouet par la baisse de ses exportations industrielles, a ainsi reculé de 3,8% au premier trimestre 2009, contre seulement 1,5% de notre côté du Rhin. Le PIB devrait baisser de 6% en Allemagne en 2009, le double de la France. Quant à l’Angleterre, son déficit approche les 10%, le double de la France, pour une récession encore plus sévère.
Les atouts du modèle Français
The Economist explique donc les atouts d’une France dont les « stabilisateurs automatiques » amortissent la crise. L’hebdomadaire cite le poids des dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires, l’indemnisation des chômeurs, la politique familiale qui explique notre natalité, ainsi que la planification des grands investissements qui font que nos infrastructures sont bien meilleures qu’en Grande-Bretagne. Il rend même un hommage à notre politique industrielle en parlant d’Areva et Alstom.
Si The Economist souligne que les banques Françaises ont mieux résisté à la crise et souligne notre modération sur l’endettement, il critique notre réglementation excessive. Cette lourdeur expliquerait un marché de l’emploi dual et la persistance d’un fort taux de chômage. The Economist attaque également notre manque d’innovation et un système d’éducation inégalitaire. Globalement, il affirme que notre manque de flexibilité se paiera par une plus faible croissance demain.
Mais cette affirmation est un peu cavalière, notamment quand on compare avec l’Allemagne, dont les efforts de compétitivité ont abouti à un taux de croissance bien plus faible que nous depuis 10 ans. En outre, l’argument inégalitaire sur l’emploi et l’éducation est de mauvaise foi, venant d’un magazine qui prône un modèle anglo-saxon bien plus inégalitaire. Quant au manque d’innovation, la France n’est pas vraiment en retard par rapport au reste du continent européen.
Au final, de manière paradoxale, The Economist fait un plaidoyer assez convaincant sur le modèle Français. Et si la conclusion est naturellement négative, la minceur des arguments de conclusion finit par démontrer le contraire de ce que l’hebdomadaire anglais souhaite faire.
Source : The Economist 9 mai
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the economist, modèle français
27.05.2009
Le rideau de fumée de "l’ouverture", ou plutôt des débauchages
C’est le sujet dont tous les médias parlent depuis deux semaines : Claude Allègre serait aux portes du gouvernement, sur le point de prendre la responsabilité d’un MITI à la Française. Mais que cache donc cette volonté de débaucher de nouveaux socialistes ?
Une manœuvre machiavélique
Avec un peu de recul, on se rend compte que ce débat sur l’entrée de l’ancien ministre de l’éducation nationale de Lionel n’est sans doute pas un hasard. En effet, quoi de mieux qu’une bonne polémique sur la possible entrée d’un nouveau socialiste au gouvernement pour escamoter un débat d’idées sur les élections européennes. Car l’UMP ne souhaite pas mener de débat pour éviter d’être mis en face de ses contradictions, que ce soit sur la Turquie ou la PAC, avec le problème de la filière laitière.
Outre le fait d’escamoter le débat d’idées pendant la campagne, ces débauchages qu’on appelle bien paradoxalement « ouverture », ont surtout pour objectif d’affaiblir les adversaires principaux de l’UMP. En effet, le débauchage de quelques mercenaires socialistes, sans scrupules mais pas sans ego, a un double intérêt : provoquer des débats sans fin au sein des socialistes tout en gênant le Modem de François Bayrou qui avait fait de cette ouverture un argument en 2007.
Ce que les débauchages révèlent
Car il faut le répéter : Nicolas Sarkozy n’avait jamais parlé, ni même promis, d’ouverture pendant la campagne présidentielle. Au contraire, l’UMP moquait cette association des talents de gauche et de droite dans une même équipe, la jugeant même impossible. Le virage à 180° a été effectué sous l’œil bien indulgent de la plupart des médias, qui ne rappellent pas cet épisode, pour contrer le succès de François Bayrou, sans doute l’adversaire le plus redoutable du président pour 2012.
Cependant, ces débauchages présentent un certain intérêt. En effet, ils révèlent la proximité idéologique du PS, du Modem et de l’UMP, qui peuvent parfaitement travailler ensemble dans le même gouvernement tant ils sont finalement d’accord sur plus de 90% des sujets, notamment sur la question européenne. Ces trois partis ont soutenu le système économique qui nous a mené au désastre actuel. Ainsi, si les Français cherchent une alternative, ils devront regarder ailleurs.
Les débauchages de personnalités socialistes représentent une des manœuvres les plus machiavéliques de notre histoire politique. Mais elle a l’intérêt de révéler la très grande proximité de pensée des trois principaux partis, UMP, Modem et PS et montre donc que l’alternative devra être cherchée ailleurs.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/05/26/01002-2009052...
11:16 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Présidentielles 2007, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ouverture, débauchages, claude allègre, modem, nicolas sarkozy
26.05.2009
Chéri, j’ai rétréci le premier ministre !
Cela fait déjà plus de deux ans que François Fillon s’est installé à l’hôtel de Matignon. Pourtant, en deux ans, je ne crois pas avoir consacré le moindre billet à sa seule personne. C’est que le Premier Ministre, qui avait théorisé l’effacement de sa fonction, est allé jusqu’au bout de l’exercice.
Un premier ministre complètement transparent
L’article du Monde est cruel pour l’hôte de Matignon : entre les lignes, on y comprend bien que son importance est complètement négligeable. D’ailleurs, personne ne l’attaque et les critiques contre le gouvernement portent le plus souvent sur Nicolas Sarkozy et autrement sur les ministres. L’ensemble de l’opposition passe par pertes et profits ce premier ministre dont on sait bien qu’il ne décide rien et qu’il ne fait que remplir une fonction momentanément devenue inutile.
À dire vrai, ce n’est pas la première fois que le premier ministre s’efface devant son président. Valéry Giscard d’Estaing a été le premier président à prendre des libertés avec l’esprit et la lettre de la Constitution pour réduire le rôle du chef de gouvernement. Jacques Chirac en avait fait l’amère expérience. Mais du coup, ce dernier avait démissionné avec fracas. Depuis, les autres présidents de la République sont revenus à une lecture plus conforme à l’esprit de la Constitution, avec un vrai premier ministre.
Une popularité de papier
C’est pourquoi tous les commentaires sur la « popularité » de François Fillon sont à la limite du comique. L’inexistence totale du premier ministre devrait inviter à prendre des pincettes dans l’analyse des sondages qui le concernent. En effet, plus que son « action », il faut se demander si ce n’est simplement pas ce que représente François Fillon dans le style (l’opposé de Nicolas Sarkozy) que les Français jugent de manière plus positive que le chef de l’Etat.
D’ailleurs, la fin des débats sur sa succession montre bien l’importance relative qu’aurait son remplacement par Brice Hortefeux, Xavier Bertrand ou Claude Guéant. Nicolas Sarkozy a profondément changé les équilibres de la Cinquième République en rendant inutile le rôle pourtant crucial de premier ministre. Heureusement, ce n’est pas la première fois et l’expérience montre qu’il est parfaitement possible de revenir à la pratique traditionnelle de la Cinquième République.
En entrant à Matignon, François Fillon avait eu des mots particulièrement désagréables et bien peu républicains à l’égard de son prédécesseur. Deux ans après son arrivée à Matignon, l’absence totale de trace qu’il laisse à l’action gouvernementale est une revanche bien savoureuse.
Source : http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...
10:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : françois fillon, matignon, premier ministre
25.05.2009
Européennes et manipulations sondagières
La plupart des sondages politiques ont des marges d’erreur de 2 à 3 points. Pourtant, la plupart des médias continuent de faire des gros titres sur des mouvements d’un seul point, non significatifs. Un nouvel exemple des limites des sondages préélectoraux et des commentaires qu’ils engendrent.
Des commentaires complètement abusifs
Il y a une dizaine de jours, la plupart des médias titraient sur la percée de l’UMP et la baisse du Parti Socialiste. Pourtant, quand on regardait les détails, les mouvements de sondages étaient généralement d’un petit point. Or la marge d’erreur de sondages portant sur un millier de personnes est de 2 à 3 points, ce qui rend donc les variations commentées non significatives. Pire, quel intérêt accorder aux variations sur les moins de 30 ans, sachant que l’échantillon ne devait pas dépasser les 200 individus ?
Les leçons de l’élection présidentielle de 2002 n’ont donc pas été retenues. Pourtant, la surprise du 21 avril 2002 devrait inciter les journalistes à plus de distance vis-à-vis des chiffres donnés par les sondages politiques. Et surtout, les marges d’erreur devraient être davantage mises en avant pour donner du recul à ces chiffres bruts. Malheureusement, les leçons de l’histoire politiques ne sont pas retenues et on continue à commenter des chiffres qui ne devraient pas l’être.
Des biais partisans un peu trop visibles
Mais outre ces interprétations abusives de mouvements sondagiers non significatifs, il y a également des biais partisans choquants. Comment ne pas voir un biais pro gouvernemental dans la présentation des sondages des derniers jours qui donnaient pourtant un seul point de plus à l’UMP ? De même, alors que le Modem s’est imposé comme la troisième formation politique du pays, la tonalité des commentaires et le temps de parole accordé au parti de François Bayrou ne sont pas en rapport avec son poids.
Mais le cas de Debout la République est également choquant. L’astuce des instituts de sondages pour sous-estimer notre parti ? Très simple : il suffit de tester uniquement le nom du parti sans lui accoler le nom de Nicolas Dupont-Aignan, beaucoup plus connu dans l’opinion. Résultat, alors que les sondages mentionnant son nom pointe nos listes à 4%, ceux qui ne le mentionnent pas évoquent seulement 1 à 2%. Et comme nous ne sommes qu’à 1 ou 2%, nous ne sommes pas invités dans les médias…
Cette campagne des élections européennes est une des plus mauvaises campagnes des dernières décennies : à la fois beaucoup trop limitée dans le temps et cantonnée à des commentaires sur le fait que les Français ne s’y intéressent pas ou sur les sondages…
Source : http://www.lefigaro.fr/elections-europeennes-2009/2009/05...
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, sondages, debout la république
24.05.2009
Europe : la gauche victime de la crise
C’est l’un des paradoxes de cette crise. Puisque c’est la déréglementation, financière, commerciale et monétaire qui a provoqué la grave crise économique que nous traversons, la droite devrait être en difficulté. Mais dans toute l’Europe, c’est l’inverse qui se passe.
Le naufrage européen de la gauche
En tout début de la campagne, le Parti Socialiste essayait de convaincre les électeurs Français de voter pour lui en affirmant que le Parti Socialiste Européen (PSE) pouvait prendre la majorité au Parlement européen et ainsi tirer les leçons de la crise. Cette affirmation était doublement abusive. Tout d’abord, le PSE co-gère le Parlement depuis 1979 avec le PPE, partageant même sa présidence. Mais surtout, le paysage électoral des grands pays européens indique plutôt une défaite historique de la gauche.
En Grande-Bretagne, le Labour de Gordon Brown, usé par douze années de pouvoir et le scandale des notes de frais, s’apprête à subir une défaite historique. En Italie, Silvio Berlusconi a traversé la crise sans que la gauche ne parvienne à devenir une alternative crédible, malgré ses dérapages… En Espagne, le gouvernement de José Luis Zapatero est plombé par la crise économique et l’envolée du chômage (qui dépasse 17% aujourd’hui). Bref, le PSE devrait largement reculer le 7 juin.
Pourquoi la gauche est mal-en-point
Pourtant, le contexte devrait lui être favorable puisque cette crise a consacré le retour de l’Etat, qui a sauvé l’économie et nationalisé des banques. En fait, si les électeurs ne font pas davantage confiance à la gauche en Europe, c’est sans doute que les électeurs de toute l’Europe ont bien compris que les partis de gauche traditionnels ne proposent plus une alternative économique aux politiques de la droite. Le SPD, le Labour, le PS ou le Parti Démocrate Italien avaient eux aussi cédé aux sirènes de la déréglementation.
Résultat, les électeurs n’ont aucune motivation pour voter pour des partis qui ne représentent pas une véritable alternative et qui ont été incapables de présenter une autre vision de l’économie. La gauche européenne, déboussolée par la crise, est incapable de formuler la moindre alternative un peu consistante à la déréglementation monétaire, commerciale et financière à part quelques mesures en partie cosmétiques comme la hausse de l’imposition des plus riches. Elle ne produit aucune réflexion sur le système.
Finalement, même si ces élections européennes passent un peu inaperçues, elles auront au moins un grand mérite : démontrer que les électeurs ne croient plus que ce que l’on appelle la gauche ait un véritable projet alternatif. Reste à espérer que des forces alternatives commencent à émerger.
11:12 Publié dans Actualités, Economie, Europe, Européennes 2009 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, crise économique, pse, zapatero, brown
23.05.2009
Japon, Allemagne : l’illusion commerciale
Il y a 20 ans, le Japon et l’Allemagne étaient les exemples donnés à tous en matière économique : des pays innovants, tournés vers l’exportation. Aujourd’hui, ces pays sont plus violemment que les autres victimes de la crise économique, remettant en cause leur modèle économique.
Un modèle économique en échec
-15,2% en rythme annuel : telle est la baisse du PIB Japonais au premier trimestre 2009, après une baisse de 13% au quatrième trimestre 2008. En seulement six mois, l’économie japonaise a vu sa richesse se réduire de 7%. La violence de la récession n’y a rien d’équivalent depuis la Grande Dépression. Elle aussi, l’économie allemande subit une récession très violente puisque le PIB y a reculé de 3,8%, soit 15% en rythme annuel. Sur un an, le PIB Allemand recule de plus de 6%…
Pourtant, l’Allemagne et le Japon n’avaient pas connu la moindre bulle immobilière avant le déclenchement de la crise. Et si l’Etat Japonais était considérablement endetté avant la crise, ce n’était pas le cas de l’Allemagne, qui gérait avec modération ses finances publiques. Avant le déclenchement de la crise, l’Allemagne était montrée comme l’exemple à suivre, parce qu’elle avait construit son modèle sur les exportations et n’avait pas hésité à comprimer ses salaires pour gagner en compétitivité.
Un modèle à bout de souffle
Les chiffres d’aujourd’hui montrent bien que pour les pays riches, un modèle économique tourné vers les exportations ne fonctionne plus. En période de croissance mondiale, les efforts de modération salariale dépriment le marché intérieur et donc la croissance pour assurer la compétitivité commerciale. Et en cas de retournement économique mondial, ces pays sont les premiers à souffrir de l’effondrement économique. Quelle que soit la situation économique, ils perdent !
C’est qu’un modèle économique basé sur les exportations industrielles dans un pays développé n’est plus viable aujourd’hui dans un monde où la déréglementation commerciale met en concurrence des pays dont les écarts de coûts salariaux vont de 1 à 20. Sans écluse commerciale, ces pays sont condamnés au mieux à une croissance molle et au pire à un effondrement économique s’ils finissent par être dépassés par les pays émergents.
Il faut espérer que cette crise fasse prendre conscience à l’Allemagne et au Japon des limites de leur modèle économique. Ainsi, ils pourraient devenir les acteurs de la construction d’un nouveau modèle, incluant notamment des éléments protectionnistes.
Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/05/20/04001-20090520...
http://www.lesechos.fr/info/inter/reuters_00148349-le-pib...
10:55 Publié dans Actualités, Economie, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : japon, allemagne, protectionnisme, libre-échange
22.05.2009
L’Europe ignore la brèche dans l’étalon dollar
C’est un événement économique d’importance qui a eu lieu cette semaine, sans pourtant faire un grand bruit dans les médias. Le Brésil et la Chine se sont mis d’accord pour que leurs échanges commerciaux soient basés sur leurs monnaies respectives et non le dollar.
Le début de la fin pour le dollar ?
Edward Hadas a raison de souligner que la remise en cause du dollar, si elle semble bien engagée aujourd’hui, prendra du temps, du fait des habitudes et de la place centrale qu’il a acquise depuis des années. Cependant, tout indique désormais que cette situation devrait évoluer à moyen / long terme. La Chine montre d’autant plus de signes d’impatience qu’elle serait la première victime d’une dépréciation du billet vert étant donnée l’immensité de ses réserves (plus de 2 000 milliards de dollars).
Et d’ailleurs, l’amoncellement de réserves de la Chine n’est pas sans rappeler l’accumulation d’or pratiquée par les Etats-Unis à partir de la première guerre mondiale et qui avait permis à leur monnaie de devenir « aussi bonne que l’or ». La décision des autorités de Pékin et Brasilia est doublement intéressante. D’une part, elle démontre la volonté de deux grandes puissances économiques émergentes de remettre en cause le rôle du dollar. De l’autre, elle montre une volonté de coordination entre ces pays.
Un nouvel ordre économique en marche ?
Comme le souligne bien l’article, il ne manquerait plus que la Russie et l’Inde se joignent au Brésil et à la Chine pour que la remise en cause du dollar prenne un tour plus radical. Le nouvel ordre économique mondial pourrait donc être le résultat d’une alliance des pays émergents contre l’hégémonie et le privilège monétaire des Etats-Unis, sans la moindre coordination avec le Japon ou l’Europe.
Car c’est là tout le paradoxe de la situation. L’Europe et le Japon ont été les victimes d’une forte appréciation de leur monnaie face au dollar qui a plongé leur économie dans une crise encore plus sévère qu’aux Etats-Unis. Pourtant, la nature du déclencheur de la crise (la crise de l’immobilier) aurait dû les protéger partiellement. Mais la politique monétaire agressive de la Fed a provoqué une dépréciation du dollar qui a amorti la crise outre-Atlantique tout en l’aggravant au Japon et dans la zone euro.
C’est pourquoi Tokyo et les capitales européennes devraient être en première ligne pour remettre en cause le privilège du dollar et chercher à organiser un système alternatif. Au pire, nous devrions au moins être prêts à rejoindre l’initiative du Brésil et de la Chine pour mettre un coup de butoir définitif contre l’étalon dollar et créer un nouveau système monétaire international. Mais comme d’habitude, le train de l’histoire passe sans que les dirigeants européens ne réagissent…
Bonne nouvelle : la remise en cause du système monétaire actuel, qui privilégie outrageusement les Etats-Unis a fait un pas en avant décisif. Mauvaise nouvelle : les pays européens n’ont pas rejoint cette initiative qu’ils regardent comme une vache regarde passer les trains.
Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/05/20/la-fin-...
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dollar, brésil, chine, inde, russie, europe, système monétaire international



