30.06.2009

Le coût de l’anarchie commerciale

Dans un article très intéressant publié par Marianne 2, Jacques Sapir revient sur les conséquences néfastes du libre-échange. Il y affirme, comme Maurice Allais dans les années 90, que la moitié des chômeurs en Europe le sont par la faute du libre-échange.

Pourquoi le libre-échange créé du chômage

Il n’y a pas besoin d’être un grand économiste pour comprendre que le libre-échange sans restriction créé du chômage dans les pays dits développés. Mais Jacques Sapir clarifie les raisons pour lesquelles cela est vrai. Il cite tout d’abord les délocalisations directes d’emplois industriels d’un pays vers un autre. Continental représente un bon exemple avec la concomitance entre la fermeture du site Français et le développement du site Roumain, où le SMIC représente un dixième du salaire minimum hexagonal.

Puis viennent les délocalisations indirectes, quand « une grande entreprise conçoit un nouveau produit et en réalise l’industrialisation d’emblée dans un pays à faibles coûts salariaux et ce à but de ré export ». Le meilleur exemple est sans doute l’industrie automobile avec le cas des Peugeot 107 et Citroën C1 produites en Slovaquie, la Twingo en Slovénie ou la Logan en Roumanie. C’est ainsi que de 2004 à 2008, Peugeot, Renault et Citroën ont transféré la production d’un million de véhicules hors de France.

Le troisième phénomène est l’effet dépressif sur le marché intérieur. Cet effet est double. Tout d’abord, la persistance d’un flux de délocalisation agit comme un frein sur l’évolution des salaires dans l’industrie. Ensuite, il faut souligner que la disparition d’un emploi industriel se traduit toujours par des pertes d’emploi induites dans les services. Pour Jacques Sapir, le bilan est simple : la moitié du niveau du chômage s’explique par le libre-échange.

L’emploi, la priorité de toutes les priorités

Cette analyse macro-économique rejoint celle, micro-économique, de Maurice Allais, qui, dans les années 90, avait montré que la moitié du chômage de l’époque était également la conséquence du libre-échange. Mieux, Jacques Sapir, insiste sur les conséquences de ce niveau de chômage. Il souligne qu’en 2007, les finances publiques s’en seraient tellement trouvées améliorées qu’il aurait été possible de réduire les cotisations sociales, et donc augmenter le pouvoir d’achat, la croissance et l’emploi.

Bien sûr, les néolibéraux rétorqueront avec l’exemple des avions que nous vendons aux pays émergents. Manque de chance pour eux, l’usine chinoise d’Airbus vient de produire son premier A320. Or, si nous ne vendons même plus d’avions produits en Europe, quel type de produits industriels allons-nous pouvoir vendre à la Chine ? Et c’est bien le problème de l’anarchie commerciale : elle aboutit à une concentration sauvage de la production dans les pays aux coûts les plus bas.

Le nouvel argument des néolibéraux sera d’affirmer que la baisse des prix des produits industriels profite aux consommateurs des pays riches. Mais les hausses de salaires ont au moins autant ralentit que la hausse des prix. Tout montre au contraire que les classes populaires ont plutôt perdu du pouvoir d’achat. Leur ultime argument sera de promouvoir une société de service dont on se demande comment elle pourra financer les importations de produits industriels alors que même les services bancaires sont délocalisés…

Finalement, ce sont les pays asiatiques qui ont tout compris en protégeant leur industrie pour lui permettre d’émerger. Et l’Europe, par son dogmatisme ultralibéral, a sacrifié des millions d’emplois industriels. Merci à Jacques Sapir de le rappeler.

Source : http://www.marianne2.fr/Un-chomeur-europeen-sur-deux-doit...

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009...

29.06.2009

Dominique de Villepin se rapproche du Rubicon

Après une phase d’apaisement où il évoquait sans cesse sa « famille politique », l’ancien Premier Ministre franchit un cap important en annonçant la création de Villepin.fr, une association qui pourrait servir de véhicule à une éventuelle candidature aux élections présidentielles.

Un discours à nouveau plus critique

Depuis la rentrée, Dominique de Villepin avait adopté un ton plus positif à l’égard du président de la République et du gouvernement, qualifiant l’UMP de sa « famille politique ». Certes, à l’occasion de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, il avait fait entendre clairement son opinion, mais au global, depuis 9 mois, il n’était plus l’opposant qu’il avait pu être à la rentrée 2007 par exemple. Il a depuis repris un ton plus critique.

C’est ainsi qu’il a regretté que le président n’ait pas choisi de préciser d’emblée l’importance du modèle social, façon de souligner son changement de discours. Il a également pris position contre la loi Hadopi, proposant une licence globale, comme le fait Nicolas Dupont-Aignan depuis des mois. Enfin, il s’est alarmé de l’augmentation de la dette, qui devrait rapidement dépasser 80% du PIB et pourrait même passer le cap des 100% dans les prochaines années.

Candidat en 2012 ?

Un grand mystère plane sur son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle. Assez logiquement, l’ancien Premier Ministre n’écarte rien, mais sans s’avancer. Ainsi, il ne ferme aucune porte pour l’avenir. Il souligne qu’il souhaite se présenter devant le suffrage universel, mais il semble évident que l’élection présidentielle est plus à sa mesure que des régionales ou des cantonales… Chose importante, il n’exclut pas une candidature libre, hors du cadre de l’UMP.

L’annonce de la création de son club représente un pas important, nécessaire mais pas suffisant, pour se présenter contre Nicolas Sarkozy en 2012. Le problème est que se présenter contre le président sortant, candidat de sa « famille politique » semble très difficile. L’exercice d’équilibriste auquel Dominique de Villepin se livre depuis deux ans peut le mener à une candidature, mais il faudra qu’il rompe plus clairement avec le président pour être en position favorable dans deux ans et demi.

L’annonce de la création d’un club était la condition sine qua non pour que Dominique de Villepin puisse se présenter en 2012. Cette condition est maintenant réalisée, mais elle ne sera pas suffisante et tout reste encore ouvert.

Source : http://www.gaullisme.fr/villepin_290609.htm

28.06.2009

Quand The Economist parle de l’euro…

La lecture de l’hebdomadaire anglais ultra-libéral est toujours un exercice intéressant. Les dossiers y sont généralement très fouillés même s’ils sont souvent marqués par un dogmatisme assez incroyable. Et surtout, ils révèlent parfaitement le fond de la pensée néolibérale.

Un jugement contrasté sur l’euro

The Economist revient sur la genèse de l’euro et le rapport Delors de 1991 qui annonçait que la mise en place de l’euro nécessiterait des « réformes pour rendre les prix et les salaires plus flexibles (à la baisse ?) ainsi que les travailleurs et le capital plus mobiles ». L’hebdomadaire rappelle également un des arguments des fédéralistes, à savoir que l’euro serait un moyen de forcer les peuples européens à adopter un modèle fédéral, le seul qui permet véritablement de gérer une même monnaie.

En parlant de « one size fits none », l’hebdomadaire anglais résume parfaitement le problème de la zone euro, qui n’est absolument pas une Zone Monétaire Optimale . Il montre bien que la politique de la BCE était trop laxiste pour les pays qu’il regroupe sous le nom PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne en anglais), provoquant une hausse des salaires qui menacent leur compétitivité durablement. Et pourtant, cette même politique était trop restrictive pour des pays comme l’Allemagne ou la France.

Il est bien expliqué que la monnaie unique détraque les mécanismes économiques habituels. Les taux trop bas pour l’Espagne ont provoqué un afflux de financement à bon marché, accélérant l’investissement, la croissance, puis l’inflation et les déficits commerciaux. Mais l’Espagne ne pouvait ni augmenter ses taux d’intérêts ni dévaluer sa monnaie pour en tenir compte. Mais même si le gouvernement a eu la sagesse de conserver un budget en excédant, l’euro a provoqué la bulle immobilière espagnole.

L’homme au service de l’économie

Et c’est là que la solution proposée par The Economist fait froid dans le dos : « Aujourd’hui, l’Espagne a besoin d’autres mécanismes d’ajustement : des salaires plus bas pour restaurer la compétitivité prix de ses entreprises et un marché du travail flexible pour accélérer le flot (les licenciements, en langage politiquement correct) des travailleurs des industries du bâtiment, qui avaient généré un boom soutenu par la demande intérieur, aux entreprises qui exportent, pour payer la dette extérieure espagnole. »

En clair, à cause de l’euro, l’Espagne devrait accepter une baisse importante de ses salaires, comme cela se pratique déjà en Irlande ou dans les pays Baltes : la fonction publique irlandaise s’est vue imposée une baisse de son traitement de 7.5%. Un avenir riant… Naturellement, seules les classes populaires, les ouvriers et les employés seraient véritablement concernés…

The Economist regrette alors que « les salaires se soient montrés résistants à la baisse : les travailleurs se montrant réticents à baisser leur salaire, au moins d’un point de vue nominal, ce qui rend les ajustements lents ». Il déplore également que l’abolition des protections de l’emploi rencontre des résistances démocratiques. Le plus navrant est la conclusion du dossier : « la ruée pour rejoindre la zone euro est sûrement un vote de confiance. Elle doit faire quelque chose de bien ».

Voici un portrait intéressant de ce que pourrait être la zone euro : une zone qui pousse ses membres à baisser leurs salaires et favoriser les licenciements. Et attention, ce que The Economist admet sans broncher est bien ce que pensent les technocrates de Bruxelles, voir beaucoup d’hommes politiques.

Source : The Economist 13 juin

27.06.2009

La crise peut-elle s’aggraver ?

Petit à petit, la sortie de la crise semble se dessiner, même si son impact sur le chômage ne sera pas immédiat. Mais le Global Europe Anticipation Bulletin (GEAB), qui avait vu avant les autres la crise, prévoit son aggravation dans les prochains mois. Info ou intox ?

Les raisons de croire à un aggravation

Et il faut dire que ce rassemblement d’experts doit être écouté avec attention tant on peut constater sur leur site la justesse de certaines de leurs prévisions, de la crise de l’automne dernier à la baisse du dollar par exemple. Leur avis doit être pris en compte. Ils prévoient donc d’ici la fin de l’été un aggravement de la crise, par la convergence de trois phénomènes : la hausse du chômage, qui pèse sur la consommation, une nouvelle vague de faillites bancaires et les déficits publics.

Cet organisme n’hésite pas à évoquer une cessation de paiement des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne d’ici à la fin de l’été 2009, soit dans moins de trois mois ! Leur raisonnement ne manque pas d’intérêt. Ils soulignent que l’impact de la violence de la hausse du chômage sur la consommation est sous-estimé. Pour eux, l’augmentation du nombre de faillites d’entreprises va peser sur les banques et la situation financière de la plupart des pays occidentaux est intenable.

Une prévision trop noire

C’est un débat que nous avons depuis plus de six mois sur ce blog et ailleurs. Même si l’on ne peut pas écarter d’un revers de main la possibilité d’une nouvelle aggravation de la crise, je n’y crois toujours pas. D’ailleurs, même les raisonnements du GEAB ont leur limite. Dans d’autres papiers, ils cherchent à prévoir les différences d’impact de la crise et publient une typologie des pays qui indiquent que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne devraient davantage souffrir que la zone euro, prévision infirmée par la réalité.

Autre limite de leur raisonnement : ils prévoient à la fois une cessation de paiement des pays anglo-saxons et un retour de l’inflation. Pourtant, il sera difficile d’avoir les deux en même temps. Car si la création monétaire peut provoquer de l’inflation, elle devrait donc épargner la faillite aux Etats. De même, si les Etats font défaut sur leur dette (en renonçant à la financer par la création monétaire), nous n’aurons pas d’inflation, mais plutôt une déflation. A priori, nous ne pouvons avoir que l’un ou l’autre…

Les raisons de croire à une sortie de crise

Un autre point me gène dans les prévisions alarmistes du GEAB : la possibilité d’une sortie de la crise n’est pas sérieusement analysée. En effet, on peut argumenter que l’injection massive d’argent public devrait permettre à l’activité de se stabiliser puis de reprendre le chemin de la croissance (aussi molle soit-elle ensuite). Comment passer sous silence les centaines de milliards de dollars injectés aux Etats-Unis et ailleurs et dont le plein effet se fera sentir au second semestre ?

Comment ignorer également le fait qu’à partir du 4ème trimestre 2009, les chiffres de croissance seront beaucoup plus facilement réalisables, par simple phénomène de comparatif ? Le GEAB ignore également l’apport de croissance de certains pays émergents comme la Chine, dont la dynamique va se poursuivre, par simple phénomène de rattrapage technologique. Enfin, la remontée des bourses est un puissant facteur d’assainissement de la situation des banques.

Les chevaliers de l’apocalypse

En fait, et c’est quelque chose que je sens chez nombre de collègues également critiques du système économique actuel, le souhait de son effondrement orienter l’analyse rationnelle de la crise. Parce que nous pensons que le système néolibéral est dangereux, nous pouvons espérer quelque part son effondrement et refuser de voir les forces qu’il a déployées pour se sauver.

Ces prévisions alarmistes sont dangereuses. Car à force de prévoir l’apocalypse économique, s’il ne vient pas, notre parole sera démonétisée. En effet, qui voudra nous écouter si l’économie se stabilise ? Dès lors, nous risquons de laisser la réforme du système économique à ceux qui ne veulent rien vraiment changer. C’est pourquoi nous devons conserver la tête froide et être capables d’envisager que le système peut se sauver, quelles que soient les limites de ce sauvetage (voir le Grand Choc de 2017)…

Je suis d’accord sur un point : le cap de septembre / octobre sera critique. C’est à ce moment que l’on saura si nous sommes sortis de la crise ou pas. Et malgré le risque, qui existe toujours, je ne crois pas au scénario du GEAB, même si cette sortie de crise sera largement illusoire.

Source : http://www.leap2020.eu/GEAB-N-36-est-disponible!-Crise-sy...

26.06.2009

Triste journée au secrétariat d’Etat aux sports

Avant-hier avait lieu la passation au secrétariat d’Etat aux sports entre Bernard Laporte et Rama Yade. Une occasion en principe un peu solennelle tournée en mauvaise farce par l’ancien comme la nouvelle titulaire. 

Au revoir Gaston Lagaffe

Le passage de Bernard Laporte au gouvernement se résume aujourd’hui a une succession de bourdes plus incroyables les unes que les autres. L’ancien entraîneur de l’équipe de France de rugby a tenu à démontrer jusqu’au bout qu’il était bien une erreur de casting. Tout le monde se souvient de sa blague indigne d’un ministre de la République sur l’enfant de Rachida Dati ou de son gros cafouillage sur les incidents du Stade de France, quand la Marseillaise avait été sifflée.

Le Gaston Lagaffe du président a donc quitté le gouvernement sur une nouvelle bourde, en invoquant ses « relations », puis ses « relations privilégiées » avec une Rama Yade qu’il avait assuré « regarder dans les yeux »… Il a ensuite parlé des six mois qu’il a passé à combattre les rumeurs. Bref, un numéro de comique qui n’avait rien à faire dans les palais de la République. Même s’il a fini par le renvoyer, Nicolas Sarkozy a été bien léger de le conserver plus de 18 mois au gouvernement.

Bonjour la diva

Mais cette passation a également été l’occasion d’un nouveau coup d’éclat de Rama Yade qui s’est fendu d’un « taisez-vous Monsieur Duhamel » renvoyant au « taisez-vous Elkabbach » de Georges Marchais. La cible était facile. La benjamine du gouvernement attaquait le chroniqueur de RTL qui avait jugé que son passage au secrétariat d’Etat aux sports n’était pas une promotion. Mais pour faire son effet, elle a déformé la réalité en affirmant que le journaliste avait parlé de « punition ».

Résultat, Alain Duhamel avait beau jeu hier matin de la remettre à sa place, dans une chronique d’un piquant savoureux. Il a donc lancé une attaque en règle contre Rama Yade, évoquant son caractère, un certain manque de professionnalisme et un refus bien peu démocratique de la critique. Pour une fois, comment ne pas être d’accord avec lui ? Tant le fond que la forme choisis par la star des sondages n’avaient pas leur place lors d’une telle occasion.

Le relâchement comportemental à la tête du pouvoir, même s’il est sans doute moins flagrant aujourd’hui, s’est aussi transmis aux membres du gouvernement. La passation de pouvoir au secrétariat d’Etat aux sports en est un nouvel et triste exemple.

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/rama-yade-mons...

http://www.tvmag.com/programme-tv/article/information/455...

25.06.2009

Bon anniversaire Kiwis !

NOTE PRELIMINAIRE : ce billet n’a pas été écrit par moi mais par un des blogueurs de Kiwis pour célébrer les deux ans du réseau. Le thème retenu cette année était de se moquer (gentiment) de la blogobulle ou du blog d’accueil.

Participez au jeu - Retrouvez donc sur quel blog j’ai écrit aujourd’hui. Les blogs participants à l’opération sont trois de plus qu’en 2008 : Toréador, Ca réagit, Frednetick, H16, Serge Brière, Café Croissant, Chafouin et Pierre Catalan

Le 9 novembre, certains fêteront la réunification de l'Europe, la Chute du Mur de Berlin, et de facto la fin du totalitarisme qui régna plus de 40 ans sur l'est de l'Europe. Certains. La plupart en fait, sans doute. D'autres auront une petite larme à l'oeil. Se tourneront vers Colombey les Deux-Eglises (c'est vers l'est aussi, tiens), et chercheront à entrer en communion avec le Grand Disparu, depuis 39 ans.

Grand Disparu dont l'esprit, à l'image de son "idée de la France", semble éternel.

Laurent Pinsolle sera sans doute de ceux-là. Un homme qui affiche sans rougir et sans trop y chercher un sens une mosaique présentant Philippe Seguin, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Pierre Chevènement et Dominique de Villepin en leur donnant pour seul sens la figure tutélaire du Général De Gaulle ne pourra pas y aller de sa petite pensée émue pour le Maître. Figure tutélaire présentée sur le blog de Laurent aussi bien dans sa période de résistance à l'oppresseur nazi, que dans son déclin qualifié par nombre d'historiens de "césarisme démocratique".

Ce que l'on peut reprocher à Laurent Pinsolle? Penser que le Général De Gaulle ferait ci ou ça 39 ans après sa mort, comme un sceau d'éternelle bonne politique.

Ce pour quoi l'on peut louer Laurent Pinsolle? D'y croire. D'en monter une mayonnaise à tel point qu'il en écrit des billets inspirés, bourrés de figures de style. Remarquez, dans sa présentation la belle anaphore ("Je crois en une France..."). De garder, à côté de cette "certaine idée de la France" qui alimente mille positionnements politiques différents, une autre conception du Général: la probité et le soin de la sobriété et de l'utilisation des deniers publics.

Laurent Pinsolle, honnête homme.

Mais nous ne serons jamais d'accord!

24.06.2009

Un remaniement qui fait pschitt

Jadis, un remaniement ministériel était un véritable événement. Hier, Claude Guéant a annoncé un réajustement plus que significatif mais dont l’importance est déjà relativisée par le rôle écrasant de Nicolas Sarkozy.

Enfin des sanctions !

Malgré tout, il y a un point positif. Jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy humiliait beaucoup mais ne sanctionnait pas. Pas cette fois-ci : le président de la République a enfin sanctionné les membres du gouvernement qu’il n’estimait pas à la hauteur. Quelle que soit l’opinion que l’on porte sur ces sanctions, elles ont un certain mérite d’exister. Yves Jego, Roger Karoutchi, Christine Albanel, Christine Boutin, Bernard Laporte et André Santini quittent donc le gouvernement, outre Rachida Dati et Michel Barnier.

La plupart de ces départs sont bien mérités, même si la présidence ne leur facilitait pas toujours la tâche. Bernard Laporte s’est uniquement distingué par des déclarations plus maladroites les unes que les autres et souvent indignes d’un membre du gouvernement. Christine Boutin s’est distinguée par ses prises de bec répétées avec sa secrétaire d’Etat. Yves Jego est sanctionné pour la crise aux Antilles, Christine Albanel pour les errements du projet Hadopi et Roger Karoutchi pour l’indiscipline de l’UMP.

Une partie de domino

La rumeur veut que ce soit le refus de Michèle Alliot-Marie de voir son ministère amputé qui a provoqué la partie de chaise musicale annoncée hier. Résultat, l’ancien ministre de l’intérieur passe à la justice, à la place de Rachida Dati. Elle est remplacée par Brice Hortefeux, lui-même remplacé par Xavier Darcos au travail. Luc Chatel le remplace à l’éducation nationale, poste délicat s’il en est. Enfin, Bruno Le Maire quitte les affaires européennes pour aller à l’agriculture.

Jean-Marie Bockel et Rama Yade restent au gouvernement. Le premier parce qu’il vient de la gauche et la seconde parce qu’elle est noire, femme et populaire. Mais leur passage au secrétariat à la justice et aux sports ne sont clairement pas des promotions, d’autant plus que le secrétariat d’Etat aux droits de l’homme disparaît. Enfin, Frédéric Mitterrand devient le nouveau pin’s de gauche du président, qui promeut également Michel Mercier, Christian Estrosi ou Pierre Lellouche.

La dévaluation du remaniement

Nicolas Sarkozy l’avait annoncé : sous son mandat, les ministres resteraient longtemps à leur poste et il ne prendrait que les meilleurs dans leurs domaines. Ces promesses ne sont pas vraiment respectées. En effet, oubliant la stabilité, Bruno Le Maire change déjà d’affectation moins d’un an après sa nomination. Et si Brice Hortefeux s’était préparé pour l’intérieur, on ne peut pas forcément dire de même pour Michèle Alliot-Marie à la justice, ou Luc Chatel à l’éducation.

En fait, il semble que les décisions aient été prises dans la journée, quand Michèle Alliot-Marie aurait bloqué un remaniement qui devait se faire a minima. Tout ceci relativise l’importance du nom du titulaire d’un poste ministériel, tant les décisions sont concentrées à l’Elysée. Commentant le remaniement sur Europe 1, Dominique de Villepin a eu raison de souligner qu’il était important de revenir aux anciens équilibres de la Cinquième République et revaloriser le rôle du gouvernement.

Le choix des ministres n’est finalement pas essentiel. De toutes les façons, le vrai remaniement aura sans doute lieu après les élections régionales, avec éventuellement un changement à Matignon. Rendez-vous dans 10 mois.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/23/le-gou... 

23.06.2009

Le roitelet bavarde à Versailles

Hier, Nicolas Sarkozy s’est adressé à l’ensemble des parlementaires, réunis en Congrès à Versailles pour un discours de politique générale. L’occasion de fixer les priorités pour les mois à venir.

Des annonces positives

Le président de la République a ouvert quelques chantiers bienvenus. Il a notamment lancé une nouvelle réforme des retraites qui aboutira mi-2010 en indiquant que toutes les questions étaient ouvertes, y compris l’âge de départ, la durée de cotisation ou la pénibilité. En effet, il est naturel de travailler plus longtemps étant donné l’allongement de la durée de la vie. Comment imaginer ne travailler que 40 ans tout en maintenant le niveau des pensions alors que l’espérance de vie progresse d’un trimestre tous les ans ?

Nicolas Sarkozy a également pris parti contre le port de la burqa, qui soulève « un problème de dignité et de respect de la femme ». Il a affirmé que « ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement (…) Elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française ». L’annonce d’une taxe carbone est également un point positif mais sans en préciser les modalités, qui en feront l’intérêt, ou non.

Un emprunt en trompe l’œil

En revanche, l’annonce d’un grand emprunt, annonce la plus spectaculaire avec la réforme des retraites, relève essentiellement de la communication. En effet, le président a annoncé que cet emprunt servirait à financer les « priorités stratégiques pour l’avenir ». Mais cette présentation des faits est très ambiguë : elle peut donner l’impression que le gouvernement va lancer un nouveau plan de relance, qui serait financé par l’emprunt alors qu’il n’en est rien en réalité.

En fait, Nicolas Sarkozy cherche à communiquer sur quelque chose que l’Etat fait depuis des lustres : emprunter quand il est en déficit. La seule différence sera sans doute de proposer un emprunt aux Français, comme l’avait fait Edouard Balladur il y a 15 ans. Bref, ce grand emprunt, dont les modalités ne sont même pas fixées, c’est beaucoup de bruit pour rien ! Il est uniquement destiné à financer les déficits existants, ce qui ne représente pas une nouvelle très intéressante.

Une forme toujours aussi mauvaise

Mais par-delà le fond, la forme n’évolue pas. Tout d’abord, comment ne pas être choqué par la dépense complètement inutile que représente cette réunion du Congrès ? En effet, ce discours de Nicolas Sarkozy n’était guère différent des dizaines d’autres discours dont il nous a gratifiés depuis deux ans. Avions-nous réellement besoin de dépenser au moins 500 000 euros pour que le président puisse s’exprimer devant les parlementaires ? Faire un discours ailleurs n’aurait rien changé.

Sauf que le président de la République avait envie de s’exprimer à Versailles et que son ego commande tout. D’ailleurs, son discours est toujours aussi encombré de phrases destinées à tresser ses louanges. La rhétorique sarkozyste est toujours la même : le président se présente comme un héros qui, seul, a le courage d’entreprendre ce que les autres n’avaient jamais osé.

Bref, ce discours finalement assez limité sur le fond ne méritait clairement pas le déplacement des parlementaires à Versailles. Il n’aura sans doute servi qu’à faire les titres des journaux aujourd’hui.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/22/sarkoz...

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/06/22/01002-2009062...

21.06.2009

Le coût de l’ego

Il était un temps où le président de la République faisait tellement attention à l’argent des Français qu’il se faisait facturer l’électricité de son appartement privé, ainsi que les repas donnés à titre privé. Autre président, autres mœurs.

Tout augmente à l’Elysée

D’abord, ce fut une polémique sur la hausse du traitement du président (140%, tout de même), à un moment où le pouvoir d’achat des Français était clairement à la baisse. Mais si le salaire du président était sans doute trop bas, une telle hausse, à un tel moment, avait un côté indécent. D’autant plus que Nicolas Sarkozy ne semble qu’accorder une attention limitée à ce qu’il coûte aux Français. Depuis deux ans, on assiste à une envolée spectaculaire de toutes les dépenses.

D’abord, cela a été le choix de changer l’avion de la présidence de la République pour avoir un équivalent du Air Force One de la présidence Américaine. Ce sera bientôt fait avec la livraison d’un Airbus A330 (d’occasion il est vrai), qui remplacera avantageusement le modèle précédent. Mais Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas là. Les dépenses de fonctionnement de l’Elysée ont littéralement explosé depuis son accession à la présidence de la République.

Un président peu économe

Bien sûr, les communicants de l’Elysée nous explique que cela est la conséquence logique de l’augmentation de l’activité de la présidence de la République, soulignant à nouveau l’activisme du président actuel par rapport à son prédécesseur. Mais cette explication est un peu courte. En effet, Nicolas Sarkozy a également augmenté les rétributions des membres de son cabinet. Et la plaisanterie constitutionnelle de l’adresse au Congrès à elle seule va coûter au moins cinq cent mille euros.

Bref, le président dépense sans compter. Il souhaite parler devant les députés et les sénateurs ? Il organise un Congrès inutile et dispendieux. Alors que le budget de la nation est largement déficitaire, il se permet de dépenser 18% de plus en un an, dépassant même son budget. Bref, tout dans l’attitude de Nicolas Sarkozy (jusqu’au déploiement qui précède ses déplacements) indique que rien n’est trop beau pour l’ego de ce président qui ne semble pas comprendre qu’il s’agit de l’argent des Français.

Bien sûr, ces dépenses ne sont que des gouttes d’eau sur l’ensemble des dépenses de l’Etat. Mais le président de la République est sensée donner un exemple pour la nation. On se demande bien lequel donne donc Nicolas Sarkozy…

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/16/les-de...

http://fr.news.yahoo.com/76/20090620/tpl-versailles-c-est...

20.06.2009

Pour l’interdiction du port de la burqa en public

C’est la polémique du moment : un groupe de députés a demandé une commission d’enquête sur le port de la burqa en France. L’objectif : aller encore plus loin que l’interdiction du port du voile dans les écoles et interdire le port de la burqa dans l’ensemble des lieux publics.

Un débat qui rebondit

Barack Obama, qui avait récemment appelé les pays européens à laisser davantage de liberté dans l’expression des choix religieux, est servi ! Notre pays, tout à sa tradition laïque et interventionniste, semble parti pour restreindre le port de la burqa sur notre territoire. Après le débat sur le port du voile, qui s’était terminé par une interdiction, nous pourrions aller encore plus loin.

Hier soir, sur Canal Plus, dans le Grand Journal, Joseph Macé-Scaron, de Marianne, rappelait que le port de la burqa n’est absolument pas un héritage religieux puisqu’il date seulement de quelques décennies. En cela, il n’est qu’une coutume récente. Et cette coutume pose des problèmes qui vont bien au-delà des questions religieuses pour toucher les droits de l’homme et de la femme.

Une prison mobile

C’est Corinne Lepage qui a utilisé le terme hier, à raison. La burqa est l’outil d’une discrimination flagrante des femmes. Bien sûr, certaines femmes peuvent choisir d’en porter. Mais combien le font par pression, sans réellement le vouloir ? Ne peut-on pas imaginer que beaucoup de femmes qui la portent n’ont pas vraiment envie de la porter ?

Bien sûr, les libéraux libertaires, comme mon collègue H16 de Kiwi, dans un papier bien écrit et habile, peuvent défendre le port de la burqa en ridiculisant l’intervention de l’Etat dans le choix de l’habillement des citoyens. Mais le port de la burqa va beaucoup plus que cela. La burqa est un symbole et un outil de la discrimination des femmes, un vêtement qui signifie leur infériorité et les coupe de la société.

Pour l’interdiction

En cela, il est parfaitement légitime qu’elle soit interdite dans la sphère publique. La burqa est une insulte à la devise de la République. Une insulte à la liberté car beaucoup de femmes qui la portent ne la porte pas librement. Une insulte à l’égalité entre les femmes et les hommes. Une insulte à la fraternité tant elle constitue une prison sociale pour celles qui la portent, les éloignant des autres.

Il est donc parfaitement légitime que l’Etat intervienne et interdise le port d’un tel vêtement en public (en privé, cela est une autre affaire) pour bien signifier que les pratiques discriminatoires non seulement ne sont pas reconnues mais sont même combattues, contrairement à ce que les communautaristes anglo-saxons cherchent à mettre en place.

Pour cela, j’espère que cette commission d’enquête parlementaire aboutira sur une proposition de loi qui interdira purement et strictement le port de la burqa en public. Cela montrera que la devise de la République reste encore vivace dans les esprits.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/19/fadela...

http://h16.free.fr/index.php?2009/06/18/594-brops-burqa-e...

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