10.12.2009
Nicolas Sarkozy tourne à vide
C’est le Figaro qui l’annonçait hier : dans un sondage à paraître dans Paris-Match, la côte de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon est au plus bas depuis mai 2007. La méthode du président semble ne plus du tout fonctionner depuis la rentrée.
Une impopularité redoutable
Pourtant, le contexte devrait être relativement favorable. L’opposition est déchirée par des querelles de personnes qui rendent l’alternance guère désirable, comme le montre aussi ce sondage. Et le contexte économique, s’il n’est guère radieux avec la forte montée du chômage, est moins noir qu’il y a quelques mois puisque nous sommes sortis de la récession, que la France va un peu mieux que la moyenne des pays européens et que les perspectives économiques s’améliorent.
C’est pour cela que la défiance grandissante des Français à l’égard de Nicolas Sarkozy est redoutable. 61% des Français désapprouvent son action. Ce taux dépasse 70% chez les jeunes ou dans les classes populaires, dont le divorce avec le candidat de la rupture semble désormais définitif. La relative tenue du président dans les sondages ne doit qu’à la fidélité de l’UMP et des séniors, qui ne voient aucune alternative crédible ou désirable. Bref, à mi-mandat, la déception est forte.
Une méthode à bout de souffle
Nicolas Sarkozy s’était inspiré des « spin doctors » de Tony Blair pour sa communication en suivant le principe d’une annonce par jour pour garder le contrôle de l’agenda médiatique, occuper tout le terrain et avoir en permanence un coup d’avance sur les journalistes et l’opposition. Cette méthode a été relativement efficace pendant quelques mois, mais elle révèle aujourd’hui ses limites. En fait, elle démonétise la parole du président, dont la rareté faisait la valeur.
Comme le souligne Yann Barthès, Nicolas Sarkozy a déjà prononcé 519 discours depuis son accession au pouvoir. Résultat, ses prises de parole n’ont plus forcément le même impact et il est désormais facile de pointer les innombrables contradictions ou répétitions entre ses différents discours, ce qui dévalorise plus encore sa parole. En outre, à force de vouloir faire l’évènement, le président lance des débats mal ficelés, comme celui sur l’identité nationale, qui lui revient dessus comme un boomerang.
La première partie de la présidence Sarkozy est bien terminée. L’essoufflement de sa méthode est telle que cela imposera un nouveau départ. Mais il sera très difficile de parvenir à construire une histoire un tant soit peu crédible et cohérente après cette première partie…
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, sondages, paris-match, le figaro



