13.11.2009
Le dérapage d’Eric Raoult, symbole du sarkozysme
Depuis quelques semaines, le gouvernement ne parvient plus à imposer son actualité. Les polémiques succèdent aux polémiques comme le montre l’épisode concernant les propos de Marie Ndiaye et la réplique hallucinante d’Eric Raoult, lui demandant un droit de réserve.
L’affaire Marie N’Diaye
Tout est parti de là : la lauréate du prix Goncourt avait déclaré dans une interview cet été qu’elle et son compagnon étaient « partis juste après les élections en grande partie à cause de Sarkozy. (…) Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… ». Elle affirmait trouver « cette France [de Sarkozy] monstrueuse », ajoutant « Besson, Hortefeux, tous ces gens là, je les trouve monstrueux ». Ces propos étaient restés relativement inaperçus lors de leur publication.
Mais naturellement, l’attribution du prix Goncourt à l’écrivaine a fait ressurgir cette interview. Et finalement, c’est bien Eric Raoult qui en a fait la meilleure publicité en estimant que ses propos étaient « inacceptables », étant donné le « devoir de réserve dû aux lauréats du prix Goncourt ». Première sottise : les propos tenus par Marie NDiaye l’ont été avant sa victoire. Mais surtout, les écrivains n’ont jamais été tenus à un droit de réserve, à part dans des régimes peu fréquentables…
Un symptôme du malaise du pouvoir
La sortie d’Eric Raoult est donc un véritable dérapage qui révèle deux faiblesses du sarkozysme. La première est une tendance maladive à vouloir réfréner toute critique, qu’elle vienne des médias, d’intellectuels ou même de l’opposition. La critique est toujours présentée comme une agression injustifiée . On ne compte plus par exemple les pressions de Nicolas Sarkozy et son entourage sur les humoristes irrévérencieux (Plantu, les Guignols, Stéphane Guillon…).
La deuxième faiblesse est un excès de présence médiatique. A force de multiplier les annonces sur tout et n’importe quoi, Nicolas Sarkozy démonétise sa propre parole. Car depuis un mois, le président continue à faire une annonce ou un discours par jour, mais sa parole a perdu de sa force et elle est désormais balayée par la moindre polémique qui la devance désormais dans les journaux, comme le montre cette affaire sur les propos de Marie N’Diaye et Eric Raoult.
L’automne 2009 sera-t-il le crépuscule de Nicolas Sarkozy ? Il est trop tôt pour le dire, mais cette nouvelle affaire illustre les limites d’une politique de communication fondée sur les annonces trop éphémères qui finissent par être balayées par la moindre polémique…
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : marie n'diaye, eric raoult



