09.11.2009
Sarkozy à mi-mandat : la faillite internationale
C’est un des aspects que les défenseurs de Nicolas Sarkozy portent le plus facilement à son crédit. Le président de la République serait le sauveur de l’Europe et il porterait haut les couleurs de la France à l’international. Une présentation des faits qui ne résiste pas à l’analyse.
Le président grossier
Même s’il s’est amélioré depuis, le début de mandat de Nicolas Sarkozy a été proprement catastrophique. Reçu au Vatican, il envoyait des SMS pendant le discours du Pape. Lors de la remise du prix Charlemagne à Angela Merkel, il semblait avoir troqué Henri Guaino par Jean-Marie Bigard comme rédacteur de son discours, multipliant les allusions mal placées sur sa proximité avec la chancelière et appelant son mari monsieur Merkel alors qu’il s’appelle monsieur Sauer.
En Inde, Nicolas Sarkozy a également enfreint toutes les règles protocolaires en écourtant son voyage, alors que la durée est un signe de politesse dans ce pays. Bref, Nicolas Sarkozy ne s’embarrassait guère du protocole, ce qui lui a valu une bien mauvaise réputation en dehors de notre pays, d’autant plus que les journaux étrangers ne manquent pas de souligner l’extraordinaire écart entre ses annonces et ses réalisations, dans tous les domaines.
Le président fanfaron
En effet, celui qui annonçait vouloir privilégier les droits de l’homme au commerce s’est décrédibilisé en invitant Muhammad Kadhafi une semaine à Paris, et en annonçant un montant farfelu de contrats. La presse internationale se gausse également d’un président qui se présente toujours abusivement comme l’acteur principal des accords alors qu’il cède beaucoup plus qu’il ne veut bien l’admettre.
En effet, alors qu’il était candidat, il annonçait vouloir un « mini-traité », limité aux questions institutionnelles, et tenant réellement compte du vote des Français. Force est de constater qu’il a accepté un TCE bis bien éloigné de ses promesses de campagne. Idem, pour avoir son Union Pour la Méditerranée, il a accepté que tous les membres de l’Union Européenne y participent, y compris des pays ne la bordant pas. Loin d’être un bon négociateur, Nicolas Sarkozy a tendance à tout céder pour un accord.
Le président suiviste
Et vis-à-vis des Etats-Unis, il a fait une pause dans la politique d’indépendance de la France. En effet, alors qu’il avait annoncé pendant la campagne présidentielle qu’il allait retirer les troupes Françaises d’Afghanistan, il a renforcé notre contingent malgré l’absence d’une stratégie alternative à celle qui échoue depuis huit ans. Cette absence de nouvelle stratégie aurait du le pousser à se retirer…
Pire, alors que l’évolution du monde rend tous les jours plus datée une OTAN issue de la guerre froide, Nicolas Sarkozy a rejoint le commandement militaire intégré de l’Organisation, que le Général de Gaulle lui avait fait quitter en 1966. Bref, la parole de la France, indépendante et libre sous les mandats de Jacques Chirac, a perdu singulièrement de son originalité depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Bien loin des portraits qui en font le sauveteur de l’Europe, à l’international, Nicolas Sarkozy s’est surtout illustré comme un président grossier, fanfaron et suiviste dont la tendance naturelle à l’abdication tranche avec une présentation de son action souvent cavalière.
10:58 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, otan, traité de lisbonne, tce, union pour la méditerranée



