12.11.2009

La guerre des éléphants

Les grandes manœuvres commencent au Parti Socialiste en vue des primaires qui seront organisées en 2011. François Hollande sort un livre dont l’objectif est de le mettre sur orbite présidentiel et les partisans de Dominique Strauss-Kahn se gargarisent d’un sondage favorable à leur patron.

La recomposition du « Tout sauf Ségolène »

Il y a un peu plus d’un an, le paysage était très encombré. Mais le temps qui passe semble doucher certaines ambitions. Bertrand Delanoë, après avoir fait la course en tête jusqu’au Congrès, n’a pas su gérer le résultat serré de l’automne dernier et semble désormais totalement hors course, d’autant plus que son courant rassemblait à parts égales ses soutiens et ceux de François Hollande, qui a depuis repris son autonomie. Laurent Fabius semble avoir fait une croix sur ses ambitions présidentielles.

Martine Aubry, malgré sa victoire à la Pyrrhus lors du Congrès, a vu son envol stopper par le très mauvais score des socialistes aux élections européennes. Elle semble hors course, même si un succès aux régionales pourrait la revigorer. Enfin, malgré ses ambitions affichées, il est difficile de croire que François Hollande ira affronter son ancienne compagne. Bref, étant donnés ses sondages et l’état du camp TSS, il est difficile de ne pas croire que Dominique Strauss-Kahn ira chercher sa revanche de 2007.

La lutte finale

Mais Ségolène Royal n’est pas prête d’abandonner ses ambitions et il semble certain qu’elle se présentera à nouveau aux primaires de 2012. Dès lors, l’affrontement entre le camp du TSS et le sien sera sans doute violent tant elle et ses rivaux sauront bien qu’il s’agit de leur dernière chance pour représenter le Parti Socialiste aux élections présidentielles. Tant Ségolène Royal que Dominique Strauss-Kahn ne peuvent pas espérer une nouvelle chance en 2017.

Il y a donc fort à parier que le combat sera sanglant. Si le Parti Socialiste n’arrive pas à se discipliner, il y a fort à parier qu’il arrivera au bout du processus des primaires coupé en deux camps quasiment irréconciliables et où les perdants pourraient bien être tentés de mener la politique du pire tant les six années d’affrontement auront été dures. Qui plus est, comment ne pas exclure une manœuvre désespérée d’un quadra ambitieux pour un autre candidat (François Bayrou) ?

Ce dernier épisode de la guerre des éléphants, a toutes les chances d’être violent tant le conflit couve depuis des années. Mais si le Parti Socialiste n’arrive pas à domestiquer ses ambitions guerrières, alors nul doute que la machine à perdre sera de nouveau enclenchée.