16.11.2009

Règlements de compte à PS Corral

Hier, dans Dimanche Plus, Vincent Peillon était l’invité d’Anne-Sophie Lapix. L’occasion d’un nouveau et violent règlement de compte avec Ségolène Royal.

Un Peillon en colère

Impressionnant. Vincent Peillon n’a pas contenu sa colère suite à la venue de Ségolène Royal à la réunion qu’il organisait à Dijon avec le Modem, les Verts et Robert Hue. Il était pourtant un possible premier secrétaire du Parti Socialiste si le courant de Ségolène Royal avait gagné le congrès… Il y a un an, il était encore un de ses principaux soutiens de la candidate du PS à l’élection présidentielle. Mais il semble qu’aujourd’hui, la rupture soit consommée, pour ne pas dire plus…

C’est ainsi qu’il l’a violemment attaquée affirmant même qu’elle s’était disqualifiée pour être la candidate du PS en 2012. Il a multiplié les attaques personnelles, soulignant qu’elle n’était pas invitée, comme tous les autres présidentiables, disant qu’elle doit se recadrer et qu’elle se préoccupe davantage de son ambition personnelle que du débat d’idées. Il a souligné que la plupart de ses soutiens l’ont abandonnée. La candidate a répliqué que « faire de la politique, c’est rassembler et pas exclure ».

Un PS à la dérive

Sur le fond, difficile de juger. D’une part, on peut trouver surprenant que Ségolène Royal se rende à un rassemblement où elle n’était pas invitée. Après tout, elle savait que sa venue provoquerait une énième polémique dont le PS n’a pas besoin. Mais de l’autre, on peut se demander pourquoi Vincent Peillon avait décrété que les présidentiables n’étaient pas invités. Ne doivent-il pas eux aussi réfléchir à l’avenir ? En outre, il doit en bonne partie sa position à celle qu’il critique aujourd’hui.

En tout cas, ce nouveau spectacle public des divisions du Parti Socialiste ne risque pas de mobiliser des Français et des militants socialistes de plus en plus lassés par ces éternelles divisions étalées au grand jour. Ségolène Royal aurait sans doute pu éviter de lancer des piques pendant la réunion et Vincent Peillon aurait sans doute mieux fait de s’abstenir plutôt que de balancer à ce point sur celle dont il était un lieutenant il y a pourtant un an. L’esprit collectif semble totalement absent du PS aujourd’hui.

Cet énième épisode des guerres internes du PS indique que les socialistes n’apprennent rien. Pire, comment ne pas imaginer que l’approche des primaires ne ravivent les esprits animaux du parti. Rien de tel pour bien montrer aux Français que l’alternance doit être cherchée ailleurs.