02.07.2009
Nicolas Sarkozy, le caméléon de papier
Plus fort que le Beaujolais, nous avons droit à un nouveau Nicolas Sarkozy tous les six mois ou presque. Le nouveau Sarkozy nous est arrivé après les élections européennes et a donné une interview au Nouvel Observateur.
Les changements de 2007
Nicolas Sarkozy est quand même incroyable. Depuis deux ans et demi, il nous fait le coup du « j’ai changé » tous les six mois, avec la même force de conviction. Souvenez-vous. Le 14 janvier 2007, lors de son intronisation comme le candidat de l’UMP, il fait tout un discours sur ce thème, pour devenir plus présidentiel et essayer de couper l’herbe sous le pied à ceux qui le disent agité. Puis, après son élection, nous avons droit à une nouvelle transformation en président bling bling.
Cette transformation, partiellement avouée, n’était pas la moins radicale car le candidat Nicolas était assez sobre alors que le président Sarkozy, à ses débuts, s’est laissé aller de manière assez incroyable : fête au Fouquet’s, vacances sur un yacht, lunettes de soleil, textos passés lors d’une réception au Vatican où il était arrivé en retard, enfin, divorce express d’avec son ancienne femme pour se retrouver un mois et demi après photographié à Disneyland avec une chanteuse, ancienne top model…
Toujours plus de présidentialisation
Avec son effondrement dans les sondages et la cuisante défaite des municipales, Nicolas Sarkozy s’est retrouvé contraint de changer. Début 2008, il a cherché à adopter un ton plus mesuré et a renoncé aux outrances qui avaient tant fait parler. Puis, il nous a à nouveau vanté son changement après la présidence Française de l’Union Européenne, qui l’avait également « changé », comme il l’avait soutenu lors de ses vœux du 31 décembre.
Six mois après, on nous vante à nouveau un nouveau changement du président, qui serait plus patient, plus présidentiel. On se demande d’ailleurs comment Nicolas Sarkozy peut encore se présidentialiser puisque cela fait deux ans et demi que l’on nous explique qu’il prend davantage la mesure de la fonction, mais ce doit être comme les lessives qui lavent toujours plus blancs…
Le changement comme outil de l’ego
En fait, cette petite musique du changement, répétée jusqu’à l’absurde, est surtout destinée à valoriser le président de la République, même si elle suppose l’admission de quelques erreurs (comme la soirée au Fouquet’s). Nicolas Sarkozy profite toujours de l’occasion pour se mettre en valeur et souligner à quel point il fait un métier difficile, « inhumain » même comme il le soutient dans le Nouvel Observateur.
Mais cette communication autour du changement a quelque chose de ridicule par sa trop grande fréquence. Le manque de distance de la plupart des médias à ce sujet est sidérant. D’ailleurs, Le Monde note cruellement que le Nouvel Observateur ne bronche pas quand Nicolas Sarkozy affirme qu’il ne pourrait pas faire comme François Mitterrand et nommer son directeur de cabinet président d’EDF alors qu’il vient exactement de faire cela avec François Pérol…
Mieux qu’un shampooing ou une lessive, Nicolas Sarkozy nous gratifie d’une nouvelle formule tous les six mois. La nullité de l’opposition peut temporairement faire croire que cela marche, mais la ficelle est trop grosse pour que les Français soient vraiment dupes…
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/07/01/le-sar...
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/01/01002-2009070...
10:59 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, nouvel observateur



