03.07.2009

La retraite en débat

Alors que les pensionnaires dont les pays étaient passés à la retraite par capitalisation voient leurs revenus s’effondrer, le gouvernement Français veut s’attaquer à la réforme de notre système par répartition.

Le modèle Français

Il n’y a pas si longtemps, les compagnies d’assurance privées cherchaient à pousser le gouvernement à adopter un système de retraite par capitalisation. Mais le nouveau désastre boursier de l’an dernier, 7 ans à peine après l’éclatement de la bulle Internet, a mis durablement du plomb dans l’aile de ces projets. En effet, le CAC 40 ne vaut même pas la moitié de ce qu’il valait en mars 2001. Si la France avait adopté un système par capitalisation dans les années 90, cela aurait été un désastre pour nos retraités.

Et c’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis où de nombreux retraités ont vu leur pension brutalement amputée par les mouvements anarchiques des marchés financiers. Certains sont même aujourd’hui obligés de se remettre à travailler pour pouvoir vivre, à 70 voire 80 ans passés. La face cachée du système de retraite par capitalisation est aujourd’hui révélée. Évidemment, dans un marché haussier, la solution est séduisante, mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Le gouvernement et la CFDT ont raison

Dès lors, il devient essentiel de réformer notre système pour qu’il reste viable. Les périodes de crises économiques sont généralement favorables à une accélération des réformes par les déficits qu’elles creusent dans les comptes sociaux. C’est ainsi que le gouvernement Balladur avait allongé la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans pour le privé seulement. Puis, le gouvernement Raffarin l’avait encore allongée et étendue au public. Le gouvernement actuel vient de lancer une nouvelle réforme.

Pour le coup, comment ne pas être d’accord ? Depuis 1981, l’espérance de vie des Français a progressé de 7 ans (elle progresse d’un trimestre par an) et il est évident que soit la durée de cotisation augmente, soit il faut réduire dramatiquement des pensions déjà maigres. Néanmoins, François Chérèque n’a pas tort de dire que « ce n’est pas une question d’âge mais de durée de cotisations », du fait des grandes différences d’âge à l’entrée dans le monde du travail et qu’il faut tenir compte de la pénibilité.

Le gouvernement a raison de vouloir réformer les retraites, mais trop s’attacher à l’âge de départ à la retraite est inutile tant c’est la durée de cotisation qui importe. La CFDT a raison de le lui rappeler.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/29/franco...