06.11.2009
Sarkozy à mi-mandat : pire que prévu !
Il y a deux ans et demi, Nicolas Sarkozy était élu président de la République. L’occasion de se pencher sur son bilan à mi-mandat. Quoi de mieux que se plonger dans les arguments avancés lors de la campagne. Un exercice sévère pour le président.
Un passif prévisible
En mars 2007, j’avais publié sur ce blog, une série de « 15 raisons pour faire barrage à Nicolas Sarkozy ». J’y évoquai son incompétence en économie, son mauvais bilan à l’intérieur, sa vision des relations internationales, sa remise en cause de notre modèle républicain, et sa méthode. Ensuite, j’avançais ses promesses non tenues, ses contradictions, ses tendances néoconservatrices, ses postures communicantes, sa personnalisation du pouvoir. Enfin, j’évoquai ses motivations profondes, son absence de mesure, son entourage, ses tendances peu démocratiques et son antigaullisme.
Avec le recul, il est impressionnant de voir à quel point tout était annoncé. La quasi-totalité de ces critiques n’ont pas pris une ride. Que ce soit sur le fond (économie, sécurité, relations internationales, modèle républicain) ou la forme (personnalisation du pouvoir, écrasement du pouvoir, postures communications, manque de mesure, promotion de son entourage), le Nicolas Sarkozy président ressemble beaucoup au Nicolas Sarkozy candidat, et pas pour le meilleur.
Une forme pire que prévu
Malheureusement, Nicolas Sarkozy a réussi à faire pire dans un domaine important pour la fonction présidentielle : la représentation. En effet, pendant la campagne, si l’on pouvait dénoncer le fond ou la méthode du candidat, peu doutaient de sa capacité à endosser le costume de président. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de gagner l’élection en partie, Ségolène Royal ayant été moins convaincante pendant toute la campagne, notamment lors du débat d’entre deux tours.
Au contraire, Nicolas Sarkozy savait faire plus président. Malheureusement, son élection et l’atteinte de l’objectif de sa vie a provoqué un relâchement auquel personne ne s’attendait. L’année 2007 a été marquée par un florilège de moments plus douteux les uns que les autres : la fête au Fouquet’s, l’épisode du yatch de Bolloré, le « casse-toi pauvre con », l’altercation avec les marins pêcheurs, les SMS au Vatican, les familiarités avec Angela Merkel, le « Carla et moi, c’est du sérieux »…
Le Times disait alors que son comportement avait parfois plus à voir avec celui de Britney Spears ou Paris Hilton que celui d’un chef d’Etat. Certes, depuis 2008, l’Elysée a redressé la barre et désormais, Nicolas Sarkozy a repris un peu de hauteur et tient à peu près son rang de président de la République. Mais nous sommes loin de la dimension d’un Jacques Chirac, ou de celle qu’aurait pu avoir un Dominique de Villepin, et le passé ne peut pas être effacé, laissant une tâche indélébile.
Pire, passé le rideau de fumée des annonces, son bilan est aussi mauvais que ce à quoi l’on pouvait s’attendre. J’y reviendrai dans les trois prochains jours pour étudier sa triple faillite, la faillite économique et sociale, la faillite républicaine et la faillite internationale.
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, mi-mandat



